‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 54 sur 97 · LEFEBVRE — LEMOINE · texte numérisé non relu

LEFEBVRE — LEMOINE

LEJEUNE (Claude), dit Claudia Le jeune ou simplement Claudin, célèbre musicien, né à Valenciennes vers le milieu du seizième siècle, mort au commencement du dix-septième, fut compositeur de la chambre des rois Henri III et Henri IV. D'une science moins consommée que les Goudimel, Lassus, Jannequin et autres, sa musique se recommande par l'élégance et le goût, plutôt que par la pureté de la forme et du style, Claude Lejeune avait embrassé le protestantisme ; il mit en musique les Psaumes de Marot et composa un grand nombre de morceaux religieux et profanes. Son Dodecachorde passe pour son meilleur ouvrage.

LE MAURE (Catherine-Nicolle), célèbre chanteuse de l'Opéra, née en 1703, morte en 1783, y débuta en 1721 dans le prologue de Phaéton, et le quitta en 173c. La voix de cette artiste était remarquablement belle, son chant expressif et pénétrant ; aussi était-elle très séduisante, quoiqu'elle ne fût pas jolie. D'un caractère fantasque autant qu'arrogant, elle ne fit durant sa carrière que quitter l'Opéra et y rentrer, s'attirant par ses boutades plus d'un fâcheux désagrément.

LEMMENS (Jacques-Nicolas), professeur d'orgue au Conservatoire de Bruxelles, né le 3 janvier 1823 à Zoerle-Parwys (province d'Anvers), occupe cette fonction depuis 1849 et s'y est distingué en relevant l'enseignement de l'orgue, très inférieur à ce Conservatoire avant sa nomination. Sa femme, M™^ Lemmens-Scherington, s'est fait en Angleterre une brillante réputation comme chanteuse.

LEMOINE (Antoine-Marcel), guitariste, né à Paris en 1763, mort en 1817, a fondé à Paris une maison d'édition de musique aujourd'hui la plus ancienne.

LEMOINE (Henri), quatrième fils du précédent et musicien distingué, a continué le commerce de son père et a publié plusieurs ouvrages d'enseignement : Méthode pratique pour le piano ; Tmtté d'harmonie pratique; Solfèges élémentaires, etc.

Lemoine (Achille), son fils, s'est occupé d'enseignement et a publié quelques morceaux. Le premier, il a commencé la vulgarisation des chefs-d'œuvre classiques en publiant le Fanthéon des pianistes^ édition à bon marché, et a été suivi dans cette voie par MM. Enoch et Peters, en Allemagne.

LENEPVEU (Charles-Ferdinand), compositeur, né à Rouen le 4 octobre 4840, fut destiné par sa famille au barreau. Mais se sentant invinciblement attiré vers la musique, tout en suivant à Paris les cours de la Faculté, il reçut d'excellentes leçons de M. Augustin Savard. Son premier essai un peu important eut lieu à Gaen. Une cantate avait été mise au concours, M. Lenepveu obtint le prix et l'œuvre fut exécutée en 1862, à la satisfaction générale. Peu de temps après M. Lenepveu entrait au Conservatoire dans la classe de composition de M. Ambroise Thomas, et, en outre, recevait les précieux conseils de son ami Alexis Chauvet, le premier organiste de son temps. Deux ans après il obtenait le premier grand prix de Rome avec la cantate Renaud dans les jardins d'Armide et partait pour l'Italie. Durant son séjour à Rome, M. Lenepveu écrivit deux ouvrages pour des concours ouverts, l'un à Bordeaux, l'autre à Paris, par le ministre des beaux-arts. Il fut couronné des deux côtés : à Bordeaux, avec son Requiem qui exécuté dans cette ville, puis à Paris aux Concerts populaires et à la Société des concerts, obtint partout un succès éclatant; à Paris, avec le Florentin, opéra-comique en trois actes, dont la représentation fut retardée par la guerre et n'eut lieu qu'en 1874. De même que le Requiem, le Florentin fut bien accueilli. Depuis ce temps M. Lenepveu a publié différents morceaux pour la voix et le piano. Ne pouvant arriver à forcer les portes de l'Opéra français, M. Lenepveu a été donner à Londres, au théâtre de Govent-Garden (juin 1882), ayant M™^ Pattiet Nicolini pour interprètes, FeZ/eda, grand opéra en quatre actes, qui a mis en lumière des beautés de premier ordre. Les compositions de cet éminent artiste se recommandent par des qualités de style et de forme peu communes, par un profond sentiment dramatique, par une richesse d'idées et de facture qui le placent aux premiers rangs de la jeune école française. Au nombre de ses mélodies on remarque particulièrement : le Poète mourant, la Jeune Captive, Lamenta, une scène d'Hernani, etc. M. Lenepveu est professeur d'harmonie au Conservatoire.

LEO (Léojnard), compositeur célèbre, l'un des fondateurs de l'école de Naples du dix-huitième siècle, est né en 1694 dans la province de Lecce (royaume de Naples) et mourut en 1746. Attaché au Conservatoire de la Pieta de'Turchini, puis à celui de Santo Onofrio, il fut, en 1716, nommé organiste de la chapelle royale, et ensuite maître de chapelle de l'église de Santa Maria délia Solitaria. Sofonishe, donné en 1715, fut son premier opéra sérieux ; parmi les autres, qui sont au

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