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CHAPITRE II. — GALVANOPLASTIE

3° Quand on électroyise des sels appartenant aux métaux des deux premières sections, l'acide et Toxygène se portent au pôle positif, et le métal

Fig. 290.

à l'électrode négative ; mais comme ce métal décompose Teau^ il se transforme en oxyde et dégage de l^ydrogène. On fait rex[?érience dans un tube en V (fig. 290) rempli de sulfate de soude coloré avec du sirop de violettes, et l'on voit la teinture rougir en A et verdir en B, ce qui indique la présence de l'acide et de l'alcali à ces deux extrémités. On recueille en outre de l'oxygène en A et de l'hydrogène en B.

4° On creuse dans un fragment de chlorhydrate d'ammoniaque un peu humide une cavité qu'on rempfit de mercure, et on opère, comme le faisait Davy, avec la potasse (fig. 287). Aussitôt le mercure s'épaissit, gonfle et prend l'aspect d'un amalgame, en même temps qu'il se dégage du chlore au pôle positif. On sait que le sel AzH^Cl est un composé binaire de chlore et d'ammonium AzH\ L'ammonium forme avec le mercure un amalgame peu stable et qui bientôt se décompose.

Composés des métalloïdes. — Les composés que forment les métalloïdes entre eux sont loin d'éprouver des effets aussi simples. Un grand nombre ne sont point conducteurs et ne peuvent être électrolysés, puisqu'ils ne laissent pas passer le courant : ce sont les chlorures de soufre et de phosphore, le sulfure de carbone, l'acide sulfurique anhydre, etc. Quelques autres peuvent transmettre le courant quand on les mêle avec des dissolvants conducteurs; mais, dans ce cas, ce sont vraisemblablement ces dissolvants qui se décomposent en produisant .des actions secondaires que nous n'étudierons pas.

Galvanoplastie. — L'électrolysé donne lieu à une application importante : elle permet de mouler les métaux dans toutes sortes de formes en les précipitant de leurs dissolutions salines. Ce procédé, connu sous le nom de galvanoplastie, est dû à M. Jacobi, de Saint-Pétersbourg.

Pour reproduire par l'électrolysé un relief quelconque, il faut d'abord s'en procurer un moule en creux et rendre ce moule conducteur. S'il est en plâtre, on le trempe dans un bain de stéarine fondue et on le vernit ensuite avec de la plombagine. On peut également faire ce moule en gutta-

percha, que l'on chauffe et que l'on applique fortement sur l'objet à reproduire, le moule est ensuite enduit de plombagine.

Quelle que Eoit la matière dont i) est fait; on le plonge dans une cuve remplie d'une dissolution saturée de sulfate de cuivre, en le suspendant à une baguette métallique B [fg. 291) qui communique avec le pôle uégatif

Fig. agi.

d'une pile ; le p61e positif est en relation avec une seconde baguette D qui porte une plaque de cuivre C . Le sel est décomposé ; l'a plaque C se dissout et maintient la solution dans un élat de concentration constant, en lui rendant le sulfate qu'elle perd ; d'autre part, le cuivre se d^>ose sur le moule et le recouvre d'une couche solide, qu'il est facile ensuite d'enlever si l'on a eu soin de graisser le moule légèrement avant l'immersion dans le bain.

Dorure et argenture galTaniqnM. — Le même procédé permet de recouvrir un objet donné d'une mince couche d'or ou d'argent. Si cet objet est en cuivre, on commence par le recuire, et on le plonge encore chaud dans un bain d'acide azotique très-étendu, qui dissout l'oxyde superfidel ; on le frotte ensuite avec une brosse, et on le lave à l'eau : c'est l'opération du dérochage. On achève de nettoyer la surface par le décapage, qui consiste à plonger les pièces dans un bain d'acide azotique, puis dans un mélange de cet acide, de sel marin et de suie, et enfin à les laver à l'eau pure. Les pièces ainsi préparées sont suspendues à l'électrode négative d'une pile et plongées dans un bain d'or, composé, par exemple, de I gramme d'or et 10 gramjnes de cyanure de potassium dissous dans 200 "grammes d'eau, la baguette positive porte une lame d'or pour nourrir le bain.

Le cuivre, l'argent, le bronze, le laiton, le maillechort se dorent très-bien : mais le fer, l'acier, le zinc, l'étain, le plomb ont besoin d'être couverts d'une couche de cuivre électrolytique avant d'être trempés dans le bain d'or.

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