‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 53 sur 97 · LASSUS — LAYS · texte numérisé non relu

LASSUS — LAYS

condition parut si dure au compositeur, qu'il préféra continuer exactement son service. Cette résolution lui fut fatale. Quelque temps après ses facultés s'altérèrent et il tomba dans une démence mélancolique qui le conduisit au tombeau. Le style de Lassus est grave, simple et d'une élégante originalité. Inférieur à Palestrina, au point de vue de la facture , il le surpassa dans l'expression mélodique. Le nombre de ses œuvres tient du prodige ; il s'élève à plus de deux mille connues, parmi lesquelles les chefs-d'œuvre se rencontrent à chaque pas. Aucun musicien du seizième siècle, Palestrina lui-même compris, n'eut de plus retentissante renommée, et ne vécut plus longtemps dans la mémoire de tous ; aucun n'eut ses œuvres reproduites par un nombre d'éditions aussi considérable.

LAURENT DE RILLÉ (François-Anatole), compositeur, né à Orléans en 1828, s'est occupé spécialement de la musique populaire. Nommé inspecteur de chant dans les écoles, sous l'Empire, il écrivit un grand nombre de chœurs orphéoniques dont plusieurs, comme les Martyrs aux Arènes, la Noce de village, le Chant des travailleurs, la Metraite, les Buveurs, etc., sont devenus populaires. M. Laurent de Rillé a fait aussi plusieurs Messes, quelques mélodies : l'Ange gardien, les Cloches du soir, etc., et plusieurs opérettes : Trilhy,Bel- Boul, le Sultan Mysapouf, etc.

LAYS (François), chanteur, né à la Barthe-de-Nestès (village de Gascogne) le 14 février 1758, mort à Ingrandc (Maine-et-Loire) le 30 mars 1831, se destinait à l'état ecclésiastique, lorsqu'une lettre de cachet, occasionnée par la réputation de sa belle voix de ténor grave, vint le tirer de sa solitude et le jeter sur les planches de l'Opéra. Il y débuta en 1779 dans un air de Berton père : Sous les lois de l'hymen, et fut acclamé. Le Seigneur bienfaisant, écrit spécialement pour lui, lui assura le succès. Attaché aux Concerts de la Reine (1780-1791) et au Concert spirituel, il vit grandir de jour en jour sa réputation, que Panurge (écrit par Grétry pour lui), la Caravane et Anacréon vinrent porter au comble. Il ne quitta le théâtre qu'en 1822. Lays fut professeur de chant au Conservatoire de 1795 à 1799. En 1819, il reprit ses fonctions à TÉcole royale de chant et de déclamation jusqu'eft 1826. Ce chanteur fut un ardent révolutionnaire, et à ce titre eut à subir quelques persécutions de l'Opéra. Il y répondit par une brochure ayant pour titre : Lays, artiste du théâtre des Arts, à ses concitoyens (1793).

LEBORNE (Aimé-Ambroise- Simon), compositeur et professeur, né le 29 décembre 1797, à Bruxelles, mort à Paris le 1" avril 1866, entra au Conservatoire en 1811, étudia la composition avec Chérubini, remporta en 1818 le second grand prix de Rome, et le premier deux ans après. Répétiteur de solfège en 1816 et professeur en 1820, M. Leborne remplaça Reicha comme professeur de composition au Conservatoire en 1836. Cet artiste a donné à TOpéra-Comique le Camp du drap d'or, avec Batton et Rifaut (1828); au théâtre de la Bourse, Cinq ans d'entr'acte (1833) et Lequel? (1838). Son enseignement était renommé.

LEBRUN (Louis-Sébastie>), compositeur et chanteur, né à Paris le 10 décembre 1764, mort dans cette ville le 27 juin 1829, entra dès l'âge de sept ans à la maîtrise de Notre-Dame, pour n'en sortir que douze ans après comme maître de chapelle de Saint-Germain l'Auxerrois. Doué d'une assez jolie voix de ténor, Lebrun débuta à l'Opéra en 1787, dans Œdipe à Colone. Non seulement ce début fut d'une faiblesse marquée, mais déplus, au bout de quelque temps, on reconnut que jamais cet artiste ne dépasserait la médiocrité. Lebrun essaya alors du théâtre Feydeau ; il ne réussit pas davantage. Il rentra finalement comme double à l'Opéra. Comme compositeur, assez mauvais musicien, mais avant du charme dans la mélodie, il eut plus de bonheur. Des ouvrages nombreux qu'il donna sur diverses scènes, plusieurs réussirent à souhait, ce sont : l'Art d'aimer ou l'Amour au village (théâtre Montansier, 1780) ; l'Astronome (théâtre Feydeau, 1798); Marceliin (théâtre Feydeau, 1800) ; le Rossignol (Opéra, 1810). Ce dernier ouvrage, qui a obtenu un succès qui s'est toujours renouvelé jusqu'à ces dernières années, fut pour le flûtiste Tulou l'occasion d'une victoire éclatante sur son rival Drouet. En interprétant avec une admirable virtuosité et une finesse exceptionnelle de sentiment les airs de flûte destinés à imiter, ou plutôt à figurer le chant du rossignol, Tulou faisait éclater â chaque représentation la supériorité de son talent, et remportait chaque soir de véritables triomphes. Ajoutons qu'il fut pour beaucoup dans la longue réussite de cet opéra.

LEGLAIR (Jean-Marie), suvnommé l'Aiiié, violoniste célèbre et compositeur, né à Lyon en 1697, mort assassiné à Paris en 1764, fut d'abord danseur et maître de ballets avant de se livrer à la musique. Leclair exerça une heureuse influence sur l'école française, et fut l'un des premiers à employer la double corde, qu'il mit en vogue. On con-

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naît de lui un certain nombre de morceaux de musique de chambre et un opéra : Glaucus et Scylla, qui fut joué en 1747.

LECOCQ (Alexandre-Charles), compositeur dramatique, né à Paris le 3 juin 1834, fut admis au Conservatoire en 1849, y obtint quelques récompenses et le quitta en 1854 pour se livrer à l'enseignement et à la composition. M. Lecocq, doué d'un aimable tempérament musical, n'eût pas demandé mieux que de se livrer à l'art sérieux. Mais il lui fallait gagner sa vie ; l'opérette était plus abordable que l'opéra, rapportait tout de suite et peut-être davantage. Il s'y consacra par nécessité d'abord et, le succès l'entraînant, il se laissa aller au courant. Après quelques essais peu importants, le Docteur Miracle entre autres (1857), opérette mise au concours, et dont le prix avait été partagé entre Georges Bizet et lui, M. Lecocq donna à l'Athénée en 1868 Meur de thé, qui eut un éclat retentissant. Cet ouvrage charmant, et peut-être le meilleur qui soit sorti de la plume du jeune compositeur, le mit en situation de lutter avec avantage contre les rois du genre, MM. Offenbach et Hervé. Depuis ce temps M. Lecocq n'a cessé de produire et de récolter succès sur succès. Dans le nombre considérable d'ouvrages donnés par lui sur différents théâtres, voici les plus dignes de remarque : les Cent Vierges (Variétés, 1872) ; la Fille de Madame Angot, qui eut i^\as de quatre cents représentations consécutives (Folies-Dramatiques, 1873) ; Giroflé-Girofla (Renaissance, 1874) ; la Petite Mariée (Renaissance, 1875) ; le Petit Duc (Renaissance, 1878) ; le Cœur et la Main (Nouveautés, 1882). Plusieurs de ces ouvrages avaient obtenu du succès à Bruxelles avant d'être donnés à Paris. Le style de M. Lecocq est gai, chatoyant, spirituel, et ne tombe jamais dans le débraillé malsain de ses rivaux.

LEDUC (Alphonse), pianiste, compositeur et éditeur de musique, est né à Nantes le 9 mars 1804, et mourut à Paris le 17 juin 1868. Leduc joua en virtuose du piano, du basson, de la flûte et de la guitare. Ses compositions, dont le nombre est considérable (treize cents environ), se rattachent presque toutes à l'enseignement : Méthodes , Études, Bibliothèque du jeune pianiste. Sa maison d'édition, fondée depuis 1841, est des plus prospères.

LEFÉBURE-WÉLY ( Louis-James- Alfred ) , organiste et compositeur, né à Paris le 13 novembre 1817, fut nommé organiste de l'église Saint-Roch en 1832 et entra la même année au Conservatoire. Il y remporta le premier prix de fugue et de piano en 1835. En 1847, cet

artiste quitta l'orgue de Saint-Roch pour celui de la Madeleine et se fit à cette époque une réputation populaire d'improvisateur. Médiocre et d un goût mal épuré sur le grand orgue, M. Lefébure-W'ély avait en revanche un talent remarquable sur Tharmonium. On a de lui une centaine d'œuvres pour le piano, dont plusieurs ont obtenu un moment de vogue (les Cloches du monastère, etc.), plusieurs autres compositions pour l'orgue et les instruments, et même un opéracomique les Recruteurs, qui a été donné en 1861. Il est mort à Paris le 1^' janvier 1870.

LEFEBVRE (Charles-Edouard), compositeur, né à Paris le 19 juin 1843, remporta le grand prix de Rome en 1870. On a donné de lui dans les grands concerts des Pièces symphoniques (Châtelet, 1875); Dalila (Société nationale de musique, 1876), etc., etc. Son drame lyrique Judith a été joué avec succès à Bruxelles en 1881. On compte encore de ce compositeur six poésies mises en musique, un quatuor^ etc.

LEFÈVRE (Jean-Xavier), clarinettiste distingué de l'Opéra, professeur au Conservatoire dès sa fondation (1795), naquit à Lausanne en 1763 et mourut en 1829.

LEFÈVRE (Victor-Gustave), compositeur et professeur, directeur de l'École de musique religieuse de Paris, est né à Provins le 2 juin 1 83 1 . Il fit ses études musicales avec le professeur Maleden; épousa en 1863 la fille aînée de Niedermeyer, et devint peu de temps après directeur de l'école fondée en 1853 par son beau-père. En 1872 il organisa la Société de chant classique sans accompagnement, et la produisit chaque année dans des concerts pleins d'intérêt. On connaît de M. Lefèvre un grand nombre de compositions très estimées.

LEFORT (Jules), chanteur de concert et professeur, a publié plusieurs traités : De l'émission de la voix; Méthode de chant; Bu rôle de la prononciation dans l'émission vocale.

LEGOUIX (Isidore-Edouard), compositeur, né à Paris le 1^' avril 1834. Premier prix d'harmonie du Conservatoire et mentionné au concours de Rome de 1860. M. Legouix a fait représenter quelques opérettes dont les noms suivent : Un Othello, Malbrough s'en va-t'en (luerre (avec MM. Jouas, Bizet et Delibes), les Dernières GriséUes, le Lion de Saint-Marc, le Vengeur, etc.

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