CHAPITRE IV. — GROSSISSEMENT, CLARTÉ. 5ô
Soit a Fangle sous-tendu par le fil du réticule vu du centre de l'objectif. Tout déplacement de Taxe de la lunette supérieur à cet angle détruira la coïncidence apparente du point visé avec le fil réticulaire. La précision de la visée est donc en raison inverse de cet angle; elle est par conséquent proportionnelle à la longueur de la lunette et inverse de la largeur des fils.
Tirage. — Pour voir distinctement les fils du réticule et le diaphragme, il faut que leur image virtuelle donnée par la loupe soit à la distance de vision distincte, et celle-ci étant variable pour les divers individus doit pouvoir être changée : il y a un tirage qui permet de le faire. En second lieu il faut que l'ensemble de la loupe, du diaphragme et des fils puisse être amené dans le plan focal A'B', qui se déplace et varie avec la distance de l'objet AB ; il faut donc un second tirage indépendant du premier, et qui commande à la fois l'oculaire et le diaphragme.
in. — GROSSISSEMENT. — GLABTÉ.
Anneau oculaire. — Tous les rayons que reçoit la lunette peuvent être considérés comme partant de l'objectif, et cet objectif peut être assimilé à un objet lumineux; soit R son rayon. Il donnera derrière Foculaire une image de rayon r. Cette image sera un cercle plus petit que l'oculaire, une espèce d'anneau limite à trayers lequel viennent passer tous les rayons qui ont été envoyés dans la lunette psg^ les points contenus dans le champ de vision. C'est là qu'il faut mettre l'œil pour recevoir le plus de lumière possible : c'est Vanneau oculaire.
Le rapport — des rayons de l'objectif et de son image est égal au rapr
port •=-; de leurs distances à l'oculaire; et en désignant par L la longueur CC
du tube, on a, d'après la formule des lentilles,
Grossissement. — Le grossissement est en général le rapport des dimensions apparentes de l'image et de l'objet.
■ Pour les lunettes, on prend l'objet à la distance où il se trouve en réalité, et l'image à la distance de la vision distincte. Le diamètre apparent de l'objet est égal à l'angle ACB ou A'CB' {/ig, 58 1). Le diamètre apparent de l'image A'^B'' formée par l'oculaire est égal à l'angle A'C'B', si nous supposons l'œil tout près de l'oculaire, en C Le rapport des diamètres, apparents de l'image A^B'' et de l'objet AB est donc celui des dimension» de l'image A'B'« vue successi/.
Vement de C et de C, ou bien ëgal au rapport des distances CF = L — y et
Or nous avons vu que ce rapport est celui des diamètres de l'objectir et de Tanneau oculaire. Dés lors le grossissement se mesure comme il suit. On braque la lunette sur le ciel et on place devant l'oculaire un micromètre divisé sur verre, qu'on observe avec une loupe. Il reçoit toute la lumière qui sort de la lunette et qui trace sur le micromètre un cercle d'illumination dont on observe le diamètre. On cherche la position pour laquelle ce diamètre est minimum : c'est celui de l'anneau oculaire ; on le mesure, et alors le rapport de R à r est le grossissement linéaire. Cette méthode est due à Ramsden.
D'autre part, L — /ou CP' est sensiblement égale à la distance focale F de l'objectif. Le grossissement est donc égal au rapport des distances focales des deux verres.
Pour les microscopes, l'objet et l'image se trouvant à la distance de la vision distincte, le grossissement est égal au rapport des dimensions absolues de l'image A^B" et de l'objet AB. On a
A^B^'A^B^ VB\ AB "~ A'B' AB •
il est égal au produit du grossissement de l'objectif et du grossissement de l'oculaire.
Pour le mesurer, on place sous le microscope AB {fig- 58'i) une règle B p. ro divisée en centièmes de millimètre, dont l'image
grossie vient se réfléchir en A, sur une glace inclinée, de sorte qu'on la voit en C, dans la direc- — ^. tion OC. En même temps, on place en C une autre règle, divisée en millimètres, que l'on voit à l'œil nu à travers la glace. On trouve alors que m centièmes de millimètres de B, grossis G fois, occupent l'étendue de n millimètres de C, d'où
"'^ »^.^ lOO/I,,
— G = «, ou bien G = ; c est la valeur du
grossissement linéaire total.
Pour avoir séparément le grossissement g de l'objectif, on place l'œil en A,
de manière à voir directement l'image grossie du micromètre B; en même
temps, on introduit au foyer de l'oculaire, entre A et B, un second micromètre,
qui n'est grossi que par l'oculaire. Si m* divisions de B, grossies g fois par
l'objectif, coïncident avec n* divisions du second micromètre, on aura m*g=. n',
ou bien ^ = — ^ • Connaissant g^ on aura le grossissement total G, en multipliant g par le grossissement de l'oculaire.
Pour avoir la grandeur absolue d'un objet très-petit, on le met sur le micromètre B du porte-objet, et l'on compte les divisions qu'il couvre; ou bien on le compare au micromètre placé au foyer, et on divise le nombre des divisions qu'il couvre par le grossissement g.