‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 56 sur 97 · LEVASSEUR — LISZT · texte numérisé non relu

LEVASSEUR — LISZT

puis fixée à Londres, où elle a retrouvé la même admiration pour son talent en chantant dans les concerts. M^^^ jenny Lind a épousé en Amérique M. Otto Goldsmith, compositeur.

LINDPAINTNER (Pierre-Joseph), maître de chapelle du roi de Wurtemberg, né à Coblentz le 8 décembre 1791, mort à Nonnenhorn, sur le lac de Constance, le 21 août 1856, fut envoyé à Munich par l'électeur de Trêves, puis en Itahe, pour y parfaire son éducation musicale. La place de maître de chapelle du roi de Wurtemberg lui fut offerte en 1819, et il demeura à Stuttgard jusqu'en 1855, époque où il alla diriger à Londres les concerts de la Société philharmonique. Son œuvre comprend une trentaine d'opéras. Démophon, le Vampire, la Génoise ^ la Rosière, le Pouvoir de la Chanson, etc., figurent parmi les meilleurs. On connaît aussi de lui des oratorios d'une bonne facture, de la musique instrumentale et des recueils de chansonnettes qui sont devenus populaires.

LIPÏNSKY (Charles), violoniste célèbre, né à Radzin (Pologne) en 4790, mort à Ourlow en 1861, dirigea l'orchestre de Lemberg, de 1812 à 1814; puis se mit à parcourir l'Europe en donnant des concerts. Ses succès allaient croissant, lorsqu'un jour, la renommée de Paganini parut devoir en arrêter la marche. Lipinsky partit alors pour l'Italie, en donnant des concerts en chemin ; rejoignit le grand artiste et se fit reconnaître par lui pour un émule redoutable. Quelques jours après, ils jouaient ensemble dans les concerts des symphonies concertantes, et y brillaient également tous deux. En 1839, Lipinsky se fixa à Dresde comme premier maître des concerts de la cour et ne quitta cette fonction que peu de temps avant sa mort. Comme compositeur, son œuvre ne comprend que des morceaux pour son instrument.

LISZT (Fraxz), pianiste, compositeur et écrivain, né à Rœding (Hongrie) le 22 octobre 1811, le virtuose le plus prodigieux peutêtre de notre temps, commença son éducation musicale chez le prince Esterhazy, sous la direction de son père. Il se fit entendre pour la première fois en public à l'âge de neuf ans, en exécutant déjà d'une façon remarquable le concerto en mi bémol de Ries ; puis son père le mit entre les mains de Czerny, à Vienne. Dix-huit mois après, il donna son premier concert et se rendit à Paris (1823), où il causa l'admiration générale. Liszt se mit alors à parcourir l'Europe, et

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partout où il passa il excita un enthousiasme indescriptible. De pareils succès d'ailleurs ne s'obtenaient pas sans travail. Chaque jour Liszt, contraint par son père, devait jouer douze fugues de Bach, et les transposer dans le premier ton venu. Ce dur exercice ne comptait pas encore pour l'infatigable artiste. Comme il le dit lui-même, il ne travaillait qu'ensuite, et, de plus, se livrait avec ardeur à la composition. A la mort de son père, malgré tout son chagrin, Liszt enfin se sentit libre. Mais il n'en eut que plus d'ardeur, et voulut tenir les promesses de son jeune âge. Ses voyages furent sans nombre. Nommé maître de chapelle à Weimar, il prit définitivement possession de son poste en 1849, et eut le talent de rendre célèbres en peu de temps la chapelle et le théâtre de cette ville. On y entendit pour la première fois Tannhaùser et Lohengrin, grâce à ses soins, et Wagner lui dut en partie ses premiers succès. La vie de Liszt a été très agitée. Toujours à la recherche de l'extrême en toute chose, il avait une mobilité de sentiment extraordinaire et parfois même fatigante. Tour à tour mystique et mondain, il passe aujourd'hui pour avoir poussé la dévotion jusqu'à recevoir les ordres. En tout cas, sa vie ne se ressent guère de cette incarnation nouvelle, si tant est qu'elle existe véritablement. Quoi qu'il en soit, Rome est aujourd'hui sa résidence habituelle. Comme virtuose du piano, Liszt n'a pas eu d'égal; comme compositeur, d'une fécondité exceptionnelle et d'une hardiesse allant jusqu'à la témérité, il pêche parfois par le goût ; l'amour de la difficulté vaincue l'emporte sur le culte du vrai beau : son œuvre est tourmentée, affolée ; on la dirait presque sans lignes ; et la douceur chez lui n'est jamais qu'un prélude. Cependant, il a produit des pages d'une admirable grandeur : ses rapsodies, ses valses f ses fardaisies et une de ses messes sont d'une rare beauté: beauté sauvage, étrange, il est vrai, mais qui s'impose. Comme écrivain, Liszt a publié quelques écrits, parmi lesquels on cite : Lohengrin et Tannhaùser, de R. Wagiïcr; F. Chopin; Des Bohémiens et de leur musique en Hongrie^ etc.

LITOLFF (Hexri), compositeur et pianiste, né à Londres en 1818, reçut des leçons de Moschelès et, vers 1838, se fit entendre à Paris dans des concerts où il obtint quelques succès. Il joua ensuite à Bruxelles, et le duc de Looz fut si frappé de son talent, qu'il l'emmena dans une de ses terres. Litolfîy écrivit son premier concertosymphonie, et le fit exécuter à Bruxelles aux applaudissements du public. Après cela, Litolff disparut pour reparaître en 1844 d'une façon

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