GOUVY — GRÉGOIRE LE GRAND
GRASSARI (M"" GÉRARD, dite), née à Tongres (Belgique), vers 1793, chanteuse de talent, occupa à l'Opéra une situation brillante de 1816 à 1828. Ses principales créations, dans les Dieux rivaux, Stratonice, Aladin, etc., furent très remarquées. Elle a disparu depuis.
GRASSINI (Joséphine), célèbre cantatrice italienne, née à Varèse (Lombardie) en 1773, morte à Milan en 1850, débuta à Milan en 1794, dans VArtaserse de Zingarelli, et parcourut avec un succès croissant toute l'Italie, jusqu'au jour où le premier consul, charmé par son talent, l'emmena à Paris. Elle parut dans la grande fête nationale donnée au Champ de Mars le 22 juillet 1800, et partit pour Berlin après avoir chanté deux fois à l'Opéra. Rappelée en 1804 par l'empereur, elle fut attachée aux théâtres de la cour, où elle brilla jusqu'en 1815.
GRAUN (Charles-Henri), maître de chapelle de Frédéric II, roi de Prusse, et compositeur, né en 1701 à Wahrenbrûck, se distingua comme ténor à l'Opéra de Brunswick, et y donna en 1726 Polydore, son premier opéra. Passé au service de Frédéric II, il fut spécialement chargé par ce prince de former, pour sa cour, une troupe d'opéra, et de composer le fonds des ouvrages qui devaient y être représentés. Ses opéras, au nombre de trente-trois, furent très appréciés, particulièrement par le roi. Parmi ses meilleures partitions, on cite la Musique funèbre pour les funérailles de Frederick-Guillaume et la Mort de Jésus. Graun mourut à BerUn en 1759.
Son frère, Jean-Gottlieb Graun, né aussi à Wahrenbrûck en 1698, et mort en 1771, fut chef d'orchestre du roi de Prusse. Son œuvre, particulièrenient instrumental, est peu connu.
GRAZIANI (Frangesco), chanteur itahen, né à Fermo (Etats- Romains) le 26 avril 1829, posséda une des plus belles voix de baryton de son temps. De 1854 à 1861, cet artiste demeura attaché à notre théâtre Italien l'hiver et à celui de Londres l'été. Rigoletto fut un de ses plus grands triomphes.
GRAZIANI (LoDOvico), frère du précédent, ténor distingué, né en ■1823, aussi à Fermo, s'est fait spécialement remarquer comme interprète brillant des œuvres de Verdi, dans les différentes villes où il s'est fait entendre.
GRÉGOIRE I", dit le Grand, pape du sixième siècle, compléta les réformes du chant liturgique commencées par son prédécesseur Ain-
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broise; établit Icplain-chant sur ses bases définitives ; enfin, rassembla sous le titre dWntiphonnrhis cento, demeuré encore aujourd'hui le type le plus pur de ce qu'on appelle le chant grégorien, ses propres chants, ceux d'Ambroise, de Paulin, etc.
" GRÉTRV (Axdré-Er.xest-Modeste), né à Liège le 8 février 174!, fut destiné dès l'enfance à la carrière musicale, par son père, pauvre musicien à la collégiale de Saint-Denis. D'abord rétif aux enseignements de l'art, le jeune Grétry ne montrait aucune disposition, lorsqu'une troupe italienne de passage vint réveiller ses facultés encore endormies, en lui révélant les beautés des opéras de Pergolèse. Le changement fut si rapide, que dès lors, négligeant les études sérieuses, il ne songea plus qu'à se livrer à la composition. De là une gêne, une ignorance dans fart décrire, dont Grétry, malgré toute sa verve créatrice, devait se ressentir toute sa vie. Cependant une Messe qu'il fit exécuter décida les chanoines à l'envoyer à Rome en 1759. C'est dans cette ville qu'il s'essaya pour la première fois au théâtre, avec un intermède : le Vendcmiatrice, qui eut quelque succès. La lecture de Rose et Colas de Monsigny acheva de lui montrer la voie dans laquelle il devait marcher : celle de l'opéra-comique français. 11 partit alors pour Genève (1767) afin d'essayer d'obtenir un livret de Voltaire, et, ne pouvant l'obtenir, il se rendit à Paris. Là, après avoir vainement tenté de faire représenter les Mariages Samnites, il fut plus heureux avec le Hiiron de Marmontel (1768), et à partir de ce moment ce fut, pour le jeune compositeur, une série continue de succès. Le Tableau parlant, les Deux Avares, Zémir et Azor, la Fausse Magie, V Amant jaloux, le Jugement de Midas, l'Epreuve villageoise, Richard Cœur de lion, etc., etc., en tout vingt et un ouvrages, se succédèrent dans une période de seize années, rendant Grétry à jamais célèbre. A cette époque pourtant, sa renommée eut à soutenir un violent assaut. La musique de Méhul et de Chérubini, mieux écrite, d'une harmonie plus corsée, d'allure plus énergique, fit paraître pâles les naïfs accents de Grétry. Celui-ci voulut en vain s'élever à ces hauteurs, avec Pierre le Grand, Lisheth, Guillaume Tell, etc., mais la faiblesse de son éducation première l'empêchant d'y parvenir, Grétry fut presque abandonné, pendant les années de la Révolution. Ce fut Elleviou qui, en 1801, lui rendit sa vogue première, vogue qui dure encore de nos jours. Outre ses opéras, dont le nombre s'élève à soixante environ, Grétry a écrit encore quelques morceaux symphoniques, et plusieurs ouvrages d'église. Son Essai