CHAPITRE V. — PARATONNERRE
minait attentivement penché en avant et au-dessus. Après avoir essayé quelques excursions dans divers sens sans cependant quitter le milieu <le la chambre, le globe de feu s'éleva verticalement à la hauteur de la tôte de Touvrier, qui, pour éviter d'être touché au visage et en même temps pour suivre des yeux le météore, se redressa en se renversant sur sa chaise. Arrivé à la hauteur d'environ i mètre au-dessus du pavé, le globe de feu s'allongea un peu et se dirigea obliquement vers un trou percé dans la cheminée environ à i mètre au-dessus de la tablette de cette cheminée.
» Ce trou avait servi à faire passer le tuyau d'un poêle qui, pendant Ihiver, avait servi à Touvrier. Mais, suivant l'expression de ce dernier, le tonnerre ne pouvait le voir, car il était fermé par du papier qui avait été collé dessus. Le globe de feu alla droit à ce trou, décolla le papier sans I endommager et remonta dans la cheminée; alors, suivant le dire du témoin, après avoir pris le temps de remonter dans la cheminée du train dont il allait y c'est-à-dire lentement, le tonnerre, arrivé au haut de la cheminée, qui était au moins à ao mètres du sol de la cour, produisit une explosion épouvantable qui détruisit une partie du faîte de la cheminée et en projeta les débris dans la cour »
Paratonnerre. — Pour détruire les effets de la foudre, il faut fournir aux nuages une électricité contraire, et Franklin y a réussi en armant les édifices de tiges métalliques en communication avec le sol, tiges qui prennent à leur sommet une électricité contraire à celle de l'air et qui, étant terminées en pointe , la laissent échapper sous forme d'aigrette vers le nuage superposé, qu'elles ramènent à l'état naturel. On voit que Feffet permanent d'un paratonnerre est de diminuer l'intensité des manifestations électriques des nuages; c'est aussi ce que toutes les statistiques viennent prouver, et si une étincelle se forme entre l'édifice et la nuée, c'est sur le paratonnerre qui est le plus chargé d'électricité contraire qu'elle viendra aboutir. L'efficacité d'un pararonnerre est démontrée dans chaque lieu par la comparaison que l'on fait entre les nombres de coups de tonnerre qui ont frappé l'édifice avant et après l'établissement de la tige métallique, comparaison qui est dans tous les cas en faveur de la dernière période. On admet généralement que l'effet préservateur du paratonnerre s'étend jusqu'à un rayon double de sa hauteur.
Les détails de la construction de ces appareils ont été réglés par des instructions rédigées à plusieurs reprises par les Corps savants. La tige terminale doit être amincie en pointe, et, pour éviter l'oxydation, on la recouvre de platine. Â la base de la tige on fixe une barre de fer de 20 millimètres de côté, que l'on fait régner d'une manière continue sur le faite
du toit et communiquer avec toutes les pièces métalliques de FédifiCf. £n6n elle plonge en se ramifiant dans des puits profonds, où elle est entourée d'eau et de corps conducteurs, tels que la braise de boulanger, qu^ a le double avantage d'empêcher J'oxydation et de conduire rélectricitr C'est à ces conditions qu'un paratonnerre est utile. S'il était isolé du >f'l il deviendrait un danger.