‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 68 sur 97 · PALESTRINA — PAPE · texte numérisé non relu

PALESTRINA — PAPE

(les paroles étaient chose inconnue. Palestrina est le premier qui ait compris la nécessité d'imprimer à la musique un caractère en rapport avec sa destination. Cet art nouveau, il en fut le créateur. 11 déblaya peu à peu le style de TÉglise du fatras de subtilités qui l'étouffait, élagua l'ornementation inutile, élargit la pensée, et ainsi donna naissance au caractère musical. La fameuse Messe du pape Marcel est un bel et typique exemple de cette seconde réforme de l'art. Un sentiment de douceur grave y est répandu , une largeur inusitée y apparaît dans les combinaisons harmoniques ; les voix y chantent merveilleusement, en s'appuyant bien sur le sens des paroles. Aussi cette messe admirable demeurera-t-elle dans l'histoire de l'art comme un des plus beaux monuments de la pensée humaine. De Saint-Jean de Latran, Palestrina passa en 1561 à Sainte-Marie Majeure avec les mêmes fonctions. Il y resta jusqu'en i371 et entra alors à la chapelle de Saint-Pierre du Vatican. Dans le même temps il devint directeur de la musique de l'Oratoire, ainsi que de l'École de contrepoint fondée par Nanini. Le pape Grégoire XIII le chargea de la revision de tout le chant du Graduel et de l'Antiphonaire romain. Mais la mort ne laissa pas au grand artiste le temps d'achever cet énorme travail . Palestrina lutta pendant toute sa vie contre le besoin et mourut dans la misère.

PANSERON (Auguste-Mathieu), compositeur et professeur, né à Paris le 26 avril 1796, mort le 29 juillet 1859, entra au Conservatoire en 1804, y obtint successivement les premiers prix de solfège, d'harmonie et de composition, et remporta le premier grand prix de Rome en 1813. Après de longs voyages en Europe, il revint à Paris en 1818, et fut nommé professeur de chant au Conservatoire en 1824. Panseron a donné à la scène deux petits ouvrages: la Grille du parc (théâtre Feydeau, 1820) et l'Ecole de Rome (Odéon, 1827), mais c'est surtout à ses romances : Malvina, Au revoir, Louise, J'attends encore, la Fête de la Madone, etc., et à ses ouvrages didactiques : A B C musical, Solfège d'artiste, Solfège de pianiste, etc., Méthode de vocalisation, etc., qu'il doit sa réputation.

PAPE (Jean-Henri), facteur de pianos, né en Souabe en 1787 et mort à Asnières en 1875, vint à Paris en 1811 et dirigea pendant plusieurs années les ateliers de M. Pleyel. En 1815, il fonda lui-même une manufacture de pianos, et se distingua par quelques perfectionnements qui lui valurent des récompenses.

PASCAL (Prosper), compositeur et critique musical, né vers 1825, a donné les ouvrages suivants au théâtre : le Roman de la rose (théâtre Lyrique, 1854) ; la Nuit aux gondoles (théâtre Lyrique, 1861) ; le Cabaret des Amours (Opéra-Comique, 1862). Il est l'auteur de la traduction française de V Enlèvement au sérail^ donné au théâtre Lyrique en 1859, et a participé comme critique musical à la création du Ménestrel^ du Cowrier du Dimanche, etc.

PASDELOUP (Jules-Étienne), chef d'orchestre français, fondateur des Concerts populaires de musique classique, naquit à Paris le 1 5 septembre 1819, et entra au Conservatoire en 1829. Après avoir remporté plusieurs récompenses, dont un premier prix de piano en 1833, il devint répétiteur de solfège dans cet établissement (1841) ; de clavier (1847); professeur agrégé de la classe d'ensemble vocal (1855). M. Pasdeloup s'était d'abord fait entendre dans les concerts lorsque, après la révolution de 1848, il fut nommé gouverneur du château de Saint-Cloud. Il ne garda que peu de temps ces fonctions. En 1851, il fonda la Société des jeunes artistes du Conservatoire, qui donna ses concerts à la salle Herz ; plus tard il organisa au Cirque d'hiver les Concerts populaires de musique classique, qui donnèrent leur première matinée le dimanche 27 octobre 1861, aux acclamations enthousiastes d'environ quatre mille personnes. En 1866, il adjoignit à ces séances des concerts permanents avec orgue. Cette nouvelle entreprise ne dura qu'une saison. En 1868, M. Pasdeloup prit en main la direction du théâtre Lyrique. Il y donna de fort belles représentations de Rienzi, d'Iphigénie en Tauride, etc., mais des frais trop considérables l'obligèrent à se retirer avant l'achèvement de la seconde année. M. Pasdeloup a rendu d'éminents services à l'art musical. Avec les Concerts populaires, concerts qu'il dirige encore aujourd'hui avec une habileté remarquable, il a rendu accessibles à tous les chefs-d'œuvre symphoniques de toutes les écoles ; il a élevé la moyenne du goût public ; enfin, ce qui est d'un intérêt plus grand encore, il a puissamment contribué à la fondation de la jeune école symphonique française. C'est en effet grâce à ses efforts que MM. Bizet, Saint-Saëns, Massenet, Guiraud, Lalo, Bourgault-Ducoudray, Lenepveu, etc., ont pu mettre en lumière leurs belles productions orchestrales. M. Pasdeloup d'ailleurs n'a pas manqué d'imitateurs. Sans compter Paris, qui possède aujourd'hui cinq entreprises du même genre, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Marseille, etc., en France; Londres, Turin, Bruxelles^ Madrid, Moscou, etc., etc., à l'étranger.

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