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Nommé professeur au Conservatoire en 1795, il fut en outre, chef d'orchestre du théâtre MoHère. En 1814, la Restauration le fit gouverneur de la musique du roi; il garda cette place jusqu'en 1830. Jadin jouait bien de plusieurs instruments, et passa pour l'un des meilleurs accompagnateurs de son temps. Ses œuvres sont considérables, assez bien écrites, mais sans originalité. Ses opéras, représentés au théâtre des Jeunes Artistes, Montansier, de Monsieur, des Amis de la Patrie, Favart, Feydeau, à l'Académie royale de musique, sont au nombre de trente-neuf [Amélie de Montfort, les Talismans j le Héros de la Durance ou Agricol Viala, le Coin du feu, l'Apothéose du jeune Barra, l'Heureux Stratagème, etc., etc.). Parmi ses chants patriotiques on remarque : Ennemis des tyrans et Citoyens, /eyez-Dows, chœurs avec orchestre. On compte encore de Jadin un grand nombre d'ouvrages de musique de chambre et plusieurs morceaux militaires.
JADIN (Hyacinthe), frère du précédent, pianiste éminent et professeur au Conservatoire, n'a laissé que de la musique de chambre et de piano, qui fut très estimée. Il était né à Versailles en 1769 et mourut en 1802.
JAELL (Alfred), pianiste distingué et compositeur, est né le 5 mars 1832 à Trieste. En 1843, il commença à voyager en se faisant entendre dans des concerts, et parcourut ainsi toute l'Europe et l'Amérique. Son jeu est classique, élégant et doux. M. Jaëll a composé près de deux cents morceaux pour le piano, dont plusieurs méritent l'estime des connaisseurs.
JAELL (Marie TRAUTTMAN), épouse du précédent, est d'origine alsacienne. Premier prix de piano du Conservatoire en 1 862, M'^^ Marie Trauttman épousa M. Jaëll en 1864. Son talent, plus original que celui de son mari, contraste singuUèrement avec lui : il est plein de fougue, de puissance et d'éclatante fantaisie. W^^ Jaëll a composé un Concerto pour piano avec orchestre, des suites de valses, etc.
JANNEQUIN (Clément), musicien célèbre du seizième siècle, né vers la fin du quinzième, fut probablement maître de musique dans une égUse en France. Ses œuvres, dont on ne connaît que des fragments, annoncentun génie supérieur, une originalité rare. A l'exemple de Goudimel, on suppose que, catholique d'abord, il passa au protestantisme, car ses premiers ouvrages ne sont que messes et motets,
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tati lis que les suivants se composent de chansons françaises et de la musique des Psaumes de Marot. Parmi ces derniers chants, il faut citer : le Caquet des femmes, le Chant des oiseaux et la Bataille de Marignan, d'une admirable allure descriptive. Choron en donna en 1828 une audition qui produisit un effet saisissant. Durant ces dernières années, M. Bourgault-Ducoudray a donné à la salle Herz des auditions de la Bataille de Marignan avec non moins de succès.
JÉLIOTTE (Pierre), chanteur français, né aux environs de Tofte louse en 1711, mort à Paris en 1782. D'abord chantre à la cathédrale de Toulouse, où il figurait comme haute-contre (ténor aigu), Jéliotte dut à sa remarquable voix et à son talent d'être appelé à l'Opéra de Paris en 1733. Il s'en retira en 1755 avec une pension. Jéliotte, excellent musicien, abusait pourtant des fioritures dans son chant; mais il était dramatique et plein d'expression. Il savait jouer d'un grand nombre d'instruments et composa plusieurs ouvrages, parmi lesquels un ballet; Zélisler, qui eut du succès.
JENSEN (Adolphe), compositeur, né à Kœnigsberg le 12 janvier 1837, mort le 23 janvier 1879. Il reçut les conseils d'Ehlert et de Marpurg et voyagea en Russie et en Allemagne, où ses leçons furent très recherchées. M. Jensen a beaucoup produit. On cite de lui comme remarquables les Fèlerins d'Emmaùs, pour orchestre ; Erotikon, pour le piano, ainsi que la Fantaisie-Stùckej une grande sonate en fa dièse' mineuK, etc.
JOAGHI.M (Joseph), l'un des premiers violonistes de rAUemagne, est né à Kjtse (Hongrie) le 28 juin 1831. A douze ans, son talent, déjà considérable, étonnait les artistes de Leipsick , et la part qu'il prit aux concerts du Gewand-Haus durant les années suivantes lui valut des succès croissants. En 1830, après un court voyage à Paris, Joachim accepta la place de maître de concerts à Weimar, puis celle de directeur de la chapelle du roi de Hanovre en 1854. Depuis 1869 il est à Berlin, où il dirige l'Académie de musique. Chaque année cet artiste donne durant un mois des concerts à Londres, qui sont pour lui autant de triomphes. Son jeu se recommande parun sentiment élevé, un style irréprochable, une rare qualité de son, une dextérité prodigieuse, qui lui permet de se jouer des plus grandes difficultés de S. Bach, Corelli et autres; enfin, par une grande variété dans l'ex-
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pression. Joachim se livre aussi à la composition, et plusieurs de ses morceaux ont été très applaudis.
JOMELLT (Nicolas) ,compositeur célèbre, surnommé le Gluck de l'Italie, naquit à Aversa le 11 septembre 1714 et y mourut le 28 août 1774. Ses premières productions, quelques ballets, furent médiocres ; les cantates qui suivirent annoncèrent plus de valeur; son premier opéra : l'Errore amoroso, qui fut favorablement accueilli, le décida à suivre avec ardeur la carrière du théâtre. A partir de cette date, soit à Rome, soit à Bologne, à Naples, à Vienne ou à Venise, les succès de Jomelli s'accentuèrent chaque jour. A Venise, Eumene lui valut la place de directeur du Conservatoire des Filles pauvres. Artaserse, à Rome, le fit nommer second maître de chapelle de Saint-Pierre du Vatican (1749). En 1754, il alla à Stuttgard comme maître de chapelle de la Cour et modifia sa manière sous Tinfluence allemande Cette transformation, heureuse pour l'art, fut fatale au compositeur. De retour en Italie en 1772, les Italiens, qui l'avaient oubUé, trouvèrent sa musique trop tourmentée, et Armida, Demofoonte et Iflgenia^ malgré leurs grandes beautés, n'obtinrent aucun succès. Jomelli s'en attrista à tel point, que ce chagrin abrégea sa vie. En dehors de son originalité propre, Jomelli est aussi un novateur ; il varia la coupe uniforme de l'air italien , et donna au récitatif obligé une justesse d'expression inconnue avant lui.
Parmi ses plus belles œuvres on remarque Merope, Eumene, Achille in Sciro, Didone, Demofoonte, Armida, etc., et aussi son dernier Miserere et quelques autres compositions religieuses.
JONAS (Emile), compositeur bouffe, né à Paris le 5 mars 1827, entra au Conservatoire en 1841, obtint le premier prix d'harmonie en 1847 et le second grand prix de Rome en 1849. Dans son œuvre léger, les Petits Prodiges et le Canard à trois becs sont les plus connus. M. Jonas a été nommé professeur de solfège au Conservatoire en 1847.
JONCIÈRES (Félix-Ludger, dit Vigtorin), compositeur et critique musical, né à Paris le 12 avril 1839, ne fit qu'une courte apparition au Conservatoire, dans la classe de contrepoint et fugue de M. Leborne, et se mit à travailler seul. Son premier ouvrage important fut Sardanapale, opéra en trois actes, dans lequel M'^« Nilsson débuta au théâtre Lyrique (1867). L'ouvrage n'obtint pas de succès. Il en fut de même du Dernier Jour dePompéi, opéra en quatre actes, au môme
théâtre (1869). M. Joncières fut plus heureux lors de la réorganisation du théâtre Lyrique à la Gaîté. Un grand opéra en cinq actes, qu'il donna pour la réouverture: Blmitri, annonça des progrès sensibles et un commencement d'originalité qui fut très apprécié des artistes et de la critique. M. Joncières est depuis plusieurs années critique musical du journal la Liberté.
JOURXET (Françoise), chanteuse fameuse de l'Opéra, commença au théâtre de Lyon sa carrière dramatique. Elle y obtint de grands succès. Engagée à l'Opéra de Paris en 1705, elle s'y fit peu à peu apprécier et finit par conquérir la première place, situation qu'elle tint dignement quinze années durant. Elle avait débuté dans la Mort d'Alcide, fit des créations aussi nombreuses que remarquables, et quitta le théâtre en 1720. Ses triomphes furent les rôles d'Isis, de Thétis et d'Iphigénie.
JULIEN (Louis- Antoine), compositeur de danses, très populaire à Paris et à Londres, naquit à Sisteron (Basses-Alpes) le 23 avril 1812 et mourut fou, le 14 mars d860, à Paris. Petite flûte dès l'enfance, dans le régiment où servait son père, Juhen entra au Conservatoire en 1833: mais, au lieu de devoirs d'harmonie ou de contrepoint, il n'apportait jamais que contredanses, valses ou galops. A ce jeu, maîtres et élève devaient se lasser. Un beau jour, Julien ne revint plus. Il venait de monter pour la saison d'été des concerts de contredanses au Jardin Turc (1836). Tout Paris y courut. Malheureusement l'entreprise était onéreuse ; elle ne put se maintenir. Julien pensa que Londres serait plus productif: il s'y établit en 1838. Énergique, d'une activité prodigieuse, il produisit pour son orchestre des milliers d'œu\Tes mal faites, mais entraînantes. Ses concerts-promenades réussirent. Et pendant vingt ans il les dirigea, choisissant les meilleurs artistes (Vieuxtemps, Sivori, M™« Pleyel, etc., figurèrent dans ses concerts) et les conduisant avec lui dans toute l'Angleterre. Il les mena même jusqu'en Amérique et y trouva la fortune. Le démon d'être musicien sérieux perdit Julien. Il voulut faire représenter de lui un grand opéra en cinq actes. Il y parvint, mais à force d'argent. Cette folie lui coûta i6 000 livres sterhng. Ruiné, Julien recommença avec courage et réussit d'abord ; mais, la malechance s'acharnant sur lui, il succomba. Épuisé par tant de luttes, poursuivi par ses créanciers, sa raison s'altéra : il se frappa de deux coups de couteau et mourut peu de temps après.