CLEMENTI — COSTA
succès au Gymuas8 et aux Variétés, puis ]reparut sur la scène de ses débuts dans Sarah, V Ambassadrice, etc., et termina sa carrière au théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Jenny Colon, née en 1808 à Boulogne-sur-Mer, mourut à Bruxelles en 1842.
COLONNE (Jules), violoniste, né à Bordeaux en 1838. Musicien consommé et chef d'orchestre habile, M. Colonne fonda en 1871 le Concert national, qui devint bientôt VAssociatio7i artistique, dont les séances eurent Heu chaque dimanche pendant la saison d'hiver, à l'Odéon d'abord, ensuite au Châtelet. Ainsi que M. Pasdeloup, M. Colonne a beaucoup contribué au développement du goût musical en France, et a produit avec succès bon nombre de contemporains: MM. Saint-Saëns. Massenet, Lalo, etc.
CONSTANTIN (Titus-Charles), violoniste-compositeur, second prix de Rome, né à Marseille en 1835, se distingua par la direction musicale qu'il sut donner au théâtre de l'Athénée, où il fut longtemps chef d'orchestre ; plus tard, au Casino, à la Renaissance, au Châtelet, où il fut appelé par Litolfî; à T Opéra-Comique, M. Constantin exerça encore l'influence la plus heureuse. Il a composé plusieurs morceaux pour les concerts et un ballet, Bak-Bek, représenté à Lyon.
CONTI (JoACHiMj, surnommé Gizziello, du nom de son maître Gizzi, célèbre chanteur du dix-huitième siècle, né à Arpino en 1714, obtint ses premiers succès à douze ans. A Londres, il aida Haendel à maintenir la réputation de son théâtre contre celui de VOpposHion que dirigeait Porpora. Applaudi partout oùil passait, son plus grand succès eut lieu à Naples dans Achille in Sciro, opéra de Pergolèse, où il figura avec Cafarelh. Il mourut à Rome en 1761.
CORELLI (Archangelo), violoniste et compositeur illustre, né en 1653 à Fusignano, mort en 1713. On connaît de lui quatre recueils de douze sonates, dont un spécialement (celui qui contient la Follia) est demeuré célèbre, douze concertos, et une quantité de pièces détachées pour les concerts ou l'église.
COSTA (Michèle), compositeur, chef d'orchestre du théâtre italien de Londres, né en 1807 à Naples. Il afait représenter en Itahe, à Londres et à Paris, plusieurs ouvrages de sa composition : Malek-Adel, Don
Carlos, etc., et son habileté l'a fait nommer directeur de la SacredHarmony Society et des grands festivals qui ont lieu souvent en Angleterre.
COUDERG (Joseph- Antoine-Charles), chanteur et comédien de rOpéra-Comique, né en i&lO, créa plusieurs rôles comme ténor dans le Chalet, l'Eclair, le Domino noir, etc. Ayant perdu les notes élevées de la voix, il chanta les barytons, avec non moins de succès, dans Quentin Burward, les Noces de Jeannette, le Voyage en Chine, etc. Nommé en 1865 professeur d'opéra-comique au Conservatoire, il n'exerça cette fonction que quelques années. Il est mort en 1875.
COUPERIN, nom d'une famille de musiciens célèbres durant deux siècles environ (1630-1815). François COUPERIN, surnommé le Grand, le plus renommé , fut le premier organiste de son temps et claveciniste distingué. Il laissa un grand nombre de pièces de clavecin, encore très goûtées aujourd'hui. Il était né à Paris en 1668, et mourut en 1733.
COUPPEY (FÉLIX Le), né à Paris en 1814, fut d'abord à dix-sept ans professeur adjoint d'harmonie, à vingt-trois professeur de solfège, et à trente-quatre ans professeur de piano au Conservatoire, situation qu'il occupe encore aujourd'hui. Fort habile dans son art, M. Le Couppey a produit un grand nombre d'élèves remarqués et a publié plusieurs recueils d'études pour le piano, dus à sa composition ou choisis chez les meilleurs maîtres.
COUSSEMAKER (Charles-Edmond-Henri de), né à Bailleul (Nord) le 19 avril 1805, mort le 12 janvier 1876, ^à Bourbourg (Nord). Ecrivain sur la musique, auquel on doit d'admirables travaux qui ont jeté la lumière sur l'histoire musicale du moyen âge. Son ouvrage le plus important, destiné à compléter celui de l'abbé Gerbert, commencé au dix-huitième siècle, Scriptores de musica, etc., reste malheureusement inachevé. Il a publié encore l'Art harmonique aux douzième et treizième siècles, Essais sur les instruments de musique au moyen âge, etc. M. de Coussemaker était magistrat dans le nord de la France. Il composa dans sa jeunesse plusieurs œuvres qui restèrent en portefeuille.
CRAMER (Jean-Baptiste), pianiste-compositeur, célèbre par son talent de virtuose et plus encore par ses Etudes. Son œuvre comprend
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en outre cent cinq sonates, sept concertos avec orchestre, des duos trios, etc., pour divers instruments, et une quantité de morceaux détachés. Cramer était né en 1771, à Mannheim, et mourut à Kensington en 1858.
CRESCENTINI (Girolamo), célèbre sopraniste, né à Urbania en 1766, mort à Naples en 1846. Il fut le dernier grand chanteur qu'ait produit l'Italie. Cimarosa écrivit pour lui Gli Orazzi e Curiazzi. Napoléon, l'ayant entendu pendant la campagne d'Italie en 1805, voulut se l'attacher et l'amena à Paris, où il chanta dans les concerts de la cour. Il y fut admirable surtout dans Roméo et Juliette, de Zingarelli, œuvre à laquelle il avait ajouté une prière de sa composition. Sa voix s'étant altérée, Crescentini revint en Itahe en 1812 et se voua dès lors à l'enseignement du chant qu'il avait déjà exercé auparavant.
CRÉTU (M"« SiMONET, épouse), célèbre cantatrice de la Comédie itahenne et de l'Opéra-Comique, doubla les rôles de M^'^ Dugazon et lui succéda dans son emploi. Elle était née vers 1772 et mourut en 1829.
CRISTOFORI, célèbre facteur de clavecins, né à Padoue, fut appelé à Florence à la fm du dix-septième siècle par Ferdinand de Médicis, fils du grand-duc Gôme III, et s'occupa du perfectionnement de ces instruments. On lui doit les premiers clavecins à marteaux et à sonorités graduées, nommés alors gravicembalo col piano e forte, d'où, par contraction, pia/2o-/'o?'^e, et enfin piano, qui est le nom consacré aujourd'hui. L'invention de Cristofori n'eut que peu de succès auprès des artistes de son temps, et il fallut que Silbermann, facteur allemand, la reprit quelques années après, avec un autre système, pour en rendre l'adoption générale. Cristofori mourut conservateur des instruments du duc Corne III, en 1731.
CRUVELLI (Jeanne-Sophie-Charlotte-Cruwel, dite), cantatrice d'une richesse d'organisation rare, naquit à Bielefield (Westphahe), et débuta en 1847 à Venise avec succès. Elle brilla tour à tour en Italie, à Londres, à Paris, où elle chanta Ernani en 1851 aux Italiens, et les Huguenots en 1854, à l'Opéra. Ses grands triomphes furent dans la musique de Verdi, lequel écrivit pour elle les Vêpres Siciliennes. Ce rôle fut le dernier de sa carrière. Elle quitta bientôt après le théâtre et épousa le comte Vigier.
CZERNY (Charles), pianiste-compositeur, né à Vienne en {19\, mort dans la même ville en 1857, commença à quatorze ans une brillante carrière comme professeur de piano. Ses leçons lui laissant fort peu de temps pour ses éludes propres, Czerny ne put acquérir qu'à la longue lés connaissances qui lui manquaient. Pourtant il ne cessa jamais de composer, et sa fécondité fut telle, que son œuvre ne comprend pas moins de huit cent cinquante pièces pour le piano, plus de quatre cents autres ouvrages, symphonies, messes, concertos, chants, etc. Liszt fut un de ses élèves.
DÂLAYRAC (Nicolas) , compositeur dramatique , né à Muret le 13 juin 1753, mort à Paris le 27 juin 1809, inhumé dans son jardin à Fontenay-sous-Bois. Passionné pour la musique dès l'enfance, Dalayrac se vit de bonne heure entraîné vers la carrière théâtrale et y consacra sa vie, particulièrement à l'opéra-comique. Pendant vingtsix ans, de 4782 à 1808, il alimenta avec succès la scène française, et avec une telle profusion, que pendant ce laps de temps il composa et fit représenter cinquante opéras, dont les plus renommés sont Camille ou le Souterrain, Nina, Azemia, Adolphe et Clara, etc.
D'un sentiment dramatique vTai, les compositions de Dalayrac sont simples, gracieuses et faciles; aussi le nombre de ses mélodies devenues populaires est-il incalculable.
DALLIER (Edouard-He.vri), né à Reims le 20 mars 1849. Organiste de Saint-Eustache, où il succéda à Ed. Batiste en 1878; élève de François Bazin et de César Franck, il obtint successivement au Conservatoire de Paris les premiers prix de contrepoint, de fugue et d'orgue, puis une mention au concours de l'Institut pour la composition musicale.
M. Dallicr a écrit , outre des quatuor, des quintettes et compositions symphoniques, des pièces diverses pour orgue, piano, violon, etc.
DAMOREAU (Laure-Clmhie MONTALANT, épouse), connue d'abord sous le nom de M^*" Cinti, naquit à Paris en 1801. Après des succès un peu hésitants à Paris dans les Noces de Figaro et à l'Opéra italien de Londres, M^^^ Cinti revint à Paris, où l'arrivée de Rossini en 1823
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la mit en relief. Un brillant début à l'Opéra dans Fernand Cortez décida ce maître à écrire pour elle le Siège de Corinthe et Moïse^ qui révélèrent bientôt avec éclat les belles qualités de la grande cantatrice. Pendant un court séjour au théâtre de la Monnaie de Bruxelles, M^'* Cinti épousa M. Damoreau, et, de retour à Paris, remporta de nouveaux succès dans la Muette, le Comte Ory, Robert le Diable et le Serment. Son triomphe enfin fut complet en 1829, alors que, mise en parallèle avec ses deux rivales : M™" Sontag et Malibran, dans il Matrimonio segreto, elle soutint vaillamment la comparaison. Cependant rOpéra, marchandant à M™® Damoreau le prix de ses services, celle-ci entra à l' Opéra-Comique en 1835, où le Domino noir, l'Ambassadrice, Zanetta et quelques autres ouvrages écrits à son intention furent pour elle une source de nouveaux succès. Elle quitta la scène en 1843 et fit quelques voyages à l'étranger. M™^ Damoreau fut professeur de chant au Conservatoire de 1834 à 1836. Elle est morte le %o février 1863, à Paris, laissant un Album de romances et une Méthode de chant.
DANBÉ (Jules), violoniste, chef d'orchestre, né à Caen en 1840, fonda au Grand-Hôtel, à Paris, les Concerts-Danbé, qu'il dirigea avec talent (1871-74), et devint chef d'orchestre du théâtre Lyrique. Il remplit actuellement la même fonction à l'Opéra-Comique.
DANCLA (JeAxN-Baptiste-Charles), violoniste distingué, compositeur et professeur de violon au Conservatoire, est né à Bagnères-de- Bigorre en 1818. L'un des premiers de l'école française actuelle, M. Dancla a beaucoup composé pour son instrument, et plusieurs de ses compositions ont été couronnées.
DANHAUSER (Adolphe-Léopold), professeur et compositeur, né à Paris le 26 février 1835, fit ses études musicales au Conservatoire avec MM. Bazin, Halévy et Reber, et remporta les premiers prix d'harmonie et de fugue. Au concours de Rome en 1862, il obtint le second prix.
M. Danhauser a composé la musique du Proscrit, drame musical en un acte ; Maures et Castillans, opéra en trois actes, et une quantité de chœurs à trois voix égales destinés aux écoles. Professeur de solfège au Conservatoire, M. Danhauser est depuis 1875 inspecteur principal de l'enseignement du chant dans les écoles communales de la ville de Paris.
DARCIER (Joseph), chanteur et compositeur de romances et de chansons, né vers 1820, commença sa réputation en se faisant l'interprète des productions de Pierre Dupont, qu'il savait rendre avec beaucoup de sentiment et une grande énergie. Les Bœufs, le Louis d'or, le Pain de cet auteur lui durent en partie leur succès populaire. Dans ses propres compositions, toujours empreintes de sentiment charmant ou d'ardent patriotisme, M. Darcier ne se montra pas moins remarquable, et souvent son nom seul a suffi pour attirer la foule dans les petits concerts et dans les cafés chantants oii il se faisait entendre d'ordinaire. Dans son œuvre très nombreuse, il faut citer le Bataillon de la Moselle^ la 32^ Demi-Brigade, Madeline, l'Ami Soleil, le Chevalier Printemps, la Canaille, etc. M. Darcier a fait aussi quelques apparitions sur différents théâtres dans quelques opérettes, ou dans certains rôles à chansons.
DARGOMIJSKY (Alexandre-Serguiévitch), compositeur russe, néon 1813, mort en 1868. Célèbre dans son pays, il fit sa réputation avec plusieurs ouvrages dans le style italien-français : la Esmeralda (Moscou, 1847; Saint-Pétersbourg, 1851); la Ronssâlka (18-56), aujourd'hui au répertoire dans toute la Russie; la Fête de Bacchiis (Moscou, 1867). Devenu plus tard chef d'une jeune école inspirée de Schumann, Berlioz, Wagner et Liszt, Dargomijsky mettait la dernière main à rHôte de Pierre^ œuvre conçue dans des tendances wagnérienncs encore exagérées, toutes en contradiction avec sa précédente manière, quand il mourut. L'Hôte de Pierre, terminé par M. César Cui, fut représenté en 1872, sans que la popularité dont jouissait son auteur parvînt à le faire accepter du public. Ce compositeur laissa encore d'autres productions, parmi lesquelles on cite plusieurs romances d'une réelle beauté.
DAUTRESME (Auguste-Lucien), compositeur, né à Elbeuf (Seine- Inférieure), a fait ses études musicales sous la direction d'Antoine Neukomm et Amédée Méreaux, à Rouen ; à Paris, il reçut quelques conseils de Meyerbeer. Élève de l'École polytechnique, M. Dautresme se trouva mêlé au mouvement révolutionnaire en qualité de secrétaire de M. Emmanuel Arago. Ce ne fut que plus tard qu'il se livra à la composition. On connaît de lui deux pièces madrigalesques : Vilanelle et Chanson, à quatre voix; une sonate, six mélodies, Aubade, le Chant de Jocelyn, etc. 11 a donné au théâtre Lyrique Sous les Charmilles (1862), le Bon Temps (1863) et Cardillac (1865), qui est une