‹ Petite critique. Avec une eau-forteChapitre 3 sur 50 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

que, un article de critique théâtrale, un compte rendu de livres nouveaux, une boutade satirique, un coup de lancette {c'était l'étiquette des malices et des méchancetés du Figaro), et même une épi gramme en vers. Janin semblait avoir hérité de la plume de Beaumarchais.

Il logeait alors dans la rue Saint - Dominique d'Enfer, une petite rue qui s'ouvrait vis-à-vis une des portes du Luxembourg, et qui a livré passage à la grande rue Soufflât. Il occupait, au troisième étage d'une vieille maison, un appartement presque misérable, contenant trois pièces exiguës, dont l'une était habitée par sa tante, sa seconde mère, veuve d'un capitaine de vaisseau, âgée alors de près de quatre-vingtdix ans. La chambre de Janin, dont l'unique fenêtre donnait sur une cour obscure, ne ressemblait pas trop au cabinet d'un homme de lettres. L'ameublement se composait d'un lit en bois peint, avec un seul matelas et une paillasse, d'une table de nuit, qui servait souvent de table de travail, d'un mauvais bureau surchargé de papiers épars, et d'ujie bibliothèque en bois blanc, que remplissaient à moitié les volumes dépareillés d'une belle édition des œuvres complètes de Bossuet. d'ime méchante édition des œuvres de Voltaire et des principaux auteurs latins, au milieu desquels s'égaraient La Fontaine et Molière. On avait, pour s'asseoir, trois chaises de paille , peu solides, un ancien fauteuil de velours d'Utrecht usé et déchiré, enfin un canapé, si mal porté sur des pieds chancelants que

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