CHAPITRE XIII. — POLARISATION ROTATOIRE
circulaire gauche s*en éloigne en vertu de la théorie de la réfraction; tous deux se séparent, et, l'action continuant à chaque surface traversée, on finit par obtenir une double réfraction très-sensible. Les deux images sont égales et blanches, il s'agit de voir si elles sont polarisées circulairement.
I** On les reçoit sur un prisme biréfringent; elles donnent deux images ordinaire et extraordinaire d'égale intensité, ce qui est le caractère des rayons circulaires.
2** On interpose dans le trajet de chacun d'eux une lame d'un quart d'onde; elle les décompose en deux vibrations, l'une extraordinaire dans sa section principale, l'autre ordinaire dans le plan perpendiculaire, et qui ont
une différence de marche : positive et - pour le premier rayon, négative
et 7 pour le second. A cette différence, la lame ajoute -i-7> ce qui fait 4 4
une somme -h- ou zéro. Les deux rayons circulaires sont alors ramenés
à des vibrations planes à 45 degrés des axes , et perpendiculaires entre elles. Ils sont polarisés. L'expérience justifie ces conclusions, et par suite la remarquable intuition de Fresnel.
Pouvoir rotatoire moléculaire. — Dans les liquides actifs, il faut admettre que chaque molécule possède en elle-même un pouvoir rotatoire propre. Dès lors la rotation du plan de polarisation produite par un milieu liquide sera pVoportionnelle au nombre des molécules traversées, c'est-à-dire à l'épaisseur et à la densité de la substance active. Dissolvons un poids e de cette substance dans un poids i — e d'un
milieu inactif; si S est la densité du mélange^ le volume total sera -r?
et la densité x du corps actif ramené à ce volume sera
On devra avoir pour la rotation A
Le coefficient K est ce que Biot a nommé le pouvoir rotatoire moléculaire,
Saccliarimétrie. ~ Le sucre est une substance active. En dissolvant un poids connu e de cette substance dans l'eau, mesurant la densité ^ de la solution et observant la rotation A dans un tube de longueur /, on peut
calculer le coefncient K , et quand K sera connu , l'expérience permettra de calculer e, c'est-à-dire la proportion inconnue de sucre qui sera contenue dans une solution quelconque. Tel est le principe de la méthode d'analyse optique des sirops sucrés.
Relation entre le pouvoir rotatoire et la forme cristalline. — En
dissolution, tous les tartrates sont actifs et dextrogyres. Prenons, en particulier, le tartrate de soude et d'ammoniaque. Sa forme primitive est
celle d'un prisme droit P'MT à base rectangulaire (/'g'. 683). Il a toujours sur ses sommets 6, b\ h\ h*^ quatre facettes qui, si elles étaient prolongées, formeraient un tétraèdre irrégulier. La loi de symétrie d'Haiiy exigerait que les autres sommets «, /i', «", a" eussent aussi des facettes disposées de la môme manière ; cependant elles ne se présentent jamais. Alors le cristal est dit hémièdre.
Je suppose que l'observateur se place sur la base F', en avant du cristal, et qu'il regarde la face M : il verra la facette b vers sa droite et en haut de son corps. M. Pasteur convient d'exprimer ceci en disant que l'hémiédrie est à droite. •
On peut se figurer maintenant le cristal P'M'P''T' qui serait égal au précédent et juxtaposé, et l'on peut imaginer qu'il ait des facettes sur les sommets qui n'en avaient point au premier cristal, c'est-à-dire en p, p', f", p*^, et qu'il n'en ait pas à ceux où précédemment on en voyait. Alors l'observateur placé sur la base P", en avant du cristal, et tourné vers lui, verrait une facette p'" à sa gauche : ce serait l'hémiédrie gauche. Les deux cristaux «seraient symétriques par rapport à la face P'. L'un serait l'image de l'autre dans le miroir P', et il est aisé de voir que, de quelque manière qu'on les tourne, les deux cristaux ne seraient pas superposables.
Cela posé, M. Pasteur remarque que tous les tartrates ont des formes voisines des précédentes [fif;. 684 el^g*. 685), qu'ils ont tous l'hémiédrie droite qu'on voit en T, jamais l'hémiédrie gauche qui est dessinée eii T', qu'ils sont tous dextrogyres et jamais lévogyres. Voilà un premier rapprochement.
M. Gartner, de Thann, en extrayant les tartrates de potasse des vins, reconnut qu'en 1819 ces sels avaient exceptionnellement des propriétés