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RIES — RODE. 3C

RITTER (Théodore BEUNET, dit), pianiste et compositeur pour le piano, est né près de Paris en 1836. Il s'est produit très jeune dans les concerts et ses fréquents voyages artistiques lui eurent bientôt acquis une légitime réputation de virtuose. Parmi ses nombreux morceaux de piano, les Courriers, le Tourbillon, Véloce sont les plus goûtés. Le jeu de M. Ritter, un peu sec naturellement, est plus brillant dans la musique légère et faiitaisiste que dans le classique.

RITTER (Cécile), chanteuse, sœur du précédent, née le 22 novembre 1859, est une artiste de talent qui a abordé la scène avec succès, par la création du rôle de Virginie dans Paul et Virginie de M. Victor Massé, au théâtre Lyrique, en 1876. Son second début dans l'Étoile du Nord, à l'Opéra-Comique, lui a été moins favorable.

RODE (Jacques-Pierre-Joseph), violoniste célèbre, né à Bordeaux le 16 février 1774, mort au Château-de-Bourbon (Lot-et-Garonne) le 25 novembre 1830, eut pour premier maître Fauvel aîné et pour second Viotti. En 1790, ce maître le fit entrer à l'orchestre du théâtre Feydeau comme chef des seconds violons, et le produisit dans les concerts de la semaine sainte. Le succès du jeune Rode fut éclatant. Cependant, dans un voyage qu'il fit quelque temps après (1794) en Hollande, à Hambourg, Berlin et Londres, avec le célèbre chanteur Garât, il fut peu apprécié. En 1795 il revint à Paris y prendre possession d'une classe de violon au Conservatoire qu'on venait de fonder. Peu de temps après il alla à Madrid, s'y lia avec Boccherini et revint encore une fois à Paris. Ce fut l'époque la plus brillante de son talent; son 7« concerto surtout fut pour lui l'occasion d'un triomphe. En 1803, il partit pour Saint-Pétersbourg avec Boïeldieu, son ami, et fit à la cour une impression profonde. Il y resta cinq ans. De retour à Paris en 1808, il ne retrouva plus ses anciens triomphes. Blessé, il partit alors pour l'Autriche, et, après avoir parcouru l'Allemagne, la Suisse, alla se fixer à Berlin. A son retour en France il voulut en vain essayer de retrouver à Paris les succès passés (1828); mais, n'étant plus alors que l'ombre de lui-même, l'accueil qui lui fut fait ne put être que respectueux. Rode le comprit, et son chagrin fut si violent, qu'il en mourut. Rode, Baillot et Lamarre formèrent pendant longtemps un trio remarquable, dont les séances sont demeurées célèbres.

RODOLPHE (Jean-Joseph), professeur et compositeur, né à Strasbourg le 14 octobre 1730, mort à Paris le 18 août 1812, fit à Stuttgard ses premiers essais de composition avec les ballets Médée et Jason, Psychéy etc., et vint à Paris en 1763. Ce fut lui qui proposa au ministre Amelot la création d'une école de musique, projet qui fut réalisé plus tard par M. de Breteuil en 1784. Lors de cette fondation il y fut nommé professeur d'harmonie et écrivit pour la nouvelle école le fameux solfège encore en usage aujourd'hui, quoiqu'il ne soit pas des meilleurs. En 1799, Rodolphe fut nommé professeur de solfège au Conservatoire. Il se retira en 1802. Rodolphe a donné à la Comédie italienne deux ouvrages médiocres : Mariage par capitulation et l'Aveugle de Palmyre, qui n'eurent pas de succès.

ROGER (Gustave-Hippolyte), ténor français, né à la Chapelle- Saint-Denis, le 17 décembre 1815, mort à Paris en 1879, entra au Conservatoire en 1836 et y remporta les premiers prix de chant et d'opéra-comique en 1837. Il débuta au théâtre de la Bourse dans l'Éclair en 1838, avec un grand succès, et créa ensuite le Perruquier de la Régence, qui le posa définitivement. Parmi les douze importantes créations qu'il fit pendant la période de dix ans qu'il passa à l'Opéra- Comique, il faut citer la Sirène^ la Part du diable, les Mousquetaires de la reine, Haydée, etc. En 1848, ce ténor quitta l'Opéra-Comique pour l'Opéra, et cette résolution lui fut fatale. Sa voix, charmante, mais d'un volume trop faible pour les grands rôles, s'y brisa en peu de temps. Un cruel accident d'ailleurs vint hâter sa retraite : un coup de feu reçu à la chasse lui fit perdre un bras. Il essaya bien de paraître en scène avec un bras mécanique, mais, ne réussissant pas, il dut se retirer. Roger ne chanta plus dès lors qu'en province ou dans les concerts. Ses créations à l'Opéra sont le Prophète, l'Enfant prodigue, le Juif errant, etc. Ce ténor se fit entendre aussi en Allemagne, en Angleterre, en Irlande, en Ecosse, etc., et l'enthousiasme qu'il y excita ne le céda en rien à celui qu'il avait soulevé à Paris. Après la perte de sa voix, il se consacra à l'enseignement et fit d'excellents élèves. Roger fut nommé professem' de chant au Conservatoire en 1868.

ROMAGNESI (Henri), compositeur de romances et éditeur de musique, né à Paris le 1^' septembre 1781, mort en cette ville le 9 janvier 1850, essaya un certain nombre de professions avant de se livrer à la musique. Soldat à l'armée de Vendée, commis de receveur,

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