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et les Visitandines tinrent commencer sa réputation. La Comédie italienne chercha alors à se l'attacher. En 1794 il entra à ce théâtre, et, avec M™" Dugazon et Saint-Aubin, Elleviou, etc., forma cet ensemble charmant qui fut célèbre dans toute l'Europe. Martin excella dans les opéras suivants : Gulnare, Zoraîme et Zulnai\ Maison à vendre, Trente et Quarante, etc., et plus tard, après la retraite d'EUeviou, l'Irato, Ma Tante Aurore, les Maris Garçons, Jean de Paris, le Nouveau Seigneur de village, Joconde, Jeannot et Colin, le Petit Chaperon rouge^ les Voitures versées, le Concert interrompu, où il jouait un solo de violon, etc., etc. Martin se retira du théâtre en 1823. Il fut professeur de chant au Conservatoire.
MARTINI (Le P. Jean-Baptiste), moine cordelier, compositeur et savant musicien, né à Bologne le 25 avril 1706, mort le 3 octobre 1784, fonda à Bologne une célèbre école de composition, selon les traditions de l'école romaine, et forma un grand nombre d'élèves distingués, parmi lesquels Mattei, Sarti, Zanotti, etc. Il était si estimé pour son érudition et son caractère, qu'il fut souvent pris comme arbitre dans les questions d'art en litige entre les musiciens de son temps, et comme juge dans les concours. Ses messes et motets en style concertant sont estimés.
MARTINI (Jean-Paul-Égide SCHWARTZENDORF, dit), compositeur, né à Freistadtle 1" septembre 1741, mort à Paris le 10 février 1816, sortant de l'Université de Fribourg en Brisgau et se trouvant sans ressources, résolut de tirer parti de ses connaissances en musique. Une plume qu'il jeta au vent décida de la direction de ses pas. 11 partit pour la France et s'arrêta à Nancy, où ses connaissances de l'orgue le firent accueillir chez un facteur du nom de Dupont. Là, il apprit le français et reprit ses études musicales pendant ses loisirs. A cette époque, pour diverses raisons, il crut devoir changer de nom. On le connut, dès lors, sous celui de Martini il Tedesco, et il fut attaché à la cour de Lorraine. Le prince Stanislas mort en 1764, Martini partit pour Paris et s'y fît connaître en remportant le prix dans un concours avec une marche militaire. Le duc de Choiseul le nomma officier à la suite dans les hussards de Chamboran, véritable sinécure qui lui permit de se livrer, sans soucis, à des travaux de composition jusqu'en 1771. 11 publia alors un grand nombre de morceaux militaires, de symphonies, de la musique de chambre, etc., et enfin donna son premier opéra : l'Amoureux de quinze ans, au théâtre Italien, avec
un brillant succès. Martini fut ensuite directeur de la musique du prince de Condé, puis du comte d'Artois, et acheta la survivance de la charge de surintendant de la musique du roi. Lorsqu'on ou\Tit le théâtre de Monsieur, il y fut nommé directeur de la musique. Au 10 août 1792, perdant tous ses emplois, il partit pour Lyon. En 1796, nommé inspecteur du Conservatoire, il garda cette place jusqu'en 1812. Après la Restauration, le roi lui rendit la charge dont il avait acheté la survivance sous Louis XVI. En 1816, il fit exécuter un Requiem pour l'anniversaire de la mort de ce roi. Ce fut son dernier ouvrage. D'une science musicale imparfaite, Martini se distingua par le charme, la naïveté et un sentiment touchant. Sa musique d'église est estimable; mais elle doit céder le pas à ses opéras, parmi lesquels on remarque r Amoureux de quinze ans, le Droit du seigneur, Henri IV ou la Bataille d'Ivry, etc. Enfin, c'est surtout par ses romances que ce compositeur est demeuré célèbre ; Plaisir d'amour, encore aujourd'hui, est à bon droit populaire. Martini est le premier qui ait publié en France des morceaux détachés avec l'accompagnement de piano. On se bornait, avant lui, à une basse, chiffrée ou non.
MASIM (François), compositeur de romances italien, né à Florence le 16 juillet 1804, mort à Paris le 20 août 1863, passa presque toute sa vie en France. On remarque, parmi ses meilleures mélodies : il Lamenta, Chanson bretonne. Ton Image, etc.
MASSÉ (Félix-Marie-Victor), compositeur dramatique, né à Lorient le 7 mars 1822, entra au Conservatoire en 1834, y obtint les premiers prix de piano (1838j, d'harmonie et d'accompagnement (1840), de contrepoint et fugue (1843). Le premier grand prix de Rome lui fut décerné en 1844. A son retour, il se fit remarquer par des mélodies sur les ùrientales de Victor Hugo, et débuta au théâtre avec la Chanteuse voilée (1852), un acte qui fut bien accueilli à l'Opéra- Comique. Galatée suivit de près, au même théâtre; puis vinrent les Noees de Jeannette (1853), la Fiancée du diable (1854), Miss Fauvette et les Saisons (1855), toujours à l'Opéra-Comique. Au théâtre Lyrique : la Reine Topaze (1856); le Cousin de Marivaux, au théâtre de Bade (1857) ; les Chaises à porteurs (Opéra-Comique, 1858) ; la Fée Carahosse (théâtre Lyrique, 1859) ; la Mule de Pedro (Opéra, 1863); Fior d'Aliza (Opéra-Comique, ,1866); le Fils du 6r/g'ac?«er (Opéra-Comique, 1867), enfin, Paul et Virginie (théâtre Lyrique, 1876). Dans cette série, la Chanteuse voilée, les Noces de Jeannette, Galatée, la Reine Topaze et
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Paul et Virginie sont comptés comme les meilleurs. M. Victor Massé a encore publié des recueils de Chants bretons, du Soir, d'Autrefois, qui contiennent de jolies mélodies. Le genre de M. Victor Massé est le demi-caractère. Son œuvre, sans être sérieux, n'est pas absolument léger; la clarté le distingue, et, si l'originalité n'y domine pas, au moins est-il toujours d'une bonne facture et d'une grande entente scénique. M. Victor Massé est professeur de composition au Conservatoire depuis 1866 et chef des chœurs à l'Opéra depuis 1860.
MASSENET (Jules-Émile-Frédéric), compositeur, est né le 12 mai 1842 à Montaud (Loire). Admis au Conservatoire en 1852, il obtint en 1859 le premier prix de piano. En 1 863, il recevait le premier prix de fugue et remportait le premier grand prix de Rome avec une cantate intitulée David Rizzio. A son retour il fit exécuter au Casino une graude <]euvre symphonique : Poinpeia, qui fut bien accueillie; aux concerts des Champs-Elysées, deux fantaisies pour orchestre (1866). L'année suivante, M. Pasdeloup donna aux Concerts populaires sa première Suite d'orchestre, et F Opéra-Comique la Grand'tante, un acte joliment troussé. Jusqu'en 1871, le jeune artiste sembla rester silencieux. Pourtant il publia le Poème d'Avril, le Poème du Souvenir, les Chants intimes, etc., pages colorées et charmantes, pleines de sentiment et d'humour, qui furent bien vite appréciées. En 1871, les Scènes hongroises firent leur première apparition aux Concerts populaires; Bon César de Bazan fut joué l'année suivante à T Opéra-Comique. Cet ouvrage, trop hâtivement et peut-être trop légèrement conçu, n'obtint que peu de succès. En revanche, avec Marie-Magdeleineei les Erynnies (Odéon, 1873), aveajÈue (Société de l'harmonie sacrée, 1875), M. Massenet retrouva sa vraie voie; l'accueil le plus chaleureux répondit à ses efforts. Enfin l'Opéra lui ouvrit ses portes. En 1877, il y donna le Roi de Lahore, opéra en quatre actes magistralement traité, et il est juste de dire ici en passant que si le succès de cet ouvrage n'a pas été plus considérable, il faut en accuser le Uvret plutôt que la musique. En 1881, M. Massenet a encore donné à Bruxelles un autre opéra ; Hérodiade, avec un éclat retentissant. A l'heure présente, l'ouverture de Phèdre, la Vierge, les Scènes dramatiques et pittoresques, d'autres Suites d'orchestre, les Scènes de bal, plusieurs mélodies et quelques productions légères, complètent ce que l'on connaît des œuvres de M. Massenet. D'une facture irréprochable, évitant toujours la banalité, elles indiquent chez le jeune et éminent compositeur une facilité prodigieuse à s'assimiler les styles les plus divers, une science
admirable de l'orchestre, une habileté de main incomparable, un goût distingué et comme un peu féminin ; enfin une élégante recherche de l'effet qui, n'étant pas exagérée, conduit l'esprit aux impressions les plus heureuses.
MATHIAS (Georges-Amédée-Sainclair), compositeur et professeur de piano, né à Paris le 14 octobre 1826, entra au Conservatoire en 1837, mais n'y demeura qu'une année. Après avoir travaillé le piano avec Kalkbrenner pendant quatre ans, il rentra dans cet établissement pour y étudier la composition. En 1859, M. Malhias donna de grands concerts qui mirent en relief son talent de symphoniste. Son ouverture d'Hamlet, le Camp des Bohémiens, sa première Symphonie, obtinrent un grand et légitime succès. Ses autres ouvrages se composent de concertos, de sonates et de pièces détachées parmi lesquelles on remarque les Esquisses d'après Gœthe, qui ont été souvent jouée> dans les concerts. M. Mathias a succédé à Laurent comme professeur de piano au Conservatoire et a formé d'excellents élèves.
MATTHESON (Jean), compositeur et célèbre écrivain sur la musique, né à Hambourg le 28 septembre 1681, mort dans cette ville le 17 avril 1764, fit des études très étendues en lettres, en sciences et en musique. 11 donna son premier opéra : les Pléiades, à dix-huit ans. Ami et compagnon de Haendel, il reconnut bientôt qu'il ne pouvait lutter avec ce génie au point de vue de la composition. Il choisit alors une autre voie, et s'occupa plus spécialement d'histoire, de critique, de théorie, de polémique musicale, etc. Ses travaux en ce genre sont considérables. C'est à lui que l'on doit la majeure partie des renseignements que l'on possède sur la vie de Haendel. Quant à ses compositions musicales, on en ignore la valeur ; il n'en reste aucune trace.
MAYR (Jean-Simon), compositeur, né le 14 juin 1763 à Mendorf (Bavière), mort à Bergame le 2 décembre 1845, jouait sur le piano, dès l'âge de dix ans, les morceaux les plus difficiles de Bach. En 1788 il vint à Bergame pour achever son éducation musicale, reçut les conseils de quelques maîtres, et, grâce à une facilité exceptionnelle, put acquérir seul, par d'utiles lectures, les connaissances qui lui manquaient. H débuta comme compositeur dans le genre religieux. Jacob a Labajio fugiens (1791), Sisara (1793), Tobiœ Matrimonium (1794), oratorios, obtinrent un tel succès, que leur auteur aurait vrai-^