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CHAPITRE VI. — HYGROMÉTRIE

Hygromètre de Saussure. — II y a des substances que l'on nomme hygrométriques^ parce qu'elles absorbent dans l'air l'humidité qui s'y trouve. Presque toutes les matières animales ou végétales séchées possèdent cette propriété; en outre, elles augmentent de volume lorsqu'elles se chargent d'eau. Ainsi, le bois, les fanons de baleine, les cordes à boyau, se gonflent perpendiculairement au sens de leurs fibres, et les cheveux, que l'on peut considérer comme formés d'une suite de cônes emboîtés, s'allongent ou se raccourcissent suivant qu'ils sont placés dans l'air humide ou sec. Ces changements de volume, étant exclusivement produits par l'humidité, peuvent servir à la mesurer.

Saussure prend une mèche- de cheveux longs, lisses et soyeux, coupés sur une tête vivante et saine, et les dégraisse en les faisant bouillir pendant trente minutes dans une lessive contenant -^ de carbonate de soude. Il

fixe un de ces cheveux à un support de laiton A (fis- '9^)» l'enroule sur une poulie C et le termine par un poids /? d'environ o^'",*a. La poulie porte une aiguille qui parcourt un limbe divisé et qui accuse les variations de l'état hygrométrique ; elle monte quand il pleut et descend quand il fait sec.

Pour graduer identiquement tous les hygromètres, on les couvre d'abord avec une cloche pleine d'air que l'on dessèche en y introduisant une plaque de tôle revêtue d'un vernis fondu de carbonate de potasse. On voit l'appareil se fixer en un point invariable qui indique la sécheresse absolue et que l'on marque zéro. On place ensuite la cloche sur une assiette pleine d'eau ; l'air se sature, le cheveu s'allonge et l'aiguille s'arrête à une autre position qui correspond à l'humidité extrême ; on y marque 1.00 degrés, et on divise en 100 parties égales l'intervalle compris entre les deux points fixes.

Abandonné maintenant dans l'air, cet instrument indique des degrés d'humidité variables; c'est un hygroscope, mais il ne résout aucun des problèmes que nous avons proposés précédemment. Saussure le sentit, et il commença des expériences pour chercher quel est l'état hygrométrique qui correspond à chaque degré de la division empirique. Après lui, cette question fût reprise par Dulong, Gay-Lussac et Melloni, mais ce n'est qu'après les expériences de M. Regnault que l'on connut complètement toutes les circon-

Stances qui influent sur l'hygromètre. M. Regnault commença par préparer des solutions titrées d'acide sulfurique : /

S0=^-h2H0, SO^-4-3HO,...,

Il en introduisit ensuite une petite quantité dans un baromètre à vapeur ; les forces élastiques de la vapeur produite étaient données par la dépression du mercure : elles furent d'autant moindres que la solution était plus concentrée ; M. Regnault les mesura, et, opérant absolument comme il l'avait fait précédemment pour l'eau pure, il dressa les Tables de ces forces élastiques entre les températures de 5 et 35 degrés.

Après ces recherches préliminaires, il verse au fond d'un grand bocal de verre une couche peu épaisse de l'une des solutions précédentes ; il suspend au-dessus l'hygromètre et un thermomètre, et, après avoir fermé le vase par un plateau de verre rodé, il attend que l'hygromètre s'arrête à une division fixe du limbe. Soient a cette division et t la température. On

cherche dans les Tables les tensions /et F, données à t degrés par la so-

f lution et par l'eau pure, et le quotient'= exprime l'état hygrométrique qui

correspond à la division a marquée sur l'échelle de Saussure. On répète ensuite la même opération avec toutes les solutions préparées, ce qui donne autant de points de correspondance que l'on a fait d'épreuves. Par interpolation-, on dresse enfin une Table qui fait connaître les états hygrométriques pour chaque degré du limbe divisé. Voici un exemple de cette graduation.

p Hygromètre.

Malheureusement, M. Regnault reconnut que la Table construite pour un cheveu ne peut s'appliquer à un autre, ce qui enlève à cet instrument toute sa simplicité.

Méthode chimique. — M. Brunner a imaginé de déterminer directement par une véritable analyse chimique le poids d'eau renfermé dans un volume déterminé v d'air. Cette méthode ne laisse rien à désirer sous le

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