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certaines formules déparèrent parfois ce bel ensemble. Méhul s'occupa beaucoup de l'organisation du Conservatoire (1795) et en fut l'un des inspecteurs. Il composa pour les fêtes républicaines un grand nombre d'hymnes et de chants patriotiques, entre autres le Chant du départ, le Chant de victoire^ le Chant du retour et la Chanson de Roland, qui sont restés célèbres.
MEILLET (Auguste-AlphOxNse-Edmond), chanteur et comédien distingué, né à Nevers le 7 avril 1828, mort à Veules (Seine-Inférieure) le 31 août 1871, débuta à l'Opéra dans l'Ame en peine ClSoO; ; fit une courte apparition à l'Opéra-Gomique, et se fixa enfin au théâtre Lyrique, où il trouva le succès. Les rôles principaux qu'il créa ou joua sont : Bonsoir, voisin, le Médecin malgré lui, Jaguarita, Richard Cœur de lion, Ma Tante Aurore, les Noces de Figaro, le Val d'Andorre, etc.
MEMBRÉE (Edmond), compositeur, né à Valenciennes le 14 novembre 1820, mort à Domont en septembre 1882, fut envoyé à Paris en 1834 aux frais de sa ville natale pour perfectionner son éducation musicale, entra au Conservatoire; puis se livra à l'enseignement et à la composition. Une mélodie : Page, écuyer, capitaine, qui fut populaire, attirant sur lui l'attention, M. Membrée voulut s'essayer au théâtre. Après avoir longtemps attendu, il parvint à faire représenter en 1874, à l'Opéra, l'Esclave, qui était reçu à ce théâtre depuis 1852, et à l'Opéra populaire (Ghâtelet), les Parias. M. Membrée a eu en outre deux petits ouvrages représentés, l'un à l'Opéra, François Villon (1857) ; le second, la Fille de l'orfèvre, à Bade (1863).
MENDELSSOHxN-BARTHOLDY (Jacques-Louis-Féijx), célèbre compositeur, né à Hambourg le 5 février 1809, mort à Leipsick le 4 novembre 1847, était fils d'un riche banquier gui vint s'établir à Berlin avec toute sa famille en 1812. Là, le jeune Féhx fut confié, pour la musique, aux soins de Zelter, qui le garda longtemps dans son école. D'une vive intelligence, d'une adresse peu commune dans tous les exercices du corps, à seize ans le jeune Félix eut terminé des études très étendues et se montra en même temps un cavalier accomph. Son talent sur le piano avait été formé à Berlin par Berger ; puis, dans un premier voyage à Paris en 1816, par M"'^ Bigot. A douze ans, il charmait le grand Goethe ; à quinze, il intéressait Chérubini et en recevait des conseils; à dix-sept, il composait des sonates, des quatuor, des lieder d'une bonne facture et donnait un
opéra en deux actes : les Noces de Gamache. Le jeune musicien pouvait maintenant courir le monde. Sa réputation était établie autour de lui, il lui fallait la sanction de l'étranger. Il partit en 1825. A Londres, en Allemagne, en Italie, où il se lia avec Berlioz, il obtint de grands succès comme virtuose et comme compositeur. A Paris (1831-1832), son talent reçut le meilleur accueil, mais ses compositions furent moins bien comprises et les efforts qu'il fit pour se produire au théâtre n'eurent pas de résultat. Mendelssohn garda de ce demi-échec une sorte de dépit contre la France et le manifesta en toute occasion. Ce fut à tort, car aucune des rares tentatives qu'il fit en ce genre ne réussit. En 1833, Mendelssohn fut désigné pour diriger le Festival de Dusseldorf. Il s'acquitta de ces fonctions avec un tel talent, qu'on le nomma sur-le-champ directeur de la musique de la ville, et là, avec son ami et collaborateur le poète ïmmermann, il chercha à donner une grande extension au théâtre en le montant par actions. L'entreprise ne réussissant pas, les deux amis se séparèrent (1835), et Mendelssohn se retira à Leipsick. C'est dans cette ville, ainsi qu'à Londres, où il se rendait presque chaque année, que le grand musicien eut ses plus beaux triomphes. Quand il parut pour la première fois au Gewandhaus comme directeur de ce concert, la salle tout entière se leva pour l'acclamer. Ce fut Justice, car les services qu'il rendit à l'art, à Leipsick, furent considérables. En récompense, le roi de Saxe le nomma son maître de chapelle honoraire €t l'Université lui conféra le titre de docteur es philosophie et beauxarts (1836). Mendelssohn alla ensuite à Berlin, comme directeur de la musique du roi de Prusse; mais, malgré les honneurs que devait lui attirer une si haute situation, il ne put se décidera se fixer dans cette ville et revint à Leipsick. Dans un voyage qu'il fit pendant l'été avec sa famille (1847), la mort inattendue d'une sœur adorée vint le plonger dans un chagrin si profond, que sa santé s'altéra sans qu'il y prit garde. De retour à Leipsick, une première attaque le frappa le 9 octobre, et fut bientôt suivie d'une seconde; à la troisième il succomba. Mendelssohn fut le descendant direct de ces hommes de génie qui s'appelèrent Bach, Haendel, Mozart, Haydn, Gluck et Beethoven.il tint de chacun d'eux une part de sa personnalité, et, sans s'élever à leur hauteur, les résuma de façon à se faire de l'ensemble affaibli de leur génie un caractère propre d'une allure plus moderne. Aussi, ce qui distingue sa musique, est-ce moins l'originalité des idées qu'une certaine coloration générale, pleine de sentiment et de grâce, qui se retrouve partout mêlée aux moindres phrases avec une suprême habi-
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leté. Sans doute on peut lui reprocher de ne jamais savoir finir, de craindre la banalité au point d'éviter avec trop de soin la cadence. Mais ces défauts sont si légers, comparés à l'ensemble des qualités ; le compositeur sait, d'ailleurs, en tirer des effets si charmants et si inattendus, qu'il faut bien se montrer indulgent à leur égard. L'œuvre de Mendelssohn, le théâtre mis à part, se montre supérieur dans tous les genres. Gomme musique symphonique, on remarque : la Symphonie-cantate, l'Écossaise et la Romaine; l'ouverture de la Grotte de Fing al; un concerto pour violon (op. 64), un autre pour le piano (op. 23), etc. Comme compositions pour voix et orchestre : Paulus, Elle, le Songe d'une nuit d'été, Antigone, AthaliCy Festgesang an die Kimstler, des Psaumes, etc. Enfin, presque toute sa musique de chambre ; celle de piano {Romances sans paroles), etc., des chœurs, enfin des lieder en nombre considérable.
MERGADANTE (S AVERio), compositeur italien, né àAltamura le 47 septembre 1793, mort à Naples le 17 décembre 1870, fit son éducation musicale au Collège royal de musique de Saint-Sébastien, à Naples, sous la direction de Zingarelli. Une cantate intitulée Bel Fondo fut son premier début au théâtre. Depuis lors, sans grande originalité, écrivant trop rapidement, Mercadante produisit une quantité d'ouvrages médiocres qui obtinrent plus ou moins de succès. On cite comme les meilleurs : Elisa e Claudio, Didone, Donna Caritea, I Giuramento, le Bue illustre Rivale. I Briganti, qui fut joué à Paris en 1836, n'eut pas de succès. En 1833, Mercadante avait été nommé maître de chapelle de la cathédrale de Novare.
MÉREAUX (Jean-Amédée LE FROID de), connu sous le nom (ÏAmédée Méreaux, professeur et écrivain sur la musique, né à Paris en 1803, mort en J874, après avoir reçu une solide éducation musicale, donna des concerts, puis se retira à Rouen , où il se livra à l'enseignement. On compte parmi ses élèves M"" Tardieu de Malleville, Aloys Klein, Dautresme, etc. Amédée Méreaux, outre un grand nombre de morceaux pour le piano, publia un important ouvrage : les Clavecinistes de 1637 à 1790, et collabora comme critique à plusieurs journaux, entre autres, au Journal de Rouen. Son grandpère, Jean-Nicolas de Méreaux, était compositeur et avait donné, de 1775 à 1793, à la Comédie italienne, plusieurs ouvrages. Son père, Joseph-Nicolas de Méreaux, musicien distingué, fut désigné pour tenir
l'orgue dressé au Champ de Mars pour la première fête de la Fédération.
MERKLIN (Joseph), lacleur d'orgues, né le 17 janvier 1819, a construit un grand nombre d'instruments importants en France, en Belgique, en Espagne, etc.
MERMET (Auguste), compositeur, né vers 181o, a donné à l'Opéra le Roi David (1846), Roland à Roncevaux (1864) et Jeanne d' Arc (1876), ouvrages plus que médiocres.
MERULLO (Claude), organiste et musicien célèbre du seizième siècle, dont le véritable nom est Merlotti, naquit à Corregio en 1533 et mourut à Parme en 1604. Il fut imprimeur de musique à Venise en 1566 et quitta cette profession pour entrer comme organiste au service du duc de Parme en 1584. Claude Merullo se distingua dans le genre madrigalesque et enrichit l'art musical de formes nouvelles.
MÉTRA (Jules-Louis-Olivier), compositeur et chef d'orchestre, né à Reims le 2 juin 1830, s'est livré presque exclusivement à la composition de la musique de danse. Parmi ses valses les plus populaires on compte le Tour du monde, la Vague, les Roses, etc. 11 est, en outre, l'auteur de quelques opérettes données aux Folies-Bergère et d'un ballet intitulé Yedda, représenté à l'Opéra en 1879.
MEYERBEER (Giacomo), illustre compositeur dramatique, né à Berhn le 23 septembre 1791, mort à Paris le 2 mai 1864, s'appelait réellement Jacques Liehmann Béer et appartenait à une famille opulente et avantageusement connue dans les sciences et les arts. Il était encore dans la première enfance lorsqu'un ami de sa famille, du nom de Meyer, lui laissa par testament toute sa fortune, à la condition expresse d'ajouter le nom de Meyer à celui de Beei\ C'est ainsi que le jeune Béer s'appela Meyerheer [Giacomo n'est que la traduction italienne du nom de Jacques). Dès l'âge de neuf ans, le jeune Meyerheer fut l'un des pianistes les plus habiles de Berlin et se produisit avec succès dans les concerts. Il se mit ensuite à la composition sous la direction d'Anselme W'eber, mais, ce professeur lui paraissant insuffisant, il entra dans l'école que l'abbé Vogler, le plus savant musicien de l'Allemagne, dirigeait à Darmstadt, et y acquit en deux ans des connaissances aussi sérieuses qu'étendues. A vingt ans, Meyerbeer donna son premier ouvrage : Dieu et la Nature,
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€t cet oratorio lui valut d'être nommé compositeur de la cour. Il partit alors avec son maître pour parcourir l'Allemagne, continuant de s'instruire et produisant chemin faisant. Son premier opéra : la Fille de Jephté, fut donné à Munich en 1813. C'était presque encore un oratorio ; il ne réussit pas à la scène. En revanche, le jeune artiste fit merveilles comme virtuose à Vienne vers la fin de la même année, et ses Amours de Thécelinde y furent si bien accueillis, qu'on lui confia immédiatement Abimeleck ou les Deux Califes, dont le succès fut moins heureux. Ici se termine ce que l'on peut appeler la première manière deMeyerbeer, manière un peu guindée, tout empreinte encore des travaux de l'école et que l'Italie allait bientôt transformer. Ce fut à Venise, où il s'était rendu sur les conseils de Saliéri, que s'opéra cette modification profonde. Là, Meyerbeer s'enthousiasma pour un art que précédemment il méprisait ; il en comprit toutes les ressources au point de vue vocal et produisit sous cette influence Romilda e Costanza (Padoue, 1818), Semiramide riconosciuta (Turin, 1819), Eduardo e Cristina et Emma de Resburgo (Venise, 1820), Margherita d'Anjou (Milan, 1820), l'Esule di Granata (Milan, 1822) et Almanzor, opéra non terminé pour cause de maladie. L'année suivante fut employée par Meyerbeer à rétablir sa santé; à écrire à Berlin la Porte de Brandebourg ; enfin, à conférer avec l'auteur de Freyschutz, son ami, sur la voie nouvelle dans laquelle il était entré et qui était généralement l'objet des critiques de l'école allemande. Ces discussions intimes ne furent pas sans fruit pour Meyerbeer, car de ce moment date la fin de sa seconde manière. Il Crociato , donné à son retour en Italie (Venise, 1824), et qui obtint rapidement un succès immense, dans les principales villes d'Europe, marqua la transition. La forme est bien encore italienne dans cet opéra, mais le génie propre du compositeur s'y montre davantage : l'influence de la scène française va bientôt le dégager entièrementr En 1826, appelé à Paris pour les représentations de son Crociato, Meyerbeer ne le vit point sans étonnement ne réussir qu'à demi. Les nouvelles exigences du milieu dans lequel il se trouvait, les triomphes de Rossini lui donnèrent alors sérieusement à réfléchir. Pendant six ans il se recueiUit. Mais aussi, quand il reparut, en 1830, ce fut avec un chefd'œuvre : Robert le Diable. Sa véritable voie était enfin trouvée , et dès lors il allait y marcher avec assurance. Les Huguenots (1836), te Prophète (1849), l'Africaine, qui ne fut jouée qu'après sa mort, en 1863, y marquèrent autant de glorieuses étapes. Pendant la période de treize années qui s'écoula entre l'apparition
des Huguenots et celle du Prophète, Meyerbeer fut appelé à Berlin, par le roi de Prusse, pour y diriger sa chapelle. Là, il composa une quantité de psaumes, de cantates religieuses, de morceaux de différents genres et, de plus, donna trois ouvrages importants : la Festa nella corte di Ferrara, cantate avec tableaux (1843), le Camp de Silésie (1844) et enfin Struensée, chef-d'œuvre parfait d'une rare puissance dramatique, composé pour un drame posthume de son frère, Michel Béer (1846). Dans la même année, il écrivit encore sa première Marche aux flambeaux [Fackeltanz). Après le succès du Frophète, qui l'appela à Paris, Meyerbeer retourna à Berlin. Il y composa la Marche des archers bavarois et un Hymne de fête pour l'anniversaire du mariage du roi de Prusse. Après ces grands travaux, l'altération de sa santé l'obligea au repos. Il reparut cependant à Paris en 1854, mais cette fois pour prendre possession de la scène de l'Opéra-Gomique avec l'Étoile du Nord, puis, en 1859, avec le Pardon de Ploèrmel, ouvrages puissants qui réussirent tous deux avec éclat. Dans le principe, l'Étoile du Nord ne devait être qu'une adaptation française du Camp de Silésie ; mais, entraîné par son sujet, l'illustre maître y fit de tels changements, qu'il ne resta plus dans l'ouvrage donné en France que cinq ou six morceaux de la partition primitive. L'œuvre de Meyerbeer se complète par un nombre considérable de pièces écrites dans tous les genres, parmi lesquelles on remarque : trois grandes marches aux flambeaux, la Schiller-March, la Marche du couronnement, plusieurs chœurs détachés avec ou sans accompagnement, des cantates religieuses et autres, le Génie de la Musique à la tombe de Beethoven, etc., et une quantité de mélodies : le Moine, le Poète mourant, Suleika, le Délire, etc.
Meyerbeer occupe dans l'art dramatique une place unique qu'il doit à son seul génie. Tout est neuf, tout est invention chez cet homme immense : idées, combinaisons, facture, orchestre ; et lorsque, avec une puissance et une variété merveilleuses, il a élargi les cadres anciens, multiplié les moyens d'expression, créé des caractères typiques, il sait encore, avec une science admirable des progressions, s'élever à des hauteurs que personne avant lui n'avait jamais atteintes.
MICHOT (Pierre-Jules), ténor distingué, naquit à Lyon en 1832. Il vint à Paris à l'âge de vingt ans et fit ses premiers débuts dans un café-concert. Des études suivies ayant développé eon talent et les qualités natives de sa voix, il fut engagé au théâtre Lyrique en 1857,