‹ Petite critique. Avec une eau-forteChapitre 10 sur 50 · LA MULE IDE · texte numérisé non relu

LA MULE IDE

lui lance les petits séminaires; M. Colnet ne broie d'ironie que pour lui seul; pour lui seul, la Quotidienne défend le trône et Tautel ; contre lui, la Gaiette de Lyon, les capucins de Marseille, les jésuites de Fribourg, les barons d'Austerlitz , les moines de Rome , les Anglais de Wellington, ont soulevé toutes leurs forces; contre lui, se sont ligués les journaux du vieux temps et les journaux amis; contre lui, Walter Scott et Schiller, M. Victor Hugo et M. Emile Deschamps; tous les jeunes talents qui ont eu des succès aujourd'hui n'ont été laborieux, modestes, réservés, élégants, heureux en un mot, qu'au préjudice de M. Viennet, député de l'Hérault, et cela va si loin que, dans cette espèce de folie, le faiseur d'épîtres ne ressemble pas mal à cette sauterelle de la fable qui se figurait que les moissonneurs ravageaient leurs moissons pour la poursuivre.

Et cependant qui pense à M. Viennet qui se rappelle ses vers, ses poèmes, ou ses infortunées tragédies? Personne que je sache; et, pour prix de tant de clameurs, ce malheureux écrivain ne mériterait-il pas bien, je vous prie, que quelqu'un le saisît par son toupet poétique et lui dît comme à la sauterelle de la fable:

Va manger^ ma petite amie!

Et, à propos de manger, car il est temps d'en finir avec de pareilles platitudes, M. Viennet s'est permis dans sa pièce quelques vers passablement insolents, que nous relevons sans rien craindre, parce que nous sommes sans reproche, et qu'il serait aussi par trop malheureux qu'un faiseur d'épîtres, quoique député, pût diffamer impunément un galant homme. Ces vers, nous a-t-on dit, ont été dressés contre un rédacteur de la Quotidienne, un jeune homme, il est vrai, quoique ce ne soit pas un imberbe, mais un Jeune homme qui peut marcher le front levé, à travers toutes les clameurs dont la poésie et Téloquence contemporaines tenteraient de Thonorer.

Que ce Zoïle imberbe, abjurant sa raison, Lui vende pour dîner ses fureurs et mon nom.

Ainsi finit la tirade. En cela, M. Viennet a trouvé une vengeance sans résultat, et bien misérable ; d'ailleurs, et avant toute vengeance, M. Viennet devrait savoir deux choses : la première, qu'il ne faut jamais reprocher à un homme le pain qu'il gagne, et surtout quand on ne sait pas s'il a besoin de gagner son durer de chaque jour ; la seconde, que vendre le nom de M. Viennet en librairie comme en politique, en vers comme en prose, en journal et en volume, serait aujour-

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d'hui la plus misérable spéculation du monde, et qu'il faudrait en effet avoir abjuré tonte raison pour mettre aux enchères un esprit et un style dont personne ne voudrait pour rien.

RÉPONSE A l'ÉPITRE AUX MULES DE DON MIGUEL.

Voilà comment une niaiserie en amène une autre. Sous ce rapport un faux poème est une espèce de fièvre jaune, et il faudrait être aussi intrépide que le docteur Trousseau pour être non contagionniste à propos de la maladie poétique de M.Viennet; aussi le petit poème que nous annonçons est-il, à notre sens, une conséquence inévitable de ÏEpitre du député de THérault aux Mules de don Miguel. Encore devons-nous rendre grâces au Ciel du peu d'effet produit par ce poème, et d^autant plus que Pauteur de la Muléide, assez raisonnablement caustique d'ailleurs, s'est appliqué, avant tout, à mettre dans sa satire autant de grâce et de politesse que M. Viennet a mis de mauvais ton dans la sienne. Sous ce rapport, la Muléide est une plaisanterie de bonne compagnie, dans

laquelle M. Viennet poète est très peu ménagé; même on se permet de plaisanter cet écrivain en meilleurs vers que tous ceux qu'il a jamais faits, à commencer par VEpUre aux Chiffonniers et finir par VEpitre aux Mules.

Sur une autre monture, indompté champion, Tu veux, le fouet en main, venger ton Apollon; Comment n'as-tu pas vu qu'un nouveau ridicule Avec toi monterait en croupe sur ta mule? Viennet sur un mulet!

Remarquez, je vous prie, ce dernier hémistiche. Quel naïf étonnement, Viennet sur un mulet! Hélas! oui, pas d^autre monture; et plus bas, ainsi monté, le poète nous le dépeint parcourant en véritable don Quichotte le vaste champ de la littérature et se battant à outrance contre des moulins à vent :

Nous avons ici-bas tous notre Dulcinée,

Mon cher Viennet, la tienne égara trop souvent

En stériles efforts ta verve et ton talent.

Q.uand jadis tu montras ton Clovis sur la scène,

Tu devais renoncer à la muse païenne,

Tu nous aurais produit un meilleur Sigismond ;

Il ne languirait plus dans le fatal carton,

Cet Achille mourant, dont la lance magique

Ne convertira pas le caissier au classique.

Et voilà comment les libéraux eux-mêmes traitent sans façon et en véritable écolier très imberbe

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rillustre auteur de la Philippide et de VEpIti'e aux Mules : car le poème que nous annonçons sort, à n'en pas douter, d'une plume libérale, et c'est là le piquant de l'affaire. Le plaisant de tout ceci, c'est de voir M. Viennet plus maltraité que M. de Laurentie; Clovis et Sigismond^ et même la Mort d'Achille (un joli sujet, et surtout un très neuf sujet, sur ma parole), plus anathématisés que la Quotidienne elle-même, à laquelle Tauteur dans ses notes daigne reconnaître de l'esprit, quoi qu'en dise M. Viennet. C'est là, en vérité, être battu de tous côtés, être disgracié dans tous les partis : misérable position bien méritée par un homme assez peu maître d'une colère de trois mois pour descendre, à l'égard d'un très honnête critique, aux indignités de Despréaux à propos de Colletet. Or la meilleure leçon que la Muléide ait donnée à M. Viennet se trouve aux premières pages de la préface, qui, par parenthèse, est pleine d'esprit et de sel. L'auteur de ce nouveau poème est, à ce qu'il dit, un loueur de chevaux, qui aime tant M. Viennet^qu'il a toujours une berline à sa disposition, moyennant 25 francs par jour. Eh bien, cet honnête maquignon, -plus jaloux de son nom que M. Viennet lui-même, n'a pas osé avouer sa Muléide; il a laissé à M^e Claire Duplan, femme Delacour, le soin de signer la Muléide.

Puisse cet exemple profiter à M. Viennet, et lui faire assez respecter son habit de député pour ne pas exposer son nom à la tête d'un nouveau poème!

Car on dirait, à ses vers innocents, Que c'est un père affable et tendre Faisant la cour à ses enfants.

Par VICTOR HUGO

DATER de M. Victor Hugo, la littérature de l'Empire, cette littérature incertaine, sans principes , sans avenir et sans but , telle que Tignorance présomptueuse de notre époque nous Tavait faite, s'est mise à décliner rapidement , et elle fut perdue aussitôt qu'elle eut été jugée à sa véritable valeur. Un temps viendra, et ce temps n'est pas loin de nous, où l'on se demandera, avec le sourire du dédain et d'une incrédulité moqueuse, si les grandes célébrités de notre époque, je veux dire de ces célébrités en toutes lettres que pendant trente années consécutives nous avons retrouvées partout, dans les clubs de la Révolution, dans les

antichambres de l'Empire, dans les journaux des Cent-jours, dans les tripots de la censure, au Théâtre-Français aussi bien que dans nos Athénées, et, en dernier lieu, dans les magasins de Ladvocat ou de Bossange, entourées de leurs œuvres complètes, ont été, en effet, des célébrités bien sérieuses et suivies d'une admiration réelle et bien sentie; et, quand nous serons forcés de répondre affirmativement que c'est à ce degré de stupidité que le XVI I^ siècle nous avait conduits, il est à craindre que nos petits-fils ne nous prennent en pitié, à moins que, avant ce temps, nous ne nous soyons lassés nous-mêmes de toutes ces gloires à si bon marché, dont l'impudence est encore une honte pour nous.

Pour être justes, il faut dire que l'heure de la réaction littéraire paraît être définitivement arrivée. Déjà, de toutes parts, le sarcasme et le ridicule poursuivent d'une atteinte imprévue toutes les illustrations usurpées; il n'y a pas huit jours qu'une des gloires les plus inexplicables de la littérature impériale a été deux fois flétrie en vingtquatre heures, au Théâtre-Français la veille, et le lendemain à l'Institut; enfin, voici que pour comble de désappointement une école poétique indépendante et jeune, active et forte, religieuse et passionnée, élève librement la voix au milieu

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de ce siècle si égoïste et qui, au premier abord, paraissait si peu fait pour entendre encore les chants d'une muse chaste et inspirée, comme il en faut aux siècles naissants.

Cette nouvelle école littéraire que soupçonnait Mnie de Staël, et dont M. de Chateaubriand a réalisé les premières espérances , commence enfin , grâce à des études fermes et sévères, à se faire comprendre par les esprits les plus rebelles; et bientôt il nY aura personne à qui il sera permis démettre en doute Tinfluence puissante de ce nouvel effort de Fesprit français pour se donner encore une fois une littérature nationale. C'était là, sans contredit, un noble but bien digne d'être offert aux talents naissants de notre époque. Cette fois, il s'agissait bien encore de faire des chefs-d'œuvre, mais ces chefs-d'œuvre devaient être français avant tout, et parfaitement dégagés des souvenirs si purs et si parfaits de l'antiquité grecque et romaine qui, pour les beaux génies du XVII^ siècle, avaient été comme une seconde inspiration; en un mot, le règne de l'histoire de France était venu, non plus l'histoire contemporaine, comme l'entendait Debelloy, mais l'histoire ancienne comme l'entendaient Shakespeare et le bon Plutarque, l'histoire de la France au delà de notre Révolution, l'histoire de cette belle patrie de la religion et de la

royauté; surtout Thistoire guerrière et chevaleresque de cette terre presque à moitié gauloise que saint Louis avec les croisades et tant d'émigrations lointaines avaient empreinte de loyauté et de religion.

Pour cette grande tâche, il ne fallait rien moins qu'un poète avec de la foi et du courage; un homme assez inspiré pour s"'isoler parfaitement des traditions reçues, assez hardi pour braver les règles tracées, assez consciencieux pour dédaigner les premières clameurs de cette critique de parti dont le joug de fer est encore à briser.

M. Victor Hugo fut cet homme. Il est vrai qu'avant lui M. de Lamartine nous avait révélé une poésie nouvelle, une poésie vive et pure comme les premiers battements d'un cœur de jeune homme; mais cette première njvélation s'était arrêtée aux mouvements de Tâme, aux espérances d'une pensée religieuse, aux tendres souvenirs d'un amour malheureux et sans espoir; le monde tel qu'il est, le monde historique, le monde avec ses crimes, ses vertus et ses grands hommes tombés, et ces trente dernières années de l'histoire française, tout cela, M. de Lamartine l'avait respecté comme le partage d'une muse plus active et plus féconde.

Cette immense portion de notre monde poéti-

que, M. Victor Hugo s'en est emparé, vous savez avec quelle gloire, avec quelle activité puissante, avec quelle vérité surtout ; vous savezquelles formes sans nombre le jeune poète a su donner à sa pensée, la jetant sans rien craindre dans les excès les plus opposés, quelquefois même appelant à son secours la barbarie, par un dernier calcul de poète qui ne lui a pas toujours réussi.

Notez bien que, pour ce qui est de la forme poétique dans M. Victor Hugo, je suis loin de me prononcer encore; j'avouerai même que, pour ma part, j'ai regret de voir la langue de Ronsard revenir trop souvent dans ces odes, et que cette naïveté trop naïve me paraît être parfois un effet de mauvais goût et sur lequel je me propose de revenir plus en détail à propos des Orientales du même auteur; mais cependant, tout en reconnaissant que la langue a souvent été outragée, force nous est bien à tous de convenir que dans ces chants qui, dans leur universalité, embrassent rimmensité historique qui pourrait être contenue entre Néron et Bonaparte , entre Fincendie de Rome et la colonne de la place Vendôme, nous retrouvons toujours dans M. Victor Hugo un poète inspiré, éloquent, peu soucieux des clameurs contemporaines; surtout, ce qui est une chose rare de nos jours, nous trouvons un homme qui croit, et

qui, dans sa croyance même, a trouvé la plus belle comme la plus inépuisable cause de talent.

Et, en effet, M. Victor Hugo croit à tout ce qu^on peut croire. Il croit à la royauté, il croit à la religion, il croit à la sainteté des temps antiques, il croit au respect dû à la tombe, à la pitié qu'on doit aux remords; bien plus, et je le dirai tout bas, de peur de faire crier nos esprits forts qui ne croient à rien, même à Texpiation des crimes, M. Victor Hugo croit aux revenants, aux farfadets, à Tâme des morts errant dans la nuit, enveloppés dans leurs linceuls. Que de fois, en lisant ses odes, ne me suis-je pas figuré le jeune poète assis en présence d'un château gothique, et s'inspirant à la vue de ces ruines féodales!

Alors, quand vient le soir et que les derniers rayons d'un soleil d'automne glissent lentement à travers les murs en débris, éclairant de leurs brillants reflets les vitraux gothiques et les statues informes des héros mutilés, vous croiriez en effet que l'ancien paladin de ce vieux manoir ou la jeune fille au doux regard, astre favorable aux tournois, vont vous apparaître au sommet de la tourelle antique, faible et dernier vestige d'une puissance qui n'est plus !

Aussi voyez comment, à force, non pas d'intelligence, car l'intelligence ne suffit pas, mais à force

d^inspiration émue et spontanée^ M. Victor Hugo excelle à reproduire nos vieilles annales françaises que le chevaleresque Froissard s'entendait si bien à représenter. Suivez-le, par exemple, au Pas alarmes du }~oi Jean, et voyez comment il va faire renaître pour vous cette tumultueuse et vaillante époque. Jamais peut-être notre langue ne s'était prêtée aussi docilement au mouvement capricieux de la pensée. Il lui dit d'aller, et elle va, et quelquefois elle marche sans qu'il lui dise d'aller. Écoutez : les moindres bruits des deux armées vont frapper votre oreille ; les chevaux hennissent, les trompettes sonnent, les toits se couvrent de peuple en habits de fête; les femmes, éclatantes de parure et de grâces, annoncent les hauts faits des chevaliers.

Faites attention et silence, vous pouvez compter les coups d'épée et les battements de cœur, et les moindres exclamations parties de la foule; à entendre les paroles pressées et rapides du poète, il faut bien qu'on suive les guerriers dans la lice, et quand tombe le beau et gracieux page de la reine Isabeau, il faut bien pleurer comme elle, car nos yeux et les siens ont assisté au même combat.

Et puis, quand le poète a tout chanté, la vieille et la nouvelle France, la Rome antique et la Rome italienne; quand il a pénétré le premier dans la

poésie de POrient, et que son regard d'aiglon n'a pas fléchi devant l'éclat éblouissant de cette poésie dont les Livres saints furent les premières productions, lorsque M. Hugo est à peine sorti de la Ronde du Sabbat^ qu'il a révélée avec tant de vérités horribles et grotesques aux pinceaux de Boulanger, vous croyez que sa course poétique est accomplie; au contraire, voici que sa course recommence; mais cette fois elle ne s'égare plus dans le champ de l'histoire. Il ne va plus s'asseoir sur nos trophées de vingt-quatre heures aussi bien que sur les pyramides éternelles; c'est un poète voyageur comme le héros de V Odyssée , mais qui trouve partout son Ithaque et son foyer domestique, et son doux sommeil au bruit de l'orage qui gronde, et ses rêveries sans fin sur le bord d'un ruisseau limpide.

Vous diriez, en lisant ces ballades, recommencer avec Shakespeare ce songe charmant d'une nuit d'été, dans lequel on croirait que le gentil Ariel lui-même, débarrassé de l'ignoble Caliban, aurait entassé toutes les émotions douces et naïves du cœur de l'homme.

Q^Lie la soirée est fraîche et douce ! Oh! viens, il a plu ce matin.

Les humides tapis de mousse Verdissent tes pieds de satin.

L'oiseau vole sous la feuillée, Secouant son aile mouillée :

Pauvre oiseau que le ciel bénit!

Il écoute le vent bruire, Chante, et voit des gouttes d'eau luire Comme des perles dans son nid.

Viens errer dans la plaine humide, A cette heure nous serons seuls ; Mets sur mon bras ta main timide, Viens, nous prendrons pai- les tilleuls. Le soleil rougissant décline :

Avant de quitter la colline Tourne un moment les yeux, pour voir Avec ses palais, ses chaumières, Rayonnants des mêmes lumières, La ville d'or sur le ciel noir.

Et d'ailleurs, pourquoi citer? Que pourrait faire à une théorie une citation incomplète et tronquée ? et comment, à propos d'une poésie nouvelle et inconnue, pourrait-on se contenter d'un faible écho ramassé çà et là et jeté comme une vaine pâture aux lecteurs?

En effet, s'il est vrai que l'heure soit venue, et qu'enfin notre époque languissante, si misérablement ballottée entre tant de systèmes divers, et surtout si complètement indifférente en fait de poésie comme en fait de religion, car la religion est la meilleure comme la première des poésies; s'il est

vrai, dis-je, que nous soyons enfin destinés à sortir de cette léthargie morale qui pourrait être mortelle, alors c'est un devoir pour nous d'écouter attentivement le seul poète peut-être qui, après M. Lamartine, ait trouvé le chemin de notre âme; et quand ces chants seront parvenus jusqu'à nous, quand nous aurons appris enfin qu'il existe au fond de toute cette poésie des émotions dont personne ne se doutait, alors moins que jamais nous aurons besoin de citations : car le cœur retient bien vite toute poésie qui a été faite pour lui seul. Cependant, s'il advenait que les vers de M. Victor Hugo, qui, malgré tant d'obstacles, sont arrivés à leur quatrième édition, à une édition de luxe et d'un prix très élevé, ne répondissent pas entièrement à l'attente générale, si nos souvenirs passés et nos études premières venaient à se heurter trop violemment contre ce langage si hautain, si libre, si peu jaloux de se plier aux formes reçues; s'il nous arrivait par hasard de ne pas trouver que c'est là toute la poésie que nous attendions, il ne faudrait pas nous décourager. Dans un mois , nous aurons les Orientales de M. Victor Hugo, et, après les Orientales, nous aurons ses romans et ses drames; et quand notre poète, qui heureusement est encore à son invocation, aura mis en dehors toutes ses pensées poétiques, alors, sans

doute, la grande question d^une littérature nouvelle sera décidée, aussi irrévocablement décidée pour le moins que la perte complète de cette misérable poésie de TEmpire, dont personne ne veut plus aujourd''hui.

LE

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