RODOLPHE — RONCONI . 3 H
lieutenant dans les équipages ; secrétaire du comte Daru ; employé chez l'éditeur de musique Leduc, auquel était associé son maître et ami Choron; placé enfin au ministère de la guerre, il ne put prendre de leçons qu'à cette époque, et se mit alors à composer des romances. Il réussit à souhait. En 1822, il voulut même essayer du théâtre, mais les chutes successives de Nadir et Sélim et de Trois Jours en une heure (1836) lui prouvèrent que ses études n'étaient pas suffisantes. Il renonça à la scène ; se fit éditeur de musique et publia la série complète de ses œuvres. Romagnesi dirigea pendant quelque temps l'Abeille musicale, journal de musique de chant et guitare.
ROMBERG (André), violoniste et compositeur, né à Vechte, près de Munster, en 1767, mortàGotha en 1821, était le fils de Gérard (Henri), clarinettiste distingué. Dès l'âge de sept ans il joua dans les concerts, ayant pour compagnon jusqu'en 1799 son cousin Bernard Romberg, qui devint célèbre sur le violoncelle. A dix-sept ans il vint à Paris, engagé au Concert spirituel; parcourut ensuite l'Italie, l'Autriche, l'Allemagne avec des succès d'enthousiasme. Fixé à Gotha, où il avait été nommé maître de chapelle, il s'y livra sans relâche à la composition. Son œuvre est considérable, d'une correction absolue, agréable, mais l'originalité y manque.
ROMBERG (Bernard), violoncelHste célèbre, cousin du précédent, avec lequel il se produisit dans les concerts dès l'enfance, naquit à Dinklage en 1770, et mourut à Hambourg en 1841. Après avoir parcouru l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne et le Portugal avec un succès croissant, il vint à Paris en 1800, et la sensation qu'il y produisit fut telle, qu'où le nomma professeur de violoncelle au Conservatoire en 1801. Il quitta cette place en 1803 et recommença ses voyages artistiques visitant successivement la Hongrie, la Russie, la Suède, la Prusse, etc. Comme son cousin, Bernard Romberg laissa des œuvres nombreuses et aborda tous les genres avec succès ; mais iine se montra vraiment supérieur que dans la musique instrumentale.
RONCONI (Dominique), célèbre ténor italien, né à Lendinara di Pollesine (Lombardie) en 1772, mort à Milan en 1839, excita longtemps l'enthousiasme sur les théâtres d'Italie, de Pétersbourg, de Vienne et de Munich. Directeur de l'Opéra itahen à Vienne en 1809, Napoléon le fit venir à Paris pour les fêtes dB son mariage avec Marie-Louise en 1810. De 1819 à 1829, il enseigna le chant aux prin-
cesses de la famille royale de Bavière et chanta à l'Opéra de Munich. Ensuite, il ouvrit à Milan une école de chant qui a produit de bons élèves.
ROiNCOM (Georges), baryton italien célèbre, fils aîné du précédent, naquit à Milan en dSlO et débuta à Pavie en 1831 d'une façon éclatante. Après avoir passé plusieurs années à Rome dans une faveur toujours croissante, toutes les villes de l'Italie voulurent l'entendre et l'applaudirent tour à tour. Puis ce fut à Vienne , Francfort , Londres, Paris, Madrid, de lui témoigner leur enthousiasme. En 1846, des tracas domestiques altérèrent sa santé et sa voix et il vit peu à peu le succès l'abandonner. Il quitta alors le théâtre et fonda à Cordoue (Espagne) un conservatoire de chant vers 1863.
ROSELLEN (Henri), pianiste virtuose et compositeur pour son instrument, né à Paris le 13 octobre 1811, mort en celte ville le 20 mars 1876, a écrit plus de deux cents morceaux de piano d'un style brillant, mais vulgaire. Une de ses Rêveries, en trémolo, a joui d'une vogue européenne.
ROSSI (Lauro), compositeur dramatique italien, né à Macerata le 20 février 1812, fit ses études musicales au Conservatoire de Naples sous la direction de Zingarelli. La Contessa Villana et la Villana Contessa (Naples, 1829, 1830) furent ses débuts au théâtre. Encouragé par un bienveillant accueil, il écrivit pour cette ville six autres ouvrages, et fut envoyé à Rome au théâtre Valle, comme chef d'orchestre et compositeur, sur la recommandation de Donizetti, en 1832. Il y donna son Bisertore svizzero la même année avec un grand succès, puis alla faire jouer à Milan, en 1834, la Casa disabitata ou I Falsi Monetari, œuvTC qui fit bientôt le tour de toute Tltahe et fut applaudie même à Paris. La Malibran en fut si enchantée, qu'elle pria Rossi d'écrire un ouvTage pour elle, dans lequel elle eut la malheureuse fantaisie de vouloir danser un pas de deux ''avec le danseur Mathis. L'art de la danse lui étant moins famiher que celui du chant, l'attente du public fut trompée, et VAmelia tomba à plat. Cette chute décida Rossi à partir pour le Mexique, après toutefois avoir assisté au brillant succès de sa Léocadie (Milan, 1835). L'entreprise ne réussit pas d'abord ; Rossi dut prendre lui-même en main la direction de la troupe réunie en société et parcourir ainsi l'Amérique. Il déploya dans ces difficiles et multiples fonctions une énergie rare et une