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bonté inépuisable, qui ne se lassèrent pas durant huit années. De retour en Italie, il fut appelé à diriger le Conservatoire de Milan en 1850 et celui de Naples en 1871. Il a résigné ces dernières fonctions en 1878. Les opéras de Rossi sont au nombre d'une trentaine.
ROSSINI (GiOACCHiNo), le plus illustre des compositeurs italiens du dix-neuvième siècle, naquit à Pesaro (États de l'Église) le 25 février 1792 et mourut à Paris le 13 novembre 1868. Ce fut dans les théâtres forains que se commença l'éducation musicale du jeune Rossini. Sa mère chantait les seconds rôles sur ces scènes nomades ; son père, pendant ce temps, jouait du cor à l'orchestre ; et lui, dès qu'il le put, y tint la partie du second cor. A douze ans, sa voix étant fort belle, Angelo Tesei (de Bologne) lui apprit à chanter ; on l'employa alors dans les éghses. Trois ans plus tard, Mattei lui enseigna la partie théorique de l'art au lycée de Bologne. Cependant, l'aridité des formes scolastiques, dont la portée d'ailleurs lui était mal expliquée, ne pouvait convenir à son tempérament ardent, indiscipliné, et dévoré du désir de produire. Rossini se dégoûta bientôt. Il se mit à travailler seul d'après les maîtres qui lui plurent, particuhèrement d'après Mozart, qui fut à la fois son idole et son modèle ; et commença à composer. Il Pianto d'Armonia^ cantate (1808); une symphonie et des quatuor exécutés à Bologne (1809) furent ses premiers essais; la Cambiale de matrimonio (Venise, 1810), son premier opéra. En 1811, le succès de Demetrio e Polibio, à Rome, commença à signaler le génie du futur maître. Ainsi encouragé, il ne produisit pas moins de cinq opéras l'année suivante. Trois de ceuxci, contenant de réelles beautés : l'Inganno felice (Venise), Ciro in Babilonia (Ferrare) et la Pietra del Paragone, obtinrent un grand succès. Enfin Tancredi et Vltaliana in Algeri (Venise, 1813) vinrent consacrer définitivement une réputation déjà florissante, et désormais Rossini, à peine entré dans sa vingt-deuxième année, ne connut plus de rivaux dans toute l'Italie. En 1814, il donna à Milan VAureliano in Palmira et il Turco in Italia; en 1815, à Naples, Elisabeth, Les deux années suivantes, il se montra particuUèrement fécond en ouvrages remarquables : une cantate et sept opéras, parmi lesquels se trouvent il Barbiere di Seviglia (Rome, 1816), Otello (Naples, 1816), Cenerentola (Rome, 1817), la Gazza ladra (Milan, 1817), etc., marquèrent cette glorieuse période. Par une coïncidence bizarre, les Romains, qui avaient jadis mal accueilli tout d'abord le Barbier de Paisiello pour le porter ensuite aux nues, se montrèrent encore
moins bienveillants pour celui de Rossini le soir de son apparition. Ce chef-d'œuvre d'esprit et de charme fut outrageusement sifflé. Le lendemain, il est vrai, le triomphe fut éclatant et une ovation enthousiaste, poussée jusque sous les fenêtres du maître, chercha à effacer l'injustice de la veille ; mais le coup n'en avait pas moins été porté, et Rossini ne l'oublia jamais.
Jusque-là le grand artiste, entraîné par sa prodigieuse fécondité, avait généralement cherché l'effet à l'aide de procédés plus ou moins neufs, dont il se servait d'ailleurs avec un art infini ; il sentit à ce moment la nécessité de perfectionner sa manière^ et s'attacha dès lors davantage à la vérité ainsi qu'à la variété des caractères. Armida (1817), il/osé (1818), Ermione et la Bona del lago (i819j, Mahomet II (1820), donnés à Naples, et Zelmira (Vienne, 1822), furent les principaux exemples de cette heureuse transformation. La Semiramide vint ensuite (Venise, 1823). Mais trop large d'allures, trop riche d'idées, trop variée d'expression pour les Italiens habitués à une musique plus facile, elle ne fit pas d'effet. Rossini ne pardonna jamais cet accueil, et, quittant l'Itahe sans un regret, il alla à Londres, où il excita l'enthousiasme. Les leçons et les concerts qu'il donna dans cette ville durant l'espace de cinq mois lui rapportèrent deux cent cinquante mille francs ! Il vint ensuite à Paris et y prit possession de la direction du théâtre ItaUen, vers la fin de 1823. Sa réputation Vj avait précédé, cependant elle était loin d'être assise. Pendant longtemps, les directeurs du Théâtre-Italien, avec ou sans intention, avaient tenu à l'écart ses meilleurs opéras ; on ne connaissait de lui que ringanno felice et Vîlaliana in AlgeiH, et encore ces deux ouvrages avaient-ils été médiocrement rendus. Ce fut Garcia qui, en 1819, révéla réellement Rossini dans le Barbier de Séville. Cette fois encore le succès fut incertain au début, et il fallut que M™<ï Mainvielle Fodor s'emparât du rôle de Rosine pour que ce demi-échec se transformât en éclatant triomphe. Alors défilèrent successivement sur cette scène Tancredi^ Cenei^entola, Otello, etc., etc., aux acclamations enthousiastes d'un public à la fois surpris et charmé. En 1825, Rossini donna au théâtre Italien il Viaggio a Reims, petit opéra de circonstance pour le sacre de Charles X, et il arrangea l'année suivante pour l'Opéra son Mahomet II sous le titre de Siège de Cmnnthe. (La fameuse scène de la bénédiction des drapeaux date de ce remaniement.) Il fit de même avec Moïse, en 1827; seulement les changements apportés à la partition furent plus considérables. En 1828, il donna le Comte Ory^ dans lequel il fit entrer, un morceau entier d'il
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Viaggio a Reims. Enfin, en 1829, parut son chef-d'œuvre : Guillaume Tell. C'était le premier grand ouvrage français que Rossini eût écrit pour Paris ; une nouvelle transformation de son génie s'y remarquait à chaque pas, transformation opérée par le seul contact de la grande ville , coutumière de ces sortes de miracles, et pourtant, cette fois encore, le succès ne fut pas au début aussi considérable qu'on devait le supposer. Il fallut que Duprez reprît ce chef-d'œuvre, pour qu'on en comprît toutes les beautés. Guillaume Tell fut le dernier ouvrage de Rossini pour la scène. Le maître n'avait alors que trentesept ans ; il était en pleine possession de ses forces, de son talent, de son génie, de sa gloire ; on a peine à comprendre qu'un mouvement de dépit contre le prétendu mauvais goût des Français ait pu amener un renoncement aussi absolu. En 1836, Rossini quitta la France et alla se fixer à Bologne. Là sa santé s'altéra, et l'inaction à laquelle il s'était lui-même condamné ne fit qu'aggraver son état. Ce fut l'éditeur Troupenas qui le tira de cette torpeur morbide. En 1841 il lui demanda de remanier un Stabat mater écrit en 1832 pour un riche Espagnol, afin de le faire entendre dans une série de concerts spirituels. Rossini se mit à l'œuvre et en quelques jours eut retrouvé sa vigueur. A partir de ce moment il reprit goût aux choses de l'art, mais jamais ne voulut se remettre à écrire pour le théâtre. Il revint à Paris en 1853, et composa pour l'Exposition universelle de 1867 le Chant des Titans pour basses et orchestre. Il passa, dans ce Paris qu'il avait tant maudit et tant regretté le reste de sa vie. Ses funérailles, qui eurent lieu à l'église de la Trinité, et auxquelles prirent part M™^^ Alboni, Patti, Nilsson, les artistes de l'Opéra et du Conservatoire, causèrent une vive émotion dans le monde artistique. Rossini a écrit soixante opéras et cantates; une Petite Messe solennelle, exécutée d'abord en 1832 et reprise depuis ; un Stabat mater ; Tantum ergo et Quoniam avec orchestre; enfin, une quantité de mélodies à une, deux et trois voix. Son œuvre, où brillent à chaque instant les traits du génie le plus riche et le plus pur, n'est pas, il s'en faut, exempt de faiblesses , et l'on peut avec raison reprocher à ce grand maître d'avoir écrit souvent avec une trop grande hâte, d'avoir abusé de certains effets comme les cresçendos et les cabalettes, enfin, et cela surtout dans ses premières compositions, de n'avoir pas assez recherché la vérité de l'expression musicale. Mais que sont ces taches légères comparées à cette invention mélodique inépuisable; à cette harmonie puissante, variée et simple à la fois ; à cette ampleur magistrale de sentiment dramatique; enfin à cette science admirable de l'écriture
pour la voix, que nul autre après Mozart n'a aussi complètement possédée? Rossini a révolutionné l'art dramatique italien. D'autres après lui ont continué son œuvre et sont souvent tombés dans des excès regrettables; mais l'honneur lui reste de l'avoir transformé, agrandi, et de l'avoir élevé à une hauteur qu'il n'avait pas encore atteinte.
ROUCH (Jea>-Raymond-Paul-Alma), compositeur, né à Toulouse le 13 mars 1844, fit ses premières études musicales dans cette ville sous la direction d'un professeur du nom de Hommey, et vint les terminer à Paris en 1867 au Conservatoire, dans la classe de composition de M. Ambroise Thomas. En même temps il se liait avec le grand organiste Chauvet, et reçut de lui des conseils qui exercèrent la plus heureuse inlluence sur son talent. D'un tempérament original, exubérant, poussé à la fois vers la franche gaieté, la fine satire, M. Aima Rouch eût vite acquis auprès de ces maîtres les connaissances qui lui manquaient dans l'art d'écrire. Il se livra à la composition. Après la pubhcation d'un Recueil de mélodies sur des paroles anciennes et modernes, se sentant invinciblement attiré vers le genre bouffe, il donna successivement plusieurs opérettes à l'Eldorado et sur une petite scène du boulevard Saint-Martin, dont l'existence fut éphémère [le Prologue sans le savoir, etc.) En 1881, il se rendit à Bruxelles pour y faire représenter les Deux Augures, trois actes bouffes remplis d'esprit et d'humour. On connaît encore de M. Aima Rouch plusieurs pochades très réussies et quelques mélodies d'une saveur toute personnelle {les Chansons des pharmaciens, du Boccador^ des Lis, Romantique, etc.).
ROUGET DE L'ISLE (Joseph), officier, poète et compositeur français, né à Lons-le-Saulnier le 10 mai 1760, mort le 26 juin 1836 à Choisy-le-Roi, est l'auteur de la Marseillaise.
En 1782, il entra à l'École royale du génie àMézières et en sortit deux ans après aspirant lieutenant en second. Passé second lieutenant en 1789, il était au fort de Joux,près de Besançon, lorsque son amour pour la France et la Révolution lui inspira sa première poésie patriotique. Cette poésie, adaptée alors à un air connu, devait être répétée plus tard avec enthousiasme par tout le peuple de Strasbourg sur un air nouveau d'Ignace Pleyel (25 septembre 1791). A cette époque, la France entière allait se lever pour se défendre, et Rouget de l'Isle, devenu premier heutenant (1790), avait été envoyé dans cette ville
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OÙ sa réputation était déjà faite depuis longtemps comme patriote, poète, compositeur, chanteur et violoniste. Ce fut dans un de ces élans d'enthousiasme, si communs à cette époque, dans la seconde moitié de la nuit du 24 au 25 avril 1792, qu'il improvisa, paroles et musique, le chant sublime qui devait immortaliser son nom. Il l'intitula Chant de guerre pour l'armée du Rhin, l'envoya le matin même au maréchal Luckner, auquel il le dédia, et, le soir du même jour, le chantait chez le baron Frederick de Diétrich, maire de Strasbourg. L'émotion fut si vive, si profonde, qu'à peine est-il possible de la décrire. Les cœurs battirent avec violence, les mains se cherchèrent et s'unirent dans de fiévreuses étreintes, chacun se sentit soulevé et comme grandi par les chaleureux accents de l'hymne patriotique. Deux mois plus tard, le 25 juin, un patriote du nom de Mireur, le chanta à Marseille dans un banquet civique. Les volontaires de la ville s'en emparèrent, en firent leur cri de guerre, le portèrent à Paris, et là il fut d'abord connu sous le titre d'Hymne des Marseillais. Adopté bientôt par l'armée française tout entière , on l'appela la Marseillaise; et ce furent ses accents entraînants qui guidèrent plus d'une fois nos soldats à la victoire. Ce grand patriote vécut jusqu'à son dernier jour dans une situation voisine de la misère. On connaît de lui : le Chant des vengeances ; le Chant du combat; Cinquante chants français, sur des paroles de différents auteurs {la Marseillaise fait partie de ce recueil) ; Tom et Lucy, romance historique , avec accompagnement de piano et de violon obligé ; Vingt-quatre romances, avec accompagnement de piano et de violon obligé. Il fut aussi l'auteur de plusieurs livrets d'opéra : l'Aurore d'un beau jour, Bayard en Bresse, etc.
ROUSSEAU (Jean-Jacques), écrivain illustre et compositeur, né à Genève le 28 juin 1712, mort à Ermenonville le 3 juillet 1778, apprit la musique seul et d'une façon fort incomplète, en l'enseignant. Mais, comme il était doué d'un joli sentiment mélodique, sa musique, malgré ses nombreux défauts, est plutôt en progrès qu'en retard sur celle de son temps. Auteur d'un nouveau système de notation musicale, qui ne réussit pas, mais qui a été repris depuis et amendé par Galin, Rousseau s'essaya dans la composition dramatique avec les Muses galantes, opéra-ballet, répété dabord chez le fermier général La Popelinière en 1745, et donné plus tard sans succès à l'Opéra en 1747. Le Deum duvillageïni plusheureuxen 1752. Non seulement ce petit ouvrage tint la scène de l'Opéra pendant plus de soixante ans,
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et fut toujours favorablement accueilli, mais il fut encore joué avec le même succès dans presque tous les théâtres de France. Les autres compositions de Rousseau sont : Pygmalion, scène lyrique ; des Fragments de Daphnis et Chloé et un recueil d'une centaine de romances intitulé les Consolations des misères de ma vie. Rousseau prit une part active à la Guerre des Bouffons, et publia divers pamphlets, lettres, etc., anonymes ou non, en faveur de la musique italienne. Il alla même jusqu'à prétendre, dans sa Lettre sur la musique française, que les Français n'avaient pas de musique et ne pouvaient en avoir. Cependant, après les opéras de Gluck, il revint de son erreur, et en fit publiquement l'aveu.
ROUSSELOIS (Marie-Wilhelmine de), cantatrice dramatique, née à Vienne (Autriche) en 1765, morte à Bruxelles en 1830, fut première chanteuse à l'Opéra français de Cassel en 1784-, et vint à Paris en 1786. Engagée à l'Opéra, elle y parut brillamment d'abord dans Iphigénie en Aulide de Gluck, et créa par la suite le Démophon de Vogel avec succès. Forcée de quitter ce théâtre pour cause de rivalité avec M^^^ Maillard, son chef d'emploi, qui redoutait son talent, elle parut alternativement sur les théâtres de Rouen et de Bruxelles, et finalement se fixa dans cette dernière ville. Elle ne quitta la scène, après une carrière remplie de succès, qu'en 1838.
RUBINI (Jean-Baptiste), le plus célèbre ténor de son temps, né à Romano en 1793, mort aux environs de cette ville en 1834, chanta d'abord en Piémont, à Brescia, Venise, Palerme et Naples avec un succès toujours croissant. Il vint ensuite à Paris et y débuta en 1825 au théâtre Italien dans Cenerentola. Otello, la Gazza ladra, etc., et surtout les opéras de Bellini, la Somnanbula, le Pirate, etc., furent pour lui autant de triomphes. A Londres et à Saint-Pétersbourg, il retrouva les mêmes succès. Après l'hiver de 1844, sa voix s'étant altérée, il quitta la scène et se retira en Italie.
RUBINSTEIN (Aatoixe), pianiste et compositeur, né le 30 novembre 1829 à Wechwotynez (Moldavie), eut pour unique professeur de piano Villoing, de Moscou, et donna dans cette ville son premier concert en 1838. De 1840 à 1843 le maître et l'élève vinrent à Paris et parcoururent ensuite laHollande, l'Angleterre, l'Allemagne, la Suède, etc., et partout l'enfant prodige reçut l'accueil le plus favorable. Antoine Rubinstein étudia la composition avec Dehn à Berlin pendant deux