CHAPITRE VIII. FLUORESCENCE. CIS
blisaemenL apparent, et nâanmoins, si nous plaçons l'œil dans le prolongement de la bce BD, nous voyons que la couche superficielle BBDF du
cristal est vivement éclairée et qu'elle dilTuse dans toutes les ilirections une lumière dont la leinto change a^ ec l'éclianlillon. Cetle action se produit sur tm grand nombre de substances transparenles solides ou liquides, et on particulier sur la fluorine, le verre d'urane; sur les solutions de l'écorcc de marronnier d'Inde dans t'cau, ilu Sullàto de quinine dans les acides lartrique on sulfuricjue dilués, de la chlorophylle dans l'alcool, elc.
Quand on place â la suite l'unn de i'aulre dcu\ auges contenant un liquide aciir, la première seule manifeste une diFTusion, la seconde se com- Pi)t. fiifi.
|iortc comme l'eau pure. On ji stilie cette assertion en plongeant dans une
solution de sulfate de quinine un tube EF rempli du même liquide (/g. GiG., la partie immergée F devient obscure, la porlioD supérieure E *sl seul.' lluorescrnte. J. Herschel exprimait cette particularité en disint qu'il ^ tail une diiïusioa épipollque, c'esE-à-dire à la surface, et il pensait qup \^ rayons perdant leur propriété après l'avoir une fois exercée, éprounimi une modirication dans leur mode de vibration ; il n'en est rien : la vin table cause de la fluorescence a été découverte par H. Stokes.
Expériences de H. Stokes. — Il reçut dans la chambre otecure un spectre horizontal sur la face 0,ANO {fig. 617) d'une auge remplir dun
liquide actif, ou sur un verre d'urane. Les rayons calorïBques ne produisirent rien, ni les lumières jusqu'au vert E, mais les rayons trèa-réfr»gibles développèrent le long de la surface, de F en 0, et dans ont trrspetite épaisseur, une lueur fluorescente, oà Its raies de Fraocebofèr éwai marquées par des espaces obscurs, comme elles le sont dans le spedr> même. L'illumination commence en F et Gnit en T, pour l'esculine, ^^■ sulbte de quinine, le verre d'urane; elle se produit 1 {tartir de D, pw le curciima et le gaïec; elle corre^wnd aux raies d'absorption pour i> teinture de chlorophylle.
Or on se rappelle que ces mêmes substances, qui laissent passer tons 1^ rayons lumineux, absorbent les rayons violets et ultra- violets. Il est do» évident que ces rayons sont la cause de la fluorescence, qu'ils di^ni^^ après avoir traversé le sulfate do quinine, et avec eux la propriété j{h|uI> sanle, et qu'enfin ils sont transformés en rayons lumioeus.
Pour le démontrer par une épreuve décisive, M. Stokes illumina jU'i spectre une bande de papier peinte au bisulfate de quinine IJ^,m)t*^ l'a regarda avec un prisme. Il vit alors que chaque teinte de Baonsaifcelle du pointH par exemple, se décomposait en ud spectre compleldi'i
.CHAPITRE Vin. — PHOSPHOROSCOPE. 617
on H', qui contient toutes les couleurs du rouge au violet. Les choses se passent donc comme pendant la phosphorescence.
Les lumières des lampes ne produisent aucun de ces eflets, parce qu elles ne contiennent point de rayons ultra-violets; mais Tare électrique, si riche en radiations chimiques, est de toutes les lumières la plus propre à développer la fluorescence, surtout quand elle a passé à travers un verre violet assez épais pour éteindre toutes les lumières de A en G. Si alors on la projette sur un carton blanc où Ton a tracé des dessins avec du sulfate de quinine, on les voit s'illuminer en bleu pâle. On fait encore des expériences très-brillantes avec des tubes de Geissler, en verre d'urane, qui s'illuminent vivement en vert au moment du passage de la décharge électrique. On peut aussi envelopper ces tubes avec des solutions de quinine, de curcuma, etc., qui émettent des rayons bleus ou orangés.
En résumé, le phénomène qui nous occupe est produit par les rayons très-réfrangibles. Ils sont absorbés ; ils mettent en vibration l'éther des milieux fluorescents, et ces vibrations se transmettent à distance sous forme de rayons moins réfrangibles. .Ce sont précisément les caractères de la phosphorescence ; il n'y a qu'une seuTe différence, c'est la durée. I^ fluorescence a lieu pendant l'action des rayons excitateurs, elle s'éteint avec eux; la phosphorescence, au contraire, se prolonge et survit à la cause qui la développe.
Phosphoroscope. — H est probable d'ailleurs que cette différence n'est
Fig. 6a8.
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point absolue et que la fluorescence dure pendant un temps uni, quoique
St8 LIVRE TH. — DE L'OPTIQUE.
trift«ourt. C'eet pour étudier ce c6\é de la queetion, que H. E. Bccqwnl ■ imiginé le phtupAonucope. H se compose de deux disques méuDtqMs noircis, HH et NN [Jîg. 63B], fixés sur un axe commun XX, que l'on bit tounMrparunemanivelleetdee engrenages (^.6x9). Le loutestenlemr
dans une boite noircie, où la lumière pénètre par le tube L pour arT.< à l'œil par le tube 0, après avoir traversé les orifices percés dans le» di disques. Le disque antérieur a quatre fenêtres A, A', A', A* ; l'autre k autant, B, B', B', B"; mais ces fenêtres sont croisées, de manière que) ^ ne peut recevoir aucun rayon directement à travers le système tounur ce n'est que par l'intermédiaire d'un corps fluorescent E, éclairé par 1 ' TiCe AA, et rayonnant ensuite par l'orllice BB,, que la lumière peut se r^ nifester h l'œil. Comme l'aclion se produit quatre fois pendant ud tour sensation est continue quand la vitesse est suffisante. En opérant avec '' instrument, on reconnaît que le spath est phosphorescent pendant wa\i-'