‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 80 sur 97 · ROUSSELOIS — RUBINSTEIN · texte numérisé non relu

ROUSSELOIS — RUBINSTEIN

ans, puis, après quelques voyages, vint se fixer à Saint-Pétersbourg. Il y donna Bimitri du Bon, son premier opéra, en 1849. Le succès en fut brillant. Presque toujours en voyage, il trouva cependant le temps d'écrire une grande quantité d'ouvrages de toutes sortes. A Vienne, en 1861, il donna Tom le Fou et les Enfants des Landes; à Dresde, Ferramor s, en 1863; le Bémon, à Saint-Pétersbourg, en 1875, avec des succès divers ; la Tour de Babel, oratorio exécuté à Dusseldorf en 1872, à Paris en 1875, et généralement trouvé monotone. Quant au Paradis perdu, le succès en fut douteux même à Saint- Pétersbourg.

Il y a de fort belles parties dans la musique de ce compositeur, mais elles se rencontrent éparses çà et là, sans avoir entre elles de lien. Ce défaut d'unité et de plan se retrouve dans ses œuvres symphoniques : VOcéan et Ivan IV; de même que dans sa musique de chambre et dans ses compositions pour le piano. Fondateur et directeur du Conservatoire de Saint-Pétersbourg, Antoine Rubinstein, regardé aujourd'hui comme le chef de l'école musicale russe, a imprimé à l'art un grand mouvement dans son pays. Prodigieusement doué, mais inégal, il n'est point de ceux qui laissent le public indifférent; au contraire, il a su toujours exciter soit l'enthousiasme, soit les plus vives critiques.

RUBINSTEIN (Nicolas), pianiste, frère du précédent, né en 1835 à Moscou, mort à Paris le 23 mars 1881, apprit la composition avec Dehn à Berlin, en même temps que son frère Antoine. Dès l'âge de sept ans, il paraissait déjà avec lui dans les concerts, et plus tard il se montra au moins aussi parfait virtuose. En 1859, il fonda la Société musicale de Moscou et en dirigea les concerts symphoniques chaque année. En 1864, il organisa le Conservatoire de cette ville et en fut nommé directeur. Cet étabhssement peut aujourd'hui rivaliser avec celui de Saint-Pétersbourg. Nicolas Rubinstein fut désigné pour organiser à l'Exposition universelle de Paris, en 1878, les concerts russes au palais du Trocadéro. Ces séances remarquables eurent un éclatant succès.

SACCHINI (Antoine-Ma rie-Gaspard) , compositeur italien, né à Pouzzoles en 1734, mort à Paris en 1786, fut élève de Durante, en même temps que Piccini et Guglielmi, à Naples. Il ne commença à écrire pour le théâtre [Fra Bonato, Naples, 1756; Alessandro nelle Indie, \emse, 1768) qu'après la mort de son maître. Mais sa fécondité fut telle, qu'en quatorze ans il ne produisit pas moins de cinquante opéras sur diverses scènes d'Italie. En 1771, il se rendit en Allemagne, puis en Angleterre, où. il continua d'écrire, et arriva à Paris en 1782. Gluckistes et Piccinistes occupaient encore tous les esprits à cette époque; Sacchini serait longtemps demeuré inconnu dans la grande ville, sans l'arrivée de l'empereur Joseph II, qui, aimant beaucoup la musique, le recommanda chaudement à sa sœur la reine Marie- Antoinette. RiJialdo, Chimène, Bardanus (1783-84) défilèrent pourtant sans grand succès au théâtre Italien. Il allait y donner CEdipe à Colone et achevait de composer Arvire et Evelina, lorsque la faveur royale l'abandonna. Sacchini eut tant de désespoir de ce coup inattendu, qu'il en mourut trois mois après. Ces deux ouvrages, donnés après sa mort, obtinrent, le premier surtout, qui est son chef-d'œuvre, des succès éclatants. Son œuvre, considérable, n'est pas entièrement connu.

SAINTE-FOY (Charles-Louis PUBEREAUX, dit), chanteur du genre Tiial à rOpéra-Comique, naquit à Vitry-le-François le 13 février 1817 et mourut à Neuilly (Seine) le 1" avril 1877. 11 débuta à l'Opéra- Comique en 1840, et les effets comiques qu'il savait tirer d'une voix nasillarde, mais habilement conduite, son jeu délicat, spirituel et bizarre, lui eurent bientôt acquis une juste renommée. Parmi les rôles du répertoire qu'il interpréta de la façon la plus brillante, il faut citer ceux de Fra Biavolo, la Bame blanche, le Béserteur, le Fré aux Clercs, etc., etc.; et parmi ses créations, Giralda, le Caïd, le Pardon de Ploèrmel, le Voyage en Chine, le Joaillier de Saint-James, etc. En 1869, Sainte-Foy partit pour Saint-Pétersbourg, où son talent ne fut pas compris. Il revint à Paris peu de temps après et alla s'échouer, on ne sait pourquoi, aux Folies-Dramatiques durant quelques jours. Après cette bévue il quitta le théâtre.

SACCHINI — SAlNT-SAEXS. 321

SAINT-HUBERTY (Antoinette-Cécile CLAVEL), née à Toul vers 1756 et morte assassinée aux environs de Londres, en 1812, fut une des plus célèbres cantatrices de l'Opéra. Après avoir chanté successivement à Mannheim, Varsovie, Berlin et Strasbourg, elle débuta à l'Opéra de Paris en 1777, dans VArmide de Gluck, et n'y tint pendant longtemps que les rôles secondaires. En 1780, Roland commença la série de ses succès. Thésée, Ariane, Renaud, Bidon, Chimène, les Danaîdes, Alceste, Phèdi^e, les virent s'accroître jusqu'au triomphe. On la couronna sur la scène, honneur alors des plus rares, et les témoignages d'un enthousiasme délirant lui furent prodigués à un point à peine croyable. En 1789, elle quitta le théâtre et émigra à la suite du comte d'Enlraigues, qu'elle épousa en 1791. Ce comte d'Entraigues, agent secret des cours étrangères, fut assassiné avec elle pour des motifs politiques.

SAINT-SAENS (Charles-Camille), compositeur éminent et pianiste très distingué, aujourd'hui à la tête de la jeune école française, est né à Paris le 9 octobre 1835. Il commença l'étude du piano à l'âge de deux ans et demi, et reçut à sept ans des leçons de Stamati, qui le garda pendant cinq ans. Élève de Maleden et d'Halévy pour la composition, il obtint en 1851, au Conservatoire, le premier prix d'orgue et fut organiste à l'église Saint-Méry en 1853, puis à la Madeleine en 1858; l'école de musique religieuse le compta parmi ses professeurs. Jusqu'à ce jour, M. Saint-Saens n'a pas cessé de se produire avec éclat comme virtuose en France, en Allemagne, en Russie et en Autriche. Ses débuts comme compositeur furent brillants. M. Seghers, directeur de la Société de Sainte-Cécile, exécuta, vers 1852, une symphonie anonyme dont la partition lui avait été envoyée. Elle obtint un grand succès; on apprit ensuite qu'elle était l'œuvre du jeune maître, alors à peine âgé de dix-sept ans. Dès lors ses productions symphoniques se succédèrent rapidement. D'une habileté consommée de facture; d'une richesse d'orchestration supérieure, aussi variée par la couleur qu'élégante par la forme; d'un style élevé, correct et d'allure bien française, malgré une puissance de développement tout allemande, ses œuvres : Phaéton, le Rouet d'Omphale, la Danse Macabre, la Jeunesse d'Hercule, le Déluge avec chœurs et soli; ses symphonies et concertos pour piano et orchestre, souvent exécutés dans les grands concerts, y produisirent une vive sensation. Au théâtre, M. Saint-Saens fut d'abord moins heureux. La Princesse jaune à l'Opéra-Comique (1872) et le Timbre d'argent au

théâtre Lyrique (i877) ne réussirent que médiocrement. A entendre ces ouvrages ternes, dépourvus de sentiment dramatique, où le trivial et la recherche se trouvaient étrangement mêlés, on aurait dit que l'auteur coquettait avec le théâtre et que, tout en désirant les triomphes qu'il donne, il n'avait pour eux que mépris. Mais avec Samson et Dalila (Weimar, 1877) les choses se trouvèrent changées. La chaleur, le sentiment profond, une riche et typique coloration se rencontrent dans cet ouvrage, réunis dans un ensemble large et merveilleusement conçu; aussi le succès a-t-il été retentissant dans le monde musical. Etienne Marcel, donné à Lyon en 1879, souleva plus de critiques. Quoique cette partition renferme de belles pages, une sorte de sécheresse dans les idées expressives, défaut d'ailleurs assez famiher à M. Saint-Saens, et, outre cela, certaines longueurs, la rendent inférieure à la précédente. Henri FUI enfin, donné à l'Opéra (mars 1883), a mis M. Saint-Saens tout à fait hors de pair. Ce dernier ouvrage renferme de très grandes et très originales beautés.

SALA (Nicolas), musicien italien, vécut toute la durée du dixhuitième siècle et dirigea pendant longtemps le Conservatoire de la Pieta dei Turchini à Naples. Ses contrepoints et ses fugues ont été placés par Choron dans son traité intitulé Principes de composition des écoles d'Italie. On connaît de lui plusieurs opéras et oratorios sans grande valeur.

SALDONI (Baltazar), compositeur, professeur et musicographe espagnol, né à Barcelone le 4 janvier 1807, obtint quelques succès au théâtre avec ses opéras Iperme^^ra (Madrid, 1838); Cleonice,regina di SiVia (Madrid, 1840), etc., et aussi avec ses Zarzuelas: la Corte de Monaco; las Maridos en las mascaras, etc. A la fondation du Conservatoire de Madrid, en 1830, Saldoniyfut nommé professeur de chant. Il a publié, en 1855, un Résuiné historique de l'école de musique du monastèi^e de Montserrat, en Catalogne, depuis i^^Q jusqu'à nos jours, et a commencé la publication des Éphémérides des musiciens espagnols, ouvrage qui n'a pas été terminé.

SALIERI (Antoine), compositeur italien, né le 19 août 1750 à Legnano, mort le 12 mai 1825 à Vienne (Autriche), fut, pour la composition, élève de Gassmann, qui le traita comme son fiJs. Il débuta au théâtre avec le Donne letterate (Vienne, 1770), mais ce furent Armida et quatre autres ouvrages, joués dans l'espace de deux ans environ (1771-1772), qui assirent sa réputation. En 1775, il remplaça

SALA — SALVAYRE. 323

son maître Gossmann comme maître de chapelle de la cour. Gluck, à <^tte époque, obtenait ses immortels triomphes : Salieri s'en émut- Il demanda au maître quelques conseils, et chercha à s'assimiler son style. On put remarquer le progrès accompli dans Europa riconosmuta (Milan, 1778) et quelques autres ouvrages, dont le succès augmenta encore sa renommée. Enfin, il fit si bien, que Gluck, accablé d'âge et d'infirmités, ne se sentant pas la force nécessaire pour écrire les Danaîdes, le chargea secrètement de la tâche délicate d'en composer la partition à sa place. Les Danaîdes furent, en effet, données à l'Opéra et à la cour sous le nom de Gluck, en 1784, excitant un véritable enthousiasme ; et ce ne fut qu'après les premières représentations, qu'une lettre de Gluck rendit publique la substitution. Salieri retourna à Vienne comblé d'honneurs et de présents. Il revint encore à Paris pour y donner les Horaces (1786) et Tarare (1787). Ce dernier opéra seul eut du succès. Pour la première fois, à l'Opéra, on réclama l'auteur, et, traîné sur la scène, il y fut couronné. De retour à Vienne, Salieri y passa le reste de sa vie, composant encore un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels il faut citer Palmi/ra (1795), Cesar^e in Farmacusa (1800), etc. Salieri ne fut pas un créateur, mais il eut un talent immense et d'autant plus grand, qu'il sut le présenter sous des aspects divers. Il écrivit quarante opéras et un grand nombre de pièces dans le genre religieux.

SALOMON (Hector), compositeur, né le 29 mai 1838 à Strasbourg, entra au Conservatoire en 18o0 et y obtint plusieurs récompenses. Accompagnateur aux Bouffes-Parisiens en 1856, au théâtre Lyrique en 1860, second chef des chœurs à l'Opéra en 1870, M. Salomon a fait représenter plusieurs ouvrages : Fascination (Bouffes-Parisiens, 1856) ; les Dragées de Suzette (théâtre Lyrique, 1866) et l'Aumônier du régiment (théâtre Lyrique, 1877). Il a publié un recueil de vingt mélodies.

SALVAYRE (Gervais-Berxard) , compositeur, né à Toulouse le 24 juin 1847, commença ses études musicales au Conservatoire de cette ville et les acheva à celui de Paris, où il remporta le premier prix d'orgue en 1868. En 1872, il obtint le premier grand prix de Rome. De retour d'Itahe, M. Salvayre a fait exécuter aux Concerts populaires une Ouverture symphonique (1874); un Stabat mater, comme envoi de Rome au Conservatoire la même année ; aux concerts du Châtelet : la Résurrection, symphonie biblique (1876) ; le Bravo,

grand opéra (théâtre Lyrique, 1877); le Fandango, ballet (Opéra, 1877); le Psaume CXIII pour soli, chœurs et orchestre, et un air varié, tous deux envois de Rome au Conservatoire.

SARASATE (Martin-Méliton), violoniste distingué, né à Pampelune le 10 mars 1844, fut admis au Conservatoire en 1856, et y remporta en 1857 les premiers prix de solfège et de violon. Ensuite il se produisit dans les salons et fit quelques voyages, faisant partout applaudir son beau talent de virtuose. Mais ce fut surtout pendant ces dernières années que M. Sarasate se révéla complètement avec les qualités de style et de sonorité que lui avaient acquises de longues et sérieuses études. Au Conservatoire, aux Concerts populaires, au Châtelet, avec les concertos de Beethoven, de Mendelssohn, de Max Bruch ou de Lalo, il obtint toujours les succès les plus accentués. Depuis ces derniers temps, M. Sarasate a commencé de grands voyages artistiques dans toute l'Europe.

SARTI (Joseph), compositeur italien, né à Faenza le 28 décembre 1729, mort à Berlin le 28 juillet 1802, fit à Bologne ses études musicales sous la direction du Père Martini. Pompeo in Armenia et il Re Pastore (Faenza, 1752), ses premiers ou\Tages commencèrent sa réputation et, pendant quatre ans, ses succès allèrent grandissant. Nommé maître de la chapelle royale à Copenhague en 1756, il fut moins heureux au théâtre, et retourna en Itahe en 1765, mais sans pouvoir retrouver le succès. Venise lui fut plus favorable. Il Gelosie villane, Giulio Sabino, le Nozze di Dorina, etc., qu'il y donna de 1771 à 1784, alors quil dirigeait le Conservatoire de fOspedaletto, sont ses meilleurs ou\Tages. En 1784, il partit pour la Russie comme directeur de la musique de Catherine II. Dans ce pays, il écrivit un Psaume et un Te Deum en langue russe, donna Armida e Rinaldo avec succès, et fonda le Conservatoire de Katarinoslaw. Après des alternatives de haute faveur et de disgrâces complètes, sa santé s'étant altérée, il voulut revoir TltaUe en 1802, mais la maladie l'emporta en chemin. Sarti composa quarante-deux opéras et un grand nombre de messes et autres morceaux pour l'église. Le Nozze di Borina est le seul opéra qui ait été donné de lui à Paris.

SASSE (Marie-Constance), chanteuse remarquable, née à Gand le 26 janvier 1836, débuta aux Galeries Saint-Hubert, à Bruxelles, et chanta ensuite à Paris dans les cafés-concerts des Ambassadeurs, du

SARASATE — SAVART. 325

Casino et du Géant. M™^ Ugalde, l'ayant entendue dans ce dernier établissement, s'offrit à lui donner quelques leçons et, en 1859, M'-« Sasse débutait avec succès au théâtre Lyrique dans les Noces de Figaro. Orphée, Philémon et Baucis, Robin des bois, lui fournirent ensuite l'occasion d'asseoir sa réputation et, en 1860, elle fut engagée à l'Opéra. A ce théâtre , dans Robert le Diable d'abord, puis dans la Juive, le Trouvère, les Huguenots, etc., elle put développer plus amplement les splendeurs de sa voix admirable. Elle eut dès lors des créations à faire ; celles de Tannhauser, de Don Carlos et de l'Africaine lui firent le plus grand honneur. M"^** Marie Sasse ou Saxe, ou Sax, ou encore Sass, ainsi qu'elle s'est appelée successivement, a quitté la France depuis 1870, pour parcourir les principales villes de l'Italie.

SAUZAY (Eugène), violoniste, professeur et compositeur, né à Paris le 14 juillet 1809, entra au Conservatoire en 1824 et y devint élève de Baillot. En 1827, il obtint le premier prix de violon et, l'année suivante, il eut l'honneur d'exécuter au concert d'inauguration de la Société des artistes du Conservatoire un concerto inédit de Rode. M. Sauzay fit partie du célèbre quatuor de Baillot, et devint le gendre de cet éminent artiste. Plus tard il organisa chez lui des séances privées de musique classique, séances qui devinrent ensuite publiques. En 1860, il a succédé à Girard au Conservatoire comme professeur de violon. Ses compositions consistent pour la plupart en morceaux pour son instrument et en musique de piano et de chant. M. Sauzay a, en outre, publié deux ouvrages sur la musique : les Études sur le quatuor et VÈcole de l'accompagnement.

SAVARD (Marie-Gabriel- Augustin), professeur d'harmonie et d'accompagnement au Conservatoire de Paris, né le 21 août 1814 et mort en cette ville en 1881, a été d'abord professeur de solfège dans cet établissement dès 1843. Il a publié un Cours complet d'harmonie théorique et pratique; les Rrincipes de la musique et quelques autres ouvrages.

SAVART (Félix), physicien distingué, né à Mézières en 1791, mort en 1841 , s'occupa particulièrement d'études sur la vibration des corps sonores et sur la fabrication des instruments à corde et à archet. Il a publié sur ces sujets de très intéressants traités, mémoires, etc. Il était membre de l'Académie des sciences et professeur au Collège de France.

SAX (Charles-Joseph), né à Dinant en 1791, mort à Paris en 1865, facteur d'instruments à \ent, en bois et en métal. Simple ouvrier mécanicien, il sut, par sa seule intelligence, fonder la première fabrique d'instruments à vent de Bruxelles ; apporter de nombreux perfectionnements à la facture ; inventer des instruments nouveaux; trouver les lois qui régissent la longueur des divisions des corps sonores, etc.

SA.X (Antoine -Joseph, dit Ado/^j^e), fils aîné du précédent, naquit à Dinant le 6 novembre 1814. Adolphe Sax continua les travaux commencés par son père et, pour mieux se rendre compte des perfectionnements à apporter à son art, apprit à jouer d'un certain nombre d'instruments. La première amélioration qu'il effectua s'appliqua aux clarinettes. Puis, ayant trouvé la loi des proportions qui régit les timbres, il vint fonder à Paris en 1842 un nouvel établissement. Là, au milieu de difficultés sans nombre, de spoliations, de procès que lui suscitèrent ses rivaux, il classa en familles les instruments du même ordre; perfectionna le hugle, auquel il donna le nom de saxhorn; inventa le saxotromba, le saxophone, le saxotuba, et en général tous les instruments qui portent son nom; simplifia la notation écrite par l'emploi d'une clef unique, etc., etc. M. Adolphe Sax a été nommé professeur de saxophone au Conservatoire de Paris.

SCARLA (Emile), chanteur allemand, né en Styrie vers 1838, prit des leçons de Garcia à Londres, et débuta au théâtre de Dessau. Après avoir chanté à Leipsick et à Dresde, il fut engagé à l'Opéra de Vienne, où sa voix remarquable de basse profonde lui a valu de grands succès. Il a été appelé à créer, dans cette dernière ville, le rôle de Wotan de l'Anneau des Niebelungen.

SCARLATTI (Le chevalier Alexandre), célèbre compositeur italien, né àTrapani (Sicile) en 1649, mort à Naples en 4725, fut d'une rare fécondité. 11 n'écrivit pas moins de cent quinze opéras, environ deux cents messes, une quantité considérable de cantates, de morceaux d'église, etc., etc. Son premier opéra connu est VOnesta nelV amore, qu'il composa pour la reine Christine de Suède, dont il était le maître de chapelle à Rome en 1680. Dans sa Teodora (Rome, 1693), se trouvent deux innovations musicales : le retour au thème primitif, connu depuis sous le nom de Da Capo, et l'accompagnement du récitatif par l'orchestre. Scarlatti fut ensuite maître de chapelle à la cour du roi de

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