‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 73 sur 97 · PLANTADE — POISE · texte numérisé non relu

PLANTADE — POISE

vint l'élève et le pensionnaire de Joseph Haydn, et ne quitta ce grand maître qu'en 1777, pour visiter l'Italie. Là, après s'être essayé dans la musique de chambre, il donna à Naples une Ifigenia qui obtint quelque succès. En 1783, Pleyel, nommé maître de chapelle adjoint à Strasbourg, vint occuper son poste. Pendant dix ans, il écrivit sans relâche et s'acquit une grande réputation dans la musique instrumentale. En 1793, le Professional Concert de Londres l'appela pour soutenir la lutte commencée contre son ancien maître Haydn, qui produisait ses symphonies à l'entreprise rivale d'Hanover-Square, et là, ses succès comme compositeur furent considérables. La Révolution inquiéta quelque temps Pleyel. H fut dénoncé en 1793, et ne put échapper à la mort qu'en composant séance tenante la musique d'un poème pour l'anniversaire du 10 août. Il passa sept jours et sept nuits à ce travail, qui fut une de ses plus belles œuvres. En 1795, Pleyel se rendit à Paris avec sa famille, et fonda une maison d'édition de musique à laquelle il adjoignit plus tard une fabrique de pianos devenue aujourd'hui l'une des plus célèbres du monde entier. La musique de Pleyel, après avoir eu longtemps une vogue extraordinaire, est aujourd'hui tombée dans l'oubli.

PLEYEL (Marie-Félicité-Denise MOKE, épouse), femme de Camille Pleyel, fils du précédent, est née à Paris le 4 septembre 18U et mourut à Saint-Josse-ten-Noode-lez-Bruxelles le 30 mars 1873. L'une des plus remarquables pianistes de notre temps, elle fut successivement l'élève de J. Hertz, Moschelès, Kalkbrenner, et parcourut l'Europe en se faisant entendre dans les concerts avec de grands succès. Nommée professeur de piano au Conservatoire de Bruxelles en 1848, ^mo Pleyel occupa cette place jusqu'en 1872. Liszt a dit de son école « qu'elle était la seule qui fût appropriée à l'art dans toute son extension )>.

POISE (Jean-Alexandre-Ferdinand), compositeur dramatique, né à Nîmes le 3 juin 1828, entra au Conservatoire en 1850 et étudia la composition avec A. Adam, puis avec Zimmermann. Il a donné : au théâtre Lyrique, Bonsoir, misin (1853), et les Charmeurs (1855) ; à l'Opéra- Comique, les Absents, Bom Pedro (1858), le Jardinier galant (1861), le Corricolo (1868), les Trois Souhaits (1 873), /e* Surprises de l'Amour (1877) et l'Amour médecin (1882). Le premier et les deux derniers de ces ouvrages ont obtenu de francs succès. M. Poise a encore donné aux Bouffes-Parisiens le Thé de Polichinelle (1856), et à l'Athénée, les Deux

Bilkts (1870). En ce moment, un nouvel ouvrage de ce compositeur au talent aimable : Joli Gilles, est en répétition à l' Opéra-Comique.

POISOT (Charles-Émile), musicographe et compositeur, né à Dijon le 7 juillet 1822, entra au Conservatoire en 1844, dans la classe d'Halévy, et y étudia la composition. Il donna, à l'Opéra-Comique, le Paysan, en 1850, et composa plusieurs autres opéras qui n'ont pas été représentés ; des opéras de salon, un Requiem et diverses mélodies. Comme écrivain, on lui doit un Essai sur les musiciens bourguignons du neuvième au dix-neuvième siècle; une Histoire de la musique en France depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, etc. M. Poisot a fondé à Dijon, en 1868, un conservatoire de musique qu'il a dirigé pendant trois ans ; une société de musique religieuse et classique qui a donné de très beaux résultats ; enfin, cette ville lui est encore redevable de la statue de Rameau qu'elle possède aujourd'hui. ■*

POLIGNAC (Edmod-Jeax-Marie-Melchior, prince de), dilettante et compositeur, né le 19 avril 1834, a composé beaucoup d'œuvres orphéoniques, dont plusieurs ont été couronnées {Oh est le bonheur ? la Vieillesse, etc.). Une cantate : Don Juan et Haydée, a aussi remporté le prix de la Société académique de Saint-Quentin. Il a publié, en outre, plusieurs recueils de mélodies.

PONCHARD (Louis-AîVTOmE-ÉLÉo>.ORE) chanteur distingué, né le 31 août 1787, à Paris, mort en cette ville le 6 janvier 1866, fut admis au Conservatoire en 1808, y remporta le premier prix de chant en 1810 et débuta à l'Opéra-Comique en 1812. Fort médiocrement doué par la nature, Ponchard suppléa à ces qualités par un talent accompli, un charme et, une finesse d'expression véritablement admirables. Parmi ses meilleurs rôles, il faut citer les Événements imprévus, Zémire et Azor, etc., pour l'ancien répertoire. Quant à ses créations, la Dame blanche, le Petit Chaperon rouge, le Maçon, Mazaniello, Joconde, la Sérénade, le Concert à la Cour, etc., furent réputées les plus remarquables.

PONCHIELLI (Amilcar), compositeur dramatique italien , né le i^^ septembre 1834 à Paderno Fasolaro, a fait ses études musicales au Conservatoire de Milan (1843-1854) et a donné, sur divers théâtres, plusieurs opéras, parmi lesquels I Promessi Sposi (Crémone, 1856, et Milan 1872), le Due Gemelle (Milan, 1873) et I I?ÏMa?zi (Milan, 1874), ont obtenu de grands succès.

POISOT — PORPORA. 295

PONIATO WSKI (Joseph-Michel-Xavier-François-Jean, prince), compositeur dramatique, petit-neveu de Stanislas II, dernier roi de Pologne, est né le 20 février 1816 à Rome, et mourut à Londres le 3 juillet 1873. Il a écrit pour la scène plusieurs ouvrages. Jean Procida (Florence 1838), Don Desîderio (Pise, 1839), Bonifazio dei Geremei (Rome, 1844), Malek-Adel (Gênes, 184G), Esmeralda (Livourne, 1847), Tierre de Médicis (Paris, 1860), la Comtessina (Paris, 1863) et Gelmina (Londres, 1872), sont les plus saillants.

PORPORA (Nicolas), compositeur célèbre, né à Naples en 1686, mort en cette ville en 1766, fit son éducation musicale au Conservatoire de Santa Maria di Loreto et donna au théâtre des Fiorentini son premier opéra : Basilio, Re di Oriente. Il écrivit ensuite pour Rome Bérénice, qui lui valut les félicitations de Haendel (1710). En 1712, après avoir donné à Naples Flavio Anicio Olihrio (1711), il ouvrit dans cette ville une école de chant qui fut bientôt renommée (Farinelli, Caffarelli et Porporino en sortirent), et en 171911 fut nommé maître du Conservatoire des Pauvres de Jésus-Christ. Jusqu'en 1728, Porpora multiplia ses productions soit à la scène, soit à l'église, dans différentes villes d'Italie. Dans le nombre on remarque : il Martirio di santa Eugenia, oratorio (Naples, 1722) ; Siface (Venise, 1726), dont le succès le fit nommer maître du Conservatoire des Incurables ; Arianna e Teseo (Venise, i727) et enfin, les Douze Cantates, qui passent pour son chefd'œuvre. En 1728, Porpora fut appelé à Dresde pour enseigner le chant à la princesse Marie-Antoinette. Il remplissait ses fonctions depuis un an, lorsque la noblesse de Londres, pour faire échec à Haendel, qui dirigeait dans cette ville un théâtre d'opéra, vint l'engager à prendre en main la direction de l'Opéra-ItaUen. Pour lutter avec un tel maître, il fallait des éléments puissants ; aussi Porpora appela-t-il à l'aide Farinelli et Senesino, les plus fameux chanteurs du temps. Il réussit si bien dans sa tâche difficile, qu'il resta à Londres plusieurs années et- ne revint à Venise qu'en 1736. Après avoir donné dans cette ville plusieurs ouvrages, il fut emmené à Vienne par l'ambassadeur de Venise. C'est pendant ce voyage qu'il rencontra Haydn et lui donna quelques conseils. Porpora revint à Naples vers 1759. Il y donna encore quelques ouvrages médiocres, puis termina ses jours dans la misère. Son œuvre, qui comprend une cinquantaine d'opéras, de cantates et une grande quantité de musique religieuse, est plutôt recommandable parla facture, quoique celle-ci soit trop chargée d'ornementations inutiles, que par l'abondance et l'originalité des idées.

POTIER (Henri-Hippolyte)j compositeur et professeur, né le 10 février 1816 à Paris, mort en cette ville le 9 octobre 1878, fut admis au Conservatoire en 1827 et obtint, en 1831, un premier prix de piano. Il a donné avec succès : à l' Opéra-Comique, le Caquet du couvent (1846) et il Signor Pascariello (1848) ; à l'Opéra, le ballet A e/za et Mysis, ou l'Attelcmc (1850) et divers petits ouvrages. Chef de chant à l'Opéra de 18o0 à 1856, M. Potier, depuis longtemps professeur suppléant au Conservatoire, avait été nommé titulaire d'une classe de chant en 1875.

POULTIER (Placide-Alexandre-Guillaume), chanteur français, né à Villequier (Seine-Inférieure) le 27 mai 1814, était fils d'un marin et exerça d'abord la profession de tonnelier à Rouen. La beauté de sa voix le décida un jour à entrer dans les chœurs du théâtre ; peu de temps après, il chantait seul, en public, avec un succès fou. A partir de ce moment il abandonna l'atelier pour les coulisses. M. Malliot le forma, et en 1840 il partit pour Paris. Poultier débuta à l'Opéra, vers la fin de la même année, dans Guillaume, la Juive et la Muette. Ce dernier ouvrage surtout lui valut un triomphe. Dans la suite, ce ténor voyagea en province, puis revint à l'Opéra. Depuis 1856, il a complètement renoncé au théâtre, se bornant à chanter de temps à autre dans les concerts. II s'est depuis retiré à Villequier. Ses meilleurs rôles furent dans la Muette, la Dame Blanche, etc.

PRADHER (FÉLICITÉ MORE, épouse), chaateuse et comédienne française, née à Carcassonne le 6 janvier 1800, morte à Gray le 12 novembre 1876, parut dès l'âge de cinq ans sur la scène, dans le rôle de Jeannette du Déserteur. A dix ans, elle chantait au théâtre et dans les concerts à Montpellier; enfin, à seize ans, elle débuta à TOpéra- Comique. Dourlen écrivit pour elle un rôle dans le Frère Philippe. Ensuite elle brilla successivement dans LéocacZie, leMaçon, la Vielle, Marie, Fra Biavolo, le Chalet, l'Éclair, le Cheval de ôrorzze, etc., créations qui lui firent le plus grand honneur. Elle se retira du théâtre en 1835.

PRIOLA (Marguerite-Marie-Sophie POLLIART, dite), née à Paris le 2 octobre 1849, morte à Marseille le 27 octobre 1876, entra au Conservatoire dans une classe de solfège (1862), puis dans celle du chant (1865) , et débuta au théâtre Lyrique dans Rioizi (6 avril 1869). Quoique simple coryphée, la sensation qu'elle produisit alors avec le solo du joli chœur des Messagers de la Paix fut si vive, qu'un mois après elle créait brillamment à ce théâtre un véritable rôle, celui de

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