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CHAPITRE I. — BALANCE

gravité môme, il se tiendrait en équilibre indifférent étant chargé de poids égaux ) et verserait du côté le plus lourd, quelque petite que fût la différence des poids; on ne pourrait tirer parti de l'appareil. Si ce centre de gravité était au-dessus de B, l'équilibre serait toujours instable.

Ne pouvant être en B ni au-dessus de B il faut donc que G soit nu-dcssous. Alors la balance est bonne ; car étant également chargée à ses extrémités elle se met en équilibre stable et y revient par une suite d'oscillations si on la dévie.

3** Condition de sensibilité. Quand on place des poids inégaux dans les bassins, leur différence agit pour incliner AC en A'C et relever le centre de gravité en G' jusqu'au moment où le poids du fléau, appliqué en G', fait équilibre à cette différence. Pour que la balance soit sensible, il faut que le fléau s'incline beaucoup pour une très-petite différence entre les deux poids. Or il s'inclinera d'autant plus que le bras de levier BG, à l'extrémité duquel agit le poids du fléau, sera plus petit; par conséquent, la sensibilité sera d'autant plus grande que le centre de gravité G sera plus rapproché de l'axe de suspension B.

Voici dès lors les règles pour la fabrication d'une balance juste et sensible. Il faut :

1® Faire les deux bras du levier -par faitemeut égaux;

o!* Établir]en ligne droite les axes de suspension du fléau et des plateaux ,

3** Donner une grande longueur au fléau, tout en réduisant son poids;

4** Placer le centre de gravité au-dessous et très- près du point de suspension.

Description d'une balance précise. — Pour réaliser ces conditions on taille le fléau dans une règle plate de bronze ou d'acier [fig. a4). On lui donne une longueur de 6d centimètres environ et une épaisseur de 5 millimètres; il a la forme d'un losange allongé et tronqué, évidé par de larges entailles, qui ne laissent subsister que les côtés du losange soutenus par des supports transverses. Pour réaliser mécaniquement les axes de suspension, Fortin imagina d'encastrer dans le fléau un prisme d'acier trempé F dont l'arête inférieure, bien rectiligne, pose sur un plan poli d'acier ou d'agate. Aux extrémités du fléau deux autres prismes U, dont les arêtes tranchantes sont placées vers le haut, servent à supporter des plans d'acier mobiles A auxquels sont suspendus les plateaux. Les axes de suspension sont donc représentés par les arêtes de ces trois prismes. Ce sont elles qu'il faut aligner pour placer en ligne droite les points de suspension, et ce sont les distances des arêtes extrêmes à celle du milieu qu'il faut rendre égales pour obtenir deux bras de levier égaux.

Pour placer le centre de gravilé du fléau au-dessous du point de suspeniiion et tout près de lui, on a fixé au milieu du fléau une vis k pas trèsserrés, sur laquelle se meuvent deux boutons filetés E, taillés en écrous.

Quand on les abaisse ou qu'on les monte, te centre de gravité descend ou s'élève, et on parvient ainsi à donner à la balance ta sensibilité voulue.

Pour reconnaître le moment ois le fléau est horizontal, il porte une aiguille verticale d'acier Q {fig. a5 ) qui oscille vis-à-vis une lame d'ivoire G divisée en parties égales. Quand la balance est vide, on règle les vis calantes, de manière à placer l'extrémité de l'aiguille indicatrice au zéro de la division : c'est le point de départ, et pour pe» que le fléau s'incline sur sa position primitive, l'aiguille se meut sur le limbe. Ëtant très-iongue, (!lle accuse évidemment les moindres déplacemenls.

Toute la balance repose sur un pied de fonle LMN, à vis calantes V, V. Du centre de ce pied s'élève une colonne de laiton DC, qui porte le plan d'acier sur lequel repose le couteau central F. Une fourcliette IIIJ dont les bras embrassent le fléau peut se soulever et s'abaisser par le moyen d'une crémaillère cachée dans la colonne et d'un pignon denté qu'on manœuvre par un bouton extérieur 0. En tournant celui-ci, on soulève la fourchette qui saisit le fléau entre ses bras H, I et le soutient fixement ; en le tournant en sens inverse, on descend la fourchette qui dépose doucement le couteau sur le plan d'acier et abandonne le fléau à l'action des poids qui le sollicitent. De plus, on enferme la balance dans une cage de verre qui repose sur le pied de l'instrument. Ainsi l'on évite les

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