‹ Petit traité de physique à l'usage des établissements d'instructionChapitre 346 sur 377 · CHAPITRE VIII. — PHOTOCHIMIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — PHOTOCHIMIE

de seconde ; le verre et le corindon ne le sont que pendant quelques centièmes de seconde. Aucun liquide ne s'illumine dans le phosphoroscope, ce qui prouve que la durée de la fluorescence des liquides est inférieure à

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Il nous reste à étudier une transformation plus remarquable, la transformation des radiations en action chimique, de leur force vive vibratoire en ce genre particulier de travail qui réunit ou sépare les molécules.

Actions réductrices et oxydantes. — Scheele découvrit en 1770 que le chlorure d'argent noircit à la lumière, parce qu'il est décomposé et laisse un dépôt d'argent pulvérulent qui est noir. La lumière réduit de même tous les composés des métaux de la dernière section, les sels de chrome, l'azotate d'urane, les acides azotique et chromique, etc.

Mais les rayons solaires peuvent produire aussi des actions tout opposées , c'est-à-dire oxydantes; ils combinent avec déflagration le chlore et l'hydrogène, oxydent les résines, les gommes, les essences d'amandes amères, de citron, de térébenthine, la benzine, les vernis et la plupart des matières organiques. C'est par une expérience de ce genre, que M. Niepce inaugura l'art de la photographie, en 181 3. Il avait déposé sur une plaque d'argent bruni une couche mince de bitume de Judée; puis, appliquant dessus une gravure en taille douce, il l'exposait au soleil. Les rayons pénétraient à travers le papier blanc, mais étaient arrêtés par les traits noirs de la gravure. Le bitume de Judée se conservait sans altération sous ces traits; mais il se combinait avec l'oxygène sous les parties blanches et devenait insoluble dans les essences. Il suffisait alors de laver la plaque avec un mélange d'huiles dé lavande et de pétrole pour mettre le métal à nu, avec son aspect noir bruni aux endroits que les traits avaient recouverts, tandis qu'il demeurait voilé par une couche blanche insoluble aux points que la lumière avait impressionnés : on obtenait ainsi une reproduction de la gravure. ' La résine de gaïac bleuit en même temps qu'elle absorbe l'oxygène. Si donc on l'étalé en couche mince sur une surface, qu'on la couvre d'une gravure, elle prend une teinte foncée sous les blancs et reste blanche sous les noirs ; elle donne finalement une image inverse : c'est ce que nous nommons une épreuve négative.

Effets superposés. -^ Or, puisque d'une part certains acides ou sels et certains composés métalliques binaires tendent à se dissocier sous

6îe LIVRE VU. — DE L'OPTIQUE.

l'action de la lumière, et que d'un autre côté Toxygëne ou le chlore, icbrome et Tiode acquièrent, dans les mêmes conditions, une plus vive affinité pour Thydrogène des matières organiques, on ajoutera les ileui effets en mêlant ces composés métalliques ou salins à ces matières OT^iniques. Ainsi, lorsqu'on expose à la lumière une feuille de papier el ui^ cassure récente de porcelaine, enduites avec la même solution d'azi>L^v d'argent fondu, la porcelaine reste blanche, tandis que le papier noircit. parce que la matière végétale facilite la réduction en s'oxydant.

D'après cela, on prépare des surfaces extrêmement sensibles à Tact ioa de la lumière en étalant des feuilles de papier sur un bain de nitrate d'irgent dissous, les y laissant flotter assez longtemps pour que leur surUy inférieure soit bien imbibée, et les faisant sécher dans Tobscurilé. d? augmente encore leur sensibilité en les plongeant ensuite dans des >«Iltions de chlorure, bromure ou iodure de potassium, ce qui transforor l'azotate en chlorure, bromure ou iodure d'argent, substances insoluli»^ décomposables par elles-mêmes, et qui le deviennent davantage éu: mêlées à la matière organique du papier. On peut renverser Tordre '^ deux ijnmersions, plonger d'abord le papier dans le composé de potir sium, ensuite dans le sel d'argent. C'est ainsi qu'on prépare le papiers sible employé dans la photographie.

C'est par la même raison que l'azotate d'urane se décompose dans Ucool, tandis qu'il résiste à la lumière dans l'eau pure; que le bicbrom'' de potasse et le perchlorure de fer se réduisent dans l'acide tartnque,eu £n résumé , les mélanges formés avec des composés qui tendent à .^ réduire, et des substances qui tendent à s'oxyder sous l'inQuenoe de U li mière, constituent les réactifs les plus sensibles à l'action photochimiqi]^

Actions révélatrices. — Il n'est point nécessaire d'exposer à la lumiër les deux éléments d'un pareil mélange ; il suffit que l'un d'eux en ait >'' l'effet. Ainsi quand on place dans la chambre obscure un papier imprrp> d'iodure d'argent et d'acide gallique, le mélange est complet, l'action dei: lumière est efficace, et bientôt l'image négative apparaît. Si Ton omet l'acrigallique, l'épreuve ne se montre point. Cependant l'action de la lumii^ s'est produite et a communiqué au sel d'argent une tendance à la réductioi: car si l'on plonge après coup le papier dans l'acide gallique, on ^c>! l'image apparaître subitement. Il en est de même quand on le mouille av? du sulfate de fer ou du protochlorure d'étain, c'est-à-dire avec un earf oxydant. Pour distinguer ces deux actions, on nonune impressionnais ^ matière qui reçoit et conserve l'action de la lumière, et révéiatrice ce^ qui développe l'image. Il est à remarquer d'ailleurs que le r^le de >ok-

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