HAENDEL — HALÉ\T
collection unique a été offerte par M. Schœlcher à la Bibliothèque du Conservatoire de Paris.
HAINL (Georges-François), violoncelliste et chef d'orchestre, né à Issoire (Puy-de-Dôme) le 19 ^novembre] 1807, entra au Conservatoire en 1829, où il remporta le premier prix de violoncelle en 1830. Durant plusieurs années il voyagea en Belgique, en Hollande, en France, etc., en donnant des concerts, et accepta la place de premier chef d'orchestre au grand théâtre de Lyon en 1840. En 1863, il fut appelé à Paris, pour y tenir le même emploi à l'Opéra, et fut nommé peu de temps après chef d'orchestre de la Société des concerts. Il n'occupa ce dernier poste que trois ans. Excellent batteur de mesure, mais musicien médiocre, Georges Hainl ne put s'élever à la hauteur des importantes et multiples fonctions qu'il avait à remplir; à l'Opéra on fut obligé de lui adjoindre un directeur de la musique. Il est mort à Paris le 2 juin 1873, laissant quelques productions assez inconnues pour le violoncelle, et une petite brochure : De la musique à Lyon de iliS jusqu'en 1852.
HALÉVY (Jacques-François-Fromental-Élie), compositeur dramatique français, est né à Paris le 27 mai 1799. Admis au Conservatoire en 1809, il eut successivement pour maîtres Cazot, Lambert, Berton et Ghérubini, et obtint le premier grand prix de Rome en 1819. De son séjour en Italie Halévy rapporta, en 1822, la partition d'un opéra et de grands ouvrages de musique classique. Ses efforts eurent alors pour but de se produire au théâtre. Après de vaines tentatives pour faire représenter les Bohémiens, Pijgmalion et les Deux Pavillons à l'Opéra et à l'Opéra-Gomique, il réussit enfin à faire jouer l'Artisan au théâtre Fcydeau, un acte qui n'obtint qu'un médiocre succès (1827). Le Roi et. le Batelier, pièce de circonstance pour la fête de Charles X, lui succéda en 1828. En 1829, le théâtre Itahen donna Clari, trois actes qui annonçaient les qualités que devait montrer plus tard l'éminent compositeur. La même année, l'Opéra-Comique donna le Dilettante d'Avignon; l'année suivante, Manon Lescaut, grand ballet, fut donné à l'Opéra. En i83i, la Langue mimca/e, à l'Opéra-Comique, n'obtint qu'un succès d'estime; en revanche, en 1832, la Tentation, balletopéra, fut fortement applaudi. Hérold en mourant avait laissé un opéra à peine commencé, intitulé Ludovic. Halévy fut chargé de le terminer par la direction de l'Opéra-Comique (1834). Il est resté au répertoire. Enfin, en 1835, parut à l'Opéra l'ouvrage qui devait porter le plus
haut la renommée du jeune compositeur : la Juive. Six mois après, l'Opéra-Comique remportait un nouveau succès avec l'Éclair^ dans un genre tout différent. La célébrité d'Halévy était désormais assise. Seize opéras se succédèrent alors presque sans interruption sur nos trois grandes scènes lyriques. Parmi les plus remarquables se trouvent Guido c Glnevra (Opéra, 1838), la Reine de Chypre (Opéra, 1841), Charles VI (Opéra, 1843), les Mousquetaires de la reine (Opéra-Comique, 1816), le Val d'Andorre (Opéra- Comique , 1848), la Fée aux Roses (Opéra-Comique, 1849), Jaguarita (théâtre Lyrique, 18oo), la Magicienne (Opéra, 1857), etc., etc.
Halévy se distingua dans l'enseignement de la musique. Dès 1816, il fut nommé professeur de solfège au Conservatoire; en 1827, professeur d'harmonie et d'accompagnement; enfin, en 1833, il succédait à Fétis, comme professeur de composition pour le contrepoint et la fugue. Au nombre des élèves qu'il a formés, on cite : MM. Gounod, Victor Massé, Deldevez, Bazin, E. Gautier, etc. Son traité : Leçons de lecture musicale^ destiné à l'enseignement élémentaire et adopté dans les écoles primaires de l'État, lui fait le plus grand honneur. Halévy s'est aussi fait un nom comme littérateur. Nommé membre de l'Institut après la mort de Reicha en 1836, il devint, en 1854, secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts. Les éloges qu'il eut à prononcer se recommandent par Félégance du style, ainsi que par la netteté du sens critique. Ses écrits ont été rassemblés sous le titre de Souvenirs et Portraits. Halévy est mort à Nice le 17 mars 1862.
HALLSTRCEM (Ivar), compositeur suédois, très populaire dans son pays. En fait d'ouvrages importants, on connaît de lui quatre opéras : Hertigmagnus, la Fiancée du gnome, la Montagnarde enlevée et les Wikings. Les trois derniers surtout ont eu du succès à l'Opéra de Scholtikof.
HARTMANN (Jean), compositeur allemand, né à Hambourg dans la première moitié du dix-huitième siècle, mort à Copenhague en 1791, composa plusieurs opéras, sur des paroles danoises. Il est l'auteur de l'air national et populaire danois : le Roi Christian est au haut du grand mât, que Meyerbeer a si bien traité dans un des entr'actes de Struensée.
HARTMANN (Jean-Pierre-Emile), petit-fils du précédent, né à Copenhague le 14 mai 1805, devint fonctionnaire public, tout en
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poursuivant ses études musicales. On connaît de lui cinq opéras joués avec succès : le Corbeau ou l'Epreuve du frère, les Cors d'or, les Corsaires, Linden Kirsten, la Fille du roi des aulnes; des symphonies^ des chansons originales devenues populaires, des concertos, etc.
HARTOG (Edouard de), compositeur et professeur, né à Amsterdam en 1826, a donné à Paris, au théâtre Lyrique, le Mariage de Bon Lope (1865); aux Fantaisies-Parisiennes, TAmoifr mouillé, qui fut bientôt retiré et porté à Bruxelles au théâtre du même nom, sous le titre de l'Amour et son Hôte. M. de Hartog a publié diverses œuvres instrumentales et vocales qui, dit-on, sont remarquables.
HASSE (Jean-Adolphe-Pierre), compositeur célèbre, surnommé il Sassone par les Itahens, né à Bergdorf, près Hambourg, le 25 mars 1699, mort à Venise le 28 décembre 1783. Hasse, avant de se livrer à la composition, commença par être chanteur. Engagé pour la première fois à Dresde comme ténor, en 1718, il passa de là à Brunswick, en 1722, où il brilla par sa belle voix et par son talent sur le clavecin. Il y fit aussi son premier opéra : Antigone, qui eut quelques succès, quoiqu'on y reconnût facilement une complète ignorance de l'art d'écrire. Hasse partit pour Naples, où il reçut des conseils de Porpora, puis de Scarlatti. Une sérénade pour un riche banquier, qui lui fut commandée (1725), et qu'il eut le bonheur de réussir, le mit en lumière. On lui demanda alors un opéra : il fit Sésostrate, qui obtint un chaleureux accueil (1726). Sa réputation fut faite. Les Italiens ne l'appelèrent plus que il caro Sassone. Hasse marcha dès lors de succès en succès. Toujours chantant, toujours composant, il parcourut l'Italie et l'Allemagne, fut même appelé en Angleterre par les adversaires de Haendel, mais n'y fit qu'un court séjour. Hasse, malgré la faiblesse de ses connaissances musicales, sut plaire partout où il passa : aux Italiens, par une harmonie plus nourrie que la leur; aux Allemands, par une facilité mélodique qu'il devait à l'Italie. Peu de compositeurs furent aussi féconds ; peu obtinrent une réputation plus grande ; mais peu aussi furent plus vite oubliés. Hasse fut nommé à Venise directeur du Conservatoire des Incurables en 1727. En 1731, il s'établit à Dresde, comme maître de chapelle du roi de Pologne. Il perdit sa voix en 1755, et quitta la Saxe, après la guerre de Sept ans, pour aller s'éteindre à Venise. Il avait épousé, en 1730, Faustina Bordoni, célèbre cantatrice, pour laquelle il écrivit toujours un rôle dans chacun de ses opéras. Son œuvre est colossal. 11 com-
prend une centaine d'opéras, une quantité immense de musique religieuse, de cantates, de sérénades, de pièces pour le clavecin et les autres instruments. Parmi ses meilleurs opéras on remarque Artaserse, Allessandro nelle Indie, Fintermède Pyrame et Tisbe, etc.
HAYDN (François-Joseph), compositeur illustre, surnommé avec raison le Père de la symphonie, car ce fut lui qui lui donna la pureté de forme qu'elle a toujours conservée depuis, naquit à Rohrau (frontières d'Autriche et de Hongrie), le 31 mars 1732, et mourut à Vienne (Autriche) le 31 mai 1809. Son père, à la fois charron, juge du pays, sacristain et organiste, jouait en outre de la harpe, avait une fort belle voix de ténor, et aimait beaucoup la musique; sa mère, ancienne cuisinière, chantait aussi, et le dimanche la famille se récréait dans de petits concerts intimes. Dès l'âge de cinq ans, le petit Joseph, ne pouvant faire encore sa partie, se contentait de battre la mesure avec un bout de bois; et il s'acquittait de ce soin avec un entrain et une perfection tels, qu'un parent nommé Franck, maître d'école de Haimbourg et bon musicien, en fut frappé, et proposa de se charger de l'éducation de l'enfant. Les commencements furent rudes; Haydn raconte luimême qu'il reçut alors plus de taloches que de bons morceaux. Mais ses progrès furent si rapides, que, trois ans après son arrivée à Haimbourg, il charmait Reuter, maître de chapelle de la cathédrale de Vienne, à tel point que celui-ci l'emmenait avec lui et le faisait entrer au, chœur de son église ( Saint-Étienne). Haydn ne négligea rien pour s'instruire pendant les loisirs étendus que lui laissa son service, mais les moyens manquaient. A treize ans il fît pourtant sa première messe et la montra à Reuter. Celui-ci, se moquant, lui dit d'apprendre' à écrire avant de composer. Haydn se le tint pour dit. H résolut dès lors d'apprendre seul ce qu'il ne pouvait se faire enseigner, faute d'argent. H se procura à grand'peine le (xradus ad Parnassim de Fux et le Parfait Maître de chapelle de Mattheson, et ces deux ouvrages furent ses seuls guides jusqu'à sa seizième année. L'âge était venu pour Haydn d'abandonner la maîtrise, mais, on ne sait trop pourquoi, Reuter le mit brutalement à la porte, prenant pour prétexte une espièglerie. Sans argent, sans asile, presque sans vêtements, Haydn pourtant eut la bonne fortune de rencontrer un pauvre perruquier nommé Keller, admirateur de sa belle voix, qui lui offrit asile dans son galetas. Haydn continua ses travaux, et peu à peu sa situation tendit à s'améliorer. H trouva quelques leçons, joua du violon dans les églises. Métastase, qui habitait la même maison, le mit en relation avec Por-