CHAPITRE I. ~ VITESSE DE LA LUMIÈRE
avail constata un retard croissant des émerions, retard qui s'éleva finalement à seize minutes vingt-six secondes ; il l'expliqua par le temps que la lumière emploie à franchir l'augmentation de la distance, c'est-à-dire l'orbite CD. A partir de l'opposition, les deux astres se rapprochèrent ; on ne voyait que les immersions, et elles avançaient an lieu de retarder. Au moment de la conjonction, l'avance totale était devenue égale au retard constaté précédemment, c'est-à-dire à seize minutes vingt -six secondes. En divisant par ce nombre le diamètre de l'orbite terrestre, Rœmer trouva la vitesse de la lumière, qui est approximativement égale à 3o8ooo kilomètres par seconde.
Bradley, 1728. — Soixante années plus tard, Bradley découvrait un autre phénomène, qui permit une seconde mesure de la vitesse de la lumière. Quand la Terre est au point A de son orbite et qu'elle se transporte suivant la tangente AG [fig. 5^5), on voit à leur place réelle les deux
étoiles qui sont dans la direction de cette tan- ^ gente; mais toutes celles qui sont à ce mo- Ç ment dans le plan perpendiculaire A A' sont
déplacées dans le sens AG d'un angle égal à
2o",445. Six mois après, la Terre est en A', et
Q . jj — les mômes étoiles ont éprouvé un déplacement
égal, mais de direction opposée; et comme le
plan A A' tourne de 36o degrés en une année,
c^ ^^' le môme effet se produit successivement sur
toutes les étoiles du ciel. Celles qui sont dans récliptique, se trouvant deux fois par an dans la direction d'une tangente à Torbite, oscillent dans son plan de 20*, 44^ autour de leur position moyenne et décrivent une droite. Il y en a deux qui sont placées aux pôles de l'écliptique; elles sont toujours déviées de ao', 44^ dans la direction de la tangente, et elles décrivent des cercles. Enfin, toutes celles qui ne sont ni aux pôles de l'écliptique, ni dans son plan, paraissent se transporter sur des ellipses plus ou moins allongées. Ces circonstances constituent \ aberration, Bradley les expliqua par le concours du mouvement de translation de la Terre avec le mouvement de progression de la lumière. Pour comprendre cette explication, figurons-nous un navire qui marche suivant la ligne MN [fi<^. ^iG), et un boulet qui arrive suivant AB. Si le navire était immobile, le boulet traverserait les bordages en deux points opposés A, B, qui seraient dans la véritable direction du tir; mais il n'en sera plus ainsi pour un navire en marche. Pendant que le boulet franchit Tespace AB, le navire fait le chemin NN', et le point B est transporté
en B'; le boulet rencontre donc un autre point C, qui a eu le temps d'arri* Ter où était d'abord B. La comparaison des deux brèches A, C donnera a
direction apparente ilu
Fiff. 526. .. . ...
" tir, qui sera represenîT
'^' / par la ligne AC. L'an;:k
/ '' de déviation BAC = 2 -e
/' nomme Vnberratîon. ite
" / ~^-\ a dans le triangle ABC
N ^< ^ sing BC
sinABC - AB
^ D*aulre part, les esps^^-
AB, CB parcourus sin:u}tdnément par le boulet et par un point C du navire sont entre eux comv.y les vitesses v et V du boulet et du navire; par conséquent
sioz =r rt sinABC.
Supposons maintenant que le navire représente la Terre, AB un rayun de lumière, et AG une lunette; la lumière rencontre Tobjectif en S. elle n'arrive à Toculaire B qu'au moment où il se trouve déjà en C , emporté par le mouvement de la Terre. Il en résulte que, pour viser 1 étoi» placée dans la direction BA, la lunette doit être dirigée suix'ant C\ tt faire avec la véritable direction de Tétoile un angle égal à Taberratioii 1.
La formule montre que l'aberration est nulle quand la direction AB e>t parallèle à la direction CB du mouvement de la Terre, et qu'elle est maximum lorsque ABC est droit, c'est-à-dire quand AB est perpcndicuUinà CB, ce qui s'accorde avec les faits observés. Or le maximum do 2 o>r égal à 2o',44^t et la vitesse de translation »'. de la Terre est ésak ^ 7,6 lieues; on a donc
Z^ = sinao^4457
et Ton peut calculer la vitesse Y de la lumière. On retrouve ainsi, à trè^peu près, le nombre obtenu i>ar Rœmer.
M. Fizean, 1849. — Après ces mesures astronomiques, les phy&icior ont essayé de mesurer la vitesse de la lumière à la surface de la Terre.
M. Fizeau avait installé à Suresnes un appareil composé d*une lune:horizontale OP {fg. 627), dont l'oculaire P était séparé du tube. I>t!l^ l'espace intermédiaire était disposée une lampe A et un système de Iprtilles qui formait un foyer en A'. Une glace sans tain N transformait crd^