‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 75 sur 97 · RAVINA — REEVES · texte numérisé non relu

RAVINA — REEVES

faut citer ses Études de concert, mignonnes et caractéristiques, un Scherzo, Canzonetta, Délire y etc.

REBEL (François), compositeur, né en 1701, mort en 1775, fils d'un chef d'orchestre de l'Opéra, lui-même compositeur distingué, entra comme violon à l'orchestre de l'Opéra à l'âge de treize ans. Nommé, avec son ami et collaborateur Francœur, d'abord inspecteur de rOpéra, puis directeur en 1751, il en fut aussi l'administrateur général de 1772 à 1775. Rebel et Francœur ont composé pour l'Opéra Pyrame et Thishé (1726), Tharsis et Zélie (1728), le Prince de Noisy (1760), etc., etc.

RÉBER (Napoléon-Henri), compositeur distingué et professeur, né à Mulhouse le 21 octobre 1807, mort à Paris le 27 novembre 1880, entra au Conservatoire en 1828 et y travailla la composition avec Lesueur. Dès 1835, il s'était déjà fait connaître avantageusement comme compositeur de musique instrumentale, lorsqu'il se produisit au théâtre. Il donna à FOpéra-Comique la Nuit de Noël (1848); le Père Gaillard (1852) ; les Papillotes de M. Benoist (1853) ; les Dames Capitaines (1857); à l'Opéra : le Diable amoureux, ballet (1840), et deux autres ouvrages non représentés : Naîm et Roland. M. Réber nommé professeur d'harmonie en 1851, de composition en 1862, a fait entendre au Conservatoire un choix de ses œuvres il y a quelques années. Son style distingué, sa facture irréprochable rappellent un peu, quant à la forme et à la nature des idées, l'allure de Haydn. Il était membre de l'Académie des beaux-arts depuis 1853. M. Réber a de plus publié un certain nombre de mélodies dont quelques-unes : le Voile de la châtelaine, la Captive, etc., ont eu du succès.

REEVES (SiMs), célèbre ténor anglais, né à Woolwich en 1821, fut dès l'âge de quatorze ans organiste, directeur de chœur et compositeur. Sa voix, remarquablement belle, le fit débuter avec succès au théâtre en 1840 dans les rôles de baryton ; mais ayant pris des leçons de Bordogni à Paris et de Mazzucato à Milan, et ayant reconnu que son timbre véritable était le ténor, il chanta dès lors dans ce registre de la façon la plus remarquable le répertoire itahen à Drury- Lane, Covent-Garden et au théâtre de la Reine. Cependant, ses plus beaux succès ne furent pas obtenus à la scène, mais bien dans les grands festivals classiques d'Exeter-Hall et de Cristal-Palace, particulièrement dans les oratorios de Haendel.

REICHA (Antoise), compositeur et professeur, né à Prague le 27 février 1770, mort le 28 mai 1836 à Paris, vint pour la première fois dans cette dernière ville en 1799. 11 s'y fit avantageusement connaître par une symphonie, puis partit pour Vienne, où il commença à écrire les nombreux traités qui, malgré leurs erreurs, devaient le rendre célèbre. En 1808, il revint à Paris et s'y livra à l'enseignement. 11 succéda à Méhul comme professeur de contrepoint au Conservatoire (alors École royale de musique et de déclamation) en 1817, et fut admis à l'Institut en 1835. Reicha a fait au théâtre trois tentatives malheureuses : Cagliostro (avec Dourlens, Opéra-Comique, 1810); Nathalie et Sapho (Opéra, 1816 et 1822} ; mais en revanche il s'est montré remarquable dans la musique pour insti^uments à vent. Ses compositions en ce genre sont nombreuses. Ses ouvrages didactiques les plus connus sont un Cours de composition musicale, un Traité de mélodie et un Traité de haute composition, etc.

REICHARDT (Jean-Frédéric), compositeur et littérateur musicien, né à Kœnigsberg en 1752, mort à Giebichenstein, près de Halle, en 1814, fut maître de chapelle du roi à la cour de Prusse, de 1775 jusqu'en 1793, et y fit représenter plusieurs ouvrages qui, malgré leur peu d'originalité, furent bien accueillis. Ses sympathies pour la France furent cause de sa disgrâce. Il rédigea alors à Hambourg une publication périodique, appelée la France, qui eut un plein succès. Après la mort de Frédéric-Guillaume II, il revint à Rerlin en 1798 et, entre autres ouvrages, y donna ses Liederspielen, sortes de vaudevilles dont il était l'inventeur. Il alla ensuite à Paris, à Cassel, etc., et se retira ensuite dans sa maison près de Halle. L'Ile sonnante, Rosemonde, etc., passent pour ses meilleurs ouvrages. Parmi ses écrits littéraires, ses Lettres confidentielles sur Paris et sur Vienne eurent un certain retentissement.

REIN'CKE (Jean-Adam), organiste célèbre, né à Deventer (Hollande) en 1623, mort en 1722 à Hambourg, succéda, au concours, à Scheidmann, comme organiste de Sainte-Catherine à Hambourg. Sa réputation était si grande, que J.-S. Rach fit deux voyages dans cette ville pour le seul plaisir de l'entendre. Rach, à son tour, joua devant cet artiste peu de temps avant sa mort : Je croyais que cet art allait mourir avec moi, lui dit Reincke, mais je vois que vous le faites revivre. L'œuvre de Reincke n*a pas été publié ; on ne connaît de lui qu'un recueil de sonates pour violon et clavecin.

REICHA — REMINYI. 305

REINECKE (Charles), pianiste, compositeur et chef d'orchestre, né à Altona en 1824, est fils d'un professeur de musique de cette ville. Tout jeune, il obtint comme \irtuose de grands succès en Danemark, en Allemagne, à Londres. Nommé professeur de piano à l'École rhénane de musique de Cologne vers 1852, directeur de musique à Barmen (1854), à Breslau (1859), puis chef d'orchestre du Gewandhaus de Leipsick, Reinecke s'est distingué plutôt par ses qualités de musicien que par l'originalité de ses compositions. Le Roi Manfred, opéra; une Aventure de Haendel, opéra-comique, des ouvertures, des symphonies, etc., sont ses œuvres les plus saillantes.

REISSIGER (Charles- Théophile), compositeur distingué, né le 31 janvier 1798 à Belzig, mort à Dresde le 7 novembre 1859, obtint par l'entremise de son maître Schicht, en 1821, une pension qui lui permit de continuer à Vienne ses études musicales. Dans cette ville il se fit avantageusement connaître par quelques ouvertures ; revint à Munich sous la direction de Winter, lequel lui procura le poème de Didon, opéra joué ensuite à Dresde par les soins de Weber ; fut envoyé en mission en France et en Italie par le roi de Prusse, afin d'y étudier l'organisation des conservatoires; fonda celui de la Haye(1826J; enfin, fut nommé directeur de musique à Dresde, en remplacement de Marschner, titre auquel il joignit bientôt celui de maître de chapelle de la cour à la mort de Weber (1827). Reissiger donna dans cette ville plusieurs ouvrages, parmi lesquels on remarque : Yelva (1827), Libella (1828), le Moulin du rocher (1829), Turandot (1835), etc., qui furent bien accueillis. Cependant, malgré ces succès, Reissiger se montra supérieur dans le genre religieux, ainsi qu'en témoignent ses Six Messes solennelles et diverses autres compositions. Une des pièces de cet artiste pour le piano a obtenu un rare succès de popularité, grâce à la supercherie d'un éditeur français. Elle est connue encore aujourd'hui sous le nom de Dernière Pensée de Weber. En réalité elle fait partie d'un recueil de Douze Vcdses brillantes, publié par Reissiger à Leipsick en 1824 ; recueil que Weber aimait beaucoup et jouait souvent.

REMINYI (Edouard), violoniste virtuose hongrois, né à Hewes (Hongrie) en 1830, a fait son éducation musicale au Conservatoire de Vienne (1842-1845). En 1848, il prit une part active à l'insurrection hongroise et combattit sous les ordres du général Georgei. Il s'expatria ensuite en Amérique, puis revint en Europe, mettant à profit

son talent et se faisant applaudir dans les principales villes des deux continents. M. Reminyi, après avoir été violon-solo de la reine d'Angleterre, porte aujourd'hui le même titre auprès de l'empereur d'Autriche. Sa virtuosité merveilleuse, bizarre et sentimentale à la fois, est empreinte de cette saveur typique propre aux musiciens tziganes. Il a publié à Paris un recueil de transcriptions sous le titre de Nouvelle École de violon.

REYER (Lodis-Étienne-Ernest REY, dit), compositeur français, né à Marseille le 1" décembre 1823, commença ses études musicales à l'école Barsotti, et les continua à Alger, tout en se livrant à des occupations administratives. Après avoir débuté par quelques romances, il écrivit une messe à l'occasion du voyage du duc d'Aumale en Algérie, et la dédia à la duchesse. En 1848, il vint à Paris reprendre ses études de composition sous la direction de M^^^ Farzenc, sa tante, et donna au théâtre Italien le Selam, composé sur un poème de Th. Gautier (1850). Maître Wolfram (théâtre Lyrique, 1854); Sacoiintala, ballet (Opéra, 1858), et enfin la Statue (théâtre Lyrique, 1861), dont le succès eut un grand retentissement, achevèrent de mettre en relief les qualités originales du maître français, disciple de Berlioz. En 1862, son Érostrate, donné à Bade, lui valut de grands éloges ; malheureusement cet opéra, repris à Paris en 1871, dut subir de tels changements, que son succès en fut ébranlé. Le Sigurd de M. Reyer n'a pas encore été représenté ; mais les fragments qu'il en a fait entendre dans les concerts sont assez remarquables pour donner bonne opinion de l'ouvrage. On doit encore à ce compositeur plusieurs morceaux détachés, parmi lesquels on cite : la Madeleine an désert, avec orchestre ; des chœurs pour voix d'hommes : Chœur des buveurs ^ VEymne du jR/im, etc. ; enfin, quelques mélodies. En 1876, M. Reyer a succédé à l'Académie des beaux-arts à Féhcien David. Critique musical du Journal des Débats depuis la mort de Berlioz, il a publié un volume de souvenirs intitulé Notes de musique {iSlù).

RICCI (Louis), compositeur dramatique, né à Naples le 8 juillet 1805, mort fou à Prague le 31 décembre 1859, fut élève de Zingarelli au Conservatoire de Saint-Sébastien, et composa de très bonne heure. En 1823, on exécuta de lui, au Conservatoire même, Vlmpresario in angustie, son premier ouvrage, et, l'année suivante, le théâtre Nuovo donna la Gêna frastornata. Depuis ce moment, Luigi Ricci a constamment écrit pour le théâtre, jusqu'au jour où une attaque de

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