PÉLISSIER — PERRIN
sa fameuse Serva Padrona, dont la célébrité s'est continuée jusqu'à nous. Moins heureux avec il Maestro di musica, il Geloso schernito, lo Frate innamorato, il Prigionier superbo, Adriano in Siria, Zivietta Tracolo et la Contadina astuta, il retrouva un instant la chance avec Flaminio pour la reperdre bientôt avec VOlympiade. La beauté de tous ces ouvrages ne fut appréciée qu'après la mort de Pergolèse, et, chose bizarre, l'enthousiasme qu'ils excitèrent fut au moins aussi chaleureux que les chutes avaient été glaciales. La Serva padrona, il Maestro di musica furent souvent repris en Allemagne et en France ; l'Olympiade obtint aussi à ses reprises de longs succès. Après l'Olympiade, Pergolèse écrivit encore un remarquable Salve regina et un Stabat mater, son chef-d'œuvre. Ces productions furent les dernières. Une maladie de poitrine, occasionnée par des excès, enleva en peu de temps l'illustre maître.
PERRIN (Pierre, connu sous le nom de rA66é), fondateur de l'opéra français, naquit à Lyon vers 1620 et mourut en 1675 à Paris. L'abbé Perrin, qui porta le petit collet, mais ne fut jamais prêtre, fut un poète médiocre, mais un homme industrieux. Ayant eu l'occasion d'assister aux divertissements que Ton donnait chez Gaston d'Orléans, et d'entendre chez la reine les troupes italiennes qui venaient la distraire en chantant leurs opéras, il eut la pensée d'organiser à Paris des spectacles de même genre, mais conçus dans le goût français. Pour arriver à ses fins, il fit lui-même un livret coupé selon ses idées et chargea Robert Cambert d'en composer la musique. Ce premier essai d'opéra, intitulé : la Pastorale, comédie en musique, fut joué à Issy, chez un sieur De la Haye, maître d'hôtel de la reine (1 659). Le succès en fut tellement retentissant, que le roi lui-même voulut l'entendre. La troupe se rendit alors à Vincennes afin de la représenter devant lui. Encouragés par un si beau début, Perrin et Cambert se remirent à l'œuvre, et ils allaient donner V Ariane lorsque la mort de Mazarin vint tout empêcher. Perrin, cependant, n'en continua pas moins de s'occuper de ces projets. Le 28 juin 1669, il obtenait de Louis XIV, par lettres patentes, le privilège d'ouvrir un théâtre nouveau portant le nom d'Académie des opéras, trouvait un bailleur de fonds, faisait construire une salle sur l'emplacement du jeu de paume, dit de la Bouteille; réunissait chœurs, orchestre et chanteurs ; et le 19 mars 1671 Pomone, opéra en cinq actes et un prologue, faisait sa première apparition avec un succès si considérable, que pendant huit mois tout Paris s'y porta et que les bénéfices s'élevèrent à 120000 Kvres. Mal-
heureusement pour Perrin, ses associés révincèrent ; Lulli, à son tour, s'empara du privilège de ceux-ci au mois de mars 1672, et il en fit depuis ce que chacun sait. Quant au pauvre Perrin, dépossédé, il mourut dans la misère.
PERSIAM (Fan-ny JâCCHINARDI, épouse), cantatrice célèbre, née à Rome le 4 octobre 1812 et morte à Neuilly-sur-Seine le 3 mai 1867, débuta à Livourne dans Francesca da Rimini, en 1832. Son succès fut si éclatant qu'elle fut appelée immédiatement après à Padoue, à Venise, à Milan, à Rome, à Naples, où Donizelti écrivit pour elle Luciadi Lammcrmoor, à Gênes, à Pise, etc. En 1837, elle se fit entendre à Paris, aux Italiens, et demeura attachée à ce théâtre jusqu'en 1849, époque à laquelle elle perdit sa voix. Comme cantatrice dramatique, ^ime Persiani fut l'un des derniers beaux talents de Tancienne et remarquable école itaUenne. L'émission de sa voix et la pureté de ses vocalises étaient d'une rare perfection.
PESSARD (Émile-Louis-Fortcné), compositeur dramatique, né à Montmartre-Paris le 29 mai 1843, remporta le premier prix d'harmonie au Conservatoire et le grand prix de Rome en 1866. Après son voyage d'Italie, il donna avec succès la Cruche cassée à TOpéra- Comique, et en 1878 le Char, au même théâtre. Quelque temps après, le théâtre Lyrique, reconstitué à la salle Yentadour, donna de lui le Capitaine Fracasse, et l'ouvrage fut bien accueilli. On connaît encore de M. Emile Pessard les Joyeusetés de bonne compagnie, petit recueil de mélodies d'un sentiment piquant, et plusieurs autres compositions de genres divers.
PETRELLA (Enrico), compositeur italien, né à Palerme le 10 décembre 1813, mort à Gênes le 7 avril 1877, commença son éducation musicale à Naples, où il eut entre autres maîtres Rellini et Zingarelli. Ses études étaient loin d'être achevées lorsqu'à seize ans l'occasion se présenta pour lui de se produire à la scène. Malgré son ignorance, malgré Topposition absolue de Zingarelh, le jeune homme préféra quitter le Conservatoire et accepta les propositions qui lui furent faites. Il Diavolo color di rosa parut au théâtre de la Fenice vers 1830, et, malheureusement pour son auteur, il eut quelque succès. Petrella abandonna dès lors toute étude pour se livrer complètement à la composition. Doué d'un sentiment mélodique très développé, d'un instinct de la scène des plus remarquables, ces qualités