‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 38 sur 97 · GELIN — GLUCK · texte numérisé non relu

GELIN — GLUCK

GIRARD (Narcisse), compositeur, violoniste et chef d'orchestre, né à Mantes le 27 janvier 1797, entra au Conservatoire en 1817, sous la direction de Baillot. Il dirigea, de 1830 à 1832, l'orchestre des Italiens, et celui de rOp6ra-Gomique,de 1837 à 1846. De là, il succéda, à l'Opéra en 1846, et à la Société des concerts en 1847, au célèbre Habeneck, et fut nommé dix ans plus tard directeur général de la musique de l'Académie de musique. Il mourut le 16 janvier 1860. Girard a écrit deux petits opéras-comiques : les Deux Voleurs et le Conseil des Dix, qui passèrent inaperçus.

GLINKA (MiCHEL-IvANOViTCH de), compositeur russe, né en 1804 près de Smolensk, mort à Berhn en 1857. Ses deux opéras : la Vie pour le tzar (Ivan Soussanine) et Rousslan et Lioudmila, sont célèbres en Russie. Il a aussi composé un grand nombre de mélodies et de morceaux divers.

GLOVER (Howard), musicien et critique anglais, né à Kilburn le 6 juin 1819, fut très renommé en Angleterre comme violoniste, pianiste accompagnateur, chef d'orchestre, ténor, compositeur et rédacteur musical du Morning-Post. Il fonda à Londres une Académie musicale et dramatique qui obtint de forts beaux résultats. Ses ouvrages : cantates, opérettes, opéras-comiques et même grand opéra, furent généralement bien accueillis : the Coquette, Once too often, Ruy-Blas, etc. Un voyage qu'il fit à New-York en 1868 lui fut fatal. Malgré tous ses efforts, il ne put réussir dans ce pays, et y mourut dans la misère, le 28 octobre 187o.

GLUCK (Christophe), compositeur illustre par la valeur de ses ouvrages, et plus encore par la révolution profonde que ceux-ci accomplirent dans le domaine de l'art dramatique, naquit à Weidenwang (haut Palatinat) le 2 juillet 1714. Ayant déjà quelques connaissances de son art, il se rendit à Vienne en 1736 ; puis à Milan, où, son éducation musicale achevée, il fit représenter son premier opéra : Artaserse (1741). Cet ouvrage, et six autres qui lui succédèrent dans fespace de trois ans, feurent rapidement classé au rang des meilleurs maîtres. En 1745, appelé à Londres pour y donner deux opéras nouveaux au théâtre d'Haymarket, Gluck eut en outre à arranger un pasticcio avec les pages les plus applaudies de ses précédents ouvrages. Ce pasticcio ne réussit pas, au grand étonnement de fauteur. Mais cette chute fut féconde ; car elle

inspira au jeune compositeur ses premières réflexions sur la nécessité de la vérité dans l'expression dramatique ; réflexions qui, mûries, coordonnées en système, devaient bientôt le conduire jusqu'aux plus hauts sommets du génie. Dès lors, Gluck abandonna le genre italien de son temps. La Scmiramidericonosciuta, Telemaco, la Clemenza di Tito, il Triompho di Camillo, où l'on remarque de plus en plus les réformes apportées à son style, en témoignent à Vienne comme en Italie. Cependant il fallait à Gluck, pour accomplir dans son entier l'œuvre commencée, deux choses : un poète qui sût le comprendre et un théâtre digne de lui. Le poète (après avoir [essayé de Métastase et de quelques autres), il le trouva enfin dans Calsabigi et fit avec lui ces partitions immortelles qui s'appellent Alceste, Paris et Hélène, Orphée et Eurydice. La scène si ardemment désirée, il vint la demander à la France et la trouva à Paris. 11 s'inspira de Racine, un autre génie, et le i9 avril 1774 Iphigénie en Aidide affirmait d'une façon éclatante, à fOpéra, Faccomplissement de la révolution musicale dramatique. Le succès fut tel, qu'immédiatement il lui fallut s'occuper d'approprier Alceste et Orphée aux exigences de la scène française. Ce fut un délire d'enthousiasme. Pour la première fois les répétitions générales furent rendues publiques ; et certaines boutades de l'auteur, aussi bien que l'apparition d'un art nouveau, les rendirent particulièrement intéressantes. Après ces triomphes, Gluck devait encore produire deux chefs-d'œuvre : Armide, sur un livret de Quinault (1777) et Iphigénie en Tauride (1779). Echo et Narcisse, qui leur succéda en 1779, fut la dernière composition du maître. Il mourut à Vienne, frappé d'apoplexie, le 15 novembre 1787.

Une révolution aussi considérable dans l'art dramatique ne pouvait s'accomplir sans combats. La lutte fut vive. Le monde artistique se partagea en deux camps. On opposa Piccini à Gluck, et la guerre des Gluckistcs et des Piccinistes fut aussi, et même plus mémorable que celle des Bouffons en 1753.

Pour bien se rendre compte des innovations de Gluck et de ses idées sur l'opéra, il suffira de lire les épîtres dédicatoires qu'il place en tête de ses deux partitions d\A.lceste et de Paris et Hélène. Son système y est expliqué en entier avec une clarté parfaite.

GODARD (Bexjamix-Louis-Paul), compositeur et violoniste, né à Paris le 18 août 1849, fit d'assez brillantes études au Conservatoire et se livra à la composition. Un grand nombre de mélodies originales, un Concerto romantique, joué dans les grands concerts symphoniques

GODARD — GORDIGIANI. 181

par M"^ Marie Tayau, commencèrent une réputation que devait enfin consacrer le Tasse, poème symphonique qui partagea le prix de la ville de Paris en 1878, avec le Paradis perdu, de M. Dubois.

GODDARD (M™« DAvmsoN, née Arabella), pianiste distinguée d'origine anglaise, née àSaint-Servan (Ille-et- Vilaine) en 1836, élève de Kalkbrenner et de Thalberg, particulièrement renommée en Angleterre, s'est fait entendre avec succès dans toute l'Europe et en Amérique. Elle a reparu dans les concerts à Paris, en 1877..

GODEFROID ( Dieudonné - Joseph - Guillaume - Félix ) , harpiste renommé, né à Namur le 24 juillet 1818, a publié plusieurs morceaux pour la harpe, et fait représenter un petit opéra : la Harpe d'or, au théâtre Lyrique, en 1858, avec un certain succès.

GOLDMARK (Carl), compositeur allemand, né le 18 mai 1830, à Weszthely, a fait entendre avec succès une ouverture de Sacountala; une symphonie : la Noce champêtre, et différentes œuvres d'orchestre. En 1874, un grand opéra de lui : la Reine de Saba, donné à Vienne, a été reçu avec assez de faveur pour être transporté sur d'autres scènes allemandes.

GOMBERT (Nicolas), célèbre compositeur de la première moitié du seizième siècle, né à Bruges, fut un des disciples de Josquin Després et précurseur, quant au style, de Palestrina. Prêtre et maître de chapelle de Charles-Quint, son œuvre est extraordinairement fécond, à en juger par ce que l'on connaît de lui : motets, chansons, chants sacrés, messes, etc., à une ou plusieurs voix. Gombert partagea avec ses contemporains, Clément non papa, et Créquillon, le titre de chef d'école de la musique de son temps.

GORDIGIANI (Jean -Baptiste), professeur de chant au Conservatoire de Prague, a fait représenter dans cette ville deux opéras de sa composition : Pygmalion et Consuelo, en 1845, mais il cultiva plutôt le genre religieux. Il était, né à Mantoue en 1796, et mourut à Prague en 1871.

GORDIGIANI (Louis), frère du précédent, est né à Florence en 1806, composa plusieurs opéras qui furent plus ou moins bien accueillis : Fausto, gli Aragonesi inlSapoli, I Ciarlatcmi, Una Vendetta corsa, etc.» mais se recommanda surtout par ses mélodies pour une et plusieurs

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\oix, VInvito, YInnamorato, VEsiilc, qui lui ont valu le surnom de Schubert de l'Italie. Il est mort à Florence en 1860.

GOSSEG (François-Joseph), né à Vergnies (Belgique) le 17 janvier 1733, fut un des musiciens qui honorent le plus l'art français. Fils de pauvres laboureurs, Gossec se forma seul. A l'âge de dix-huit ans, il vint à Paris se perfectionner dans son art, fit ses premiers débuts sous l'œil de Rameau, alors en pleine renommée, et s'attacha aux réformes à apporter à notre art musical. L'infériorité de notre style instrumental surtout le frappa. Pour le développer, il composa les premières symphonies connues en France (Haydn écrivit aussi sa première la même année, en Allemagne) et les fit goûter dans des concerts d'amateurs qu'il créa, et dont il confia la direction au fameux chevalier de Saint-Georges (1770). C'est à cette tentative, que l'on doit sa célèbre symphonie la Chasse, exhumée en 1882 par M. Pasdeloup, symphonie qui servit de modèle à l'ouverture du Jeune Henri de Méhul, et fut le premier symptôme de l'enrichissement considérable des diverses parties de notre orchestre. En 1773, Gossec continua son œuvre en prenant en main le Concert spirituel, et la couronna dignement en fondant en 1784 l'École royale de chant, première origine do notre Conservatoire. Pendant ce temps le compositeur ne restait pas inactif. Outre ses vingt-neuf symphonies, ses quatuor, etc., il produisait encore à l'église et au théâtre la célèbre Messe des Morts, les Pécheurs, Toinon et Toinette^ le BouUe Béguisement, Thésée et une quantité d'autres ouvrages qui mettaient le comble à sa réputation. Mais ce qui devait surtout illustrer le nom de Gossec, c'étaient les pages grandioses qu'allaient lui inspirer les fêtes nationales de la Révolution : le Camp de Grandpré, la Prise de Toulon, ses Hymnes de la Fédération, à VÈtre suprême, à l'Humanité, à la Liberté, à l'Egalité, et le Serment républicain, une admirable orchestration de VHymne des Marseillais, toutes œuvres remplies de souffle et remarquablement comprises pour les masses et l'exécution en plein air. En 1795, à la fondation du Conservatoire, Gossec en fut nommé inspecteur et collabora, avec Chérubini et Méhul, aux ouvrages d'enseignement de cet étabhssement. Il entra à l'Institut lors de sa formation, travailla sans relâche jusqu'en 1815, époque de la suppression du Conservatoire, et mourut à Passy le 16 février 1829.

GOTTSCHALK ( Louis - Moreau ) , pianiste - compositeur , né le 2 mai 1829 à la Nouvelle-Orléans, mort à Rio de Janeiro le 18 décem-

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