PAISIELLO — PALESTRINA
rovescio, joués au théâtre Marsigli de Bologne, furent ses premiers essais à la scène et commencèrent sa réputation. Après avoir donné successivement quelques autres ouvrages dans différentes villes italiennes, il augmenta singulièrement sa célébrité avec il Marchese di Tulipano, à Rome, opéra qui fit bientôt le tour de l'Europe. L'Idolo Cinese, à Naples, acheva de le placer au premier rang, et le Bue Comtesse^ ainsi que la Bifatta di Bario (Rome, 1876), lui valurent de tous côtés d'avantageuses propositions. Entre toutes, il choisit Saint- Pétersbourg. Là, il composa la Serva Padrojia, il Barbiere di Siviglia^ la lYmefii, etc., opéras d'une facture plus riche, que l'auteur appelait sa seconde manière, et dont la série se termine par il Re Teodoro, ouvrage donné en passant par Vienne, à son retour en Italie, huit ans après son départ. Paisiello se fixa à Naples et y resta treize ans, pendant lesquels il donna la Molinara, Wtna, I Zingari in Fiera, etc., qui commencèrent sa troisième manière. En 4802, le premier consul appela Paisiello à Paris, pour diriger sa chapelle. Outre les morceaux religieux qu'il composa pour sa nouvelle fonction, ce compositeur écrivit Proserpine (1803), qui ne réussit pas. S'apercevant, à cette époque, des atteintes que l'âge apportait à son talent, il quitta Paris, se rendit à Naples et y reprit ses fonctions à la Cour. Le dernier ouvrage qu'il y donna fut I Pitagorici. Le nombre des opéras de Paisiello s'élève à plus de cent, et ses autres compositions importantes, à un nombre égal.
PALADILHE (Emile), compositeur, est né à Montpellier le 3 juin 1844, fit de brillantes études au Conservatoire et remporta le premier grand prix de Rome en 1860. En 1872 il a donné avec succès à rOpéra-Comique le Passant et en 1875, au même théâtre, l'Amour africain. M. Paladilhe a publié plusieurs recueils de mélodies d'une jolie couleur et a transcrit pour chant et piano, sous le titre de Mandolinata, un charmant air populaire italien aujourd'hui fredonné partout.
PALESTRINA (Giovanni PIERLUIGI, surnommé DA), parce qu'il naquit en cette ville (campagne de Rome) vers 1524, mourut à Rome en 1594. Palestrina, maître illustre dont les travaux ont marqué dans la renaissance de l'art musical, vint à Rome vers 1540, et fit partie, avec Jean Animuccia, Etienne Rettini et autres, de la première école musicale fondée à Rome par Goudimel. En 1551, il fut nommé maître des enfants de chœur de la chapelle Giulia et fut le
premier auquel on ait donné le titre de maître de chapelle. Son premier recueil de messes, dédié au pape Jules 111, le fit nommer par ce pontife maître de la chapelle pontificale, malgré la faiblesse de sa voix, et en dépit des règlements en \igueur, ce qui le fit mal venir de ses collègues. Quelques mois plus tard, le pape Paul IV ayant décidé que la chapelle pontificale n'aurait plus de chantres mariés, Palestrina et deux autres chantres, mariés comme lui, furent brutalement chassés et se trouvèrent sans ressources. Le grand musicien accepta alors d'être maître de chapelle à Saint-Jean de Latran et y demeura jusqu'en 1561. Ce fut pour cette éghse qu'ilcomposa ses Improperii, dont la célébrité devait bientôt lui procurer l'honneur de réformer le chant de l'Église. Depuis le treizième siècle l'usage s'était peu à peu établi, dans les pays chrétiens, de composer les Messes à plusieurs voix sur un chant quelconque : fort souvent un air populaire aux paroles Hcencieuses. La première partie était occupée par le thème avec ses paroles, tandis que les autres chantaient le texte sacré sur un contrepoint plus ou moins habilement dessiné. Le Concile de Trente, ayant reconnu qu'il y avait là abus et même scandale, résolut d'interdire dans les églises tout morceau composé sur des paroles profanes, ou sur des sujets différents entremêlés. Or, le répertoire ordinaire n'était généralement composé que d'ouvrages de cette sorte ; il fallait ou en créer un nouveau, ou supprimer la musique et revenir à l'ancien /'awa^-èourdon. Palestrina fut désigné pour essayer de réaliser la réforme nécessaire. Sa responsabilité était grande, car ce n'était pas moins que l'avenir de l'art qui était enjeu sur cette question. Le célèbre maître sut se montrer à la hauteur de sa mission. Il présenta trois messes à six voix, que l'on exécuta chez le cardinal Vitelozzi. Elles furent acceptées sur l'heure, et la troisième particulièrement fut déclarée un chef-d'œuvre. Dès lors il fut décidé que la musique serait conservée à la chapelle pontificale ainsi que dans toutes les églises de la chrétienté. Outre cela, les messes de Jean Pierluigi de Palestrina furent indiquées comme modèles. Cette révolution ne devait pas être la seule accomplie par le génie du maître. Celle-ci ne touchait qu'à la forme, il restait à faire encore une autre révolution dans le fond. Jusqu'à cette époque les musiciens, même les plus grands, avaient écrit sur des paroles données, sans trop se soucier du caractère propre à celles-ci. Il est facile de le reconnaître d'après ce qui vient d'être dit plus haut. Non seulement on ne se doutait pas alors de ce que nous nommons auiouvd'hmï expression, mais le sens musical, l'alliance du caractère de la musique avec celui