KEISER — KREUTZER
dans les plus grands rôles du répertoire contemporain, avec un succès toujours croissant. M. Bagier, l'ayant entendue à Vienne, l'engagea pour le théâtre italien de Paris, où elle débuta dans il Trovatore et Lucrezia Borgia. L'accueil fut chaleureux ; mais il fallait à la grande musicienne un cadre plus en rapport avec ses qualités de style, avec ses moyens exceptionnels d'expression dramatique, pour se révéler complètement. Paradis et Péi i et la Vie d'une rose, de Schumann, donnés en audition aux Italiens, lui fournirent l'occasion cherchée. A partir de ce moment, sa réputation fut à jamais consacrée. Aussi, après la guerre, lors de l'inauguration de la nouvelle salle de l'Opéra, M"« Krauss fit-elle partie de l'élite choisie pour prendre part à cette solennité (5 janvier 1875). Depuis lors elle n'a pas quitté l'Opéra, où ses créations dans Jeanne d'Arc, le Tribut de Zamor a, etc., Tont placée au premier rang des cantatrices de notre temps.
' KREBS (Mary), pianiste remarquable née à Dresde le 5 décembre 1851, d'une famille de musiciens, s'est fait entendre avec grand succès en Allemagne et à TCnion musicale de Londres.
KREUTZER (Rodolphe), violoniste et compositeur, né à Versailles le 16 novembre 1766, mort à Genève le 6 janvier 1831. Doué de dispositions peu communes pour la musique, il suppléa à l'instruction classique par un instinct d'une rare justesse, une verve aussi entraînante qu'intarissable. Protégé par Marie-Antoinette, il put faire entendre de bonne heure ses premières productions dramatiques à la cour, et acquérir ainsi l'expérience, sinon la science nécessaire. On cite de lui pour le théâtre; Jeanne d'Arc (1790), Paul et Virginie eiLodoîska (1791), à l'Opéra-Comique ; le Congrès des rois, avec plusieurs autres musiciens, et le Siège de Lille (1793), la Journée du 10 Août ou la Chute du dernier tyran (1795), On respire (après le 9 thermidor), etc. On voit par ce résumé que R. Kreutzer sut habilement se plier à tous les régimes. Professeur de violon au Conservatoire dès sa fondation, cet artiste devint chef d'orchestre de rOpéra en 1817.
KREUTZER (Léon-Charles-Fr/VNÇOIs), neveu du précédent, né à Paris le 23 septembre 1817, mort à Vichy le 6 octobre 1868, fut un compositeur sérieux de musique instrumentale et vocale et un écrivain remarquable sur les choses de son art. D'un naturel bizarre et sauvage, il ne fit pas d'efforts pour se produire, aussi son œuvre est-
il peu connu. Ses travaux critiques dans VTJnion, la ileiwe et Gazette musicale, etc., ont plutôt attiré l'attention.
KREUTZER (Go> radin), compositeur allemand, né le 22 novembre 1782 à Moesskirch (grand-duché de Bade), mort à Riga le 14 décembre 1849. Ses meilleurs ouvrages sont Libussa, Cordélia, la Montagnarde et le Dissipateur.
KUHLAU (Frédéric), compositeur, né à Uelzen le 11 septembre 1786, mort à Copenhague le 12 mars 1832, passa presque toute sa vie en Danemark, où il fut très goûté. Ses opéras : Rœverhergen, Elisa, Elverhoe, etc., où il sut habilement encadrer un grand nombre d'airs populaires danois, lui valurent le titre de grand compositeur danois, quoiqu'il fût Allemand. Cependant, malgré ses succès au théâtre, c'est surtout par ses œuvres pour la flûte que ce compositeur est particulièrement estimé.
KUHNAU (Jean), savant érudit du dix-septième siècle, fut aussi un muscien distingué. Il naquit à Geysing (Saxe) en 1667 et mourut à Leipsick en 1722. Élève d'Albricci pour la musique, il commença ses études à Dresde et les termina à Leipsick, où il se fixa. L'étendue de ses connaissances, aussi bien que la dignité de son caractère, le fit appeler à plusieurs postes importants, entre autres, à la direction de la musique de l'Université de cette ville (1700). Ses pièces de clavecin et particulièrement ses sonates {Clavier-Ubung, Clavier-Frùchten^ Sonatcn^ etc.) sont encore aujourd'hui tenues en haute estime, et plusieurs d'entre elles figurent dans les recueils consacrés aux maîtres du clavecin.
KULLAK (Théodore), pianiste virtuose, compositeur et professeur, né à Krotoczin (Posen) en 1818, mort en 1882, élève de Taubert, Dehn, Czerny et Sechter, se fit applaudir en Europe dans les concerts et vint se fixer à Berlin, où il fonda plusieurs écoles de musique, entre autres la nouvelle Académie de musique de cette ville (185o).
KUXZEN (Frédéric-Louis-Émile), fils et petit-fils de musiciens distingués, naquit à Lubeck en 1761 et mourut à Copenhague en 1819 . Directeur de la musique au théâtre de Francfort, puis à celui de Prague, il obtint la même fonction à Copenhague et y passa les vingt-deux dernières années de sa vie. Ses meilleurs ouvrages dramatiques sont Holger le Danois (Copenhague, 1790), les Vendangeurs (Prague, 1793), Drageduckken, etc. On remarque aussi de lui V Alléluia