GRÉTRY — GUADAGNI
sw' la musique, où se révèle toute la naïve vanité du maître, est un ouvrage des plus curieux. Comblé d'honneurs durant sa vie, Grétry, qui avait acquis l'Ermitage de J.-J. Rousseau à Montmorency, y mourut le 24 septembre 1813. Ses funérailles furent magnifiques.
GRISAR (Albert), compositeur, né à Anvers le 20 décembre 1808, mort à Asnières' le io juin 1869, embrassa la carrière musicale, malgré le vœu de sa famille, qui le destinait au commerce. Après avoir reçu quelques conseils de Reicha, il travailla sans relâche, et s'essaya d'abord dans quelques petites productions mélodiques et dramatiques sans grande importance. Une romance : la Folle, commença à le faire remarquer, mais ce ne fut qu'après les succès obtenus par rEaii merveilleuse, Gilles ravisseur, les Porcherons, que sa réputation fut à jamais consacrée. Il donna ensuite Bonsoir, monsieur Pantalon, le Chien du jardinier, la Chatte merveilleuse, etc., avec non moins de succès, et laissa un certain nombre d'ouvrages en portefeuille.
GRISART (Charles), riche amateur, a fait représenter sur plusieurs petites scènes quelques opérettes : Mcmnon ou la Sagesse humaine, la Quenouille de verre, les Trois Margot, etc. Il est né vers 1840, et est élève de M. Léo Delibes.
GRISI (Giulia), cantatrice italienne, née à Milan le 28 juillet 1811, morte à Berlin le 25 novembre 1869, obtint ses premiers succès sur les scènes d'Ilalic. Elle vint à Paris en 1832, s'y fit entendre d'abord dans Sémiramide et, continuant à perfectionner son talent, atteignit bientôt aux premiers rangs. Plusieurs opéras furent écrits pour elle, parmi lesquels I Puritani. M^^^ Grisi tint les premiers rôles pendant une quinzaine d'années à Paris et en Angleterre, et fit ensuite des tournées en Amérique et en Espagne. Elle avait épousé en 1836 le comte Gérard de Melcy ; le mariage rompu judiciairement, elle se remaria avec son camarade, le ténor Mario, marquis de Candia.
GRISI (Judith), sœur de la précédente, née à Milan en 1802, morte en 1840 près de Crémone, chanta avec succès sur diverses scènes italiennes. Belhni écrivit pour elle le rôle de Roméo dans I Capideti.
GUADAGNI (Gaétan), célèbre contralliste, né à Lodi vers 1725, mort à Padoue en 1797, chanta à Paris au Concert spirituel, et à Versailles en 1754. De retour en Italie, il excita l'admiration dans Telemaco, et à Vienne dans Orfeo, rôles écrits pour lui par Gluck. Il
se rendit ensuite en Allemagne, où il se fit également applaudir, -et amassa de grandes richesses.
GUARNERI, nom d'une famille de luthiers célèbres de Crémone au dix-septième siècle, dont le chef, Akdré, fut élève d'Amati. Le plus renommé de tous, Joseph-Antoine Gcarneri ou Gdarnerius, fabriqua, vers le milieu de sa carrière, d'excellents instruments pouvant rivaliser avec ceux de Stradivarius.
GUASCO (Carlo), ténor italien, né à Soléro (Piémont) le 13 mars 1813, mort dans cette ville le 13 décembre 1876, obtint en Italie, et surtout à Milan, de grands succès. C'est lui qui créa 1 Lombardi, Maria dl Rohan, Ernanl et Attila de Verdi, et quelques autres rôles.
GUERRERO (François), célèbre compositeur et maître de chapelle, né à Béja (Portugal) en 1528, mort à Séville en 1600. Son œuvTe, entièrement rchgieux, a été pubhé dans différentes villes d'Europe. Les exemplaires en sont très rares. Guerrero fit, à l'âge de soixante ans, un voyage à Jérusalem, qui excita l'admiration de ses contemporains.
GUEYMARD (Paulixe LAUTERS, épouse), cantatrice distinguée, naquit à Bruxelles le 1" décembre 1834, et étudia d'abord la peinture, puis la musique, et entra au Conservatoire de Bruxelles, d'où elle sortit avec un premier prix de chant. En iSoo, elle débuta à Paris, au théâtre LjTique, sous le nom de Deligxe-Lauters, et s'y fît applaudir dans le Billet de Marguerite et quelques autres ouvrages. En 1856, elle entra à l'Opéra, et s'y montra brillamment dans le Trouvère. Mariée en secondes noces avec M. Gueymard, elle parut sous ce nom dans les divers rôles du répertoire, et créa en outre la Reine de Saba, la Magicienne, Roland à Roncevaux, Bon Carlos, Hamlet, etc. Ses triomphes principaux furent dans les Huguenots et le Prophète.
GUEYMARD ( X. ), mari de la précédente, fort ténor qui, depuis 1848 jusqu'en 1868, tint les principaux rôles à l'Opéra, était né à Chapponay (Isère). Il est mort à Saint-Fargeau, près de Corbeil, au mois de juillet 1880.
GUGLIELMI (Pierre), célèbre compositeur itaUen, né en 1727 à Massa-Carrara, mort à Rome en 1804, fut l'émule de Cimarosa et de Paisiello. Moins connu en France que ces derniers, sa renommée égala pourtant la leur, et tous trois ils furent sans rivaux de leur
GUARNERI — GUILMANT. 189
temps. D'un tempérament ardent, Guglielmi rechercha toujours la lutte, sous quelque forme qu'elle se présentât, et c'est à cet amour du combat qu'il dut ses plus grands triomphes. Dans son œuvre, comprenant près de quatre-vingts opéras, des oratorios, des morceaux religieux et autres, I Due Gemelli, I Viiujgiatori^ la Serva innamorata (jouée à Paris), la Bidone, Dehora e Sisai^i, etc., sont les plus célèbres.
GUIDO, ou GUI d'AREZZO, moine de Pomposo, naquit à Arczzo vers la fin du dixième siècle. On lui attribua pendant longtemps un nombre considérable d'inventions ou d'innovations qui ne furent pas de son fait, entre autres Yinvention de la gamme. Gui a seulement inventé une méthode pratique pour l'enseignement de la musique, méthode qu'il apphqua dans son école et qui fut bientôt suivie partout. Cette méthode consistait à trouver les intonations à l'aide d'un monocorde sur la table duquel étaient marquées les lettres représentant les notes de la gamme. Un chevalet mobile placé sur les lettres allongeait ou raccourcissait la partie vibrante, et celle-ci, pincée, donnait l'intonation demandée. Gui joignait à ce procédé un moyen mnémonique consistant à apprendre par cœur un certain chant et à lui rapporter tous les autres. Celui qu'il avait choisi et qui est resté célèbre, car c'est de ce chant que nous viennent les noms modernes des six premières notes de la gamme, était YHymne de Samt Jean-Baptiste :
Ut queant Iaxis resonare fibris Mira, gestorum /«muli tuorum, Solve polliiti lah'n reatum, Sancte Joannes,
OÙ chaque syllabe soulignée correspond à un son différent, et donne la série : lit ré mi fa sol la, marchant par degrés conjoints. Les procédés de Gui sont expliqués en détail dans son Micrologue, dans son Antiphonaire et dans sa Lettre au moine Michel.
GUILMANT (FÉLIX- Alexaîxdre), né à Boulogne-sur-Mer le 12 mars 1837, l'un des meilleurs organistes de notre époque, est élève de son père et de M. Lcmmens. Maître de chapelle de Saint-Nicolas à Boulogne, en 1857, M. Guilmant se fit remarquer aux inaugurations des nouvelles grandes orgues de diverses églises et particulièrement à Paris, à Saint-Sulpice et à Notre-Dame. En 1871, à la mort du regretté Ghauvet, il fut appelé à lui succéder à la Trinité, et depuis
lors il n'a plus quitté Paris. Chaque année, M. Guilmant donne auTrocadéro des séances d'orgues très intéressantes, où il se fait remarquer par une connaissance profonde des styles anciens et modernes et par une habileté rare dans le maniement de son instrument.
GUIRAUD (Ernest), compositeur français, né à la Nouvelle -Orléans le 23 juin 1837, fit représenter en 1852 son premier opéra : le Roi DauJcZ, dans cette ville, et vint ensuite se f^er à Paris. Fils d'un grand prix de Rome en musique, M. Jean-Baptiste Guiraud, il remporta luimême le grand prix en 1859. A son retour de Rome, l'Opéra-Comique lui joua deux actes qui reçurent bon accueil : Sylvie (1864) et le Kohold (1870). En 1869, le théâtre Lyrique avait donné En prison; TAthénée donna en iS12 Madame Turlupin; l'Opéra, le ballet Gretna- Green (1873), et TOpéra-Comique enfm, Piccolino en 1876. Tous ces ouvrages obtinrent un succès mérité. Pendant ce temps M. Guiraud ne négligea pas la musique symphonique. Les concerts Pasdeloup et Colonne ont souvent exécuté ses remarquables suites d'orchestre, et compositions d'un style élevé et plein de couleur, qui font aujourd'hui partie du répertoire. Le dernier ouvrage de M. Guiraud : Galante Aventure, n'a remporté qu'un demi-succès en 1882 à l'Opéra-Comique.
GUNG'L (Joseph), compositeur de danses et de marches, dont les œuvres sont populaires en Allemagne, est né en 1810 à Zsambeck (Hongrie).
Sa fille, Virginie Gung'l, a débuté à Berlin, en 1872, dans la Flûte enchantée. ' -
HABENECK (Fraxçois-Axtoixe), né à Mézières le 1" juin 1781, mort le 8 février 1849, à Paris, fut le plus éminent chef d'orchestre de son temps. Premier prix de violon en 1804, il entra à l'Opéra, où bientôt il remplaça Kreutzer dans l'emploi de premier violon-solo. En 1806, la réputation d'Habeneck comme chef d'orchestre était faite. Aux concerts d'école du Conserva^toire, où l'usage voulait que les premiers prix de chaque année dirigeassent l'orchestre à tour de rôle, une exception fut faite en sa faveur à cause de son 'évidente supériorité, et il resta seul directeur jusqu'en 1815. C'est dans ces concerts et dans ceux de l'Opéra qu'il commença à révéler Beethoven à la France.