‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 89 sur 97 · TAMBURINI— ' TAUBERT · texte numérisé non relu

TAMBURINI— ' TAUBERT

fallut quitter sa retraite; mais fort heureusement il n'avait plus rien à craindre. Les colères étaient apaisées ; il put désormais vivre avec sa femme. A Venise, il entendit Veracini et le jeu original de cet artiste influa sur son talent (1714). Il se fit une manière nouvelle, étudia avec soin le maniement de l'archet, et ses observations ont depuis servi de base à toutes les écoles de "àolon. C'est aussi à cette époque qu'il découvrit le troisième son, c'est-à-dire le son résultant de deux autres sons voisins vibrant à la tierce. Il voulut plus tard baser sur ce phénomène toute une conception de l'harmonie; mais, malgré certaines remarques curieuses, il donna dans le faux et dans l'obscurité. En 1721, Tartini fut nommé violon-solo et chef d'orchestre de Saint-Antoine de Padoue. Il se rendit deux ans plus tard à Prague, où ses succès le firent entrer au service du comte Kinski. De retour à Padoue, il reprit ses fonctions et les garda le reste de ses jours. Tartini fut d'une fécondité extraordinaire. Son œuvre, tout instrumental, est à la fois original et varié, et le style en est élevé. Une de ses sonates, dite Sonate du diable, est particulièrement connue grâce à son origine un peu fantastique. Tartini rêvait, une nuit, qu'il avait le diable pour serviteur et qu'il lui faisait exécuter ses caprices. La fantaisie lui vint de lui demander une sonate. Le diable, obéissant, exécuta un morceau tellement admirable, que Tartini s'en réveilla. Il chercha à écrire ce qu'il venait d'entendre, mais malheureusement il ne put y réussir. La sonate qu'il composa à la suite de ce rêve est pourtant la meilleure qu'il ait laissée.

TAUBERT (Ch ARLES -Gottfried-Wilhelm), compositeur et chef d'orchestre distingué, né à Berhn le 23 mars 18 H, reçut une complète et solide instruction, tout en apprenant le piano, la flûte et le violon. En 1823, il exécuta pour la première fois en pubHc un concerto de Dussek et des variations de son maître Louis Berger, et fut bien accueilli. Ses études musicales terminées sous la direction de Bernard Klein, il se livra à l'enseignement tout en composant sans relâche. KuUak, Fesca, Schumann furent ses élèves. De temps à autre, il donnait un concert où il faisait exécuter quelques-unes de ses œuvres, et le succès qui l'accueillait lui valait des honneurs et des places. C'est ainsi qu'il alla à Cassel, à Francfort-sur-l'Oder ; à Leipsick, à Dresde, en Angleterre, en Ecosse, en Hollande, etc. ; qu'il devint membre de l'Académie de Berlin (1834) ; y organisa les concerts symphoniques de la cour, conjointement avec Mendelssohn et Heunig (1841), après avoir été nommé directeur de musique

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du théâtre et de la chapelle royale ; qu'il fut nommé maître de cette chapelle en 1845, etc., etc. L'œuvre de ce compositeur de mérite fut généralement accueilli avec faveur. On cite parmi ses meilleurs ouvrages : la Kermesse (1832) ; le Bohémien (1834); Marquis et Voleur (1841); les chœurs de la Médée d'Euripide; des symphonies; des concertos ; des sonates, etc.

TAUSIG (Charles), pianiste virtuose, né à Varsovie le 4 novembre 1841, mort àLeipsickle 17 juillet 1871, était le fils d'Aloys Tausig, qui fut lui-même un pianiste renommé en Allemagne. Après avoir pris des leçons de son père, il se plaça sous la direction de Liszt et profita si bien de ses leçons, qu'il put un instant rivaliser comme virtuose avec son maître, et les meilleurs pianistes de notre temps, Hans de Bulow, Antoine Rubinstein et Delaborde.

TEDESCO (M™^ Fortunata), chanteuse dramatique renommée, née à Mantoue le 14 décembre 1826, élève de Yaccaj, débuta à la Scala de Milan en 1844 dans I Lima ed i Perollo et fut favorablement accueillie. Guillaume Tell, Robert d'Évreux, les Burgraves, etc., consolidèrent sa réputation, qui s'augmenta encore à Vienne. Après une brillante tournée en Amérique, elle vint à Paris en 1851 et parut à l'Opéra d'abord dans la Heine de Chypre, puis dans le Prophète, la Favorite, etc. Sa remarquable voix de contralto, un sentiment dramatique plein de grandeur, sa beauté resplendissante, lui valurent des succès les plus chaleureux. De 1857 à 1860 elle alla se faire entendre à Venise et à Lisbonne ; puis elle revint à l'Opéra. En 1864, elle retourna en Portugal, parcourut l'Espagne et quitta ensuite le théâtre.

TELEMANN (Georges-Philippe), compositeur célèbre, né à Magdebourg le 14 mars 1681, mort à Hambourg le 25 juin 1767, fit pendant dix-neuf ans des études de toutes sortes aux écoles de Magdebourg, de Zellerfeldt et de Hildesheim, et compléta seul ses connaissances musicales. A douze ans, il avait écrit son premier opéra, sur un modèle pris dans l'œuvre de Lulli. Directeur de musique et maître de chapelle de la nouvelle église de Leipsick en 1701 ; maître de chapelle du comte de Promnitz en 1704, il fit, en 1707, un voyage à Paris, où il acheva de se perfectionner dans la manière du maître italien, tout en conservant le style harmonique plus nourri qui distingue l'école allemande. Directeur de musique, puis maître de

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chapelle à Eisenach (1708), il occupa les mêmes fonctions aux Récollets et à Sainte-Catherine de Francfort-sur-le-Main, toujours jouissant de ses premiers titres (1711). Puis il se chargea encore de la chapelle de Bayreuth (1715), et fut enfin nommé directeur de musique à Hambourg, place qu'il garda durant quarante-six ans. Son œuvre, qui se compose de musiques pour inaugurations , solennités , mariages, funérailles, etc., d'oratorios, symphonies, opéras, cantates, sonates et pièces pour divers instruments, est si considérable, que lui-même en avait oublié jusqu'aux titres. Il comprend environ quatre mille cinq cents morceaux complets, chiffre à peine croyable, surtout lorsqu'on songe que la plupart de ces morceaux sont des opéras, des oratorios, des symphonies, des services complets pour l'église. Telemann fut aussi poète, et écrivit lui-même les livrets de plusieurs de ses ouvrages; de plus il publia des travaux théoriques dans les feuilles périodiques.

TELLEFSEN (Thomas-Dyke-Agland), pianiste, professeur et compositeur norwégien, né à Drontheim en 1823, mort à Paris en 1874, fut élève de Chopin et son ami jusqu'à sa mort. Dans ses compositions: concertos, nocturnes, mazourkes, valses, etc., cet artiste s'est efforcé de conserver aux mélopées populaires Scandinaves leur saveur typique à la fois bizarre et émouvante, tout en les présentant sous une forme plus correcte et plus artistique.

TEN-BRINK (Jules), compositeur hollandais, né à Amsterdam en 1838, a reçu en 1838 des leçons de M. Auguste Dupont à Bruxelles ; puis celles de Fr. Richter à Leipsick en 1859. Il s'est rendu ensuite à Lyon, où il a dirigé une société musicale. Depuis 18G8, M. Ten-Brink s'est fixé à Paris, où il se livre à l'enseignement et à la composition. Les Concerts populaires ont exécuté de lui, en 1874, une suite d'orchestre; et, en 1876, un poème symphonique. En fait d'ouvrages dramatiques, il a donné à l'Athénée, en 1869, Calonice, opéra-comique en un acte.

THALBERG (Sigismond), célèbre pianiste virtuose et compositeur pour son instrument, fils du prince Maurice Dietrichstein et de la baronne de W..., naquit à Genève le 7 janvier 1812 et mourut à Naples le 27 avril 1871. Il fit à Vienne son éducation musicale, et dès l'âge de quinze ans brilla dans les concerts et dans les salons. Un an après, il publia ses premiers essais : Mélange sur des

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thèmes d'Euryanthe, Fantaisie sur un air écossais, Impromptu sur des motifs du Siège de Corinthe, dans lesquels on reconnaît déjà les tendances particulières de son style. En 1835, il vint à Paris, alors dans toute la force de son talent ; puis il parcourut la Belgique, la Hollande, l'Angleterre et la Russie. Partout il excita l'enthousiasme. Des succès aussi grands Taccueillirent au Brésil (1855) et aux États- Unis, d'où il revint en 1838. Thalberg fit en 1862 une dernière apparition à Paris et à Londres ; puis il se retira à Naples. Il fut le créateur d'un genre nouveau de virtuosité, qui consistait à faire entendre le thème d'un morceau au milieu d'arpèges vertigineux dont il variait l'éclat et la forme, et qui lui servaient d'accompagnement. Un habile usage des pédales et une grande puissance de sonorité lui étaient d'un utile secours dans ces sortes d'effets. Ce fut, sinon un progrès, au moins une innovation dans l'art de la virtuosité du piano. Malheureusement Thalberg en abusa; et ses imitateurs (car il fit école), encore davantage ; de sorte qu'on fut vite las de la monotonie de ces prétendues variations. Cet artiste ne joua et ne sut jouer que sa musique, et n'en connut, en quelque sorte, pas d'autres. Parmi les compositions qui lui attirèrent les plus étonnants succès, il faut citer des Fantaisies sur des thèmes de Moïse et de Bon Juan. Thalberg essaya deux fois, mais sans succès, de se produire au théâtre. Florinda, au théâtre Italien de Londres en 1831, et Cristina di Suezia, à Vienne, en 1863, firent une chute complète.

THOMAS (Charles-Louis-Ambroise), compositeur dramatique, directeur du Conservatoire national de musique et de déclamation de Paris, membre de l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France, est né à Metz le 5 août 1811. Fils d'un professeur de musique de cette ville, qui commença ses études musicales, Ambroise Thomas fut admis au Conservatoire de Paris en 1828. Premier prix de piano en 1829 et d'harmonie en 1830, il remporta le premier grand prix de Rome en 1832. Son début dans l'art dramatique se fit avec la Double Echelle, joH opéra-comique en un acte qui fut joué le 27 août 1837. Le Perruquier de la Régence lui succéda (Opéra-Comique, 1838) ; puis vinrent tour à tour le ballet la Gipsy (Opéra, 1839); le Panier fleuri (Opéra-Comique, 1839); Carline (Opéra-Comique, 1840); le Comte de Carmagnola (Opéra, 1841); le Guérillero (Opéra, 1842); Angélique et Médor (Opéra-Comique, 1843); Mina ou le Ménage ci trois (Opéra- Comique, 1843); Betty, ballet (Opéra, 1846); le Caïd (Opéra-Comique, 1849) ; leSonge d'une nuit d'été (Opéra-Comique, 1830); Raymond

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OU le Secret de la reine (Opéra-Comique, 1831); la Tonelli (Opéra- Comique, l-8o3); la Gourde Célimène (Opéra-Comique, 1855); Psyché (Opéra-Comique, 1857) ; le Carnaval de Venise (Opéra-Comique, 1857); le Romaji d'Elvire (Opéra-Comique, 1860); Mignon (Opéra-Comique, 1866) ; Hamlet (Opéra, 1868) ; Gilles et Gillotin (Opéra-Comique, 1874) ; Françoise de Rîmini (Opéra, 1882). Ces ouvrages ne sont pas tous d'égale beauté, mais ils sont au moins tous remarquables par certaines idées, par l'esprit, par le style et par la facture. Quant à ceux qui s'appellent le Caïd, Psyché, Mignon, Hamlet, Gilles et Gillotin, etc., l'avenir leur réserve particulièrement de longues et fructueuses reprises. A ces opéras il faut ajouter deux cantates : la première, composée pour l'inauguration de la statue de Lesueur à Abbeville ; la seconde, Hommage à Boîeldieu, pour le centenaire de ce compositeur à Rouen. Dans l'œuvre général de M. Ambroise Thomas, il faut citer encore un grand nombre de chœurs orphéoniques : le Tyrol, la Vapeur, les Traîneaux, l'Atlantique, les Archers deBouvines, etc., qui sont les plus populaires. M. Ambroise Thomas, qui était depuis 1836 professeur de composition au Conservatoire, a succédé à Auber dans la direction de cet établissement en 1871. On lui doit plusieurs progrès dans le régime général des études et la suppression de quelques abus.

THOMÉ (Fraxçois-Luc-Joseph, dit Francis), pianiste et compositeur, né à Port-Louis (ile Maurice) le 18 octobre 1850, se rendit dès l'enfance à Paris, oii il s'est fixé. Admis en 1866 au Conservatoire, il y a obtenu plusieurs récompenses, dont un premier prix de fugue en 1870. Ensuite il s'est livré à l'enseignement et à la composition. On connaît de lui plusieurs morceaux de piano; quelques opérettes jouées dans les salons, et un Hymne à la Nuit pour soU, chœurs et orchestre.

THURNER (Théodore), pianiste, organiste et compositeur, né à Pfaffensheim (Haut-Rhin) le 13 décembre 1833, fut admis au Conservatoire de Paris en 1846, et y obtint un premier prix de piano en 1849. En 1830, il se rendit à Toulon, où il fut organiste do l'église Saint-Jean, puis de la cathédrale. Il vint se fixer à Marseille vers 1839. Nommé professeur de piano au Conservatoire de cette ville en 1864, il occupa cette fonction durant dix ans, pendant lesquels il organisa, avec MM. Ch. Graff et Aug. Tolbecque, des séances de musique romantique qui ne cessèrent qu'en 1869. En môme temps

il tenait Torgue de l'église Saint-Charles, qu'il abandonna plus tard pour celui de Saint-Joseph. Son œuvre, qui ne comprend que des morceaux de piano avec ou sans accompagnement, présente entre autres compositions estimables un trio, une polonaise et un concerto avec orchestre.

THURNER (Auguste), professeur de piano et musicographe, né à Colmar (Haut-Rhin) le 14 mars 1833, a collaboré à la France musicale, au Grand Journal, et à la Remie et Gazette musicale. Il a en outre publié un volume intéressant : les Transformations de l'Opéra- Comique, et tout récemment les Reines du Chant. On connaît de cet artiste des transcriptions pour le piano d'œuvres vocales et instrumentales publiées sous le titre : Matinées classiques des grands mciitres ; un Allegro de concert^ un Scherzo, un Lamenta, etc., pour piano et instruments à cordes : deux Tarentelles pour piano seul ; plusieurs Mélodies vocales d'un heureux sentiment, et des Dictées musicales adoptées par le Conservatoire de musique.

THYS (M"^ SEBAULT, née Pauline), compositeur et écrivain, née vers 1836, est la fille d'Alphonse Thys qui donna quelques ouvrages à rOpéra-Comique et composa les timbres d'un grand nombre de vaudevilles. Elle se fit connaître d'abord par des chansonnettes et des romances, et dans la suite aborda le théâtre avec la Pomme de Turquie, aux Bouffes-Parisiens (1857); elle donna ensuite le Pays de Cocagne, au théâtre Lyrique (186o), et le Cabaret du Pot cassé, à l'Alcazar de Bruxelles (1878). M™^ Sebault-Thys, qui a écrit généralement les poèmes de ses opérettes, a aussi publié quelques romans.

TIETJENS(Thérèse-Jeanne-Alexaxdra TITIENS, dite), cantatrice dramatique distinguée, née à Hambourg en 1831, morte à Londres en 1877, débuta dans Lucrezia Borgia, au théâtre de Hambourg, en 1849. On l'accueillit avec faveur. Aussitôt un jeune homme riche, qui ne l'avait entendue qu'à son début, demanda sa main, mais elle refusa pour ne pas abandonner la carrière qu'elle avait choisie ; cependant son tuteur (elle était orpheline) obtint d'elle qu'elle ne parût pas à la scène durant une année. Au bout de quelque temps cependant, emportée par sa vocation, elle quitta Hambourg pour entrer au théâtre de Francfort et le succès l'y suivit. En 18o6, elle fut engagée au théâtre impérial devienne, y obtint d'éclatants succès; puis en 1858 se rendit à Londres au théâtre de la Reine, où, dès le premier soir,

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le rôle de Valentine des Huguenots lui valut un véritable triomphe. A dater de ce moment, elle ne quitta plus Londres que pour faire deux voyages, l'un à Paris en 1863, l'autre en Amérique en 1875. Elle était déjà gravement atteinte par la maladie qui devait l'emporter, lorsqu'elle chanta pour sa dernière représentation, le 19 mai 1877, l'ouvrage même qui l'avait vue débuter, Lucrezia Borgia. Les principaux rôles de son répertoire étaient dans Sémiramide, Fidelio, Don Giovanni, un Ballo in maschera, Freyschûfz, Ernani, Faust, il Trovatore, etc., etc. Cette artiste, remarquable par l'ampleur et les qualités de sa voix, son profond sentiment dramatique et la souplesse de son talent, fut aussi estimée comme femme qu'admirée comme artiste.

TILMANT (Théophile-Alexandre), violoniste et chef d'orchestre distingué, né à Yalenciennes le 8 juillet 1799, mort à Asnières le 7 mai 1878, entra au Conservatoire dans la classe de Rodolphe Kreutzer, et obtint un premier prix de violon. Premier violon aux Italiens, puis à l'Opéra, il retourna comme second chef d'orchestre au premier de ces théâtres en 1834, et passa premier chef en 1838. En 1849, il succéda à Labarre dans ses fonctions de premier chef d'orchestre à l'Opéra-Comique et les remplit jusqu'en 1868. Tilmant était l'un des fondateurs de la Société des concerts du Conservatoire. Il en avait été élu chef d'orchestre en second dès le début; il devint premier chef à la mort de Girard, en 1860, mais ne garda cette fonction que trois ans. Cet artiste dirigea aussi les concerts du Gymnase musical, fondés en 1834, concerts où furent exécutées les œuvres symphoniques de Berhoz. Enfin, il fonda encore avec son frère Alexandre Tilmant, violoncelliste distingué, des séances de musique de chambre qui réussirent et durèrent plusieurs années. Tilmant, excellent musicien, fut un des meilleurs chefs d'orchestre de ce siècle.

TOLBECQUE, nom d'une famille de violonistes et de violoncelUstes de renom dont les principaux membres sont :

TOLBECQUE (Isidore-Joseph), chef d'orchestre de bals, né à Hanzinne (Belgique) en 1794, mort à Vichy en 1871.

TOLBECQUE (Jean-Baptiste-Joseph), frère du précédent, violoniste, compositeur et chef d'orchestre, né à Hanzinne en 1797, mort à Paris en 1869, fut élève du Conservatoire de Paris ; violon à l'orchestre du théâtre Itahen en 1 820 ; chef d'orchestre à Tivoli et compositeur de danses en 1825. Très recherché, il dirigea aussi les bals delà cour

et plusieurs autres orchestres de danse. Il fut alto à la Société des concerts de sa fondation jusqu'à ces derniers temps.

TOLBEGQUE (Auguste-Joseph), frère des précédents, violoniste, né à Hanzinne en 1801, mort à Paris en 1869, fut élève du Conservatoire de Paris et y remporta le premier prix de violon en 1821. Il donna de brillants concerts, fut premier violon à TOpéra et violon-solo au théâtre de la Reine à Londres. En outre, il fut premier violon à la Société des concerts dès sa fondation.

TOLBEGQUE (Charles-Joseph), frère des précédents, violoniste, né à Paris en 1806, mort en cette ville en 1833; élève du Conservatoire en 1818 et premier prix de violon en 1824, fut aussi violon à la Société des concerts dès sa fondation. Chef d'orchestre du théâtre des Variétés en 1830, il composa des mélodies qui eurent de la vogue, pour les pièces de ce théâtre.

TOLBECQUE (Auguste), fils d'Auguste-Joseph et le plus renommé de tous, violoncelliste, né à Paris en 1830, élève du Conservatoire en 1840 et premier prix de violoncelle en 1849, fut professeur au Conservatoire de Marseille de 1863 à 1871. De retour à Paris, il fut admis à la Société des concerts et se fit connaître comme virtuose avec le plus grand succès. Il avait rassemblé une importante collection d'instruments, que refusa d'acheter le gouvernement français et qui fut acquise par la Belgique.

TOLBECQUE (Jea^), fils du précédent, violoncelliste et organiste, est né à Niort en 1837. Premier prix de violoncelle au Conservatoire de Marseille en 1869, et à celui de Paris en 1873, il est ensuite entré à l'orchestre de fOpéra-Comique et s'est produit dans les concerts.

TRAETTA (Thomas], célèbre compositeur de l'école napolitaine, né à Bitonto(ÉtatsdeNaples)le 19 mai 1727, mort à Venise le 6 avril 1779, fit ses études musicales au Conservatoire de Loreto, sous la direction de Durante, et se livra à l'enseignement et à la composition. Son premier o^éra. : il Farnace, donné au théâtre Saint-Charles, en 1730, obtint une telle faveur, que six autres ouvrages de sa main se succédèrent immédiatement sur la même scène. A la suite de ces succès, il devint maître de chapelle du duc de Parme et professeur de chant des princesses ducales. Il donna alors entre autres ouvrages Jppolito ed Aricia (Parme, {lo9); Ifigenia {yienne, 1739) ; Armida (Vienne, 1760);

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Bidone abbandonata (Parme, 1764), qui sont regardés comme les plus remarquables. Nommé directeur du Conservatoire de l'Ospedaletto à Venise (1763), il occupa deux ans ce poste et se rendit ensuite en Russie, comme compositeur de la cour (1768). En 1775, il quitta Saint- Pétersbourg pour se rendre à Londres, et écrivit pour cette ville Germondo, qui ne réussit pas. Cet échec fut le premier indice de sa décadence. Les opéras qu'il donna par la suite, en Italie, le montrèrent de plus en plus faible. Traetta fut surtout remarquable dans l'expression des sentiments passionnés et dramatiques et fut sous ce rapport comme le précurseur de Gluck. Outre ses opéras, Traetta composa des oratorios et de la musique d'église.

TRIAL (Axtoine), auteur-chanteur de la Comédie italienne, qui donna son nom au genre spécial de rôles comiques des chanteurs sans voix, naquit à Avignon en 1736 et mourut à Paris en 1795. D'abord enfant de chœur dans son pays, puis chanteur en province, il vint à Paris en 1764 et débuta dans le Sorcier de Philidor au théâtre Italien. Malgré les défauts de sa voix nasillarde et grêle, il sut par ses qualités d'acteur se créer un genre nouveau qui a été souvent employé depuis dans les opéras-comiques. Ses meilleurs rôles furent dans le Déserteur, Zémire etAzor, l'Épreuve villageoise, etc. Trial suivit en 1793 le mouvement révolutionnaire; il fut officier municipal de son arrondissement, chargé des actes de l'état civil. A la réaction thermidorienne, on l'obligea, un soir, à chanter à genoux le Réveil du Peuple au milieu des sifflets du parterre ; après quoi, le lendemain, il fut chassé de la mairie. Trial eut de ces violences un si grand désespoir, qu'il s'empoisonna.

TRIBOU, l'un des chanteurs qui ont le plus illustré l'Opéra de 1721 à 1742. Il avait une remarquable voix de haute-contre, qui lui attira de grands succès dans Fhaéton de Lulli, Renaud, les Éléments, Hippolyte et Aricie^ les Indes galantes, etc., etc., et généralement dans les principaux rôles des opéras de Rameau.

TSCHAIKOWSKI (Pierre-Iljitsch), compositeur dramatique russe très distingué, né dans le district d'Ural le 25 avril 1840, fit tardivement son éducation musicale au Conservatoire de Saint-Pétersbourg et en Allemagne. De retour en Russie, il se livra à la composition avec uiie grande activité, tout en consacrant une partie de son temps à l'enseignement. Son premier ouvrage au théâtre fut le Voivod, représenté en 1869 avec un grand succès. En 1874, Apritschnik lui succéda avec

un succès plus grand encore, et obtint le prix de 300 roubles destiné au meilleur ouvrage dramatique. Dans un autre concours institué par la grande-duchesse Hélène pour la mise en musique de Vakoul le Forgeron, cet artiste fut encore couronné. Le prix était de 1 000 roubles, Vakoul le Forgeron fut exécuté en 1876 et accueilli avec faveur. Cependant il parut alors que le compositeur abandonnait d'une façon trop accentuée le style mélodique, pour se jeter à corps perdu dans les désordres de rythmes et de modulations qui sont les caractéristiques des prétendues écoles de l'avenir. Il n'y a pas lieu de s'en étonner, car jusqu'à ce jour, malgré des beautés de premier ordre, malgré une certaine saveur typique propre à la musique slave en général, M. Tschaïkowski n'a pas encore de style qui lui soit bien personnel. Tour à tour imitateur de Mendelssohn, de Schumann,de Berlioz ou de AVagner, il est naturel qu'il soit tombé pour un instant dans les travers de ce dernier. Mais lorsque sa voie sera nettement tracée, ces légers défauts disparaîtront pour faire place à une réelle originalité. L'œuvre actuel de ce compositeur comprend, outre des opéras, des symphonies, des ouvertures : la Tempête, Roméo et Juliette ; une fantaisie pour orchestre intitulée Françoise de Himini, un grand nombre de mélodies très originales et d'un sentiment profond, etc., etc.

TULOU (Jean-Louis), célèbre flûtiste et compositeur pour son instrument, fils d'un professeur de basson au Conservatoire, naquit à Paris en 1786 et mourut à Nantes en 1865. Admis au Conservatoire en 1796, il remporta un second prix de flûte en 1799. L'année suivante, il méritait le premier, mais comme on voulait le garder encore dans l'intérêt de ses études, le jury lui décerna par exception un second prix d'honneur. En 1801, il fallut pourtant lui accorder la première récompense. Successivement à l'orchestre du théâtre Italien (1804) et à l'Opéra (1813), Tulou mena pendant ce temps une vie de plaisirs qui paraissait devoir amener la ruine de son talent. Cependant celui-ci était tel, que jamais l'artiste ne se trouva en défaut. Quelque fût rinstrument qu'il eût sous la main, car souvent il égarait sa flûte, il savait en tirer les sons les plus délicieux. Drouet lui disputa un instant la suprématie dans son art. Mais le Rossignol, de Lebrun, où Tulou sut imiter le chant de cet oiseau avec une volubilité et un sentiment merveilleux, termina la lutte. Drouet se retira en Angleterre. A la mort de son maître Wunderlich, Tulou ne fut pas appelé à lui succéder. Il en eut du dépit et quitta l'Opéra (1822). Mais, en 1826, on le rétablit dans ses fonctions et il fut nommé au Conservatoire.

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