ORTIGUE — PAGANINI
PAËR (Ferdinand), compositeur dramatique célèbre, naquit à Parme le J^' juin 1771 et mourut le 3 mai 1839. Paër apprit la musique en se jouant, et ses études ne furent jamais très sérieuses. A seize ans, il fit son premier opéra : la Locanda de' Vagabondi (Parme, 1789), qui fut bien accueilli. Plus de vingt-cinq autres lui succédèrent sur les principales scènes d'Italie, jusqu'à son voyage à Vienne, et n'obtinrent pas moins de succès : IDue Sardi (Venise, 179G), Grnse/<ia (Parme, 1796), etc. A Vienne, la musique de Mozart, qu'il fut à même d'entendre, modifia son style: CamîUa (Vienne, 1801); il Sargîno (Dresde, 1803), etc. Nommé maître de chapelle à Dresde en 1801, Paër mit encore plus de soin à ses ouvrages. A Tépoque de l'occupation de Dresde par l'armée française (1806), Napoléon, ayant entendu l'Achille, en fut si satisfait, qu'il tint à s'attacher son auteur. Paër vint à Paris; mais cette ville ne lui fut point profitable. De compositeur, il passa courtisan et ne s'occupa plus que de s'attirer des faveurs. Lui, qui en dixsept ans avait fait représenter trente-six ouvrages, ne produisit plus que de loin en loin. On en compte huit seulement pendant l'espace de vingt-huit années : Agnese (Parme, 1811); le Maître de chapelle (Paris, 1824), etc., etc. Paër fut directeur de la musique du théâtre Italien de 1812 à 1827, sous les différentes administrations qui se succédèrent pendant cette période.
PAGANINI (Nicolas), illustre virtuose violoniste, né à Gènes le 18 février 1784, mort à Nice le 27 mai 1840. Fils d'un pauvre facteur du port de Gènes, brutal et violent, mais aimant la musique, il joua du violon dès l'âge de six ans. Deux ans plus tard, il écrivit sa première sonate. Son maître, Giacomo Costa, l'obligeant chaque dimanche à jouer à l'église un concerto nouveau, son talent grandit rapidement. A neuf ans, il exécuta, dans un concert, des variations de sa composition sur l'air de la Carmagnole. Il obtint un grand succès et com mença, dès lors, à voyager avec son père. De retour à Gênes, il se mit à travailler seul, avec une énergie et une ténacité remarquables ; cherchant les difficultés, les effets nouveaux, réalisant tout ce qui avait' été fait de plus ardu avant lui, et y ajoutant tous les casse-cou que son imagination pouvait lui fournir. Ce fut par ces efforts prodigieux et solitaires que se forma ce talent qui n'a jamais eu d'égal et qui n'en aura jamais, car il n'a pas laissé de tradition. Talent de virtuose merveilleux plutôt que de musicien, fait de tours de force, d'adresse, de rapidité vertigineuse, de sonorités étranges, diverses, opposées; talent qui éblouissait, fascinait, véritable feu d'artifice
d'effets inusités et foudroyants, mais auquel manquait le charme profond, la nuance délicate et sentie qui émeut, enfin cette indéfinissable expression, indice d'un sentiment complet de la poésie et de l'art. Aussi Paganini joua-t-il toujours de préférence sa propre musique, faite de difficultés entassées les unes sur les autres, musique que lui seul pouvait jouer, car il ne la communiquait jamais. Il se sentait inférieur dans celle des autres et particulièrement dans le genre classique. Habile à tirer parti des moindres détails pour s'en faire un élément de succès, il sut exploiter jusqu'aux accidents. Un jour, au milieu d'un morceau, sa chanterelle vint à casser; Paganini, sans s'arrêter, continua sur les trois autres cordes et acheva le morceau aux acclamations de son auditoire. Dès lors, il étudia ce tour de force, et, depuis, on le vit souvent casser successivement trois de ses cordes'et ne plus jouer que sur la quatrième. — A quinze ans, Paganini, lassé des mauvais traitements que lui faisait subir son père, quitta la maison paternelle, et parcourut l'Europe en véritable triomphateur; gagnant des sommes considérables, qu'il perdait ensuite au jeu, car il avait cette passion poussée à l'extrême. Une fois, il joua jusqu'à son violon ; les transes qu'il éprouva furent si poignantes, paraît-il, qu'à partir de ce moment il jura de neplus jouer et tint parole. L'envie et la calomnie s'acharnèrent longtemps sur ce virtuose de génie. On lui reprocha d'être rapace et sans cœur, d'avoir commis des actions infamantes et jusqu'à des crimes. Les attaques furent si violentes, qu'il dut recourir à la presse pour se défendre. Rien de tout cela n'avait de fondement. Orgueilleux à l'excès, fantasque, Paganini eut parfois des torts de caractère ; mais il sut compatir au malheur, et il parut souvent dans les concerts de bienfaisance. Prodigue de sa santé et de ses forces, il fut emporté par une phthisie laryngée, dont le climat de Nice ne put arrêter les progrès. A sa mort, l'archevêque de Nice lui refusa la sépulture, et il ne fallut pas moins de cinq ans pour obtenir des autorités religieuses la permission d'inhumer ses restes dans un petit village du duché de Parme. — Dans la crainte d'être copié, ou imité, Paganini écrivit rarement ses œuvres ; aussi n'en reste-t-il qu'un petit nombre. Les plus connues sont la Clochette, le Mouvement perpétuel, les Sorcières, et des variations sur l'air d'I taiiti palpiti, sur le Carnaval de Venise, etc., etc.
PAISIELLO (Jean), compositeur dramatique célèbre, né à Tarente le 9 mai 1741, mort le 5 juin 1816 à Naples, fit son éducation musicale au Conservatoire de San-Onofrio, à Naples. La Pupilla et il Mondo a