‹ Petit traité de physiqueChapitre 168 sur 408 · CHAPITRE 111. — THÉORIE DE L'INFLUENCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE 111. — THÉORIE DE L'INFLUENCE

les électricités séparées tendant à se réunir en vertu de leur attraction mutuelle, la décomposition sera limitée, et l'équilibre aura lieu quand la force qui tend à recomposer les fluides égalera celle qui est exercée par A. Tout signe électrique disparaît aussitôt qu'on décharge le corps A.

Les deux fluides ne sont point distribués symétriquement sur BM et MC. L'attraction qui accumule le fluide négatif en B est plus grande, à cause de la distance moindre, que la répulsion qui refoule le positif en C; d'où l'on conclut : i* que la ligne moyenne est plus près de B que de C, ce que l'expérience vérifie ; 2° que l'épaisseur électrique est plus grande en B qu'en C ; 3° que la perte de l'électricité positive doit être plus lente que celle de l'électricité négative, ce qui fait qu'en prolongeant l'expérience on finit par n'avoir plus que du fluide positif sur le conducteur. Si BC augmentait progressivement de longueur, l'attraction réciproque des deux électricités séparées sur sa surface diminuerait, et, comme c'est cette attraction qui limite la décomposition, il s'accumulerait d'autant plus de fluide sur BC que sa longueur serait plus grande. Cette dernière remarque va de suite trouver son application.

Revenons à l'expérience primitive ; mais, au lieu d'isoler le conducteur BC, réunissons-le avec le sol par une communication établie d'abord en C. L'influence se produira, comme pîrécédemment, non pas seulement sur le conducteur BC, mais sur un conducteur composé de BC, de la tige de communication et de la terre tout entière. Dans ce cas, la ligne moyenne sera reculée indéfiniment, et puisque le conducteur total est devenu infini, la charge doit avoir augmenté jusqu'à un maximum. Aussi voit- on la divergence dujpendule devenir plus grande en B au moment même où^l'on établit la réunion du point C avec le sol.

Que l'on enlève ensuite la tige de communication, on ne change rien ni à la quantité de fluide négatif que contient BC, ni à sa distribution sur les divers points; mais si l'on vient enfin ou, à éloigner, ou à décharger le conducteur A, l'électricité se répand librement sur BC, qui se trouve ainsi et reste chargé par influence d'un fluide contraire à celui de A. En résumé, nous venons de constater trois phénomènes distincts : i** un développement de deux électricités contraires aux deux bouts d'un cylindre influencé ; 2** le retour de ce conducteur à l'état naturel quand l'influence cesse ; 3° une charge permanente de BC avec une électricité conti-aire à À, quand d'abord on touche le conducteur avec la tige, qu'ensuite on enlève la communication et qu'enfin on décharge A.

Nous avons supposé que l'on établissait la communication du conducteur avec le . sol en touchant le point C qui est le plus éloigné de A, mais on pourrait toucher toute autre partie de BC, et même le point B, sans changer

le résultat général de rexpérience. L'influence se produirait toujours de la même manière : la ligne moyenne serait encore à Tinfini ; tous les points de BG et ceux de la tige seraient chargés négativement ; en enlevant cette tige, le conducteur conserverait encore son électricité, qui se répandrait librement sur toute la surface si l'on enlevait le conducteur A, seulement il y en aurait moins qu'après avoir touché le point G. •

Au moment oii le conducteur A agit sur BC pour y séparer les deux électricités, celles-ci réagissent à leur tour sur le fluide de A, et comme l'électricité négative qui est en B produit un effet prépondérant à cause de sa distance plus petite, elle attire le fluide positif de A sur les points les plus rapprochés. La distribution se trouve donc modifiée par réaction sur le corps inducteur, et il y a en regard deux électricités contraires accumulées en A et B.

Cas d'un conducteur électrisé. — Jusqu'à présent nous avons supposé . que le conducteur soumis à l'influence était originairement à l'état naturel. Il faut maintenant examiner l'action réciproque de deux conducteurs chargés tous deux d'électricités semblables ou contraires.

1** Supposons que ce soient deux sphères qui aient été d'abord mises en contact, chargées en commun, et ensuite éloignées {fi^. 23i). Alors l'in-

Fig. 23 1.

fluence réciproque changeant d'intensité, on voit se produire en B' [fi^, aSa) de l'électricité négative sur la partie -qui regarde A, et de la positive au point opposé. La distance continuant à augmenter, la petite sphère arrive à une position déterminée B" où elle n'a plus que de l'électricité positive et se retrouve à l'état naturel aux parties les plus voisines de A, comme au moment où le contact avait lieu. Quand, enfin, elle est en B''' et au delà,

Page 1