GABRIELLI — GARAT
GALTN (Pierre), né à Samalan (Gers), en 1786, professeur de mathématiques et penseur distingué, consacra la dernière moitié de sa \ie à l'enseignement de la musique par une méthode nouvelle dont il était l'inventeur. Il se servait pour cela du méloplaste, portée vide, qui rappelait sous plus d'un rapport la main musicale de Gui d'Arezzo, et de \di notation en chiffres. Ses travaux, quoique fort ingénieux, n'ont pu cependant détrôner l'ancien système, auquel on est toujours forcé de revenir, à un moment donné, dans l'étude de l'art. Pierre Galin, qui eut pour successeurs et alliés Aimé Paris et Emile Chevé, mourut le 31 août 1821.
GALLI (Philippe), chanteur célèbre, né à Rome en 1783, remporta ses premiers succès comme ténor en 1804. Une grave maladie ayant changé le registre de sa voix, il se fit, en 1812, entendre avec avantage dans les rôles de basse-taille, et sa renommée fut si considérable dans ce nouvel emploi, que Rossini écrivit pour lui le rôle de Fernando de la Gazza ladra et Maometto. Après de nombreux voyages, il fut nommé professeur de chant au Conservatoire de Paris, et mourut le 3 juin 1853.
GALLI-MARIÉ (M°><=), fille du baryton :\Iarié, occupa d'abord^ l'emploi de forte chanteuse à Strasbourg (1859), puis à Toulouse (1860), à Lisbonne (1861) et à Rouen (1862), où elle créa la Jeune Bohémienne de Balfe. Elle débuta brillamment à l'Opéra-Gomique dans la Servante maîtresse, en cette même année, et elle ne cessa depuis lors de tenir le premier rang dans ce théâtre. Ses principales créations ont été : les Ihyigons de Villars, Lara, Fior d'Aliza, Mignon, Carmen, etc. Depuis quelques années, M™« Galli-Marié, qui a quitté l'Opéra-Comique, interprète avec succès, en province et à l'étranger, quelques-uns de ses rôles favoris.
GARAT (Pierre-Jean), le chanteur le plus étonnant de l'époque de la Révolution, naquit à Ustaritz (Basses-Pyrénées) le 25 avril 1764. Contrarié par son père dans son goût pour la musique, Garât eut beaucoup à lutter, et ne put faire son éducation musicale que conduit par le hasard. Garât ne parut en public qu'en 1794, aux fameux concerts Feydeau. Son succès fut immense. Il excellait dans tous les genres, depuis la chanson jusqu'aux plus subhmes élans de la tragédie musicale. A la création du Conservatoire, il y fut appelé l'un des premiers pour y enseigner le chant. Ses élèves furent nombreux et célèbres ; M°'"\Valbonne, Duret; MM. Roland, Nourrit, Ponchard, Levas-
seur, etc., en font foi. On s'accorde à dire que jamais on n'avait rencontré chez un homme autant de quahtés supérieures. Après la perte de sa voix, Garât, qui ne pouvait se faire à l'idée de disparaître, essaya encore de fixer l'attention publique par des excentricités à peine croyables. N'y pouvant réussir, il mourut de chagrin le .1" mars 1823.
GARAUDÉ (Alexis de), professeur de chant au Conservatoire de Paris, né à Nancy le 21 mars 1779, mort le 23 mars 1852, a pubUé de nombreux ouvrages d'enseignement parmi lesquels on remarque une Méthode de chant et plusieurs volumes de solfèges. Il composa aussi pour les instruments, et fit môme un opéra : la Lyre enchantée^ resté inédit.
GARCIA (Manuel de Popolo, Vicente), célèbre chanteur, compositeur, né à Séville le 22 janvier 1775, était déjà estimé comme chef d'orchestre, compositeur et chanteur, à l'âge de dix-sept ans. Il fit représenter en Espagne presque tous ses ouvrages et vint à Paris, où il débuta en 1808, dans la Grlselda de Paër. Après une courte absence en Italie, il revint faire connaître aux Parisiens le Barbier de Séville, beaucoup d'autres ouvrages, et fit représenter à l'Opéra la Mort du Tasse et Florestan; aux Italiens, il Fazzoletto, trois de ses œuvres. Garcia partit alors pour l'Amérique, fut dépouillé par des bandits à son retour, et revint à Paris ouvrir son célèbre cours de chant. Garcia, excellent chanteur, plein de verve, fut un merveilleux professeur. Comme compositeur, il laissa à désirer. C'est dans son monodrame Poeta calculista que se trouve l'air populaire en Espagne : Yo che son contrehandista. Il mourut à Paris le 2 juin 1832. Garcia est le père de deux grandes artistes, M™^* Malibran et Viard'ot.
GARCIA (Manuel), fils du précédent, fut un excellent professeur de chant ; il se fit remarquer par des travaux scientifiques sur les registres et les timbres divers de la voix humaine. Il fut professeur au Conservatoire de Paris, et publia un Traité complet de l'art du chant. Né à Madrid le 17 mars 1803, Manuel Garcia est aujourd'hui à Londres.
GASTINEL (Léon-Gustave-Cyprien), né à Dijon le 15 août 1823, premier grand prix de Rome en 1846, composa un grand nombre d'ouvragés dans tous les g:enres, qui obtinrent un succès d'estime.
GAUTIER (Jean-François-Eugène), compositeur, professeur et violoniste, est né à Paris-Vaugirard le 27 février 1822. Ses ou\Tages les
GARAUDÉ — GAZZANIGA . \ 77
plus connus sont Flore et Zéphire (théâtre Lyrique, 1852); le Docteur Mirobolant (Opéra-Comique, 1860) ; Schahabaham II (théâtre Lyrique, 1854). Nommé professeur d'harmonie et d'accompagnement au Conservatoire, puis à la chaire d'histoire delà musique, E. Gautier fut aussi critique musical. Il est mort à Paris le 1" avril 1878. Son dernier ouvrage, la Clef d'or^ avait essuyé une chute complète qui hâta probablement sa fm.
GAVEAUX (Pierre), acteur de TOpéra-Comique, et compositeur naquit à Béziers (Hérault) en 1761 et mourut près de Paris en 1825. Il se destinait d'abord à l'état ecclésiastique, mais son goût pour la musique l'emportant, il s'engagea comme ténor au théâtre de Bordeaux. Dès lors, on le vit marcher de succès en succès dans le midi de la France, et finalement être appelé à Paris en 1789. Après quelques essais heureux, Gaveaux devint sociétaire de la Compagnie résultant de la fusion des théâtres Feydeau et Favart, et ne quitta plus rOpéra-Comique. Gaveaux écrivit une trentaine d'ouvrages pour le théâtre Feydeau ; Léonore ou l'Amour conjugal, le meilleur de tous, a servi de thème au Fidelîo de Beethoven.
GAVIMÉS (Pierre), célèbre violoniste, né à Bordeaux vers 1726, fut appelé, dès sa jeunesse, le Tartini fraiiçais ip3iT ses contemporains. Nommé professeur au Conservatoire, lors de sa fondation, il fut considéré comme le chef de l'école française du violon. Il mourut en 1800, et Gossec prononça son oraison funèbre. Gaviniés composa beaucoup pour le violon, et fit même un opéra-comique en trois actes : le Prétendu, qui fut représenté avec succès. Ami de Jean- Jacques Rousseau, il passe pour avoir pris part à des polémiques musicales en sa faveur, mais le fait n'est pas prouvé.
GAZTAMBIDE, compositeur et directeur de théâtre très renommé en Espagne, est né à Tudela (Navarre) le 7 février 1822. Il écrivit en vingt-cinq ans une quarantaine de zarzuelas (opéras-comiques), dont plusieurs eurent un grand succès [Catalina, TJna Vieja, los Maggiares, etc.), et contribua à fonder le Conservatoire de Madrid, où il mourut le 18 mars 1870.
GAZZANIGA (Joseph), compositeur dramatique et maître de chapelle de la cathédrale de Crème, né en 1743 à Vérone, mort vers 1818, reçut des conseils de Porpora, Piccini et Sacchini, et donna
une trentaine d'opéras à l'Italie. Il Sereglio d'Osmanno et il Convitato de Pietra paraissent être les plus connus.
GELIN (Nicolas), célèbre chanteur de l'Opéra, débuta en 1750 à ce théâtre. C'est lui qui créa le rôle d'Hidraot dans VAi^mide de Gluck. Il mourut en 1810, maire de la ville de Creil.
GERALDV (Jeax-Aistolxe-Jlst), chanteur et compositeur de romances, né de parents français à Francfort-sur-le-Mein, le 9 octobre 1808, mort à Paris le 27 mars 1869. Meyerbeer lui donna sa célèbre mélodie le Moine, dont il fit applaudir toutes les beautés. Élève de Garcia, il fit lui-même de nombreux élèves, tant au Conservatoire de Bruxelles qu'à Paris. Ses mélodies la Zingara, la Lettre au bon Dieu, etc., ont obtenu de vrais succès.
GEVAERT (François-Auguste), compositeur belge, né à Huysse, près d'Audenarde, le 31 juillet 1828, fit son éducation au Conservatoire de Gand et obtint le grand prix de composition musicale. Après avoir remporté quelque succès avec une cantate intitulée Belgie et un Supei^ flumina Babylonis, sa première œuvre dramatique : Hugues de Somerghem, laissa le public froid. La Comédie à la ville fut mieux accueillie à Gand et à Bruxelles. Après un voyage en Espagne, M. Gevaert vint à Paris, et le Billet de Marguerite, les Lavandières de Santarem, au théâtre Lyrique; Quentin Durward, Château-Trompette et le Capitaine ^e?2no^, àl'Opéra-Comique, montrèrent toute l'étendue de son talent. Aujourd'hui, M. Gevaert, directeur du Conservatoire de Bruxelles, s'occupe particulièrement de didactique et d'archéologie musicales. Il a publié divers ouvrages très estimés sur ces matières : Traité d' orchestration et Histoire et Théorie de la musique de l'antiquité.
GILLES (Jeax), compositeur de musique religieuse, né à Tarascon en 1660 et mort à Toulouse en 1705. Son Bequiem, exécuté à la mort de Rameau, est considéré comme un chef-d'œuvre.
GILLIERS (Jean-Claude), violon de la Comédie française, né à Paris en 1667, mort en 1737. La musique qu'il écrivit pour les pièces de la Comédie italienne peut être considérée comme un des premiers essais de transition entre le vaudeville ancien et ce qui devait être plus tard l'opéra-comique. Gilliers écrivit une trentaine d'ouvrages de ce genre ; on y remarque Céphale et Procris, le Bouquet du roi, la Fille sauvage, etc.