CAMPI — CARVALHO
CARISSIMI (Jacques), célèbre compositeur italien, né en 1604 et mort en 1674, a été un des musiciens du dix-septième siècle qui ont le plus contribué au perfectionnement du récitatif. Artiste aussi fécond qu'original, il a laissé un grand nombre de compositions religieuses pleines de mouvement, de grâce et d'expression. C'est à lui que l'on attribue l'invention de la cantate ; l'oratorio de Jephté passe pour être le chef-d'œuvre de Carissimi.
CARON (Firmin), célèbre compositeur et contrepointiste du quinzième siècle.
CARVALHO (Caroline-Félix MIOLAN, épouse), l'une des cantatrices les plus justement renommées de ces dernières années, naquit à Marseille le 31 décembre 1827. Fille d'un professeur de hautbois au Conservatoire de' Paris, elle entra en 1843 dans cet établissement et en sortit en 1847 avec un brillant premier prix. Engagée en 1849 à l'Opéra-Comique où elle eut plusieurs succès, particulièrement dans le Pré aux Clercs, elle y épousa M. Léon Carvalho, alors son camarade de théâtre, lequel devint peu de temps après directeur du théâtre Lyrique. Sur cette scène du boulevard du Temple, se compléta et se révéla dans son entier le talent de la jeune artiste. La Fanchonnette, la Reine Topaze, les Noces de Figaro, la Flûte enchantée, Don Juan et enfin Faust, furent pour elle une rapide série de triomphes, série à laquelle il faut joindre, dans les derniers temps de la direction de son mari, les créations qu'elle fit dans Mireille et Roméo et Juliette. La célébrité de M™« Carvalho, devenue européenne, l'amena souvent à Londres, où ses succès ne furent pas moins grands qu'en France. En 1869, elle fut engagée à l'Opéra, où elle se fit applaudir dans les Huguenots, Faust, etc., et revint en 1872 à l'Opéra-Comique reprendre quelques-uns des rôles auxquels elle devait sa légitime renommée. En 1875 enfin, elle rentrait à l'Opéra et revenait quelques années après à l'Opéra-Comique, où elle est encore.
C'est aux qualités multiples de son talent, plutôt qu'au volume et à la puissance de sa voix, que M°^<^ Carvalho doit la haute notoriété dont elle jouit encore aujourd'hui. Soprano étendu d'un timbre exquis, sa nature l'entraînait peu aux expressions violentes ou tragiques. En revanche elle excella toujours dans les effets de tendresse amoureuse ou plaintive, dans ces mezzo-voce incomparables, qu'un art merveilleux, une souplesse, un goût délicat et sûr, lui permettaient de rendre avec une perfection au-dessus de tout éloge. Le
rôle de Marguerite de Faust est celui qui résume le mieux la personnalité de l'éminente cantatrice.
M"^ Carvalho avait deux frères : Amédée- Félix et Alexandre Miolan, qui, tous deux, se sont livrés à la carrière musicale. Le premier est mort chef d'orchestre à la Nouvelle-Orléans, le second, longtemps attaché au théâtre Lyrique, est mort à Paris, laissant quelques compositions pour Torgue-harmonium.
CATAL.\NI (Axgélique), célèbre cantatrice, née à Sinigaglia en i779, débuta à Venise en 1795, excita bientôt l'enthousiasme dans toute l'Europe par la beauté et l'étendue de sa voix et par la façon dont elle interprétait spécialement les airs de bravoure. Avant et après le règne de Napoléon — qu'elle détestait — elle dirigea à Paris le théâtre Italien qu'elle ruina, ce qui ne l'empêcha pas de faire une brillante fortune, car elle se faisait payer fort cher. A Londres seulement, pour ne citer qu'un exemple, on lui donna jusqu'à oO 000 francs pour une seule fête. Elle mourut à Paris du choléra en 1849.
CATEL (Charles-Simox), né à Laigle (Orne) en 1773 et mort à Paris en 1830, est justement renommé par des œuvres nombreuses pour chœurs et instruments à vent, composées en vue des fêtes nationales de la Révolution, et plus encore par son Traitt d'harmonie, écrit pour le Conservatoire, qu'il contribua à fonder et auquel il fut attaché de 1795 à 1814. Ce Traité, d'une conception claire et beaucoup plus rationnelle que le défectueux système de Rameau qu'il était destiné à remplacer, fut l'un des monuments théoriques le> plus utiles de ce temps. Pendant plus de vingt ans, il fut le seul guide des musiciens français, et aujourd'hui, il est encore très estimé. Catel composa beaucoup pour le théâtre, mais n'y réussit point aux yeux du public. On le traita de musicien savant. Ses principales œuvres théâtrales sont Sémiramis, les Bayadères, les Aubergistes de qualité, le Siège de Mézières avec Nicole, Roïeldieu et Chérubini, Wallace ou le Ménestrel écossais, etc. Il laissa aussi plusieurs symphonies, quelques pièces de musique de chambre, un certain nombre de chants civiques, et participa à la rédaction des solfèges du Conservatoire.
CATRUFO (Joseph), né à Naples en 1771 et mort à Londres en 1851 . Compositeur et professeur de chant, il fit avec l'armée française la campagne d'Italie et sortit du service en 1804; il reprit sa carrière, interrompue à Genève, où il donna plusieurs opéras, et appliqua
CATALANI — CHARPENTIER. Ho
le premier l'enseignement mutuel à la musique. En 1 810, arrivé à Paris, il fit représenter différents ouvrages, parmi lesquels il faut citer Félicie ou la Jeune Fille romanesque, la Bataille de Benain, les Rencontres, Zadig, etc. Il a laissé nombre de compositions dans tous les genres et plusieurs ouvrages d'enseignement.
CAVAILLÉ-GOLL (ARisimE), le plus fameux facteur d'orgues de notre temps, auquel on doit plusieurs perfectionnements importants dans l'art de la consferuction des grandes orgues. Inventeur d'un système régulateur des sonorités et de certains jeux de combinaisons basés sur là résultante des harmoniques.
CAVALIERE ou CAVALIERI (Emilio del), gentilhomme romain, né vers le milieu du seizième siècle, est l'un des compositeurs dont le génie ait le plus étendu le domaine de l'art musical. D'après Guidotti, c'est lui qui, le premier, laisse trace des ornements musicaux employés dans l'art du chant {grupetto, trille, monachina et zimballo) ; le premier qui imagine de donner aux instruments accompagnant la voix un rôle personnel et fantaisiste, en faisant usage d'une basse munie de signes différents de la basse vocale, et nommée basse continue, destinée à guider les instrumentistes dans leurs improvisations; le premier enfin qui ait composé de véritables drames musicaux dont l'un, le seul qui nous soit parvenu dans son entier, la Rappresentatione di anima e di corpo (exécuté en 1600), est ajuste titre célèbre. De cette époque date le récitatif mesuré.
GEGCHERINI (Ferdinand), ténor et compositeur, né à Florence en 1792, mort en 1858. Il se voua spécialement à la musique religieuse, où il excellait dans le genre large et majestueux. Professeur de talent, il eut entre autres élèves le prince J. Poniatowski. Il a laissé un certain nombre d'œuvres, parmi lesquelles on compte quatre oratorios : Saùlf David, don Benedetto et Debora e Gicele.
CHARPENTIER (xAI arc-Antoine), compositeur, né à Paris en 1634, mort en 1702. Rival de Lulli, auquel il était inférieur quant à l'originalité, mais plus instruit ; il s'adonna surtout au genre religieux, quoiqu'il ait fait représenter plusieurs ouvrages à la scène et composé plusieurs divertissements, entre autres la musique du Malade imaginaire. Il eut plusieurs emplois, comme musicien, à la cour de Louis XIV et il fut le maître du duc d'Orléans (le régent).
CHARTON-DEMEUR (M'^e), née en 1827, cantatrice distinguée, s'est fait entendre avec succès sur les scènes principales de Paris, de la France et de l'étranger. Elle a créé à Bade le rôle de Béatrice dans l'opéra Béatrice et Bé7iédict de Berlioz, et à Paris celui de Didon dans les Troyens, du même auteur.
CHAUMET (William), compositeur, né à Bordeaux en 1842, a été le premier lauréat du concours Crescent en 1875, avec Bathyle, un acte représenté avec succès à l'Opéra-Comique. Il avait précédemment donné à l'Athénée le Péché de Gérante. Il a encore écrit le Coche, Méhul chez Gluck, qui n'ont pas vu le jour de la rampe, et Icléa, un intermède exécuté à Bordeaux. Le talent de M. Chaumet est à la fois fin, gracieux et personnel.
CHAUVET (Charles-Alexis), organiste et compositeur, né à Marnies en 1837, mort à Argentan en 1871. Enlevé par une fin prématurée à une carrière brillante, Chauvet vécut assez cependant pour être classé le premier parmi les organistes et improvisateurs de son temps. Parla pureté classique de son style, par l'étendue et la profondeur de ses connaissances musicales, il avait le génie de la tradition vraie, et excellait dans la façon de comprendre et d'interpréter S. Bach, dont il était l'admirateur passionné. Organiste à Saint-Merry, puis à la Trinité, Chauvet a laissé plusieurs œuvres pour l'orgue et le piano, parmi lesquelles il faut citer Quatre Morceaux de genre et Cinq Feuillets d'album. Malheureusement ses plus belles pages pour l'orgue, en style fugué, n'ont pas été retrouvées après sa mort.
CHÉROUVRIER (Edmoxd-Marie), compositeur, né à Sablé en 1831, donna au théâtre Lyrique le Roi des mines et écrivit pour cette scène Quentin Metzys, qui ne fut pas représenté. On connaît de lui plusieurs compositions symphoniques et religieuses, et un recueil de mélodies intitulé Fleurs d'automne. 11 fut secrétaire de l'Opéra sous la direction de M. Vaucorbeil.
CHÉRUBIN! (Marie-Louis-Charles-Zexobi-Salvador), compositeur célèbre, naquit à Florence en septembre 1760. Son père, Barthélemi Chérubini, maestro al cembalo à la Pergola, lui enseigna les premiers principes de son art avant qu'il eût atteint sa sixième année. Passant ensuite aux mains des Felici, Bizarri, Castrucci, il fit de si rapides progrès, qu'à l'âge de treize ans il avait déjà écrit une Messe et un