‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 58 sur 97 · LOGIER — LULLI · texte numérisé non relu

LOGIER — LULLI

plus remarquables : In iina siepe omhrosa et Spirito de Bio, madrigali; nn Benedictus Domimis Deus Israël, un Miserere à quatre voix, etc.

LUCGA (Pauline), chanteuse distinguée, née à Vienne, le 26 avril 4841, a chanté, avec beaucoup de succès, à Berlin, les grands rôles •du répertoire d'opéra. Tragédienne en même temps que cantatrice, €lle atteindrait à la perfection, si parfois l'exagération des effets dramatiques ne venait légèrement déparer ce remarquable ensemble. Meyerbeer aurait écrit pour elle le rôle de Selika de l'Africaine.

LULLI (Jean-Baptiste), compositeur illustre, considéré à tort •comme inventeur de l'opéra français, naquit à Florence en 1633 et mourut à Paris en 1687. Il fut conduit à Paris par le chevalier de <Guise, qui le présenta à M^^" de Montpensier, désireuse d'avoir près d'elle un petit Italien. La princesse le reçut et le plaça dans ses cuisines comme marmiton ! Lulli avait alors treize ans ; il n'était pas •encore bon musicien, mais, passionné pour cet art, il employait ses loisirs à jouer sur un mauvais violon. Le hasard voulut qu'un jour le comte de Nogent l'entendît ; frappé de ses dispositions, il en parla à la princesse et obtint qu'on lui donnât des maîtres. Dès lors, l'enfant échangea sa situation culinaire contre celle d'élève des sieurs Mé- Ini, Gigault et Roberdet, organistes de Saint-Nicolas des Champs. Peu de temps après, il était admis parmi les musiciens ordinaires de M"'' de Montpensier. Cette histoire, son jeune talent, l'originalité des airs qu'il composait, attirèrent bientôt sur lui l'attention générale. Malheureusement, dans les airs qu'il jouait, il s'en trouva un qui ^tait loin de célébrer les louanges de la princesse. Lulli fut immédiatement chassé, mais ne perdit pas courage. Grâce à ses talents, il parvint à entrer dans la grande bande des violons du roi; sut plaire à ce monarque tellement, qu'à l'âge de dix-neuf ans (1652), il se vit nommé par lui inspecteur général de ses violons, avec une nouvelle bande d'élite, dite 'petits violons, placée sous sa direction. Ce fut pour ces petits violons, devenus bientôt les meilleurs de France, que Lulli écrivit ses symphonies , sortes d'ouvertures entremêlées •d'airs de danse, il se mit ensuite à composer des ballets, des mascarades, où le roi lui-même figurait. Parmi ces divertissements, on cite rAlcidione, le Ballet des Arts, l'Amour déguisé, etc., comme étant les plus remarquables. Puis il composa la musique des pièces de Molière : la Frincesse d'Élide, l'Amour médecin, le Bourgeois gentilhomme, M, de Pourceaugnac, etc., et dansa lui-même, au début, dans plusieurs de ces

divertissements. La faveur de Lulli auprès de Louis XIV fut portée au comble par le succès toujours renaissant de sa musique. Le roi ne voulant pas en entendre d'autre, Lulli ne négligea aucune occasion de produire dans tous les genres. On ne saurait énumérer ici les grâces, gratifications, brevets, etc., de toutes sortes qu'il obtint de ce monarque. Il alla même jusqu'à lui arracher l'autorisation d'établir à Paris une Académie royale de musique, autrement dit, un théâtre d'opéra, malgré les lettres patentes qui concédaient ce privilège à Perrin et à ses successeurs (1672). A cette date commence pour Lulli l'ère de ses plus glorieux succès. Son activité tint du prodige. Seul, on le vit être à la fois directeur, administrateur, maître de musique et de ballets, régisseur, metteur en scène, décorateur et machiniste de son théâtre ; de plus, il eut à former lui-même chanteurs, danseurs et musiciens ; enfm, au miheu de ces travaux accablants, il sut trouver encore le temps et la force d'écrire dix-neuf opéras (presque tous des chefs-d'œuvre) et de les représenter dans une période de quinze années ! Lulli, d'ailleurs, trouva en Quinault, son poète, un puissant secours. Quinault faisait plusieurs canevas, les présentait au choix du roi, et de suite le compositeur se mettait à l'œuvre, avant même que le poète eût terminé ses vers. Les opéras de Lulli furent joués pendant près d'un siècle. Les plus célèbres sont Alcesie, Thésée, joué le dernier en 1778 ; Pi^oserpine, Orphée, Amadis, Armide, etc. Dans sa musique religieuse, on remarque un Yeni Creator, un Miserere, un De profundis, un Te Deum, etc. Lulli porta le titre de surintendant de la musique du roi. Chez ce grand artiste, malheureusement, la noblesse du caractère ne répondit pas à l'élévation du génie. LuUi, servile et bas avec les grands, devenait despote, insolent et brutal avec ceux qui ne pouvaient lui résister. D'une jalousie haineuse contre tout talent pouvant lui porter ombrage, il se montra ingrat envers ses meilleurs amis. Cambert, Dernier, Lalouette, Mohère, La Fontaine, et un grand nombre d'autres moins connus avec lesquels il agit indignement, sont là pour l'attester.

LUTHER (Martin), réformateur illustre, né le 10 novembre 1484 à Eisleben (Saxe), mort en cette ville le 18 février 1546, ne fut pas seulement un théologien fameux, doublé d'un philosophe, il fut aussi musicien et poète. Sans être savant dans les choses de la musique, il la connaissait assez cependant pour pouvoir la cultiver et même composer dans le style simple. Luther avait plus que de l'amour pour cet art ; il le tenait en profonde estime et il le croyait nécessaire au dévelop-

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pement des facultés morales de l'homme. Il s'exprime ainsi dans ses lettres : « La musique gouverne le monde ; elle rend les hommes meilleurs... La jeunesse doit être élevée dans cet art divin... il est nécessaire dans les écoles, et je ne considère pas comme un instituteur celui qui ne sait pas chanter. » Luther réforma le chant d'église de deux manières : en traduisant en langage moderne les hymnes qui lui parurent dignes d'être conservés avec quelques modifications ; en composant des chants nouveaux. Ces derniers aussi sont de deux sortes : les récits en prose, dont les mélopées rappellent celles du plain-chant; les cantiques versifiés, dans lesquels les rythmes et le sentiment mélodique moderne se dessinent davantage. On n'est pas d'accord sur le nombre des chants qui doivent être attribués à Luther, parmi ceux que l'on exécute encore aujourd'hui dans les temples protestants. Meyerbeer s'est servi, avec une habileté rare, d'un de ces cantiques célèbres, connu sous le nom de Cantique de Luther, dans les Huguenots. Mendelssohn l'a aussi employé dans la Ré formation-symphonie. Ce cantique commence par ces mots : Ein feste Burg ist unser Gott.

LYSBERG (Charles-Samuel BOVY, dit) pianiste et compositeur, professeur au Conservatoire de Genève, est né dans cette ville le l»'" mars 1821 et est mort le 15 février 1873. Après avoir commencé ses études musicales dans sa ville natale, Lysberg les acheva à Paris, où il reçut des conseils de Chopin et de Liszt. Ses Études de salon^ Nocturnes, Romances sans paroles, Barcarolles, Caprices ^ etc. y obtinrent de véritables succès.

MABELLINI (Théodule), compositeur et maître de chapelle de la cour de Toscane, est né à Pistori en 1817. Après avoir reçu des leçons de Mercadante, il donna, avec succès, au théâtre Alfieri, en 1836, son premier opéra : Matilda a Toledo ;ipms il composa successivement : Rolla, Ginevra degli Almieri (Turin, 1840-1841) ; il Conte de Savayna (Florence, 1843) ; I Veneziani a Constantinopoli (Rome, 1844) ; Maria di Francia (Florence, 1846) ; des cantates, des morceaux religieux, etc. Parmi ceux-ci, ses Responsori comptent comme l'un de ses meilleurs ouvrages. Mabellini est aujourd'hui chef d'orchestre de la Pergola, à Florence.

MACFARREN (Georges-Alexandre), compositeur, professeur et écrivain anglais sur la musique, est né à Londres le 2 mars 1813. Professeur d'harmonie à l'Académie royale de musique de Londres en 1834, il fonda la Société des British Musicians, et l'inaugura par l'exécution de sa symphonie en famineur. M. Macfarren donna ensuite au théâtre plusieurs ouvrages dont les plus saillants sont : l'Opéra du diable (1838), WRoi Charles II [iS^l], Robin-Hood (1860). Il écrivit aussi plusieurs cantates remarquables et des oratorios, parmi lesquels on cite Saint-Jean Baptiate et Joseph. Aveugle depuis l'âge de vingt-cinq ans, cet artiste de mérite n'en est pas moins l'un des compositeurs les plus actifs de l'Angleterre. 11 a publié plusieurs notices biographiques, quelques traités et des recueils de vieilles chansons anglaises qui sont des plus intéressants.

MAELZEL (Jeax-Népomecèxe), mécanicien, né àRatisbonne en 1772, mort en Amérique en 1838, inventeur d'un instrument mécanique, appelé Vanharmonicon. Ce fut lui qui perfectionna le métronome, précédemment inventé par Winckel,en graduant, selon les divisions de la seconde, la tige du balancier de l'instrument.

MAGNUS (Magnus DEUTZ, dit), pianiste-compositeur,'élève couronné du Conservatoire de Bruxelles, s'est fait entendre dans les concerts et depuis quelques années fait la critique musicale du journal le Télégraphe. M. Magnus a publié un grand nombre de morceaux pour le piano. Il est né à Bruxelles en 1828.

MAILLART (Louis AIMÉ, dit), compositeur dramatique, né à Montpellier en 1817, mort à Moulins en 1871, fit;ses études musicales au Conservatoire. Il y obtint le premier prix de fugue en 1838; le premier grand prix de Rome lui fut décerné en 1841. On a donné de lui, à Paris, plusieurs opéras qui ont été favorablement accueilhs : Gastibelza (Opéra national, 1847), le Moulin des tilleuls (Opéra national, 1849) ; la Croix de Marie (Opéra-Comique, 1852) ; les Dragons de Yillars, qui, avec Gastibelza, sont les plus renommés (théâtre Lyrique, J8o6); les Pêeheurs de Catane (théâtre Lyrique, 1860); Lara (Opéra-Comique, 1864).

MAJORANO (Gaétan), plus connu sous le nom de CAFARELLI, célèbre sopraniste, naquit à Bari (États napolitains] en 1703 et mourut

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en 1793 à San Dorato. 11 tira son surnom de son premier maître : Caffaro : on le plaça ensuite chez Porpora, afin qu'il pût se perfectionner dans l'art du chant. Cafarelli débuta en 1724 dans un rôle de femme à Rome, et excita un véritable enthousiasme. En 1728, il prit possession des rôles de primo iiomo qui lui valurent des succès nombreux. Sa renommée fit bientôt grand bruit dans toute l'Italie. Partout où il se fit entendre, il remporta les mêmes triomphes. En 1750, il vint à Paris aux Concerts spirituels, mais, ne se trouvant pas assez payé, repartit mécontent pour l'Italie. Cafarelli amassa de grandes richesses, acheta le duché de San Dorato et s'y fit construire un somptueux tombeau.

MALIBRAN (Marie-Félicité GARCIA, épouse), née le 24 mars 1808 à Paris, morte le 23 septembre 1836, la plus célèbre cantatrice de son temps, fut d'une précocité extraordinaire. A l'âge de cinq ans, jouant un rôle d'enfant dans VAgnese de Paër, elle s'essayait déjà à chanter le rôle principal. A onze ans, efie avait appris à parler couramment l'italien, l'espagnol, l'anglais et l'allemand ; solfiait à merveille et savait assez de piano pour jouer le clavecin bien tempéré de S. Bach. Elle avait acquis ces connaissances un peu partout, pendant les voyages incessants de sa famille. Son père, célèbre professeur de chant, lui enseigna les secrets de son art, lorsqu'elle eut atteint l'âge de quinze ans. Elle en avait dix-huit lorsqu'elle fit sa première apparition sur la scène, dans Rosine du Barbier de Séville, au théâtre du Roi à Londres, remplaçant à brûle-pourpoint M"« Pasta, indisposée. Son succès fut si grand pourtant, qu'on l'engagea sur-lé-champ pour le reste de la saison. M"« Garcia se rendit l'année suivante avec son père à New-York, où celui-ci devait diriger le théâtre. Là son talent s'aff'ermit; et dans Otello, Romeo, Tancrede, etc., l'Amante astuto eila Figlia dell' aria (deux opéras que son père avait écrits pour elle), elle excita un véritable enthousiasme. C'est là qu'elle épousa M. Malibran, négociant français que des afi'aires embarrassée^ menèrent bientôt à la faillite. Cette union ne devait pas être heureuse. En 1827, M"'» Malibran revenait en France, et elle se faisait applaudir l'année suivante, aux Italiens, dans la Gazza ladra, la Cenerentola eiOtello. ALondres, en 1829, elle eut à lutter avec M^^« Sontag, et revint la même année à Paris, avec cette éminente chanteuse, recueillir de nouveaux succès. A partir de cette époque, ce fut pour M""** Malibran une suite non interrompue de triomphes. Partout où elle passait, son immense talent lui valait des

sommes énormes et des succès sans précédenls. A Lucques, on détela les chevaux de sa voiture ; à Venise, des fanfares annoncèrent son arrivée, et la foule était si grande, que la cantatrice dut se réfugier dans une église pour se soustraire à des ovations trop chaleureuses. En 1836, après avoir enfin obtenu un jugement prononçant la nullité de son mariage, M™^ Mahbran épousa M. de Bériot, le célèbre violoniste. Malheureusement, quelques mois après cette seconde union, une chute de cheval enlevait la grande cantatrice à l'art et à ses triomphes. Elle avait alors vingt-huit ans. M™^ Malibran dut moins à la beauté de sa voix qu'à une étendue prodigieuse de cet organe, jointe à une faciUté de vocalisation extraordinaire, les grands succès qui Faccueillirent. Mais ce qui la distingua surtout entre toutes, ce qui la rendit incontestablement supérieure, ce furent ses élans inattendus, son génie de l'expression vraie, et cette prodigieuse variété d'allures qui lui permit de s'élever, sous mille aspects divers, jusqu'aux plus hauts degrés du sublime.

MARA (Gertrude-Elisabeth SCHMAELÏNG, épouse), cantatrice allemande, née à Cassel en 1749, morte à Revel (Livonie) en 1833, eut une enfance assez malheureuse. Après cinq années d'études à l'École de chant de Hiller à Leipsick, elle entra au service de la cour de Frédéric IF, roi de Prusse, et y remporta de grands succès. Un habile violoncelliste de l'orchestre ayant su toucher son cœur, M"« Schmaeling l'épousa et devint madame Mara. Elle quitta ensuite la cour de Prusse pour parcourir l'Allemagne, puis la France, où elle rivahsa avec M™« Todi. Ses plus grands succès furent obtenus en Angleterre, particulièrement dans l'oratorio. Après plusieurs autres voyages , M°^« Mara se fit entendre à Pétersbourg et finalement se fixa à Moscou. Cependant l'âge était venu, amenant avec lui l'affaiblissement des facultés ; M°^« Mara, qui avait été dépouillée toute sa vie, même par son mari, voulut mettre plus d'ordre dans ses affaires ; malheureusement il était trop tard. Après un dernier et désastreux essai en Angleterre, elle se retira à Revel, où, grâce à quelques amis, elle termina paisiblement ses jours. Le talent de cette cantatrice, sa voix d'une rare étendue et d'une remarquable souplesse, ses qualités de musicienne accomplie, la placèrent au premier rang des artistes de son temps. Cependant, elle demeura toujours sans grâce à la scène, et ne se montra vraiment supérieure que dans les concerts, et spécialement dans le style large de l'oratorio.

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