POTIER — PUGNO
la duchesse dans Don Quichotte. Ce succès lui ouvrit d'emblée les portes de l'Opéra-Comique. Là, elle créa successivement Rêve d'amour (1869), l'Ombre (1870), le Passant et Don César de Bazan (1872), le Roi l'a dit (1873) et le Florentin (1874), qui achevèrent de mettre en lumière les qualités de sa voix et la souplesse de son talent. La même année^ M^^^ Priola se rendit à Bruxelles et chanta au théâtre de la Monnaie. Malheureusement, après un court séjour, sa voix s'altéra et ni les soins ni le repos ne purent lui rendre ses qualités premières. En vain la courageuse artiste voulut-elle reprendre la scène à Marseille, dans le rôle de Philine de Mignon. Son échec fut complet et, en quelques jours, le désespoir la tua.
PRUDENT (Emile BEUNIE), pianiste et compositeur pour le piano, né à Angoulême le 4 avril 1817, mort à Paris le 5 juin 1863, fut admis au Conservatoire en 1826, obtint un premier prix de piano en 1833 et se voua, en 1836, au culte de l'acrobatie musicale, après avoir entendu jouer Thalberg, le grand chef de cette nouvelle école. Toujours en voyage soit en France, soit à l'étranger, ses succès dans ce genre de musique, qu'il alimentait d'ailleurs de ses productions, allèrent croissant jusqu'à sa mort.
PUGET (LoïsA LEMOINE, née), célèbre compositeur de romances, née à Paris, fut en grande vogue vers 1830. La Confession du bandit, A la grâce de Dieu ! le Soleil de ma Bretagne, etc., furent populaires. M""Loïsa Puget a donné à l'Opéra-Comique le Mauvais Œil, en 1836, et au théâtre du Gymnase, la Veilleuse, ou les Nuits de Milady, en 1869.
PUGET (Paul-Charles-Marie CURET), compositeur, né à Nantes le 25 juin 1848, est fils d'un chanteur distingué de l'Opéra-Comique. Il a fait ses études musicales au Conservatoire et, dès 1871, avait déjà fait exécuter publiquement une cantate et une opérette de sa composition. M. Paul Puget a remporté en 1873 le premier grand prix de Rome.
PUGNO (Raoul), compositeur et pianiste distingué, né à Paris le 23 juin 1852, entra au Conservatoire en 1866; y remporta le premier prix de piano la même année; celui d'harmonie et de solfège l'année suivante ; celui d'orgue et de fugue en 1869, et se hvra à l'enseignement et à la composition. M. Pugno, qui est aujourd'hui organiste de Saint-Eugène, a fait un court séjour au théâtre Italien comme chef
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des chœurs. On connaît de lui quelques jolies œuvres : une grande sonate pour le piano ; le Roman de la Marguei^ite, petit poème en prose pour piano et chant, de charmants ballets pour orchestre, de nombreux morceaux pour le piano, et un grand oratorio : la 'Résurrection de Lazare, qui a obtenu un véritable succès, en 1879, aux concerts Pasdeloup. Il s'est aussi essayé au théâtre et a donné à la Renaissance 'Ninetta, opéra-comique en trois actes, qui a été plus apprécié des musiciens que du public.
PURCELL (Henri), illustre compositeur anglais, né en 1658 à Londres, mort en 1695, était le fils d'un musicien de la chapelle de Charles II. A dix-huit ans, il fut nommé organiste de l'abbaye de Westminster, et remplit plus tard la même fonction à la chapelle royale (1684). Purcell se révéla en 1677 par la musique qu'il écrivit pour le drame Abelazor. Parti de là, il composa pour le théâtre un nombre considérable d'ouvrages parmi lesquels la Reine indienne, le Roi Arthur, Bonduca, etc., sont comptés comme autant de chefsd'œuvre. Dans le genre religieux, il ne se montra pas moins supérieur. On cite particulièrement un Te Beum et un Jubilate, qui sont du lapins grande beauté. Purcell fut sinon le plus grand, du moins l'un des premiers compositeurs de l'Angleterre. Il tient la tête de cette pléiade de musiciens remarquables qui illustra l'art anglais à cette époque, et qui prépara les voies au génie de Haendel. Original par la pensée, varié de forme, riche par la facture, sa réputation se répandit partout. Purcell introduisit le premier, en Angleterre, l'emploi des instruments dans la musique d'église.
QUANTZ (Jeax-Joachim), célèbre flûtiste, né à Oberschaden (Hanovre) en 1697, mort à Potsdam en 1773, apprit d'abord le violon, la trompette et le hautbois ; mais, désespérant d'arriver à un grand talent sur ces instruments, il les abandonna pour la flûte et obtint rapidement de très beaux succès. Après avoir passé ses premières années en voyages artistiques dans les principales villes de l'Europe, s'instruisant de tout, écoutant les chanteurs, et les prenant pour modèles, la supériorité de son talent de flûtiste le fit engager par la cour de Saxe à Dresde en 1727. 11 y resta jusqu'en 1741, composant,
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voyageant, donnant des leçons, entre autres au prince royal de Prusse. Celui-ci, monté sur le trône sous le nom de Frédéric II, fit à Quantz des offres si avantageuses, qu'il abandonna la cour de Saxe. Les fonctions du flûtiste étaient de diverses natures. Chaque jour il jouait des duos avec le roi, écrivait toute la musique que celui-ci composait ou exécutait et battait la mesure dans les concerts intimes. Quantz a perfectionné la flûte en y ajoutant une clef et en inventant la pompe d'allonge, qui permet d'accorder l'instrument. Comme compositeur, ce grand artiste s'est montré d'une fécondité rare. Il a écrit, rien que pour le roi de Prusse, plus de trois cents concertos avec orchestre ; deux cents pour flûte seule ; des duos, trios, etc., en quantité. Quantz a en outre publié plusieurs ouvrages didactiques, entre autres un Essai d'une méthode pour apprendre à jouer de la flûte traversière, qui a rendu de grands services à l'art et a été traduit dans toutes les langues.
QUIDANT (Joseph, dit Alfred), pianiste et com.positeur pour le piano, né le 7 décembre 1815 à Lyon, a été attaché comme essayeur de pianos à la maison Érard vers 1832. Quelques-unes de ses productions légères sont assez connues : Mazeppa, les Mystères du cœur, l'Horloge à musique, la Valse de l'accordeur, etc., etc.
QUINAULT (Jean-Baptiste-Maurice), connu sous le nom de Quinault l'Aîné, acteur de la Comédie française depuis 1712 jusqu'en 1733, était excellent musicien et chantait avec goût. C'est à lui qu'on doit la musique de presque tous les divertissements et intermèdes qu'on exécutait sur ce théâtre à cette époque : les Captifs, Cartouche, Pandore, le Divorce de V Amour et de la Raison, le Dénouement imprévu, etc., etc. II refit aussi ceux du Bourgeois Gentilhomme et de la Princesse d'Élide.
RABUTEAU (Victor-Alfred PELLETIER), pianiste, violoniste et compositeur, né à Paris le 7 juin 184-3, a fait son éducation musicale au Conservatoire, et, au concours de Rome de 1868, a obtenu le premier grand prix, concurremment avec M. Wintzweiller. On a exécuté de lui, en dehors de sa cantate, le Passage de la mei' Muge,
comme envoi de Rome au Conservatoire, et une suite d'orchestre
RADOUX (Jean-Théodore), compositeur belge distingué, directeur du Conservatoire de Liège, a fait ses études musicales au Conservatoire de cette ville et y fut nommé d'abord professeur de basson en 1856. En 1859, il remporta le grand prix de Rome de Bruxelles. Il a fait exécuter le Festin de Balthazar,ia.h\edi\i symphonique (Liège, 1861); l'Art et la Liberté, pour harmonie et chœurs (Verviers), etc.; le Béarnais, opéra-comique (Liège, 1866); la Coupe enchantée (Bruxelles, 1872), etc. Il a publié un grand nombre de mélodies, des chœurs orphéoniques, etc.
RAFF (Joseph-Joaghim), compositeur allemand, né le 27 mai 1822 àLachen (Suisse), se livra d'abord aux études universitaires et ce ne fut qu'en 1843 qu'il embrassa définitivement la carrière artistique. Pendant de longues années, la fatahté sembla le poursuivre. Vainement Mendelssohn et Liszt s'efforcèrent de lui procurer les moyens de se produire, il n'y put parvenir. La protection de Hans de Bulow, à Stuttgard, fut heureusement plus efficace. On exécuta de Raff un grand morceau symphonique ; le succès en fut si éclatant, que l'auteur se mit immédiatement à écrire un opéra : le Roi Alfred, dont la représentation, retardée par la révolution de 1848, n'eut lieu qu'en 1850. Malheureusement cet essai ne fut pas heureux, et Raff comprit qu'il n'était pas fait pour le théâtre. Il se consacra dès lors à l'art symphonique et à la musique de chambre, avec des alternatives de succès énormes et de chutes complètes qui tinrent à la nature même de son talent. Raff est, en effet, le plus inégal des compositeurs. Tantôt il sait s'élever jusqu'aux plus hauts sommets; tantôt il s'abandonne à des élucubrations plates et triviales. Partisan déclaré de l'école de \N'agner, Raff a soutenu ses doctrines dans plusieurs écrits, et s'est aussi occupé de critique courante. Dans son œuvre, déjà considérable, ses symphonies A la Pairie, Dans la forêt, etc., des sonates pour piano et violon, piano et violoncelle ; des trios, quatuor, etc., sont les morceaux les plus remarquables.
RAIMONDI (PiETRo), compositeur célèbre et professeur éminent, né à Rome le 20 décembre 1786, mort en cette ville le 30 octobre 1853, fit au Conservatoire de la Pieta dei Turchini, à Naples, de très sérieuses études musicales. Son début au théâtre eut lieu à Gênes, avec
RADOUX — RAMEAU. âOl
le Bizzarrie d'amore,eni801. Il écrivit ensuite pour Florence, Rome, Naples, Milan, etc., plusieurs ouvrages, et réussit particulièrement dans le genre bouffe : il Fanatico deluso, lo Sposo agitato, il Ventaglio, etc. (i 808-1831). De 1824 à 1832, il fut directeur de la musique des théâtres royaux de Naples ; puis il fut nommé professeur de composition à Palerme; enfin, en 1850, il devint maître de chapelle de Saint-Pierre au Vatican. Ce composiieur, dont le nom serait plus considérable aujourd'hui s'il n'avait été éclipsé et comme absorbé par celui de Rossini, se distingua plutôt par une puissance de combinaison extraordinaire que par l'originaHté de la pensée. Comme preuve de cette faculté prodigieuse il donna, vers 1852, à Rome, un triple oratorio intitulé Joseph, formé de trois oratorios différents, pouvant s'exécuter séparément ou simultanément, de façon à donner ainsi naissance à cinq combinaisons distinctes. L'effet de ces trois chœurs, de ces trois orchestres, de ces trois groupes de soli, se mêlant, se réunissant dans un tutti formidable tout en conservant chacun leur caractère propre et sans qu'on ait à regretter la perte d'aucun détail, fut d'un effet aussi grandiose qu'imposant. L'œuvre de Raimondi compte parmi les plus considérables. En moins de quarante-cinq ans ce grand musicien a composé et fait exécuter soixante-deux opéras, cinq oratorios (non compris le Joseph), vingt et un ballets, un nombre considérable de messes et d'autres compositions pour l'église.
RAMEAU (Jean-Philippe), le plus illustre musicien français du dix-huitième siècle, naquit à Dijon le 25 septembre 1683 et mourut à Paris le 12 septembre 1764. D'une famille qui cultivait la musique avec goût. Rameau se montra rebelle à toute autre étude dès son jeune âge. Il ne voyait, ne comprenait que la musique ; et encore, uniquement la musique française, car étant allé à Milan en 1701, les chefs-d'œuvre des plus grands maîtres italiens n'eurent pas le pouvoir de le charmer. Après s'être fait avantageusement connaître comme organiste dans plusieurs villes de France, il vint à Paris en 1717. Ce voyage ne fut pas heureux. Sans ressources, sans protecteurs, Rameau ne put non seulement se produire comme compositeur, mais il ne parvint même pas à tirer parti de son talent sur l'orgue. Il lui fallut accepter d'être organiste à Lille, puis à Clermont-Ferrand. Ce fut pendant les quatre années qu'il passa dans le calme de cette dernière ville que Rameau conçut et écrivit son Traité de l'harmonie, première création d'un véritable système, monument
fameux dans l'histoire de Part, et qui, malgré ses imperfections, a immortalisé son auteur. Muni de cet ouvrage et de diverses compositions. Rameau revint à Paris (1721). Cette fois, il y fit sensation. Mais alors il voulait plus ; il sentait qu'il avait aussi à innover dans l'art dramatique. Après avoir essayé ses forces dans plusieurs divertissements : la RosCj le Faux Prodige, etc., il écrivit la musique du Samson de Voltaire (un chœur admirable de cet opéra fut exécuté lors de la translation des cendres de ce grand homme au Panthéon), mais ne réussit pas à le faire reprendre. Enfin, grâce au crédit de M. de LaPopelinière, son protecteur et son ami, les portes de l'Opéra lui furent ouvertes, et Hippolyte et Aricie fit son apparition sous le feu roulant des critiques que lui lancèrent de tous côtés les partisans de la musique de Lulli (1732). Découragé par ces clameurs. Rameau douta un instant de son génie. Fort heureusement pour l'art, ses amis tinrent bon pour lui, et l'on vit alors successivement défiler les Indes galantes (1735); Castor et Pollux (1737); Dardanus (1739); les Fêtes de l'Hymen et de l'Amour (1747); Lysis et Délie (1753); les Surprises de l' Amour j etc., pour ne citer que les plus remarquables d'entre ces opéras et ces ballets.
Rameau fut un organiste célèbre, un compositeur dramatique plus célèbre encore ; mais c'est surtout à son système de l'harmonie qu'il doit ses plus grands titres de gloire. Il ne fut pas le créateur de cette science, comme on l'a dit trop souvent, mais il sut en trouver (en partie du moins) les origines, coordonner les données de l'expérience, enfin leur donner une base, en inventant le renversement des accords et la basse fondamentale. Il fut l'un des plus grands, sinon des meilleurs esprits de son temps : ses relations avec Voltaire, ses polémiques avec Diderot et les autres encyclopédistes, ses nombreux écrits, et enfin la fréquentation des hommes d'élite qu'il rencontra presque tous dans le salon célèbre ^de La Popelinière, le prouvent surabondamment.
RAVINA (Jean-Henri), pianiste et compositeur pour le piano, né à Rordeaux le 20 mai 1818, joua dès l'âge de huit ans dans les concerts. En 1831, il entra au Conservatoire, y remporta le premier prix de piano en 1834 et celui d'harmonie et accompagnement en 1835. Il fut nommé professeur adjoint de piano dans cet établissement H la fin de la même année, et démissionna en 1837 pour se produire dans les concerts. M. Ravina, qui a visité avec succès la Russie et l'Espagne, a publié différentes œuvres de piano parmi lesquelles il