‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 45 sur 97 · HAYDN · texte numérisé non relu

HAYDN

pora, dont il se fit le laquais volontaire pour en obtenir quelques conseils. Après bien des \icissitudes encore, le nom du jeune compositeur finit par être connu, sans qu'il le sût lui-même. De hauts personnages s'intéressèrent à lui : il réussit à faire représenter un opéracomique, le Biable boiteux, qui fut bien accueilli; enfin, composant toujours sans relâche, il parvint à occuper l'emploi de second maître de chapelle du comte de Murtzin. Ce fut chez ce seigneur, en 1759, que Haydn écrivit sa première symphonie. Le vieux comte Esterhazy, mélomane passionné, assistait à l'exécution. Il en fut si charmé, qu'il prit le jeune maître à son service. C'en fut fait alors des mauvais jours pour Haydn. Second maître de chapelle jusqu'à la mort de Werner le titulaire, premier ensuite, sa vie s'écoula dans le travail et le calme. H ne quitta la maison Esterhazy qu'à l'âge de soixantedeux ans, se retira dans un faubourg de" Vienne : Gumpendorf, et là termina paisiblement ses jours. Haydn se maria par reconnaissance. Dès que sa vie fut assurée, il épousa Anne Keller, la fille de celui qui l'avait secouru dans sa détresse. Cette union ne fut pas heureuse; Haydn dut se séparer de sa femme. Eu 1791, Haydn, qui avait toujours refusé de s'éloigner d'Eisenstadt, accepta d'avantageuses conditions qui lui étaient off'ertes à Londres. H y resta une année, qui fut pour lui une série de triomphes. En 1793 il dut y revenir, et ses succès furent encore plus considérables. On le combla, d'honneurs, de présents et d'argent. A chacun de ses voyages il écrivit six de ses douze grandes symphonies. En 1798, il termina son principal oratorio : la Création, et en 1801 il eut achevé les Saisons. A part quelques quatuor, ce furent les derniers ouvrages de ce grand musicien. Les Sept Paroles du Christ, qui sont aussi célèbres que les précédents, sont antérieures ; elles furent composés pour un chanoine de Cadix en 1783. La vie uniforme, méthodique, de Haydn lui permit d'être extraordinairement fécond, tout en restant soigneux et respectueux à l'extrême de la forme musicale. Rien d'aventuré chez lui, pas un défaut de proportions. Chaque chose y est à sa place et a sa valeur. Son style, simple, élégant, rempli de bonhomie, ne vise pas à l'originalité, il coule doucement comme une source limpide. Aussi, si Haydn n'est pas l'inventeur de la symphonie, en est-il bien le digne père; car c'est à ses soins qu'elle doit ces proportions harmonieuses, cette élégance de forme, qui la recommandent encore de" nos jours à tous les vrais musiciens. Un génie aussi pondéré devait se montrer. rebelle aux exagérations pathétiques de la scène, comme aux conceptions sévères et mystiques. Haydn, en effet, ne se montre supérieur, ni dans ses

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opéras, ni dans sa musique religieuse. Le sentiment dramatique" et Textase lui font défaut. Quoique ses ouvrages, en ces deux genres, contiennent de grandes beautés, une douceur caractéristique, un certain sentiment misonnaUe, percent quand même, et en paralysent l'essor. L'œuvre de Haydn est immense. H ne comprend pas moins de cent vingt-cinq symphonies, cent soixante-trois morceaux pour le baryton (instrument à cordes), vingt-quatre opéras, quatre oratorios, quatre-vingt-trois quatuor et un nombre considérable de pièces pour la voix, le clavecin et les instruments; soit en tout emivon huit cents compositions' de tout ordre et de toute grandeur !

HAYDN (Jean-Michel), frère du précédent, compositeur religieux, né le 14 septembre 1737, à Rohrau, mort à Salzbourg le 10 août 1806. A l'exemple de Joseph, et sans plus de ressources, Michel Haydn se forma seul. Sa voix d'enfant, remarquablement belle, ne comprenait pas moins de trois octaves. Après s'être fait connaître comme chanteur, Thabileté qu'il avait acquise par le travail sur l'orgue, et dans l'art d'écrire, le fit nommer, en 1763, maître de chapelle de Groswardein (Hongrie). En 1768, il remplit la même fonction auprès de l'évèque de Salzbourg; puis, en 1801, chez le prince Esterhazy. Son œuvre, presque exclusivement religieux, est considérable, d'une bonne facture, mais sans grande originalité. Michel Haydn ne laissa publier aucun de ses ouvrages durant sa vie.

HELLER (Stéphen), pianiste et l'un des meilleurs compositeurs contemporains pour le piano, est né à Pesth (Hongrie) le 15 mai 1814. Il reçut des conseils de Brauer, de Cibulka, de C. Czerny et commença, à treize ans, à parcourir l'Allemagne en donnant des concerts. A Augsbourg, où il se fixa d'abord, Chelard le perfectionna dans la composition et bientôt il fut patronné par R. Schuraann. Stéphen Relier se rendit ensuite à Paris, et continua à composer. Ses œuvres, généralement difficiles, marquées au coin de la fantaisie et de la passion, ont toutes un caractère personnel, qui leur assure une place distinguée dans l'histoire de l'art. Ses arabesques, valses, tarentelles, son cajyrice symphonique , son scherzo fantastique, les Promenades d'un solitaire, les 2suits blanches, etc., etc., sont de premier ordre.

HENRION (Paul), compositeur de romances, né à Paris le 20 juillet 1819, fut très populaire vers 1840. Ses romances les plus connues sont : la Manola, Moine et Bandit, les Vingt Sous de Périnette, les Mules du Basque, etc.

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HERMANN-LÉON (Léonard HERMANN, dit), chanteur et comédien distingué, né le 23 juillet 1814, mort à Paris le 3 novembre 1858, débuta en 1836 au théâtre de Versailles, chanta sur plusieurs scènes de province et fut engagé à l'Opéra-Comique en 1844, où il débuta brillamment dans les Quatre Fils Aymon de Balte. Les principaux rôles qu'il créa avec succès par la suite se trouvent dans les Mousquetaires de la reine, Ne touchez pas à la reine, Haydée, les Torcherons, le Caïd, Gihhy la Cornemuse, Gilles ravisseur et Falstaff.

HÉROLD (Louis-Joseph-Ferdinand), célèbre compositeur dramatique, fils de François-Joseph Hérold, musicien distingué, est né à Paris le 28 janvier 1791 ; il y mourut le 18 janvier 1833. Hérold entra au Conservatoire en 1806, dans la classe de piano d'Adam, et en obtint le premier prix en 1810. Catel lui enseigna l'harmonie; Méhul, en 1811, la composition, et en 1812 il remporta le premier grand prix de Rome. Le voyage d'Italie profita beaucoup à Hérold et lui donna la fièvre de produire. Avant son retour en France, fin 1815, il parvint à faire jouer à Naples, son premier opéra : la Gioventu di Enrico quinto, qui obtint quelques succès. A Paris, Boïeldieu, qui s'intéressait à lui, l'associa à la composition d'un'opéra decirconstance : Charles de France^ et cet ouvrage, bien accueilli, valut à Hérold le livret des Rosières, œuvre qui fut représentée à l'Opéra-Comique vers la fin de i816, quelques mois après le premier. Le succès fut considérable, et suivi de près par celui de la Clochette. Cependant Hérold espérait toujours qu'un bon poème lui permettrait de mettre enfin en lumière ses facultés brillantes. Ne voyant rien venir, il fit, en attendant, le Premier Venu (1818), refit les Troqueurs, précédemment mis en musique par Dauvergne (1819); l'Amour platonique, retiré par les auteurs.avant la représentation ; l'Auteur mort et vivant, mais ces ouvrages, froids ou sans intérêt, étaient peu faits pour favoriser une renommée naissante. Hérold se découragea. Il se fit pianiste accompagnateur au théâtre italien, et garda le silence pendant trois ans. En 1823, le succès du Muletier, à l'Opéra-Comique, lui rendit sa première ardeur. H composa successivement Lasthénie (Opéra, 1823), Vendôme en Espagne, avec Auber, le Roi René et le Lapin blanc (1824). Ces ouvrages, il faut le reconnaître, ne sont pas des meilleurs; le compositeur y a trop sacrifié au goût du jour. En 1826, enfin, avec Marie, à l'Opéra- Comique, Hérold retrouva son génie propre. Le succès fut éclatant. Malheureusement les occupations d'Hérold à ce moment ne lui permirent pas de profiter de cet instant favorable. Depuis deux ans, il

était devenu chef des chœurs aux Italiens; en 1827, chef de chant à rOpéra; il dut se borner à la composition de quelques ballets : Astolphe et Joconde (1827), la Somnambule (1827), Lydie (1828), la Belle au bois dormant (1828), et fit aussi la musique d'un drame intitulé Missolonghi, qui fut joué à l'Odéon. En 1829, l'Illusion, opéra-comique ; en 1830, Emmeline, opéra, passèrent presque inaperçus, mais Héroldprit une éclatante revanche avec Zampa, le 3 mai 1831, et compta dès lors parmi les grands maîtres du théâtre. Peu de temps après, il collabora à la Marquise de Brinvilliers, opéra, avec d'autres musiciens ; improvisa en quelques jours la Médecine sans médecin, et donna enfin son dernier chef-d'œuvre : le Pré aux Clercs, le 15 décembre 1832, à l'Opéra- Comique. La maladie de poitrine qui le minait depuis longtemps l'emporta l'année suivante. On connaît encore d'Hérold un grand nombre de compositions pour le piano : sonates, caprices, rondeaux^ fantaisies, etc., qui sont fort appréciés.

HERVÉ (Floruiond RONGER, dit), compositeur et auteur dramatique, chanteur, comédien, organiste et chef d'orchestre, est né à Houdain (Pas-de-Calais) le 30 juin 1823. Il fit ses études musicales à la maîtrise de Saint-Roch, fut organiste de plusieurs églises, et abandonna le genre religieux pour le théâtre en 1848. Sa première pochade a pojir titre Bon Quichotte et Sancho Pcmça. Hervé est le créateur de Vopérette et de l'insanité musicale. Sous le titre de Folies concertantes (depuis Folies nouvelles), il ouvrit un petit théâtre au boulevard du Temple, et sut le rendre attrayant, grâce à une activité peu commune. De là, il passa sur les autres petites scènes, occupanttous les emplois qu'on voulut, bien lui confier. De tous ses ouvrages, plus que légers, mais où éclate à chaque pas une verve affolée, le Compositeur toqué, l'Œil crevé et le Petit Faust sont les plus réussis.

HERZ (Henri), pianiste, cnmpositeur et facteur de pianos, est né à Vienne (Autriche) ,1e 6 janvier 1803. Entré au Conservatoire de Paris en 1816, il y obtint peu de temps après le premier prix de piano. Le succès des œuvres de Herz, pour le piano, fut colossal jusqu'en 1830 environ; depuis, elles ont été de plus en plus abandonnées. Il parcourut successivement la France, la Hollande, l'Allemagne, l'Angleterre et l'Amérique, en donnant des concerts, et revint définitivement à Paris en 1851. Sa manufacture de pianos est aujourd'hui l'une des trois premières de France. Parmi ses œuvres, ses concertos et ses études sont encore estimés de nos jours.

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HIGNARD (Jean-Louis- Aristide), compositeur, né à Nantes en 1822, entra au Conservatoire en 1845, et remporta le second grand prix de Rome en ISoO. M. Hignard fit ses débuts à Nantes avec un opéracomique intitulé le Yisionnaire (1851). Depuis, il a fait jouer à Paris le Colin-maillard et les Compagnons de la marjolaine, V Auberge des Ardennes, au théâtre Lyrique ; aux Bouffes, M. de Chimpanzé, le Nouveau Pourceaugnac, etc.

HILLER (Ferdinand), compositeur et pianiste, né à Francfort-surle-Mein le 24 octobre 1811, vint à Paris en 1828, et y fit connaître quelques grandes œuvres symphoniques dans un concert donné au Conservatoire en 1830. Avec Liszt, Kalkbrenner et d'autres pianistes; dans des séances classiques avec Baillot, il eut un grand succès, comme virtuose. De retour en Allemagne, son bel oratorio : la Destruction de Jérusalem, obtint un grand succès et fut joué depuis dans toute l'Europe. Directeur des concerts du Gewand Haus à Leipsick (1842) ; de ceux de Dresde les deux années suivantes; directeur de musique à Dusseldorf, fondateur et directeur du Conservatoire de Cologne (1850), F. Hiller s'est fixé dans cette ville, qu'il n'a jamais quittée depuis que pour donner les concerts qu'il a dirigés luimême soit à Paris, en Allemagne et en Hollande. Son œuvre, qui comprend des opéras, des oratorios, cantates, symphonies, musique de chambre, de piano et de chant, est considérable et estimé. Hiller est un des rares musiciens allemands qui aiment et défendent l'art, les musiciens et le goût français.

HIMMEL (Frédéric-Henri), maître de chapelle du roi -de Prusse, né le 20 novembre 1765 àTreuenbrietzen (Brandebourg), estmort. à Berlin le 8 janvier 1814. Son oratorio Isacco, sur des paroles de Métastase, le mit en tel honneur près de Frédéric-Guillaume, que celui-ci le nomma compositeur de sa chambre, avec une pension pour se perfectionner en Italie pendant deux ans ; il reçut le litre de maître de chapelle avant son retour. Pendant son voyage il fit représenter en Italie il Primo Navigatore et Semiramide. Dans un autre voyage à Stockholm et à Pétersbourg, il donna dans cette dernière ville Alessandro, qui lui valut auprès de l'empereur un grand succès d'honneur et d'argent. Himmel est un des compositeurs qui ont le plus réussi dans le nord de l'Europe. Son œuvre comprend huit opéras, plusieurs cantates, de la musique instrumentale et vocale ; Isacco, Alessandro, un Te Deum et une cantate funèbre passent pour ses meilleurs ouvrages.

HOFFMANN (Ernest- Théodore -Wilhelm), compositeur, peintre, poète, romancier, caricaturiste célèbre, né à Kœnigsberg le 24 janvier 1776, est mort à Berlin le 24 juillet 1822. Il eut une vie très agitée et n'apprit sérieusement la musique que fort tard. Son œuvre musical, quoique varié, ne présente pas d'intérêt. Hoffmann se montra supérieur dans ses écrits sur la musique et sur les musiciens. Mais c'est surtout par ses fantaisies littéraires, par ses Contes, aujourd'hui fameux, qu'il mérite de prendre rang parmi les auteurs originaux de son temps.

HOFFMANN (Heinrich), compositeur allemand, né le 13 janvier 1842 à Berlin, a donné avec succès dans cette ville son opéracomique Cartouche. En 1873, une Suite hongroise pour orchestre le mit en faveur. S3iChanso7î du chcunpagne (chœur d'hommes et orchestre) et son Chant des Nomes (chœur de femmes et orchestre), sa symphonie de Fritiof, sa légende de la Belle Méliisine, sont dignes de remarque. Le style de ce compositeur tient à la fois de celui de Mendelssohn, de Brahms et de Wagner.

HOLMES (Augusta), pianiste distinguée etcompositeur de talent, née en Irlande vers 1850, s'est produite plusieurs fois comme compositeur dans les grands concerts de Paris. Ceux du Châtelet ont donné d'elle avec succès Héro et Léandre (1874) et un Andante pastoral (1877). Les concerts populaires ont exécuté ses Argonautes (1881). M^^^ Holmes a composé aussi deux opéras : Astarté et Lancelot du Lac, qui n'ont pas encore été joués.

HUCBALDE, moine de Saint- Amand, diocèse de Tournai ; né vers 840, mort vers 930. Il dirigea en France plusieurs écoles célèbres de musique, et écrivit un traité de cet art: MusicaEnchiriadis, très clair pour son temps, dans lequel, tout en suivant les principes des Grecs, il expose un système de notation nouveau dont il est probablement l'inventeur. Ce, traité est un document précieux pour l'histoire de la musique.

HUERTA Y CATURLA (Troité-FrAxAçois), célèbre guitariste né à Orihuela, près Cadix, le 8 juin 1803, prit part au soulèvement militaire de Ricgo en 1820 et, pour ce fait, fut forcé de se réfugier en France. Se trouvant sans ressources, il songea à tirer parti de son talent extraordinaire sur la guitare et réussit au-delà de toute espé-

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