‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 52 sur 97 · LAMBERT — LARUETTE · texte numérisé non relu

LAMBERT — LARUETTE

masses. Après avoir étudié en Allemagne et en Angleterre les moyens à mettre en pratique pour atteindre son but, M. Lamoureux revint à Paris fonder la Société d'harmonie sacrée et donna au Cirque d'été d'admirables auditions du Messie d'Haendel et de la Passion de S. Bach pendant l'hiver 1873-1874 ; il continua la saison suivante avec Judas Machabée, Gallia de M. Gounod et Eve de M. Massenet. Le succès fut prodigieux et fit le plus grand honneur à l'éminent chef d'orchestre, dont il révéla à la fois les qualités de musicien et d'organisateur. En 1875, M. Lamoureux fut chargé de diriger à Rouen les fêtes du centenaire de Boïeldieu. En 1876, il fut appelé par M. Carvalho à la direction de l'orchestre de l'Opéra-Comique, mais, un désaccord étant survenu, il donna sa démission. Nommé à l'Opéra, en 1877, en remplacement de M. Deldevez, M. Lamoureux s'en retira également quelque temps après. Au commencement de l'hiver 1881- 1882, il fonda la Société des nouveaux concerts.

LANDINO (François), surnommé Francesco Cieco, parce qu'il était devenu aveugle dès l'enfance, et aussi Francesco degli Organi, à cause de son talent sur l'orgue, célèbre musicien et poète, né à Florence vers 1325, mort en cette ville en 1390. Francesco degli Organi, qui avait appris seul la musique, jouait d'un grand nombre d'instruments. Le roi de Chypre le couronna de lauriers aux fêtes qui lui furent offertes à Venise, en 1364, par le doge Laurent Celsi.

LA NUX (Paul VÉRONGE de), compositeur, né le 29 juin 1853. Premier prix de fugue au Conservatoire en 1872 ; second grand prix de Rome en 1874 ; deuxième premier grand prix en 1876, M. Paul de la Nux a fait connaître dans les grands concerts quelques compositions qui ont été bien accueillies.

LARUE (Pierre, ou Pierchon de), célèbre musicien du quinzième et du seizième siècle, né en Picardie, fut élève d'Ockeghem, resta longtemps attaché à la chapelle de Marie de Bourgogne et fut plus tard le musicien favori de Marguerite d'Autriche. Il composa un grand nombre de morceaux pour l'église et des chansons. On cite les messes Beatœ Virgini; Sex toni ut, fa; l'Homme armé, etc.

LARUETTE (Jean-Louis), acteur et compositeur dramatique, naquit à Toulouse le 27 mars 1731 et y mourut en janvier 1792. Chanteur sans voix, l'aspect vieillot, mais acteur excellent, Laruette sut

tirer un fort bon parti de ses défauts et de cette qualité dans les rôles de père ou de tuteur à l'Opéra-Comique. Il resta à ce théâtre de 1752 à 1762, et à la Comédie italienne jusqu'en 1779. Ensuite il quitta la scène. Sa femme, M™e Yillette-Laruette, obtint aussi de grands succès sur ces deux théâtres.

LASSUS (Orland, ou Roland de), illustre compositeur belge, né à Mons (Hainaut) en 1520, mort à Munich en 1594, fut emmené vers l'âge de douze ans à Milan, puis en Sicile, par Ferdinand de Gonzague, général de Charles-Quint. A dix-huit ans, Constantin Castriotto le conduisit à Naples, où il s'attacha au marquis de la Terza. Trois ans plus tard il se rendit à Rome et devint bientôt maître de chapelle de Saint- Jean de Latran. Quelques années après il revint à Mons, brusquement rappelé par la nouvelle de la fin prochaine de ses parents. Ne les trouvant plus, il alla s'établir deux ans à Anvers, où il vécut dans la société des hommes les plus distingués par leur rang ou leur savoir. De là il fut appelé à Munich, en 1557, comme maître de la musique de la chambre du duc Albert de Bavière, et en 1562 fut nommé maître de la chapelle de la cour. Cette chapelle était, à cette époque, la meilleure et la plus importante de l'Europe ; elle ne comprenait pas moins de quatre-vingt-douze exécutants choisis. Disposant de pareilles ressources, le génie de Lassus put se développer à l'aise. Il écrivit pour elle ses plus belles et plus importantes compositions : les Psaumes de la Pénitence, le Magnificat^ etc. Sa renommée devint universelle ; et, coïncidence bizarre, pendant que l'Italie décernait à Palestrina, son illustre contemporain, le titre de Prince des musiciens, l'Allemagne, l'Angleterre et la France gratifiaient Lassus du même titre. Les souverains grands ou petits, le recherchèrent et le comblèrent d'honneurs et de témoignages d'estime de toutes sortes. L'empereur Maximilien l'anoblit, lui et sa famille ; le pape le fit chevalier de Saint-Pierre à l'éperon d'or, etc. En 1571, Lassus vint à Paris. Charles IX fut si charmé par ses talents, qu'il lui fit offrir la direction de sa chapelle avec un traitement magnifique. Après de longues hésitations, Lassus allait se rendre à son nouveau poste, lorsqu'il apprit à Francfort la mort du roi. Il revint alors en hâte à Munich, où il reprit ses fonctions, à la grande joie du prince, qui le combla de bienfaits et fit même un panégyrique en son honneur. En 1587, Lassus sentit les premières atteintes de la fatigue. Il demanda au prince Guillaume V, successeur du duc Albert, quelques mois de repos annuel. La requête fut accordée, moyennant suppression de la moitié du traitement. Cette

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