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MARA — MARCHESI

MARCELLO (Benoît), noble vénitien, magistrat, poète, littérateur et compositeur, naquit à Venise le 24 juillet 1686 et mourut à Brescia le 24 juillet 1739. Cet homme de génie, aussi remarquable par les services qu'il rendit à sa patrie que par ses talents de poète et de musicien, reçut d'abord une éducation solide dans la maison paternelle, et fut plus tard l'élève de Gasparini pour le contrepoint. Travailleur infatigable, tempérament prime-sautier, il éprouvait quelque peine à se plier aux exigences des étroites règles qui gouvernaient l'art de son époque; son imagination ardente l'entraînait souvent au-delà des limites tracées. Mais ses fautes — si toutefois fautes il y a — furent toujours contre-balancées par des traits si hardis, des accents si puissants, que l'art, en somme, n'eut rien à y perdre. Marcello emprunta beaucoup aux intonations juives d'Orient ou d'Espagne ; les formes dont il se servit ne furent pas toutes de lui, comme on l'a cru; mais, malgré cela, il n'en reste pas moins, par la richesse de la pensée, la variété dans les procédés, par une profondeur de sentiment admirable, l'un des chefs de cette belle école italienne à qui l'on doit l'art expressif de notre époque. L'œuvre musical connu de Marcello se compose de Concerti per instromenti, de Canzoni, de Missœ, de Pastorales^ de Brama per musica, d'oratorios et des [ameux Psaumes de David, qui passent à juste titre pour son chefd'œuvre. Marcello se maria secrètement, et voici dans quelles conditions romanesques. Des jeunes filles du peuple passaient en chantant dans une gondole sur le grand canal. La voix de l'une d'elles frappa le grand musicien. Vouloir connaître la chanteuse, lavoir, et reconnaître que la beauté des traits répondait à celle de la voix, fut l'affaire d'un instant. Bientôt après Rosana Scalp, devenait son élève; plus tard, elle fut son épouse. Marcello, dans sa jeunesse, aima le monde et les honneurs. En 1726, assistant au service divin à l'église des Saints- Apôtres, une pierre sépulcrale sur laquelle il se trouvait s'écroula, et quoiqu'il ne se fût fait aucun mal, il vit dans cet accident un avertissement du ciel. Marcello quitta dès lofS le monde et ses amis même, vécut dans la solitude et abandonna presque complètement la musique. Cependant il écrivit encore, sur un sujet religieux il est vrai, l'une de ses plus belles pages : il Triomfo délia poesia e délia miisica.

MARCHESI (Louis), célèbre sopraniste, né à Milan en 1755 et mort en cette ville en 1829, se fit entendre avec un succès éclatant et non interrompu, dans les rôles de femme, sur les principales scènes de l'Europe, de 1774 à 1806. Il obtint ses triomphes les plus enthousiastes

avec le rondeau : Mia speranza^ io per vorrei, de Sarti, et dans l'air de Blanchi : Se piangi e peni.

MARCHETTI (Filippo), compositeur dramatique, né à Bolognola le 26 février 1831, donna son premier opéra :la Gentile da Varcmo, au théâtre National de Turin, en 1856, avec assez de succès pour que ses compositions fussent dès lors bien accueillies sur toutes les scènesd'ItaUe. Ses meilleurs ouvrages sont Giuletta e Romeo et surtout Euy- Blas, qui a fait le tour de l'Italie avec un succès qui ne s'est pasdémenti.

MARCHISIO (Barbara et Carj.otta), chanteuses distinguées, nées^ toutes deux à Turin, la première en 1834, la seconde en 1836, embrassèrent la carrière du théâtre. Après avoir remporté ensemble de grands succès sur les principales scènes de l'Italie, Barbara comme contralto, Garlotta comme soprano, elles furent appelées à Paris en> 1860 pour y chanter à l'Opéra Sémiramis, dont la traduction française avait été faite pour elles. Leurs succès furent très grands, maiS' pourtant ne firent pas oublier ceux de la Malibran et de la Sontag dans les mêmes rôles.

MARÉCHAL (Charles-Hexri), compositeur, né à Paris le 22 janvier 1842, entra au Conservatoire en 1866. En 1870, il remporta le premier grand prix de Rome en même temps que M. Ch. Lefebvre. M. Maréchal a donné à TOpéra-Comique les Amoureux de Catherine (1876) et la Taverne des Trabans (1881). Il est, en outre, l'auteur des deux johs morceaux intercalés dans VAmi Fritz, de MM. Erckmann et Chatrian, et de quelques mélodies.

MARENZIO (Luc), compositeur de madrigaux, né vers 1550 à Coccaglia, mort en 1599 à Rome, est considéré comme l'un des plusgrands musiciens du seizième siècle. Élève de Jean Contini, maître de chapelle de Brescia, il entra d'abord au service du roi de Pologne. Le climat de ce pays ayant altéré sa santé et sa voix, qu'il avait très belle, il revint en Italie. Successivement maître de chapelle des cardinaux d'Esté et Aldobrandini, il fut agrégé au collège des Chapelains-chantres de la chapelle pontificale en 1595.

MARIANI (AjN'Gelo), compositeur et chef d'orchestre, né à Ravenne le 11 octobre 1822 et mort à Gênes le 13 juin 1873, reçut quelques conseils de Rossini et composa divers ouvrages (un Requiem, la Fi-

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danzata del guerriero et Gli Esuli, cantates ; des ouvertures, etc.). D'abord chef d'orchestre à Messine, puis à Copenhague, à Gênes et enfin à Bologne, il se conquit bien vite une réputation méritée dans cette fonction. Il dirigea, dans ces dernières années, les grandes exécutions de V Africaine, d'Aïda, de Lohengrin et du Tannhauser, qui eurent un si grand succès en Italie.

MARIO (Giuseppe), comte de GANDIA, ténor, né à Gaghari vers 1812, débuta à Paris à l'Opéra, en 1838, dans Robert le Diable et chanta, en 1840, VElisire d'amore aux Italiens. Sa réputation se fit à Dublin, où il chanta, en 1842, avec Lablache, Grisi, Tamburini, etc. Il revint ensuite à Paris, et resta environ vingt-six ans attaché au théâtre Italien, chantant à Londres pendant l'été. En 1849, cet artiste fit un voyage en Russie et, en 1854, partit pour l'Amérique. Ses succès furent très grands partout. En 1862, M. Mario voulut rentrer à rOpéra; il y parut dans les Huguenots, mais, cet essai ne lui ayant pas réussi, il s'empressa de revenir à la salle Yentadour. M. Mario chanta les principaux ouvrages de Rossini, Donizetti et Bellini; Don Giovanni de Mozart et plusieurs opéras de Verdi. Il a épousé la célèbre cantatrice Giulia Grisi. Aujourd'hui, retiré du théâtre depuis 1869, il est attaché, dit-on, à l'administration des beaux-arts à Rome.

MARMONTEL (Antoine-François), compositeur et professeur de piano, est né à Glermont-Ferrand le 18 janvier 1816. Admis au Conservatoire en 1827, il fut, à diverses reprises, lauréat de cet étabhssement et en sortit en 1827 pour se livrer à l'enseignement du piano. Nommé, en 1847, professeur de solfège, puis professeur de piano l'année suivante, M. Marmontel a formé un grand nombre d'élèves, dont quelques-uns sont devenus célèbres. Il a publié une centaine de morceaux pour le piano.

MARMONTEL (Émile-Antoine-Louis), compositeur et professeur , fils du précédent, est né à Paris le 24 novembre 1830. Premier prix de solfège, de piano et d'harmonie du Conservatoire, mentionné au concours de Rome en 1873, M. Marmontel fils est aujourd'hui professeur de solfège au Conservatoire et chef du chant à l'Opéra. Il a publié diverses compositions.

MARSCHNER (Henri), compositeur dramatique, né le 16 août 1795 à Zittau, mort le 15 décembre 1861, fut tourmenté, dès son jeune âge, par le désir d'écrire des pensées musicales, et, tout en apprc-

nant petit à petit les éléments de son art, il s'attaquait déjà à tous les genres, essayant de deviner ce qu'il n'avait pas appris. C'est ainsi que, vers l'âge de quinze ans, il écrivit la partition d'un ballet : la Fière Paysanne , pour une troupe de passage, sans avoir aucunes notions d'instrumentation. L'orchestre, naturellement, fut contraint de s'arrêter au bout de quelques mesures. On plaisanta le jeune auteur, qui en fit une grave maladie. Cependant, tout en continuant de s'instruire, recevant des conseils de tous, tantôt d'Héring, de Tomaschek, de Weber, de Schiclit, de Beethoven même, Marschner composait toujours. Il donnait, outre le ballet ci-dessus cité, sept opéras : la Montagne de Klffhaus, Saiclar, le Prince de Hambourg, la Belle Ella, etc.), sans pouvoir obtenir un succès sérieux. Enfin le Vampire fît son apparition au théâtre de Leipsick (1828) : le compositeur fut acclamé. L'année suivante, le Templier et la Juive obtinrent le même succès; puis ce fut le tour de Hans Heiling (1832). Ces trois opéras sont les meilleurs ouvrages de Marschner. Il en fit d'autres plus tard; mais ils réussirent moins bien. En 1823, il avait pris, avec Weber et Morlacchi, la direction de la musique de l'Opéra allemand et italien de Dresde ; plus tard il fut nommé maître de chapelle du roi de Hanovre de 1830 à 1849. Marschner s'était marié, en 1826, avec Marianne Wohlbruck, cantatrice distinguée, avec laquelle il voyagea beaucoup en Allemagne. Outre ses opéras, ce compositeur a laissé des œuvres dans tous les genres, œuvres parmi lesquelles on remarque ses morceaux pour le piano et quelques mélodies.

MARTIN (Jean-Blaise), célèbre chanteur de l'Opéra-Comique, né à Paris le 24 février 1768, mort à la Roncièire, près Lyon, le 28 octobre 1837, a donné son nom à l'emploi qu'il occupait à ce théâtre. Dès l'enfance, la voix du jeune Martin, très belle, lui permit de chanter dans de petits concerts de société. Ayant profité de l'époque de la mue, qui lui laissait des loisirs, pour apprendre le violon, il acquit bien vite une grande habileté sur cet instrument et ne cessa d'en jouer sa vie durant. Sa voix, une fois formée, se trouvant être un baryton d'une rare étendue, parlant des notes les plus graves de la basse pour monter jusqu'aux sons élevés du ténor, Martin voulut s'essayer au théâtre. Mais, sa voix ne semblant pas assez puissante pour l'Opéra, il chanta d'abord dans des concerts donnés à l'hôtel BuUion, et, s'y étant fait remarquer, il fut engagé au théâtre de Monsieur. Son début eut lieu en 1788, dans le Marquis de Tulipano, de Paisiello : le succès en fut des plus brillants. Bientôt le Nouveau Don Quichotte

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