GOSSEC — GOUNOD
bre 1869, voyagea pendaat quelques années >n Europe, où il se fit applaudir, et parcourut ensuite avec succès l'Amérique. Ses compositions pour le piano : le Siège de Saragosse, la Bamboula, le Bananier, etc., eurent un moment de vogue.
GOUDIMEL (Claude), musicien célèbre du seizième siècle, ne en Franche-Comté vers 1510, composa d'abord des messes, motets, chants, pour les églises catholiques. Affilié plus tard aux réformés de France, il mit en musique les Psaumes de Marot et de Théodore de Bèze, qui illustrèrent son nom ; il fut massacré à Lyon avec les calvinistes le jour de la Saint-Barthélémy (24 août 1572). *^-
GOUNOD (Charles-François), compositeur français, né à Paris le 17 juin 1818, reçut de sa mère, excellente musicienne, les première notions de son art; fut admis au Conservatoire, où Lesueur, Paër et Halévy dirigèrent ses études; en sortit avec le grand prix de Rome en 1839, et partit pour l'ItaHe. D'un esprit mystique et porté vers les idées religieuses, M. Gounodse livra d'abord à l'étude de la musique sacrée. Il fit exécuter à Vienue (1843) une messe pour voix seule; de retour à Paris, il dirigea la musique de l'église des Missions étrangères, et alla même jusqu'à revêtir l'habit ecclésiastique. En 1851, à l'Opéra, Sappho vint annoncer avec éclat le retour du compositeur à la vie mondaine, et révéler tout d'un coup ses puissantes facultés dramatiques. Trois ans après, la ISonne sanglante fut représentée (1854). Ces deux ouvrages, malgré de réelles et vigoureuses beautés, n'eurent que quelques représentations. Dans un genre tout différent, le Médecin malgré lui fit, en 1858, une heureuse apparition au théâtre Lyrique et y fut bientôt suivi de Faust, le plus grand succès musical du siècle (19 mars 1859). C'est de ce drame lyrique, en effet, que date l'immense célébrité de M. Gounod. Faust a été traduit dans toutes les langues, a été acclamé sur toutes les scènes des deux mondes. Un pareil succès est sans précédent dans le domaine de la musique. Faust fait aujourd'hui partie du répertoire de l'Opéra. Après Faust vinrent successivement Philémon et Baucis, œuvre charmante (théâtre Lyrique, 1860); la Reine de Sàba (Opéra, 1862); Mireille (théâtre Lyrique, 1864);, la Colombe, petite œuvre un peu mièvre (Opéra-Comique, 1866); Roméo et Juliette (théâtre Lyrique, 1867). Pendant la guerre, M. Gounod se rendit à Londres, où il composa Polyeucte, opéra qui, après de longues vicissitudes, finit par être représenté à l'Académie de musique en 1879. Entre temps, il avait donné à l'Opéra-Comique Cinq-
Mars (1877) et préparait le Tribut de Zamora, qui fut exécuté à l'Opéra en 1881. Malgré le succès de ces derniers ouvrages, on ne peut s'empêcher de reconnaître que depuis Roméo et Juliette le public a fait moins bon accueil au grand compositeur. Dans les autres genres, M. Gounod a publié plusieurs recueils de mélodies^ dont quelques-unes {lu Sérénade, le Soir, etc.) sont devenues célèbres, et un nombre considérable d'œuvres religieuses, des duos, trios, quatuor, cantates, parmi lesquelles il faut citer G allia ; des chœurs, des symphonies, etc., etc. — M. Gounod a succédé, en 1866, à Clapisson comme membre de l'Institut.
GOUVY (Théodore), compositeur distingué, né le 2 juillet 1819, à GofTontaine, près Saarbrûck, de parents français, a fait à Paris, à Berlin et en Italie son éducation musicale. Son œuvre, considérable, quoique peu connu, est presque tout instrumental. D'une facture estimable, sans grande originalité, M. Gouvy se recommande par une allure classique, d'un agréable sentiment. On a exécuté plusieurs de ses symphonies aux concerts populaires.
GRAND VAL (Marie-Félicie-Clémexce de REISET, comtesse de), née à la Tour-du-Bois (Sarthe) le 21 janvier 1830, compositeur, commença ses études avec M. de Flotow, et les continua avec M. C. Saint- Saëns. Elle a donné sur diverses scènes et sous des pseudonymes quelques petits opéras-comiques : le Sou de Lise, les Fiancés de Rosa, la Pénitente, etc. Un poème lyrique, la Forêt; unStahat, des Esquisses symphoniques, et plusieurs autres pages orchestrales, dénotent chez M™^ de Grandval des qualités de premier ordre.
GRAS(JuLiE-AiMÉE-JosÈPHE DORUS, femme), cantatrice distinguée, née à A'alenciennes le 7 septembre 1804, se fit entendre avec succès dans les concerts dès Tàge de quatorze ans, ce qui lui valut d'être envoyée au Conservatoire de Paris aux frais de sa ville natale. En 1825, en tournée de concert, elle fut engagée à Bruxelles comme première chanteuse et y fut bien accueillie. En 1830, appelée à Paris, elle débuta à l'Opéra dans le Comte Ory et succéda bientôt aux emplois de M™^ Damoreau (1835). Elle créa alors Thérésina du Philtre, Alice àQRohert le Diable, etc. Mais à l'arrivée de M™"^ Stolz, M°»« Dorus- Gras fut l'objet de telles tracasseries, qu'elle dut quitter l'Opéra pour n'y plus rentrer. M"^ Dorus-Gras s'est fait entendre dans les principales villes de France, de Belgique et d'Angleterre. M. Gras, qu'elle épousa en 1833, était premier violon à l'Opéra.