‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 29 sur 97 · CHARTON-DEMEUR — CHÉRUBINI · texte numérisé non relu

CHARTON-DEMEUR — CHÉRUBINI

Intermède scénique. Dès lors, il se mit à composer un grand nombre d'œuvres diverses pour le théâtre et pour l'église; mais à l'âge de dix-sep t ans, trouvant son éducation musicale superficielle, malgré des succès naissants, il parvint à se placer sous la direction de Sarti, à Bologne, grâce à la munificence de Léopold II, duc de Toscane. Il travailla trois ans auprès de ce maître avec un courage au-dessus de tout éloge. A partir de cette époque, il se montra sans rival dans la possession des connaissances de son art, et commença une brillante carrière dramatique par l'opéra il Qumto Fabio. Parcourant alors fltalie et l'Angleterre accompagné d'un succès croissant, il laissa partout de nombreuses traces musicales de son passage. Vlflgenia fut son adieu à sa patrie. Fixé à Paris, le talent du maître se transforma, comme on le voit par la longue liste d'opéras français qu'il produisit alors, et dont Bémophon, Lodoïska, les Deux Journées, etc., sont les plus saillants. Doué d'une fécondité prodigieuse unie à une rare activité, tout en écrivant ses propres inspirations, il fit encore représenter les ouvrages des autres et les augmenta souvent de charmantes pages de sa main. Les meilleurs ouvrages d'Anfossi,Paisiello,Gimarosa, etc., furent ainsi donnés, grâce à lui, au célèbre théâtre de la foire Saint-Germain dont les chanteurs étaient placés sous sa direction. Ghérubini était alors inspecteur du Gonservatoire, mais ayant eu le malheur de déplaire à Napoléon, il n'avait pas à Paris la situation qu'il méritait. Il partit en I8O0 pour Vienne, où sa Fcmiska (1806) fut un véritable triomphe. Haydn et Beethoven, Méhul et les musiciens français le déclarèrent le premier compositeur dramatique de son temps.

Ges éloges mérités ne purent cependant désarmer la haine de Napoléon, carde retour à Paris quelque temps après, malgré le succès de Pimmalione donné aux Tuileries, Ghérubini continua à être tenu à l'écart. Il fut pris alors de dégoût et, abandonnant l'art, chercha des distractions dans l'étude de la botanique. Un hasard réveilla pourtant cette belle nature et la fit se révéler sous un jour nouveau. Ghérubini écrivit Idi fameuse Messe en fa, dont Texécution, confiée à l'élite des artistes de Paris en 1809, fut un événement considérable. Ge moment signala une nouvelle période artistique qui ne se termina qu'avec la vie du maître, le 15 mars 1842.

Ghérubini, inspecteur du Gonservatoire pendant vingt ans, y fut nommé professeur de composition en 181 G et directeur en 1821 . Il le quitta un an avant sa mort. Halévy, Auber, etc., comptent parmi ses élèves. Son œuvre comprend plus de vingt-neuf opéras, treize messes et un nombre considérable de compositions dans tous les genres.

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CHEVÉ (Emile), né en 1804, mort en 1866. Ancien chirurgien de marine décoré, il épousa Nanine Paris, sœur de M. Aimé Paris, embrassa la doctrine musicale de ces deux défenseurs de la notation chiffrée, et se fit lui-même le propagateur ardent de leur méthode. Il fit un grand nombre de cours gratuits, et publia plusieurs écrits contre la notation usuelle et quelques traités, parmi lesquels on remarque une Méthode élémentaire de musique vocale et une Méthode élémenlaire d'harmonie. Sans être exempts de critique grave, ces deux ouvrages sont recommandables sous plus d'un rapport.

M. Amand Chevé continue, encore aujourd'hui, les cours organisés par son père en soutenant sa doctrine, mais avec moins d'âpreté. Il est le fondateur et le directeur du journal l'Avenir musical.

CHOPIN (Frédéric-Fraxçois), pianiste et compositeur célèbre, né à Zelazowa-XN'ola près de Varsovie le 8 février 1810, d'une famiUe d'origine française, commença à neuf ans l'étude de la musique avec Zywny, musicien bohème, admirateur passionné de S. Bach, et la continua sept années durant. Ayant été remarqué par le prince Radziwill, celui-ci se chargea des frais de son éducation à Varsovie. A seize ans, Elsner, directeur du Conservatoire de cette ville, lui apprit l'art d'écrire la musique, et quelques voyages qu'il fit développèrent son goût sans altérer ses qualités primordiales d'originalité. A Vienne, en 1829, Chopin se fit entendre dans plusieurs concerts, mais, ne produisant pas toute la sensation sur laquelle il comptait, il n'y donna plus qu'une séance d'adieu en 1831 . Il se rendit alors à Paris, où il passa le reste de sa vie. Là, une première audition, chez Pleyel, lui assigna de prime abord un rang exceptionnel, non sans quelques critiques pourtant. Kalkbrenner et Field, entre autres, blâmèrent hautement son doigté et jusqu'à son style. Cependant le talent de Chopin était si personnel, sa distinction si exquise, qu'il excita quand même un enthousiasme afiant jusqu'au fanatisme, et il fut recherché comme professeur par la haute aristocratie polonaise et française, dans l'intimité de laqueUe il vécut jusqu'à sa mort.

La santé toujours délicate de Chopin, son ardent patriotisme paraissent avoir exercé une puissante influence sur sa vie d'artiste. (( Grand dans les petites choses, les larges proportions ne convenaient pas à sa frêle organisation », dit Fétis. Chopin le sentait si bien, que, se sachant sans rival dans un salon, il évitait avec soin les publics nombreux. D'un autre côté, le sentiment national aussi l'entraînait. De là ces polonaises, ces mazurks, ces ballades et ces nocturnes, qui sont

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les caractéristiques de son génie. Entre temps, il composa bien deux concertos, des études, des sonates, mais il revenait sans cesse aux mélancoliques mélodies, aux danses du pays, thèmes chéris qu'il savait traiter d'ailleurs avec un charme, une originalité, une fantaisie à la fois typiques et inimitables.

En 1837, la maladie de poitrine qui devait emporter Chopin devint si alarmante, qu'il dut aller passer l'hiver à Majorque. M™^ Sand, son amie , l'y accompagna. Son affection et ses soins empressés , malgré l'humeur chagrine du maître, ne purent parvenir à enrayer les progrès du mal. Aussi, quelques années après, au retour d'un voyage en Angleterre qui l'avait épuisé, Chopin s'éteignit-il à Paris le 17 octobre 1849.

CHORON (Alexandre-Etienne), savant littérateur-musicien, né en 1772 à Caen, mort à Paris en 1834, consacra sa vie à l'étude des questions d'enseignement et contribua fortement à la propagation du goût musical en France ; il pubha une quantité considérable de traités, de méthodes, de recueils dont un grand nombre sont restés inachevés. Choron fut directeur de l'Opéra de 1816 à 1817, et fonda le Conservatoire de musique classique et religieuse, école qui eut un certain renom de 1817 à 1830. Duprez et Dietsch furent ses élèves. Il laissa aussi quelques compositions, parmi lesquelles la Sentinelle, dont le succès a été populaire.

CIMAROSA (Dominique), génie fécond, aimable et original, qui avec Paisiello et Guglielmi partagea la gloire d'illustrer l'Italie pendant la dernière moitié du dix-huitième siècle, naquit à Aversa, le 17 décembre 1749, d'une famille obscure (son père était maçon et sa mère blanchisseuse). Orphelin dès son jeune âge, Cimarosa passa onze ans au Conservatoire de Sainte-Marie de Lorette et sortit de là pour commencer en 1772 par le Stravaganze del Conte la brillante série de succès qui devait l'accompagnerjusqu'au tombeau. Il mourut le 1 1 janvier 1801 , empoisonné, dit-on, par ordre de la reine CaroHne de Naples, laissant inachevée Artemisia, son 77« opéra, et un grand nombre de diverses compositions. Ses chefs-d'œuvre les plus connus sont : il Matrimonio segreto, le Astuzzie femminili, i Traci Amanti, Yltaliana in Londra, etc. Sa couleur musicale rappelle celle de Mozart dans le genre bouffe.

CLAPISSON (Antoine-Louis), né à Naples en 1808, mort à Paris en 1866, composa une vingtaine d'oeuvres pour le théâtre. Gibby la Corne-

muse et la Fanchomiette sont les meilleures et les plus connues. Il laissa aussi un certain nombre de romances assez goûtées et une remarquable collection d'instruments, qui, achetée par l'Etat et donnée au Conservatoire, fut le noyau du 7nusée instrumental que Ton admire aujourd'hui dans cet établissement.

CLEMENTI (Muzio), pianiste-compositeur, né à Rome en 1752 et mort en 1832, donna une forme fixe à la sonate, fit progresser fart de jouer du piano en posant les règles rationnelles du doigté et du mécanisme, écrivit le célèbre Gradus ad Parnassum, ouvrage qui eut un nombre d'éditions considérable dans tous les pays, et composa cent six sonates, ainsi que beaucoup d'autres œuvres d'ordre divers. Le style de Clemenli est brillant, léger, classique, mais un peu sec et sans passion.

CLICQUOT (Fraxçois-Hexri), né à Paris en 1728, mort en 1791,1e plus habile facteur d'orgues du dix-huitième siècle. On lui doit les grandes orgues de Notre-Dame, de la sainte Chapelle, de Saint-Sulpice,

COEDÈS (Auguste), compositeur de romances et d'opérettes, né vers 1837, fit représenter le Bouquet de Lise, la Cocotte aux œufs d'or, la Belle Bourbonnaise, Clair de lune et la Girouette.

COHEN (Jules), pianiste et compositeur dramatique, né en 1830 à Marseille, professeur de la classe d'ensemble vocal au Conservatoire, 'n'a pas réussi complètement au théâtre avec Maître Claude, José Maria, les Bleuets et Déa; a composé pour la Comédie française de nouveaux chœurs pour Athalie, Esther et Psyché. 11 est actuellement chef du chant à l'Opéra.

COLASSE (Pascal), l'un des maîtres de la musique de Louis XIV, est né vers le milieu du dix-septième siècle. Elève et ami de Lulli, à la musique duquel il fit de notoires emprunts, sans pour cela obtenir du succès, il composa plusieurs opéras, dont un seul, les JS'oces de Thétis et de Pelée, eut quelque renom.

COLON (Marguerite, dite Jexxy) débuta encore enfant, avec sa sœur aînée, à l'Opéra-Comique, dans les Deux Petits Savoyards^ joua avec

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