SCENE VU LISBETH
Ah ! l'ennuyeux bonhomme que nous avons là ! (Regardant par la porte.) Kiitin, cette fois il est bien descendu. (Lisant.) «Connais-lu l'antique forêt de Schminertal? l'hi-
ver, elle est sombre et hantée d'esprits malfaisants, mais vienne le printemps fleuri, alors on y respire la senteur embaumée des tilleuls, la lune inonde la clairière de ses bieuâtres clartés; le rossignol soupire, et les verghismeinniclu sourient au ruisseau argenté d'un sourire virginal... Ainsi quand tu parus, ù douce jeune tille, mon âme triste et dévastée reprit sous ton pur regard ses parfums et ses doux murmures... Oui, du jour où je l'ai vue pour la première fois, ô ma bien-aimée! j'ai abdiqué l'orgueil de ma race ; un amour insensé s'est emparé de mon cœur... Dis un mot, fais un signe, je brise cette faible porte; je me précipite à tes pieds, et j'y dépose ma main, ma couronne et mes immenses richesses.
» Signé : Frantz XXllI, » prince de Oldmackniedersachswersen. »
V.n prince!. . c'est un prince I... Ah ! je comprends maintenant cette vie si mystérieuse, ce soin extrême qu'il prend de se dérober à tous les regards... Il voyage incognito et se cache dans cette ville, à cause, comme dit le journal de madanie Mayer, de nos complications politiques... L'n prince!... et c'est lui qui m'écrit cette lettre!... qui parle de m'épouser ! Si je devenais princesse, toutes les filles de Salzburg en mourraient de dépit... Ouvrons-lui bien vite! (Elle cherche dans la commode.) La clef est dans ce trousseau... ce doit être
celle-ci... Comme je tremble 1 (Elle va pour mettre la clef dans la serrure.) Entrez, seigneur ! (Apercevant Beriha. A part.) Bcrtha! (Elle cache la clef dans sa poche.)