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mais une injustice l'ayant fait remercier en 1834, il en prit un tel chagrin, qu'il devint fou peu de temps après. Il est mort dans une maison de santé à Doehling, près Vienne, le 28 mars 1861. Ses meilleurs rôles étaient dans Bon Juan, la Flûte enchantée, VEnlèvement au sérail, les Noces de Figaro, Moïse, Robert le Diable, les Huguenots, Martha, la Juive, etc.
STEFFANl (Augustin), compositeur célèbre, né à Castelfranco (État de Venise) en 1655, mort à Francfort en 1730, chanta à Venise dans diverses églises et fut emmené à Munich par un seigneur allemand charmé de la beauté de sa voix. 11 entra au séminaire, reçut la tonsure et prit le titre d'abbé. Bernabei lui ayant appris les règles delà composition, il écrivit d'abord plusieurs messes et divers morceaux pour l'église. Puis, en 1681, il donna son premier opéra : Marco Aurelio, dont le succès lui valut la place de directeur de musique de la chambre de l'électeur. En 1685, Servio Tullio mit le sceau à sa réputation et le fit rechercher comme maître de chapelle. Il choisit celle de Brunswick. Il donna dans cette ville il Solone (1685), Alarico in Baltha (1687), Enrico detto il Leone (1689), Alcide (1692), Alexandre l'orgueilleux (1695), Roland (1696), Alcibiade (1697), Atalante (1698), il Triomfo del fato (1699). Steffani, pendant cette période, s'occupa avec succès d'affaires diplomatiques. Par son habileté le duc de Brunswick était devenu électeur et architrésorier de l'empire. Ce prince obtint à son tour pour Steffani le titre d'évêque de Spiga et la dignité de protonotaire apostolique. Dès lors Steffani se démit de ses emplois de maître de chapelle et de directeur de musique, désigna Haendel pour lui succéder, et abandonna l'art pour la politique.
STEIBELT (Daniel), compositeur et pianiste, né à Berlin vers 1763, mort à Saint-Pétersbourg en 1823, fils d'un facteur de pianos, montra tant d'aptitudes pour la musique, que Frédéric-Guillaume II, prince royal de Prusse, Je mit entre les mains de Kirnberger. Mais l'indiscipline de l'élève ayant bientôt lassé la patience du professeur, Steibelt fut abandonné à lui-même, et se mit à travailler seul, à l'aventure. Il publia ses premières œuvres (sonates pour piano et violon) en 1788 et commença à donner des concerts en Saxe, en Hanovre, à Mannheim, puis à Paris. Là il entra en lutte avec Hermann, et surpassa cet habile pianiste par l'originalité de son jeu et de ses compositions. M. de Ségur, qui protégeait Steibelt écrivit pour lui le livret de Roméo et
Juliette, dont la partition, refusée à TOpéra, fut jouée après quelques changements à rOpéra-Comique en 1793. Le succès en fut éclatant. Steibelt devint à la mode et eut pour élèves les femmes les plus en vue de ce temps. Il quitta Paris en 1798 et se rendit à Londres, oii il se maria; puis à Hambourg, Dresde, Prague, Berlin et Vienne, où il voulut, mais sans succès, lutter avec Beethoven. En 1800, il revint à Paris exploiter la Création de Haydn, en en faisant une traduction dont M. de Ségur fit les vers. L'ouvrage fut exécuté ainsi à rOpéra le 3 nivôse an IX, et c'est en allant l'entendre que Napoléon faillit périr par l'explosion de la machine infernale. Steibelt et M. de Ségur se partagèrent la somme que produisit cet emprunt au génie de Haydn. Après avoir donné à l'Opéra le Betour de Zéphire, ballet (1802), Steibelt retourna à Londres avec sa femme, y donna plusieurs concerts, et fit représenter au théâtre du Roi les ballets la Belle Laitière et le Jugement de Paris. En 1806, il revint à Paris et y fit jouera l'Opéra la Fête de Mars en l'honneur de Napoléon et partit pour la Russie en donnant des concerts sur sa route. Nommé à Saint- Pétersbourg directeur de musique de l'Opéra français, il fit représenter à ce théâtre Cendrillon, Sargines, la Princesse de Babylone, et son Bornéo et Juliette, revu et augmenté. Il achevait son dernier ouvrage : le Jugement de Midas, lorsqu'il mourut. Steibelt, d'un caractère désagréable, peu délicat, dénué de tout sens moral, eut néanmoins d'ardents partisans, qu'il dut à l'originalité plutôt qu'à la perfection de son talent. Son œuvre, presque oublié aujourd'hui, comprend, outre les ouvrages ci-dessus nommés, des concertos, des sonates, des fantaisies avec variations, genre dont il fut le créateur, ainsi que des bacchanales avec accompagnement de tambourin; et une quantité de petites pièces sans valeur aucune.
STEINER (Jacques) ou STAIXER, comme il signait par ignorance, célèbre luthier du dLx-seplième siècle, né à Absom (Tyrol) vers 1620, étudia la facture des violons chez Nicolas Amati, à Crémone, et devint bientôt aussi habile que son maître. Après avoir épousé une fiUe d' Amati, il s'établit à Absom et sa réputation grandissante l'obligea à s'entourer d'élèves. Après la mort de sa femme, il se retira dans un couvent de bénédictins, et là, construisit encore seize violons de la plus grande beauté, en donna quatre à l'empereur et distribua les autres aux douze électeurs de Tempire. Ces instruments sont connus sous le nom de Steiner-électeur. On n'en connaît plus que trois. Les instruments de Steiner : violons, violoncelles, altos, contrebasses, se