‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 72 sur 97 · PHILIPOT — PICCINI · texte numérisé non relu

PHILIPOT — PICCINI

de Léo, puis de Durante. Ses études terminées en 1734, il donna de suite son premier ouvrage : la Bonne dispettose, et obtint du premier coup un accueil flatteur. Encouragé par ce succès, il donna en peu de temps le Gelosie, il Curioso del proprio danno et Zenobia à Naples (1753-1756); Alessandro nelle Indie (1758) et la Cecchina ou la Buona Figliuola (1760) à Rome. Ces deux derniers opéras, de beaucoup supérieurs aux premiers, eurent un grand retentissement. La Cecchina surtout causa un véritable délire. Ce titre devint à la mode ; on fit tout à la Cecchina. A ces succès vint se joindre la complète réussite de l'Olympiade en 1761 , et à partir de ce moment, la renommée de Piccini n'eut plus d'égale. Il jouissait en paix de son triomphe, continuant à produire sans relâche, au milieu de sa famille, car il avait épousé en 1756 son ancienne élève, Vincenza Sibilla, dont il eut plusieurs enfants, lorsque la versatilité des Romains vint tout à coup jeter le trouble dans son bonheur. On lui suscita un rival, Anfossi, qui venait d'avoir quelques succès. Bien plus, on chercha au maître qui pendant quatorze ans avait été l'idole de Rome et de toute l'Italie, une mauvaise querelle, et l'on n'eut point de cesse qu'il n'eût quitté la ville. Piccini quitta Rome en effet, mais en jurant de ne jamais écrire désormais pour elle. Il retourna à Naples, où le succès des Viaggiatori felici lui rendit un peu de calme. En 1776, il fut appelé à Paris. Là commença pour lui une lutte bien autrement gigantesque et terrible, car il avait cette fois Gluck pour adversaire. Ce fut Boland qui marqua la première passe. Le sujet en avait été donné à la fois à Gluck et à Piccini; mais le premier, n'admettant pas encore de compétition, se retira. Il n'y eut donc que le Roland de Piccini qui parut à l'Opéra en 1778 avec un succès considérable, malgré les efforts des Gluckistes, et aussi malgré une infériorité relative provenant de la gêne éprouvée par le compositeur dans une langue qui lui était étrangère. Avec VIphigénie en Tauride, la lutte entra dans sa seconde phase. Comme précédemment, le sujet avait été donné à tous deux. Les deux rivaux allaient donc se trouver cette fois sur le même terrain, car ni l'un ni l'autre ne reculait. VIphigénie en Tauride de Gluck, représentée en 1779, fut un véritable triomphe; celle de Piccini, au contraire, ne rencontra, en 1781, qu'un accueil glacial. Piccini fut donc vaincu. Mais il sortit du combat avec les honneurs de la guerre, car, depuis 1778, nommé directeur de la troupe italienne qui alternait avec celle de l'Opéra, il avait pu se révéler favorablement avec Atys (1780) et quelques-uns de ses meilleurs ouvrages. La guerre des Gluckistes et des Piccinistes était à peine apaisée, que

l'auteur d'Atys eut à soutenir un nouvel assaut. La cour lui opposa Sacchini. Cette fois la lutte ne fut pas longue. La Bidon de Piccini écrasa la Chimène de son rival (1783); et ainsi, le premier put continuer d'écrire pour la scène française. Jusqu'en 1791, il donna à Paris encore une dizaine d'ouvrages : le Dormeur éveillé, le Faiix Lord, etc., puis il retourna en Italie avec sa famille. On le fêta sur son passage et à Naples on reprit son Alessandro pour son arrivée. Cependant les événements politiques du moment, le mariage d'une de ses filles avec un Français, devaient encore lui causer bien des peines. On siffla ses opéras, on alla jusqu'à lui intimer l'ordre de ne pas sortir de chez lui; en outre, mille autres malheurs l'assaillirent. Il supporta tout avec courage. L'arrivée des Français en Italie vint heureusement le tirer de cette triste situation. Il repartit pour Paris en 1798 et y fut reçu avec transport. On lui rendit une partie de la pension dont il avait joui précédemment, et il fut nommé inspecteur du Conservatoire en 1800. Cependant tant de soucis, de luttes et de chagrins avaient épuisé ses forces, il mourut peu de mois après. Piccini fut d'une fécondité extraordinaire. En l'espace de trente-neuf ans, il écrivit environ cent dix opéras, de nombreux oratorios et une quantité de morceaux de musique religieuse.

PICCOLOMINI (Maria), cantatrice itahenne, née à Sienne en 1836, descend d'une famille d'artistes. Elle débuta à Florence, en 1852, dans Liicrezia Borgia avec un grand succès ; puis chanta successivement à Rome, Pise, Palerme, Bologne et Turin, dans les grands rôles du répertoire et particulièrement dans les ouvrages de Verdi. A Londres, elle obtint de véritables triomphes; et à Paris, en 1856, l'accueil ne fut pas moins chaleureux. Devenue marquise de Gaetanipar son mariage, en 1863, elle quitta le théâtre.

PILATI (Auguste PILATE, dit), compositeur, né à Bouchain (Nord) le 29 septembre 1810, mort à Paris le 1" août 1877, s'est adonné spécialement à l'opérette, aux saynettes, pour les petits théâtres et les cafés-concerts. Il a écrit cependant quelques ouvrages plus relevés : les Barricades, avec E. Gauthier, et les Étoiles (théâtre Lyrique, 1848-1854); le Naufrage de la Méduse, avec MM. Grisar et de Flotow (Renaissance, 1839); le Roi du Danube (Londres, 1837), etc. M. Pilati a été chef d'orchestre des théâtres de la Porte-Saint-Martin et Beaumarchais, et a composé beaucoup de musique pour les drames, les pantomimes, etc.

PICCOLOMINI — PLANQUETTE. 29i

PINSUTI (CiRo), compositeur, professeur et pianiste italien, né à Sinalunga le 9 mai 1829, commença dès l'âge de onze ans à se produire comme pianiste dans les concerts; 'puis il fit des études musicales complètes. S'étant rendu à Londres après 1848, il y a été nommé, dans les années suivantes, professeur de perfectionnement du chant à l'Académie royale de musique. Pendant l'Exposition universelle de Londres, en 1871, M. Pinsuti fut désigné pour représenter l'Italie aux fêtes musicales qui y furent données, et fit exécuter à cette occasion, par douze cents chanteurs, un hymne de sa composition. M. Pinsuti a fait représenter à Bologne, en 1873, il Mercante di Venezia, et à Milan Mattia Corvino, en 1877. Ces deux ouvrages ont été bien accueillis. Il a aussi composé des romances parmi lesquelles on cite les Quatre Sonetti.

PISAM (Bartolomeo), compositeur et chef d'orchestre, né à Constantinople en 1811, est élève de Mercadante. Il a donné à Gonstantinople, en 1863, Ladislao; à Milan, en 1863, Rebecca; à Venise, la Gitana, en 1876. M, Pisani a fait exécuter à Paris, en 1864, une grande fantaisie pour orchestre, soli et chœurs, sur les Djinns de

PISARONI (Benedetta-Rosamurda), cantatrice italienne, née à Plaisance (Italie) le 6 février 1793, est morte en cette ville le 6 août 1831. Douée d'une voix puissante et d'un talent supérieur, cette artiste d'élite obtint de vifs succès au théâtre, quoiqu'elle fût absolument défigurée par la petite vérole. Elle débuta à Bergame dans (hnselda en 1811, et parcourut ensuite l'Italie. En 1827, elle vint à Paris, et y parut au théâtre Italien dans le rôle d'Arsace de Semiramide. Elle y fut très goûtée, ainsi que dans la Doua del lago et l'Italiana in Algeri.

PLANQUETTE (Robert), pianiste et compositeur, né en 1850, s'est adonné spécialement au genre de l'opérette et du café-concert. Après avoir composé plus de quatre cents chansons et un certain nombre de bluettes : Méfie-toi de Pharaon, Paille d'avoine, On demande une femme de chambre, etc., il donna au théâtre des Folies-Dramatiques les Cloches de Corneville, qui obtinrent un succès fou. Depuis, M. Planquette a fait jouer les Voltigeurs de la trente-deuxième, trois actes, à la Renaissance ; la Cantinière, trois actes, aux Nouveautés ; les Chevaulêgers, un acte, à l'Eldorado, etc. En 1882, ce compositeur a donné, à Londres, un opéra-comique en trois actes : Rip-van-Winckle, qui a

obtenu un succès prodigieux. Les qualités de M. Planquette sont la variété de l'inspiration, l'entente de la scène et un grand charme mélodique.

PLANTADE (Charles-Henri), compositeur, né à Pontoise le 19 octobre 1764, mort à Paris le 18 décembre 1839, se fit d'abord connaître par des recueils de romances. Te bien aimer, ma chère Zélie, une de ces petites pièces, eut, en 1791, un succès populaire inouï. Plantade écrivit aussi des opéras-comiques qui reçurent un bon accueil : Zoé, ou la Pauvre Petite, Palma, ou le Voyage en Grèce, le Mari de circonstance, etc. Plantade, qui avait été le maître de chant de M^'^ Hortense de Beauharnais, devint maître de chapelle de Louis-Napoléon, roi de Hollande, quand il quitta la classe de chant qu'il occupait au Conservatoire depuis 1802. n reprit après la Restauration son emploi au Conservatoire jusqu'en 1828.

PLANTADE (Charles-François), fils du précédent, né le 14 avril 1787, mort à Paris le 26 mai 1870, fut élève du Conservatoire, et entra ensuite dans l'administration. Compositeur de romances et de chansonnettes, il a obtenu de nombreux succès populaires avec le Thé de Madame Gibou, l'Ouvreuse de loges, les Jolis Soldats, le Bureau de placement, le Retour du voltigeur, etc. Il a contribué à fonder la Société des concerts du Conservatoire et la Société des auteurscompositeurs et éditeurs de musique, dont il est resté le président jusqu'à sa mort.

PLANTÉ (François, dit Francis), pianiste distingué, né à Orthez le 2 mars 1839, se fit entendre en public dès l'âge le plus tendre. Admis au Conservatoire en 1849, il remporta le premier prix de piano en 1 850. Associé ensuite à MM. Alard et Franchomme dans leurs remarquables séances de musique de chambre, il continua d'obtenir des succès d'enfant prodige. Après de longs et lointains voyages, M. Planté reparut à Paris, en 1872, dans plusieurs concerts. Sa grande vélocité, une précision absolue, et une délicatesse de nuance poussée jusqu'à l'afféterie, lui valurent un moment de vogue extraordinaire. Cependant on eût désiré rencontrer dans son talent plus de qualités viriles.

PLEYEL (Ignace), compositeur célèbre, éditeur de musique et facteur de pianos, né en 1757 à Ruppersthal, près Vienne (Autriche), mort, près de Paris, en 1831, fut le vingt-quatrième enfant d'un maître d'école qui en eut ensuite quatorze autres. Vers 1772, il de-

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