JOURNET — KASTNER
KALKBRENXER (Chrétien), compositeur et écrivain sur la musique, né à Minder (Hanovre) le 22 septembre 1755, mort à Paris le 10 août 1806. Choriste à l'opéra de Cassel de 1772 à 1784, Kalkbrenner eut à lutter contre la mauvaise fortune. Il allait abandonner sa carrière lorsqu'il fut nommé maître de chapelle de la reine de Prusse en 1788. En 1790, il remplit le même emploi au service du prince Henri de Prusse à Rheinsberg, et là il écrivit plusieurs opéras français : la Veuve du Malabar, Démocrite, la Femme et le Secret, etc. Après un voyage en Italie, il revint en 1799 avec l'armée française à Paris, et obtint la place de chef du chant à l'Opéra. Il la garda jusqu'à sa mort. Dans son œuvre on remarque un Chant funèbre pour la mort du général Hoche (Opéra, 1797], la Descente des Français en Angleterre (Opéra, 1798) et un grand ouvrage : (Enone, opéra en cinq actes, qui allait être joué, lorsque la mort frappa son auteur.
KALKBRENNER (Frédéric-Guillaume), fils du précédent, compositeur, pianiste et professeur, naquit à Cassel en 1784 et mourut à Enghien en 1849. Il entra à Paris au Conservatoire en 1798, obtint le premier prix de piano et celui d'harmonie en 1801. Après quelques voyages pendant lesquels il se fit entendre avec succès, Kalkbienner se fixa en Angleterre, où il fut classé au premier rang comme virtuose et comme professeur. Il y resta dix ans. En 1824, il s'associa avec Camille Pleyel et fonda la manufacture de pianos, aujourd'hui si renommée. Chef d'une véritable école de piano, Kalkbrenner a fourni de nombreux élèves, parmi lesquels il faut citer M^^^ Pleyel. Le talent particuher de ce virtuose consistait dans l'emploi simple des doigts, sans aucun mouvement des bras, ce qui donnait à son jeu une égalité, une indépendance parfaites. Ses compositions sont nombreuses et estimées.
KASTNER (Jean-Georges), compositeur et écrivain sur la musique, théoricien et savant distingué, naquit à Strasbourg le 9 mars 1811 et mourut à Paris le 19 décembre 1867. La vie de cet homme du plus haut mérite se résume dans ses travaux. Georges Kastner s'attacha à tout ce qui touche de près ou de loin à l'art musical et écrivit sur chaque matière de remarquables traités. Il jouait de tous les instru-
ments et parlait un grand nombre de langues. Aussi, aux points de vue littéraire, philosophique, historique, théorique, critique, son œuvre est-il considérable. Sous le rapport de la production musicale, il ne l'est pas moins. Une pareille somme de travail accompli tient du prodige. Kastner a laissé neuf opéras, quinze grandes pièces symphoniques et un grand nombre de compositions vocales et instrumentales ; comme écrivain, vingt-trois traités ou ouvrages : Traité d'instrumentation, Grammaire musicale, Traité de composition, la Danse des morts, la Harpe d'Éole et la Musique comique, les Cris de Paris, les Sirè7ies, Parémiologie musicale, etc., etc., et une Encyclopédie de la musique, malheureusement inachevée.
KEISER (Reinhard), célèbre compositeur allemand, né en 1673, près de Weissenfels, mort à Copenhague le 12 septembre 1739, illustra le théâtre de Hambourg; et l'on s'accorde à reconnaître, chez ses compatriotes, qu'il fut le premier des musiciens de son temps. Haendel et Hasse lui durent en partie leurs mérites. Extraordinairement fécond, Keiser eut une facture à lui, une harmonie et une orchestration personnelles. Sur cent vingt opéras ou oratorios qu'il écrivit, on n'en connaît guère que soixante-seize, le reste ayant été détruit par l'incendie de la bibliothèque de Copenhague.
KIEL (Frédéric), compositeur allemand, né à Puderbach le 7 octobre 1821, membre de l'Académie de Berlin et professeur au Conservatoire de cette ville, est le continuateur du genre de Mendelssohn. Dans son œuvre considérable on cite un Christus, oratorio, et un Requiem, comme pouvant être comparés pour la beauté au Paulus de Mendelssohn. L'œuvre de M. Kiel est presque exclusivement religieux.
KOWALSKI (Henri), pianiste-compositeur, né à Paris en 1841, est auteur de Gilles de Bretagjie, rei^réseaié en 1877 sans succès ; d'une Marche hongroise, pastiche banal de la Marche de Racockzi, et de quelques autres morceaux pour le piano.
KRAUSS (MaRie-Gabrielle), cantatrice, née à Vienne (Autriche) le 23 mars 1842, débuta brillamment à l'Opéra impérial de cette ville en 1860, dans Guillaume Tell; puis parut ensuite dans le Prophète, Robert- le Diable, la Flûte enchantée, le Freyschutz, le Tannhauser, Don Juun, Lohengrin, les Huguenots, le Vaisseau fantôme, la Dame blanche, Cosi fan tutte, Lcdla-Roukh, Fidelio, Ernani, etc., c'est-à-dire