‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 57 sur 97 · LITOLFF — LODER · texte numérisé non relu

LITOLFF — LODER

brillante, et pour s'éclipser de nouveau quelque temps après. Il est impossible de suivre cet artiste dans les mille péripéties d'une vie extraordinairement tourmentée. Partout où il va, et il va partout en Europe, il rencontre le succès comme pianiste, comme compositeur, comme chef d'orchestre. Et pourtant, dans chacun de ses ouvrages, malgré les beautés les plus réelles, malgré une originalité typique et colorée, malgré une rare divination des ressources de l'orchestre, on sent confusément comme un léger défaut dans les proportions, une nervosité exaspérée, qui rappelle — et qui a peutêtre pour cause — l'incohérence d'une vie jetée un peu à tous les vents. Tantôt en haut de l'échelle, tantôt en bas, Litolff passa ainsi près d'une trentaine de ses plus belles années. Pendant la dernière vingtaine, depuis qu'il est en France, il ne cessa de lutter, et il lutte encore aujourd'hui pour conquérir la place que ses talents lui méritent au théâtre, sans pouvoir y parvenir. Sans parler de ses superbes ouvertures de Robespierre et des Girondins^ ni de ses ouvrages représentés à l'étranger; sans même s'occuper de la Boîte de Pandore, de la Belle au bois dormant, de la Fiancée du roi de Garbe, productions inférieures que la nécessité a arrachées à sa plume, on ne peut oubher qu'il est l'auteur de cette partition élégante et charmante qui s'appelle Héloïse et Abélard. En 1882, Litolff a fait exécuter au cirque des Champs-Elysées le Chant des Guelfes, page symphonique d'un grand effet, et un concerto, avec un succès brillant. Il a en outre en portefeuille plusieurs opéras qui mériteraient de voir le jour. Parmi les compositions de moins longue haleine publiées par lui, citons : Sur le Danube, l'Invitation à la tarentelle, Divertissement fantastique et plusieurs mélodies vocales.

LOGATELLl (Pierre), célèbre violoniste-compositeur, né à Bergame en 1693, mort en 1764, reçut des leçons de GoreUi, et, après de nombreux voyages, établit un concert public à Amsterdam, où il se fixa. A un rare talent d'exécution, Locatelli joignit un génie inventif et une hardiesse de pensée qui lui font une place à part dans l'histoire du violon. Ses Caprices énigmatiques sont des merveilles d'ingéniosité d'une difficulté inouïe. A côté de c^a, ses sonates, ses concertos, ÏArte del violino, fourmillent de beautés élégantes et d'une grâce pleine de charme. A sa mort, la Société d'amateurs d'Amsterdam prit le deuil.

LODER (Edvs^ard-James), compositeur et chef d'orchestre anglais, né en 1813 à Bath, mort à Londres le 5 avril 1865, acheva tardive-

ment ses études musicales avec Ferdinand Ries. En 1834, il fit jouer, pour l'inauguration du théâtre du Lycéum, Noiirjnhad, opéra qui annonce un tempérament musical. Puis il écrivit encore le Dé de la Mort, les Danseurs de nuit, son meilleur ouvrage, et Raymond et Agnès. Il fut chef d'orchestre de Princesse Théâtre à Londres, et occupa le même emploi à Manchester.

LOGIER (Jean-BeRx\ard), compositeur, inventeur du chiro-plaste, est né à Cassel en 1777, et mourut à Dublin en 1846. Le chiroplaste était un instrument destiné à corriger les positions vicieuses de la main dans l'étude du piano. Cette machine, assez compliquée, eut un moment de grande vogue en Allemagne et en Angleterre. Kalkbrenner et un grand nombre de professeurs l'employèrent et en firent les plus grands éloges. Cependant, Kalkbrenner lui-même ne la trouva pas parfaite, car il la remplaça plus tard par le Guide-mains, appareil qui, comme celui qui l'avait précédé, n'est plus en usage aujourd'hui. Logier est aussi finventeur d'un système d'enseignement qui porte son nom et qui est assez ingénieux. Il a laissé quelques compositions pour le piano.

LOLLI (Antoine), violoniste célèbre, né à Bergame en 1728, mort en Sicile en 1802, fit ses études sans maître ; ce qui explique peutêtre que, s'il fut un virtuose remarquable, sa science comme musicien laissa à désirer. LoUi par<.*ourut les principales villes d'Europe et rencontra partout le succès.

LORET (Clément), organiste et compositeur, professeur à l'École de musique religieuse de Paris, est né à Termonde (Belgique) en 1833. Premier prix d'orgue du Conservatoire de Bruxelles en 1853, M. Loret, vint à Paris en 1855, et fut organiste de diverses paroisses. Nommé en 1857 à l'École de Niedermayer, il s'est fait connaître bientôt comme compositeur. Son œuvre consiste en morceaux pour orgue ou harmonium, et comprend aussi des transcriptions pourorgue seul, de concertos de Haendel pour l'orgue et l'orchestre.

LOTTI (Antoine), compositeur célèbre de l'École de Venise, né en 1667, mort en 1740, a laissé une vingtaine d'opéras remarquables, mais manquant de la vivacité nécessaire au style dramatique. Dans la musique d'église et dans ses madrigaux, duos, trios, etc., il s'élève à la hauteur des plus grands maîtres. On cite parmi ses pages les

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