IV. — ÉTAT MAGNÉTiaUE DU GLOBE
Un grand nombre d'observateurs ont mesuré Tinclinaison, la déclinaison et rintensité magnétique en divers points du globe. Toutes ces observations ont été réunies, et elles ont conduit à penser que la terre agit sur tous les points de sa surface comme s'il y avait à son centre un aimant gros et court ou, ce qui produirait le même effet, un courant perpendiculaire à Taxe de cet aimant. Voyons d'abord quelles seraient les propriétés du globe si cette condition était réalisée, et nous verrons ensuite si le globe les possède réellement. I. Soit AB cet aimant [fig. 387), on pourrait mener un grand cercle
perpendiculaire au milieu de AB : ce serait Véquateur magnétique. En tous les points de ce cercle l'aiguille aimantée serait: i^ horizontale; 2» parallèle à l'axe magnétique AB, 3*" perpendiculaire à la direction de la courbe tracée; 4"^ l'intensité magnétique serait partout égale. Le calcul prouve qu'elle serait plus petite sur cet équateur que sur tous les autres points du globe.
IL Pour marquer les latitudes magnétiques, que nous appellerons ^, on pourrait tracer des parallèles magnétiques comme oh trace des parallèles géographiques en menant une série de plans perpendiculaires à AB, et, à cause de la symétrie, l'inclinaison serait constante dans toute leur étendue, et ils seraient des courbes d'égale inclinaison ou isocliniques. En second lieu, l'intensité serait la même en tous les points de chacun d'eux, et ils seraient des courbes isodynamiques,
III. L'axe prolongé de l'aimant AB viendrait couper la surface du globe en deux points A', B', qui seraient les pôles de l'équaleur magnétique. En ces points, les actions magnétiques exercées par A et B seraient toutes deux verticales, et, par conséquent : \° l'inclinaison serait égale à 90 degrés; 1^ l'aiguille de déclinaison ne serait sollicitée par aucune force et se mettrait en équilibre dans toutes les directions ; 3"^ enfin le calcul prouve que l'intensité serait maxima et deux fois plus grande qu'à l'équateur.
IV. On pourrait mener par l'axe magnétique AB une série de grands cercles tels que BCA'; ils seraient les méridiens magnétiques ; leur trace marquerait sur le globe les directions de l'aiguille horizontale, et la déclinaison* serait en chaque point égale à l'angle des méridiens géographique et magnétique se coupant en ce point.
y. EnGn , parmi tous les méridiens magnétiques , il y en aurait deux qui contiendraient à la fois Taxe magnétique AB et Taxe géographique NS, et la déclinaison serait nulle dans toute leur étendue ; il y aurait donc deux lignes sans déclinaison , allant du pôle nord au pôle sud, toutes deux situées dans le môme plan mené par ÂB et NS.
Fig. 388.
VI. Calcul de l'intensité et de rinclinaison. — On peut aller plus loin»
calculer rintensité et rinclinaison sur les divers points du globe constitué comme nous l'avons supposé.
Soient A ejt B {fig. 388) les deux pôles de 'l'aimant supposé. Désignons par a les distances OA, OB de chacun d'eux au centre, par r le rayon du globe, et examinons l'action des pôles sur un élément magnétique austral placé en un point quelconque C de la surface. Cette action pourra se représenter par
deux forces, l'une =5 attractive, l'autre =:qj
BC • AC
répulsive, et toutes deux se réduiront à deux
autres forces, la première N, agissant suivant la normale CN, et la deuxième T,
dirigée suivant la tangente CT. On aura
N = :^ cosOCB — =:lri cnsOCA, BC AC
T = =!r^sinOCB-i-=L7 BC AC
sinOCA.
Si nous désignons par X la latitude magnétique CO^, nous aurons COB = 90® et, dans le triangle OCB,'
. ^^^ OB . „^^ aco8>.
sinOCB = ^ sinCOB = -— - ;
de même, dans le triangle OCA,
sin OCA = -77 sm COA = .^ AL ALi
donc
T = a cos X